lundi
11
décembre 2017

A l'encontre

La Brèche

Nikos Michaloliakos intervient au parlement

Nikos Michaloliakos intervient au parlement

Par Rédaction A l’Encontre

Depuis le mercredi 26 septembre circule en Grèce un scénario: la démission collective des 18 députés au parlement d’Aube dorée. Le dirigeant de l’organisation néonazie, Nikos Michaloliakos, a évoqué au parlement cette possibilité. Cette «menace» a pour fonction d’ouvrir la porte à des élections anticipées dans 15 arrondissements électoraux. L’intention étant de faire la démonstration de l’audience électorale d’Aube dorée et du déclin encore accentué des forces telles que le PASOK, Dimar (Gauche démocratique) et y compris d’un secteur de la Nouvelle Démocratie, soit le parti du gouvernement d’Antonis Samaras. Conjointement, les dirigeants d’Aube dorée dénoncent toutes les accusations selon lesquelles l’organisation néonazie serait «une organisation criminelle».  Il faut avoir à l’esprit que, selon la Constitution grecque, si la preuve est administrée que l’assassinat de Pavlos Fyssas a été le résultat d’une action collective concertée – ce que les diverses enquêtes rendues publiques démontrent –, Aube dorée serait assimilée à une organisation terroriste que l’Etat doit interdire et les peines frappant les hommes de main seraient très lourdes. En fait, cet article constitutionnel est issu de la période dictatoriale de 1967-74 et visait, dans sa forme et son contenu, l’extrême gauche, assimilée sans vergogne à des «structures terroristes».

La menace de démission collective  des députés d’Aube dorée constitue une facette de la contre-attaque du parti néonazi face à la mobilisation antifasciste et face aux résultats initiaux des enquêtes qui démontrent, tous les jours, les liens étroits entre Aube dorée, la police et des structures de l’armée. Ainsi, de nouveaux documents ont été publiés le vendredi 27 septembre (dans le quotidien To Ethnos), montrant qu’un officier de police de l’Aéroport de Rhodes participait à l’entraînement militaire d’un groupe de la section d’Aube dorée. Autrement dit, d’une structure paramilitaire.

A la menace d’une démission collective , la direction d’Aube dorée multiplie les déclarations concernant le fait que le gouvernement Samaras  «vend la Grèce à l’étranger». Nikos Michaloliakos déclarait le 26 septembre 2013: «Ce n’est pas nous qui sommes des criminels, mais ceux qui ont mis en faillite le pays. Nous utiliserons tous les moyens légaux d’ordre constitutionnel à notre portée afin de défendre notre honneur politique.» Ilias Kassidiaris, porte-parole d’Aube dorée, a affirmé le même jour: «Le gouvernement ne pouvant faire face politiquement à Aube dorée utilise dès lors des manipulations illégales , des moyens de super-surveillance des députés, des faux témoignages sans noms et sans preuves. Le peuple grec ne croit plus désormais à la propagande des chaînes télévisées. Nous sommes présents. Nous utiliserons tous les moyens légaux pour protéger nos droits constitutionnels. Tous nos moyens légaux contre un gouvernement illégitime.»  Le fait que la direction d’Aube dorée ne précise pas quels sont les moyens légaux rend plus crédible la tactique d’une démission collective des députés avec sa conséquence: des élections anticipées dans 15 circonscriptions. Ce genre d’élections n’est pas commun en Grèce. L’ancienne maire d’Athènes Dora Bakoyannis – qui a largement profité des opérations spéculatives de corruption à l’occasion des Jeux olympiques et qui a rejoint les rangs de la Nouvelle Démocratie – a immédiatement déclaré qu’il n’y aurait pas d’élections généralisées anticipées et qu’Aube dorée serait battu électoralement. Ce qui reste à démontrer.

Ce chantage se fait d’autant plus fort que les enquêtes démontrent la nature d’organisation criminelle d’Aube dorée, avec ses connexions dans les sphères policières et militaires.

Dans cette situation politique, deux pespectives sont débattues dans les cercles des partis gouvernementaux ou appuyant le gouvernement (Nouvelle Démocratie, PASOK et Dimar). La première a trait à un changement de leadership dans la Nouvelle Démocratie, étant donné l’impasse économique encore plus nette de la politique du gouvernement Samaras , placée sous la tutelle de la Troïka. Samaras ne peut plus vendre «une sortie de la crise pour 2014» alors que sur le plan social la dégradation des conditions de vie ne cesse de s’accentuer. Des éditoriaux évoquent la possibilité d’un remplacement de Samaras par Caramanlis, bien qu’il soit un politicien falot. La deuxième est dessinée par Venizelos qui, pour sauver la peau du PASOK, propose la formation d’un «arc constitutionnel» pour faire face à Aube dorée en cas d’élections anticipées. Venizelos déclarait le 26 septembre que, d’une part, il fallait accroître les mesures contre Aube dorée (contrôle financier, liens avec les milieux criminels, fouille des locaux) et, d’autre part, que suite à l’assassinat de Pavlos Fyssas Aube dorée avait perdu de sa crédibilité  dans «l’opinion publique».

En fait, les propositions de Venizelos et d’un vaste secteur de la Nouvelle Démocratie ont pour fonction de faire croire que les activités d’Aube dorée et ses liaisons avec les sphères répressives officielles étaient du domaine de l’inconnu jusqu’au 17 septembre. Ce qui relève d’un mensonge grossier.

La bataille contre Aube dorée, ses pratiques, son influence doit être combinée avec un refus net et argumenté des politiques d’austérité, telles qu’inscrites dans les Mémorandums, et avec une volonté de faire taire, en priorité dans le milieu scolaire, la propagande raciste, anti-syndicale, anti-gauche , anti-droits démocratiques. A cela s’ajoute la nécessité d’une unité d’action pour ne pas «laisser la rue» à Aube dorée et lui permettre des actions de «substitution de l’autorité étatique» telles que le contrôle de cartes d’identité des immigré·e·s, des vendeurs dans un marché, d’actions de distribution de «sang grec à des Grecs» avec la complicité de militants de responsables d’entités hospitalières. L’«arc constitutionnel» proposé par Venizelos et d’autres membres des partis gouvernementaux a pour but, entre autres, d’opérer un clivage entre la dénonciation des pratiques et de l’idéologie d’Aube dorée et la mobilisation sociale contre Aube dorée et contre toutes les facettes d’une politique d’austérité brutale qui ronge la société dans son ensemble et peut multiplier les désespérances, humus favorable à une force comme celle d’Aube dorée.

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