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La Brèche

«Nous sommes tous des Egyptiens»

Publié par Alencontre le 4 - février - 2011

Dr Nawal El Saadawi, une féministe connue dans le monde arabe, sur la place de la Libération

Par N.D. Kristof

Le 3 février 2011, le New York Times publiait dans ses pages «Opinion» un texte de Nicholas D. Kristof, deux fois prix Pulitzer et auteur connu pour sa défense des droits humains. Le 3 février était un jour où les nervis de Moubarak et de son régime attaquaient les manifestant·e·s réclamant le départ immédiat de Moubarak. Voici un résumé de cet article. (Rédaction)

«Je suis jeudi sur la place Tahrir. Je rencontre un charpentier Mahmood dont le bras gauche est en écharpe, une jambe dans un plâtre et la tête recouverte d’un bandage fait dans un hôpital improvisé installé dans une mosquée par le mouvement pour la démocratie. C’est la septième fois en 24 heures qu’il a dû se faire soigner à la suite de blessures infligées par les voyous à la solde du gouvernement. Mais dès que Mahmood est soigné, il retourne en boitant en première ligne.»

Nicholas Kristof avoue être impressionné par cette détermination qui semble insurmontable. «Je me battrais aussi longtemps que je le pourrais», lui dit Mahmood.

Et Mahmood n’est pas une exception. Le chroniqueur du New York Times évoque Amr, qui a perdu ses deux jambes il y a plusieurs années dans un accident de train. Il est venu avec sa chaise roulante sur la place Tahrir pour soutenir la démocratie et renvoie inlassablement les pierres lancées sur les manifestants par les hordes des partisans de Moubarak. Nicholas Kristof lui demande ce qu’un homme amputé des deux jambes fait dans un combat mené à coup de cocktails Molotov, de machettes, de rasoirs, de gourdins… «J’ai encore mes mains», lui répond Amr.

Dans l’hôpital de la place Tahrir, 150 médecins se sont portés volontaires en dépit des risques. Maged, un docteur de 64 ans qui marche avec une canne, n’avait jamais participé aux protestations, mais quand il a été informé des attaques menées contre les manifestants pacifiques, il a décidé d’agir. Jeudi matin, il a rédigé son testament, a roulé 200 kilomètres jusqu’au Caire et s’est porté volontaire. «Tant pis si je ne reviens pas. J’ai décidé d’en être. Si je meurs, ce sera pour mon pays.»

Au centre de la place Tahrir, qui veut dire place de la Libération, Nicholas Kristof rencontre une de ses héroïnes, le docteur Nawal El Saadawi. Cette écrivaine est une des figures du mouvement féministe arabe qui n’a cessé de combattre l’excision. Elle aura 80 ans cette année, mais reste passionnée. «J’ai le sentiment d’être née à nouveau», déclare-t-elle au journaliste du New York Times.

Nicholas Kristof décrit aussi une petite prison sur la place Tahrir où sont enfermés les voyous pro-Moubarak capturés. Leurs cartes d’identité indiquent que la plupart sont des policiers ou des employés du parti au pouvoir…

Il termine son article en affirmant que nous avons tous à apprendre et à être inspirés par cette lutte : Innaharda, ehna kullina Misryeen ! Aujourd’hui nous sommes tous des Egyptiens.

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