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A l'encontre

La Brèche

Israël. Sur l’héritage meurtrier de Sharon

Publié par Alencontre le 16 - janvier - 2014

Des habitants de Kibiah revenant dans leur village détruit par l'Unité 101, en 1953

Par Yossi Gurvitz

La mort d’Ariel Sharon a occupé une grande place dans les médias occidentaux. L’AFP écrivait le 12 janvier 2014: «Israël a rendu hommage dimanche au général Ariel Sharon, «héros» selon les médias mais «criminel de guerre» pour les Palestiniens, dont le cercueil a été exposé solennellement toute la journée devant le Parlement à Jérusalem.

Le décès d’«Arik» (diminutif d’Ariel), mort samedi à 85 ans après huit ans de coma, a plongé Israël dans une atmosphère de deuil national, avant son enterrement lundi dans sa ferme familiale du sud du pays.

Quelque 15’000 à 20’000 Israéliens de toute condition ont défilé […] devant son cercueil recouvert du drapeau bleu et blanc frappé de l’Etoile de David et déposé sur un socle de marbre noir à l’extérieur de la Knesset, le Parlement, selon un porte-parole de l’assemblée.

Là, des gardes d’honneur veillaient la bière. Des rabbins ont psalmodié des prières de deuil.»

Le communiqué ajoutait: «Tous les médias israéliens ont consacré leur une à la mort de l’ancien chef de guerre et homme fort de la droite nationaliste, avec force panégyriques, photos et témoignages de compagnons d’armes. «Il fut un génie, à la fois généreux et cruel», résumait l’éditorialiste Shalom Yerushalmi dans le Maariv. L’influent commentateur Nahum Barnea rappelait dans le Yediot Aharonot qu’Ariel Sharon «incarnait tout ce que les Pères de la Nation rêvaient de voir avec la génération de leurs fils nés en Israël: beau, fort, travailleur de la terre et soldat toute sa vie».

Même à gauche, le quotidien Haaretz, pourtant farouche adversaire du «bulldozer» (un des surnoms de Sharon), lui tressait des couronnes.» Or, il se trouve en Israël des journalistes d’un certain renom, écrivant dans divers journaux, qui n’ont pas reculé devant la pression à «l’unité nationale» et ont rappelé quelques faits. C’est ce qu’a fait Yossi Gurvitz, dont nous traduisons l’article publié le 13 janvier. Nous publierons un autre article à ce sujet. (Rédaction A l’Encontre)

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Depuis le massacre de Qibya [opération de l’Unité 101 de l’armée israélienne contre ce village cisjordanien, connu aussi sous le nom de Kibiah] à ceux de Sabra et Shatila (septembre 1982, camp de réfugiés palestiniens de Beyrouth-Ouest), en passant par les falsifications, les mensonges et les tromperies qui ont fait des colonies en Cisjordanie ce qu’elles sont aujourd’hui, Ariel Sharon a infligé des dommages inimaginables à Israël, à son armée, à sa moralité et à sa vie politique.

Dans la nuit du samedi 11 janvier 2014, dès que la mort d’Ariel Sharon a été connue, Shai Piron, l’hyperactif ministre de l’Education, s’est dépêché d’annoncer que des enseignants devaient consacrer une partie des leçons du lendemain à l’héritage de Sharon. Ces leçons se baseraient sur les grandes lignes des documents qui leur seraient distribués le matin. Cela montre bien non seulement la piètre opinion qu’il a de ses enseignants mais aussi à quel point il aspirait à la publicité que pourrait lui gagner cette annonce. Combien de temps devrait prendre un enseignant pour préparer une telle leçon? De combien de temps les enseignants auraient-ils besoin pour étudier le matériel non inclus dans la présentation?

Pendant ce temps, le ministre de la Sécurité publique, Yizhak Araronovich, s’est dépêché d’ouvrir une enquête sur la publication et l’envoi d’annonces exprimant de la joie à la mort de Sharon. «C’est ignoble, et je n’ai aucune intention de laisser passer cette affaire. Je désapprouve fortement  ce comportement criminel et j’ai demandé à la direction de police de s’occuper rapidement et de manière professionnelle de cette affaire.» Aïe! Il semble que le ministre de la Sécurité publique ne connaisse pas bien son métier. Le rôle de la police est en effet d’enquêter sur des violations de la loi et non pas de faire respecter la conformité de la pensée. Le fait d’exprimer de la joie sur la mort d’une personne ne constitue pas une infraction de la loi, même si cela irrite beaucoup d’abrutis.

Voici donc quelques mots sur la contribution de Sharon.

Des habitants de Kibiah revenant dans leur village détruit par l'Unité 101, en 1953

Des habitants de Kibiah revenant dans leur village détruit par l’Unité 101, en 1953

Nous devrions nous souvenir d’Ariel Sharon en tant que tueur en série qu’il a été depuis sa jeunesse. Il a servi en tant que commandant de l’Unité 101 – après des années certains de ses membres commencent à l’admettre – qui a commis une série de crimes de guerre. Une de ses opérations les mieux connues est l’«opération de représailles» menée dans le village de Qibya (ou Kibiah) en Cisjordanie. Son nom officiel était «Opération Shoshana» puisque c’est l’assassinat de Shoshana Kanias et de ses enfants qui a motivé l’opération. Les ordres – que Sharon avait rédigés avant le raid – précisaient que l’objectif de l’opération était d’«attaquer et de conquérir le village de Qibya en provoquant un maximum de morts et de dégâts à la propriété». Ces ordres ont été obéis à la lettre: 69 civils palestiniens ont été assassinés dans leurs maisons. Sharon et ses hommes allaient par la suite prétendre qu’ils n’avaient pas remarqué la présence des habitants lorsqu’ils ont fait sauter leurs maisons. Cet argument est pour le moins incompatible avec les ordres écrits qui avaient été transmis, mais cela Sharon ne l’a admis que plusieurs décennies plus tard.

Début 1955, un des subordonnés de Sharon, Meir Har-Zion, ainsi que trois autres membres de l’Unité 101 ont effectué une attaque de représailles en Jordanie. A cette occasion, Har-Zion a assassiné des membres d’une tribu bédouine suspectés d’avoir assassiné sa soeur. Sharon était au courant de cette attaque de représailles et, d’après certains témoignages, il a même fourni à Har-Zion les armes qu’il a fini par utiliser à cette occasion. Ni Har-Zion ni Sharon n’ont jamais été jugés pour cette tuerie.

A peu près à la même époque, Sharon a envoyé quelques parachutistes pour tabasser Uri Avnery, l’éditeur du journal d’opposition Haolam Hazeh, qui avait suscité la colère du régime corrompu de Ben Gourion. On ne sait pas bien si ce dernier était au courant des plans de Sharon ou s’il a simplement fermé les yeux sur cette agression.

Trois ans après Qibya, Sharon a conduit la Brigade des parachutistes dans une bataille inutile au col de Mitla, dans la Péninsule du Sinaï, contrôlée par l’Egypte. N’ayant pas reçu l’autorisation d’attaquer ce col étroit, il a persuadé le haut commandement de lui permettre d’envoyer une «patrouille de reconnaissance» dans cette zone. Au lieu de cela, il a envoyé tout un bataillon. Le résultat a été une bataille dans laquelle 38 parachutistes sont morts pour rien. L’appareil bien huilé de l’armée israélienne est immédiatement intervenu pour raconter des boniments au public, en convainquant tout le monde qu’il s’était agi d’une bataille «héroïque» – ce qu’elle a été – mais en omettant de mentionner qu’elle avait été tout à fait inutile.

En marge des principaux combats, l’un des subordonnés de Sharon, Arieh Biro, un commandant de compagnie dans le Bataillon 890, a assassiné des dizaines de prisonniers de guerre égyptiens. Plus tard il a dit regretter de n’avoir pas pris la peine de retirer les cordes qui liaient les poignets des prisonniers après leur meurtre, ce qui a permis aux Egyptiens d’en déduire qu’ils avaient été assassinés lors de leur capture. Biro a poursuivi sa carrière militaire et a atteint le rang de brigadier-général. Personne ne s’est donné la peine de savoir si Sharon était au courant du massacre.

A la veille de la guerre des Six-Jours [du 5 au 10 juin 1967], lorsque le gouvernement a donné des signes de vouloir résister à la pression des chefs de l’armée qui étaient en faveur d’une entrée en guerre, Sharon a proposé que l’état-major fasse un coup militaire. La proposition a été retirée de l’ordre du jour sans discussion, mais Sharon n’a pas été jugé, ni exécuté pour trahison, comme l’exigeait la loi.

Mais les plus belles heures de Sharon ont été la guerre des Six-Jours en 1967 et la guerre du Yom Kippour [octobre 1973], où il s’est révélé être un brillant tacticien. Mais aussi bien le gouvernement que l’état-major ont bientôt découvert, comme l’a dit Ben Gourion, qu’il n’avait pas été sevré de la propension à proférer des mensonges. Les victoires militaires ont catapulté Sharon dans l’arène politique. Personne ne mentionne le fait que pendant sa période au Commandement du Sud son mépris pour la défense statique l’a amené à ignorer délibérément la ligne Bar Lev [fortifications construites par Israël, suite à la guerre des Six-Jours le long de la côte du canal de Suez]

En tant que ministre de l’Agriculture, et encore plus en tant que ministre de la Défense, Ariel Sharon est devenu le père des colonies de Cisjordanie telles que nous les connaissons actuellement. Il détient les droits d’auteur pour beaucoup des tromperies, mensonges et falsifications qui marquent toutes les constructions juives au-delà de la Ligne verte. Il a enfoncé des colonies ici et là comme des clous sans tête, en sachant très bien que l’incapacité à les extraire constituerait l’obstacle qui empêcherait l’établissement d’un Etat palestinien. Ces clous sans tête qui constituent une garantie de conflit éternel constituent l’héritage le plus indélébile de Sharon.

En 1982, Sharon, avec le soutien entier de l’armée israélienne, a trompé le gouvernement israélien et s’est embarqué dans une campagne contre le Liban beaucoup plus importante que celle qui avait été envisagée par ses collègues. La campagne, dont le véritable objectif était d’expulser du Liban l’OLP et de frapper un coup mortel aux aspirations nationales palestiniennes, a été présentée au public comme une opération rapide et de courte durée pour éliminer les fusées Katyusha de la région frontalière. Quoi qu’il en soit, le public a été dupé et encouragé à oublier qu’un cessez-le-feu entre Israël et l’OLP avait été maintenu pendant 13 mois, et qu’il n’avait été violé que lorsqu’Israël a lancé des attaques aériennes contre les bases de l’OLP situées dans les camps de réfugiés palestiniens.

La guerre est alors devenue un facteur de division important dans l’histoire d’Israël. Les mensonges ourdis par l’armée, par Sharon et par le gouvernement étaient tellement tirés par les cheveux qu’ils ont rapidement été exposés comme étant ridicules. Les médias se sont évidemment tout de suite mis au garde-à-vous. Le battage autour de la conquête des châteaux de Beaufort a été le meilleur exemple de cette soumission des médias: Sharon a informé Begin – il n’est pas clair s’il s’agissait d’une erreur ou s’il a menti comme d’habitude – qu’il n’y avait pas eu de victimes israéliennes au cours de cette opération et Begin a répété cette information aux journalistes. Aucun journal n’a osé contester les dires du Premier ministre, alors que si on voulait savoir ce qui s’était passé, il suffisait de lire les notices mortuaires.

Pour de larges segments du public israélien, la guerre a atteint son nadir avec le massacre de Sabra et Chatila (septembre 1982, camps palestiniens à Beyrouth-Ouest). L’idée qu’il s’agissait d’un massacre commis par des milices chrétiennes d’extrême-droite contre des musulmans a été très bien propagée dans ladite opinion publique israélienne. «Techniquement» c’est vrai, mais cette interprétation escamote quelques faits essentiels. Par exemple, le fait que c’est l’armée israélienne qui a armé ceux qui ont perpétré le massacre; que c’est encore l’armée israélienne qui a encerclé l’ouest de Beyrouth; que les auteurs du massacre sont entrés dans l’ouest de Beyrouth à l’invitation et avec l’assistance de cette même armée; que celle-ci a tiré des fusées éclairantes qui ont facilité le massacre et a plus tard aidé les Phalangistes à cacher les cadavres.

Ce massacre a choqué le public israélien, il y a eu une manifestation monstre rassemblant 400’000 personnes et le gouvernement a finalement été obligé de mettre sur pied la Commission d’enquête Kahan. Cette commission a conclu que les officiers de l’armée israélienne étaient au courant du massacre en temps réel et qu’ils n’ont pas agi fermement pour l’empêcher. La commission a recommandé que Sharon soit tenu pour responsable et invité à démissionner de son poste. Sharon a refusé et le gouvernement a envisagé de rejeter les recommandations de la commission. Une manifestation appelant à la démission de Sharon à Jérusalem a été violemment agressée par une bande de lyncheurs. Vers la fin de la manifestation, un petit malfrat et activiste de droite, Yona Avrushmi, a jeté une grenade dans la foule. Un manifestant, Emile Grunzweig, a été tué, et sept autres ont été blessés. Lorsqu’ils ont été conduits à l’hôpital, la bande les a encore attaqués dans la salle des urgences.

L’impact du meurtre de Grunzweig a obligé le gouvernement à retirer Sharon de son poste. Il a passé les deux décennies suivantes dans les oubliettes du parti, constamment en train de préparer son prochain coup. Suite à la démission de Nethanyahou à la tête du Likoud, en 1999, Sharon s’est rapidement emparé du gouvernail du parti. Il est devenu Premier ministre peu après le début de la seconde Intifada (dès fin septembre 2000), dont il a été l’un des instigateurs par sa visite provocatrice (le 28 septembre 2000) au Mont du Temple-Haram al Sharif (Esplanade des Mosquées)

Entre 2001 et 2004 beaucoup de sang a coulé. Plus d’Israéliens ont été tués dans des attaques terroristes sous le règne de Sharon qu’à n’importe quel autre moment. Sharon a mené une cruelle bataille d’usure dans l’objectif d’écraser l’Autorité palestinienne et de fouler aux pieds les Accords d’Oslo. Sur ses ordres, chaque attaque terroriste du Hamas était suivie par une attaque de l’armée israélienne contre les bâtiments et le personnel de l’Autorité palestinienne. Le sang des Israéliens coulait à flots et s’ajoutait à celui du transfert forcé de population. L’autre objectif de Sharon était de frapper des coups à la classe moyenne palestinienne pour l’obliger à fuir.

Il était encore trop tôt pour dire si cette stratégie allait réussir. Les flots de sang, juif et palestinien, que Sharon était d’accord de verser pour soumettre l’Autorité palestinienne étaient invraisemblables. Mais au milieu de tout cela, Sharon s’est retrouvé devant un problème inattendu: ses actions corrompues allaient le rattraper. Le bureau du procureur cherchait en effet à découvrir comment diable le fils de Sharon, Gilad, avait reçu trois millions de dollars de la part d’un entrepreneur en bâtiment, Dudi Appel, pour surfer sur Internet. Plus tard, Appel a été reconnu coupable de corruption.

Mis sous pression par les enquêtes et par l’érosion du statut d’Israël sur le plan international et embarrassé par la popularité croissante de l’Initiative de Genève, Sharon s’est dépêché de mettre sur pied son plan de retrait de Gaza. L’objectif était d’amorcer un simulacre de retrait pour prouver qu’un retrait était impossible. Sharon a refusé de négocier avec les Palestiniens sur cette question, même après la mort d’Arafat et son remplacement par Mahmoud Abbas. Il a insisté sur une action unilatérale, ce qui a laissé la victoire au Hamas. Il ne s’agissait pas d’un bug dans le système, mais de son objectif central.

Pour mener à bien ce plan, il fallait qu’il affronte les colons. Ceux-là même qui admiraient autrefois Sharon ont découvert ce que signifiait subir ses mensonges et se trouver sur la route de ses bulldozers. Sharon a réussi à faire passer la loi sur le retrait à la Knesset et a simplement maintenu l’application du plan sans tenir compte du fait qu’il avait été rejeté par le Comité central du Likhoud. Au cours de ce processus, il a obligé Nethanyahou à voter quatre fois en faveur de ce plan, après la défaite de celui-ci au cours du «banana coup», une tentative échouée d’éliminer Sharon. Lorsque le chef de cabinet, Moshe «Bogie» Ya’alon, a déclaré aux médias que le retrait aiderait le terrorisme, Sharon est resté impassible, mais Ya’alon a été l’un des seuls chefs de cabinet dont le mandat n’a pas été renouvelé pour une quatrième année.

Mais les imbéciles aiment le pouvoir, ils y croient et l’alimentent pour le voir grandir: suite au retrait, le criminel de guerre Ariel Sharon est devenu le héros d’Israël. Il était l’idole des médias, qui lui attribuaient un titre après l’autre. Il était moins admiré dans le Likhoud, mais ensuite il a divisé le parti en créant Kadima, une sorte de squelette de parti qui s’adaptait parfaitement aux besoins de Sharon.

Cela a été la dernière manœuvre de Sharon. Peu après, suite aux sondages qui prédisaient que Kadima allait gagner une cinquantaine de sièges à la Knesset, il a eu un accident vasculaire cérébral. Comme d’habitude, ses courtisans ont menti et ont dit que tout allait bien. Un mois plus tard, Sharon a eu un deuxième accident vasculaire cérébral.

Et maintenant il est finalement mort, après avoir causé pendant de longues années des dommages incalculables à Israël, à son armée, à sa moralité et à sa vie politique, après de longues décennies où a coulé du sang innocent. Dans une grande mesure, les médias israéliens se sont dépêchés de balayer une bonne partie de ce qui est décrit ci-dessus. Cela pourrait irriter les lecteurs, ce n’est pas bon pour le tirage. Voilà comment se forgent les belles légendes. (Publié le 13 janvier sur le site +972; traduction A l’Encontre)

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