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septembre 2018

A l'encontre

La Brèche

Royaume d’Espagne. Un populisme de droite?

Publié par Alencontre le 23 - août - 2018

Pablo Casado

Par Rodrigo Amírola

Après huit longues années de Marianato [présidence du gouvernement de Mariano Rajoy, entre le 21 décembre 2011 et le 2 juin 2018], le jugement dans l’affaire [de corruption concernant le Parti populaire] Gürtel, le 24 mai, a représenté une inflexion de la législature [laquelle court, «normalement», jusqu’en 2020]. Il a ouvert une fenêtre d’opportunité pour l’opposition et a signifié un choc pour les droites. Le PSOE, mené par Pedro Sánchez, a présenté une motion de censure, et grâce à l’active collaboration d’Unidos Podemos, a réuni le soutien parlementaire de plusieurs formations – dont celles des nationalistes catalans et basques – pour faire sortir le Parti populaire (PP) du gouvernement, en raison principalement de la corruption et du blocage politique aggravé par la situation en Catalogne.

Dans cette conjoncture, les droites sont entrées en crise: d’un côté, Ciudadanos, l’associé le plus fidèle du gouvernement dont l’audience s’accroissait dans le sillage du conflit catalan, a été profondément déconcerté et a maintenu une position intermédiaire. De l’autre, le Parti populaire est passé à l’opposition et entrait sur un terrain inconnu suite au retrait de Rajoy [de la direction du parti]: un Congrès avec des élections primaires ainsi qu’un étrange système de vote à deux tours.

Finalement, Pablo Casado, le candidat de l’aznarisme [1], s’est imposé clairement – par plus de 15 points d’avance – devant Soraya Sáenz de Santamaría, la toute-puissante vice-présidente du gouvernement Rajoy. Pablo Casado a lancé un appel à la base, exigé des comptes pour l’Opération dialogue avec la Catalogne [engagée en novembre 2016 par Sáenz de Santamaría] et offert des réponses simples et idéologiques à une large coalition de mécontents de la gestion récente de leur gouvernement ainsi que de la fragmentation de la droite (Ciudadanos, Vox: petite formation de droite formée en 2014, notamment par des personnalités du PP, notamment Santiago Abascal Conde, son actuel président, qui avait mis en place La Fundación para la defensa de la Nación Española).

Qui est Pablo Casado?

Pablo Casado est désormais l’un des plus jeunes dirigeants [né en 1981] des grands partis de l’Etat espagnol. A l’instar des autres dirigeants, il a commencé à être connu dans la société espagnole en tant que porte-parole de son parti lors de programmes télévisés de grande audience, tel que la Sexta Noche à partir de 2015. Sa trajectoire politique ultérieure, autant au sein du parti – en tant que chef des jeunesses à Madrid – que dans sa périphérie – que cela soit en tant que «directeur de cabinet» de l’ancien président Aznar [entre 2009 et 2012] ou comme fondateur du think tank pro-sioniste Friends of Israel Initiative [1].

Il est clair que Casado n’est pas un nouveau venu à la politique. Il sait toutefois parfaitement que son message est destiné à une société qui change rapidement et que c’est probablement la dernière possibilité pour son parti de se rénover. C’est ainsi qu’il s’est présenté aux primaires. Le message qu’il fait passer depuis qu’il a été élu président du parti: il représente l’espoir d’un avenir pour une droite rénovée, car il relie le meilleur du passé du pays et de sa formation politique («Le Parti populaire est de retour»). Sa mission historique consiste à recomposer le parti alpha des classes moyennes espagnoles dans l’actuel contexte politique, économique et social de post-crise. Pour reprendre le projet aznariste par excellence, c’est-à-dire la constitution d’un grand pôle idéologique allant du centre à l’extrême-droite, il fait face à deux problèmes immédiats: l’affaire de son master frauduleux et Albert Rivera [le dirigeant de Ciudadanos], son jumeau aspirant à diriger la droite espagnole.

D’un côté, son point faible le plus immédiat est l’affaire du master, une enquête judiciaire est en cours auprès de la faculté de droit autonomique et local de l’Université roi Juan Carlos. Cette université est probablement le cœur d’une trame de corruption visant à favoriser sur le plan des titres universitaires des responsables publics et des membres du Parti populaire. Souvenons-nous que Cristina Cifuentes, l’ancienne présidente de la Communauté de Madrid, est impliquée dans une affaire similaire, ce qui l’a conduit à démissionner [fin avril 2017] et à se retirer de la vie politique.

D’un autre côté, il y a Ciudadanos, une formation qui se définit comme étant libérale et pro-européenne et son dirigeant, Albert Rivera, est le grand rival de Casado dans la lutte pour l’hégémonie de la droite. Comme lui, Casado est né dans un contexte où la Constitution de 1978 était déjà entrée en vigueur, il a étudié le droit avant d’entrer en politique et c’est un représentant idéal des nouvelles classes moyennes urbaines. Les deux pourraient être des «pères sévères»: le paterfamilias, c’est le chef, l’autorité morale qui soutient et qui défend le noyau familial dans un monde compétitif, conflictuel et plein de dangers. La coïncidence veut aussi que tous les deux aient milité au sein du Parti populaire avant de présider leurs partis respectifs.

Albert Rivera et Pablo Casado

Au-delà de ces similitudes sociologiques, il convient de souligner une différence fondamentale entre ces jumeaux héritiers de l’aznarisme. Alors que Rivera est issu d’un quartier ouvrier de Barcelone, l’une des grandes agglomérations métropolitaines du Royaume d’Espagne, et qu’il s’agit d’un observateur privilégié du Procés [nom générique désignant le mouvement indépendantiste, ou processus vers l’indépendance], Casado est né à Palencia [ville de 78’000 habitants au nord de Valladolid dans la communauté autonome de Castille-León] et vote encore à Las Navas del Marqués, une petite localité [de 5000 habitants, dans la province d’Avila] en pleine Espagne vide [3], qui symbolise un pays en recul où le PP continue à jouir de majorités absolues dignes d’une autre époque.

Enfin, autant Casado que Rivera savent bien qui sont les «leurs» et qui sont les ennemis de l’Espagne. La tâche de récupérer le terrain perdu par la droite politique avec son adversaire Ciudadanos passe par une opération récurrente: placer le conflit catalan au cœur de l’agenda politique et insister sur l’héritage moral et symbolique des victimes d’ETA pour la démocratie espagnole, accusant le gouvernement socialiste et ses associés de complicité avec l’anti-Espagne. 

L’Espagne des balcons et des drapeaux: un agenda conservateur pour 2020

Dans une époque de tensions et d’incertitudes, on revient à l’essence, à l’être. Pablo Casado représente le retour à l’âme néo-conservatrice du parti – inspirée de Reagan et de Thatcher –, le retour aux principes et aux valeurs de l’Espagne en même temps que de faire passer aux oubliettes l’étape d’immobilisme gouvernemental du Marianato. A la différence de ceux qui considèrent qu’il y aura une différence radicale entre le projet présenté jusqu’à présent devant les militant·e·s et celui qui sera proposé aux électeurs, mon avis est que les idées fondamentales, les alliances et la perspective de construction d’une hégémonie de la droite visant à prendre d’assaut le gouvernement resteront les mêmes.

Les turbulences de l’économie mondiale et la remise en cause des règles du jeu mondial dans le sillage de la révolution conservatrice des années fin 1970 sont en train de secouer les systèmes politiques d’un côté de l’Atlantique comme de l’autre. Des forces émergent, ébranlant radicalement le statu quo, se nourrissant des poussées contre l’establishment de fractions importantes des populations de plusieurs pays, à gauche comme à droite. Dans un entretien récent [le 28 juin] offert à Federico Jiménez Losantos [4], Casado expliquait que si les partis conservateurs traditionnels ne se renouvellent pas, des nouveaux leaderships émergeront ou alors des mouvements exogènes capables de représenter des secteurs sociaux oubliés. Eloquemment, il citait deux exemples: le triomphe de Trump lors des primaires républicaines ou le mouvement lancé par Macron, «En Marche».

Dans le sillage de la crise financière mondiale et de la crise économique espagnole, la gestion médiocre de celle-ci par le bipartisme [PP-PSOE] et la classe politique figurait parmi les principaux motifs d’insatisfaction d’une importante majorité de la population espagnole, dont l’une des expressions a été le mouvement du 15 mai 2011 («Les indignés», le 15 M).

Ce dernier, pour Casado, représentait au fond une «révolution capitaliste», impulsée par une nouvelle génération de jeunes qui voulaient vivre mieux ou, au moins, comme avaient vécu leurs parents. Certains ont fait remarquer que cette appréciation était similaire aux propos tenus [en janvier 2017] par Susana Díaz [à la tête de l’exécutif de la Communauté autonome d’Andalousie, l’une des principales «baronnes» du PSOE]. Selon elles les jeunes indignés voulaient un petit appartement au bord de la plage. Mais leur approche respective de ce phénomène est diamétralement opposée. Alors que la dirigeante andalouse entendait mobiliser un certain sentiment de revanche parmi les plus humbles contre une jeunesse de classe moyenne frivole et égoïste, Casado donne un vernis néo-conservateur à cette protestation, tentant de se l’approprier grâce aux facilités que lui offre «l’écoulement du temps» et, dans le fond, de la neutraliser pour aboutir à la conclusion répétée des milliers de fois selon laquelle «il n’y a pas d’alternative» au système politique et économique actuel.

Son Espagne véritable devait encore se manifester. Sa chance est venue avec les points les plus critiques du Procés et de la crise catalane: l’Espagne des balcons et des drapeaux (allusion aux drapeaux exhibés sur les balcons). Une espèce de 15M de type réactionnaire déployant des drapeaux constitutionnels dans toutes les villes et coins d’Espagne depuis l’intimité de leurs foyers. Ces personnes, unies par les symboles nationaux du pays, réagissaient contre un ennemi commun (l’indépendantisme catalan), toutefois sur la base de motivations et de représentations très différentes. Tout populisme de droite en Espagne s’érige nécessairement en opposition à un ennemi intérieur. Pour affronter le conflit catalan, Casado propose de réprimer pénalement le débat politique sur la Catalogne et d’utiliser le droit pénal contre l’ennemi.

L’approche de Casado consiste toutefois également à construire quelque chose en termes positifs: transformer cette majorité sociale, dispersée et fragmentée, excepté lors d’une crise nationale, en une nouvelle majorité morale. Comme Reagan, Casado souhaite s’appuyer sur cette majorité morale d’Espagnols qui défendent des idées «ni de droite, ni de gauche» comme la famille, les valeurs ou l’unité de la patrie, mais qui se construisent avec les secteurs les plus conservateurs de la société.

Pour y arriver, il met en avant un agenda conservateur contre les conquêtes et les idées les plus progressistes qui existent au sein de la société espagnole. En premier lieu, il a remis entièrement en cause le mouvement féministe, ce qu’il appelle «l’idéologie du genre» et qu’il qualifie de «collectivisme social» qui vise, par le biais d’une ingénierie sociale, à «compartimenter la société en fonction de son genre» et d’oublier ainsi les individus. Dans sa perspective néoconservatrice, le féminisme est un mouvement d’avant-garde de la gauche contemporaine, qui souhaite transformer la vie et les pratiques quotidiennes, dès lors que le communisme a été vaincu historiquement et qu’il n’est pas encore en mesure de proposer une alternative politique, économique et sociale au capitalisme existant. Tous les progrès législatifs [portés par les revendications féministes] doivent être éradiqués afin de donner la parole à cette «majorité morale», qui respecte les lois et ne manifeste pas et qui, donc, reste dans l’obscurité.

En deuxième lieu, Casado a attaqué la législation en vigueur en matière de droit à l’avortement [en 2014, un important mouvement féministe a mis en échec la tentative de modification des maigres dispositions en matière de droit à avortement] et la perspective d’une réforme de la loi sur l’euthanasie. Il le fait sur la base de deux arguments: d’une part, il a rejoint le discours en faveur de la vie promu par l’Eglise catholique et, en particulier, par ses secteurs les plus réactionnaires et, de l’autre, il fait appel à la nécessité de retrouver des consensus antérieurs – en réalité inexistants dans la mesure où tout progrès sur ces questions a été le fait d’énormes luttes et d’efforts, contre l’opposition permanente de l’Eglise et des forces conservatrices – en défense de l’unité.

En troisième lieu, il a tenté de neutraliser le mouvement dit de la mémoire historique [5], lançant des appels typiques au consensus et à la concorde, tout en insistant sur la nécessité de résoudre les problèmes du présent et de regarder vers l’avenir.

Le quatrième élément de son agenda est celui classique typique de la reaganomics: une «révolution fiscale» consistant à baisser le taux maximal d’imposition sur le revenu (IRPF), l’impôt sur les entreprises ainsi que les impôts sur le patrimoine, l’héritage et les dons. Pour reprendre les propos de son inspirateur intellectuel, Daniel Lacalle [économiste libéral orthodoxe, proche du PP, qui vit à Londres], ces impôts doivent baisser ou être supprimés parce qu’ils sont «immoraux». L’économie politique et les besoins économiques et sociaux du pays sont remplacés par l’idéologie ultralibérale.

Le cinquième ingrédient: les néo-conservateurs attaquent l’immigration, endossant le costume politiquement incorrect mais à allure responsable, face à une gauche moraliste et acritique qui «prétend» accueillir tous les Africains qui peuvent venir, y compris si cela signifie une menace pour le système de sécurité sociale. En Espagne, un tel discours a été largement court-circuité, pour l’heure, par le 15M. Toutefois, il est possible qu’il ressuscite avec force, inscrivant Casado dans le sillage de la droite la plus réactionnaire.

Le centre n’existe pas: un gouvernement faible et le virage à droite de la société

Les trois grands partis espagnols ont apparemment accueilli la victoire de Casado avec soulagement. Leur idée partagée est que la victoire de Soraya Sáenz de Santamaría, une adversaire expérimentée et moins marquée idéologiquement, aurait été pire. A leurs yeux, elle aurait représenté une menace pour leurs intérêts du fait qu’elle se serait révélée plus compétitive dans la lutte pour le «centre». Une telle perspective est toutefois à courte vue et vise à rationnaliser un simple jeu de mirages qui fait de nécessité vertu.

Le pari de Casado et de la fraction «populiste» du Parti populaire visant à tenter de constituer une nouvelle majorité morale allant au-delà de la gauche et de la droite peut sembler dans un premier temps porter préjudice aux intérêts électoraux du PP selon les conceptions de sociologues électoraux lancés à la recherche anxieuse du centre. Il est toutefois certain que ce réarmement idéologique de la droite conservatrice et une mobilisation de ses secteurs les plus durs, préparant une polarisation avec le faible gouvernement Sánchez, peuvent aboutir à une restriction de l’espace politique de Podemos, dont les socialistes agitent le drapeau (pour un accord) avec passion, et fracturer Ciudadanos entre son électorat le plus libéral et les électeurs mécontents provenant du PP.

En outre, ce qui semble impossible aujourd’hui, envisager une lutte frontale et gagnante contre les progrès et conquêtes d’un mouvement féministe dynamique, peut devenir rapidement possible face à un gouvernement plongé dans une campagne électorale permanente qui peut sembler désorienté et peu clair, avec une capacité limitée à formuler un programme donnant vie, force et énergie à sa base sociale.

En conclusion, Casado et son nouveau Parti populaire disposent d’un projet politique. Ils sont là, et ils entendent rester, pour autant que Casado n’ait pas de problème sérieux avec la justice espagnole. Quelqu’un pourrait penser que ses idées ne sont pas réalisables dans l’Espagne d’aujourd’hui, mais nous ne devrions pas le sous-estimer. En particulier sans un combat efficace contre sa contribution à la vague réactionnaire en Europe et dans le monde. (Article publié le 18 août 2018 sur le site Sin Permiso. info, son auteur a été coordinateur du secrétariat politique de Podemos jusqu’au début 2017)

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José Maria Aznar

[1] Allusion au président du gouvernement du PP José María Aznar qui fut à la tête de l’exécutif entre 1996 et 2004. Il s’affirma et s’affirme comme un tenant d’un nationalisme espagnol renouvelé et agressif, défenseur d’un néo-conservatisme dans le sillage de Bush fils et se situe dans une certaine filiation avec la droite franquiste. (Réd.)

[2] La Friends of Israel Initiative a été fondée – comme son site l’indique – en 2010 à la suite d’une rencontre de personnalités à Paris. Son président est José María Aznar et l’association compte dans ses rangs plusieurs néo-conservateurs connus: dont l’ancien ambassadeur des Etats-Unis auprès des Nations Unies John Bolton, actuel conseiller à la sécurité de Donald Trump ; l’ancien président du Parti unioniste d’Ulster et premier ministre d’Irlande du Nord David Trimble ;l’ancien président du Sénat italien, entre 2001 et 2006, alors membre de Forza Italia _ de S. Berlusconi – Marcello Pera, etc. L’objectif de l’association est «de contrer les efforts croissants visant à délégitimer l’Etat d’Israël ainsi que son droit de vivre en paix dans des frontières sûres et défendables». La présentation conclut par cette formule: «Israël est une partie inextricable de l’Occident. Nous tiendrons ou tomberons ensemble.» (Réd.)

[3] L’España vacía ou Espagne vide, désigne l’immense intérieur de la péninsule ibérique, majoritairement rural, parsemé de quelques petites villes. Cette zone s’affirme en contraste avec les grandes métropoles que sont, en plein centre, Madrid et Barcelone ainsi que, plus généralement, avec le littoral méditerranéen qui concentrent plus de la moitié de la population du pays. L’Espagne vide, en raison d’un découpage et d’un système électoral, permet une représentation disproportionnée du PP, des forces conservatrices plus largement, dans les parlements locaux (au détriment des villes) comme lors des élections générales. En toute justice, il faut dire que CiU (Convergence et Union), la coalition à la tête de la Catalogne entre 1980 et 2003, a également bénéficié de ces dispositions formulées lors de la transition et visant à contrer l’influence des zones urbaines où la gauche jouissait d’une implantation forte. Sur les dimensions sociales et culturelles de l’Espagne vide, se rapporter à l’ouvrage de l’écrivain Sergio del Molino La España vacía. Viaje por un país que nunca fue, Turner publicaciones, 2017. On peut consulter cette carte. (Réd.)

[4] Jiménez Losantos directeur de Libertad Digital, actif auprès de la chaîne de radio associé esRadio, il a travaillé longtemps auprès du groupe catholique et conservateur COPE, étroitement associé au PP et fer de lance du combat idéologique médiatique contre le groupe rival PRISA, proche du PSOE. (Réd.)

[5] Le mouvement de la «mémoire historique» réclame que justice soit rendue pour les victimes du franquisme, l’ouverture des fosses communes encore nombreuses en Espagne, afin d’identifier les personnes enterrées ou encore qui exige le changement des noms de rues, portant le nom d’officiers franquistes et d’autres «héros», ou des statues. Le PSOE, depuis Zapatero, et en sachant bien qu’il n’avait pas de voix à gagner parmi les électeurs du PP, s’est engouffré derrière les revendications de ce mouvement, acceptant de mettre un terme – très partiel – à «l’amnésie» de la transition. Cela s’est traduit par l’adoption de plusieurs lois ainsi que par l’activité du juge Garzón visant à recencer et identifier les personnes jetées dans des forces communes, lors de la guerre civile (1936-1939) ou lors de la répression sanglante qui a suivi. Cette opération a été interrompue, mais plus de 150’000 cadavres ont été recensés. A noter que l’une des rares mesures – autres que celles assurant le respect des budgets d’austérité adoptés par le PP – prises par le nouveau gouvernement socialiste est de prévoir de sortir le corps de Franco de l’énorme basilique souterraine, bâtie par le travail esclave de prisonniers républicains, de la Vallée des tombés près de Madrid. Ciudadanos s’oppose fermement à cette mesure. (Réd.)

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