La dictature militaire argentine, 1976-1983. Etapes et stratégies (II)

Le général Bignone transfert la présidence à Alfonsin, le 10 décembre 1983.

Par Gabriela Águila

[Au moment où la vice-présidente du gouvernement de Javier Milei, Victoria Villarruel, affirme sa compréhension pour la dictature, un rappel historique relève d’une nécessité – Réd. A l’Encontre ]

Comme il a été démontré [voir première partie de cette étude publiée sur ce site le 12 décembre], la dictature n’était pas un régime homogène [9]: la gestion de l’économie (divisée entre les partisans du libéralisme extrême, les secteurs plus corporatistes, les technocrates, les hétérodoxes), la répartition du pouvoir entre les différentes branches de l’armée, la relation avec les partis politiques non interdits, le moment de la transition, entre autres problèmes, ont provoqué des tensions et même des fractures au sein du régime et de ses dirigeants.

Tensions, conflits et crises

A cet égard, il est possible de distinguer des périodes ou des phases par lesquelles le gouvernement militaire est passé. Durant les premières années, pendant la majeure partie du quinquennat de Videla (1976-1981), les militaires disposaient d’une grande marge de manœuvre pour mettre en œuvre leur projet [résumé dans le PRN-Proceso de Reorganización Nacional]. C’est une période caractérisée par une répression généralisée et systématique qui a vu le plus grand nombre d’arrestations, de disparitions et d’assassinats et la plus grande tolérance sociale envers le régime, tandis que les expressions de résistance active et organisée étaient peu nombreuses et relevaient de la responsabilité de groupes minoritaires, notamment en termes de dénonciation des violations des droits de l’homme. La situation a changé vers 1979-1980, avec la détérioration de l’économie qui a altéré la légitimité du régime.

En octobre 1980, la junte militaire nomme le successeur de Videla, le général Roberto E. Viola, président de la nation jusqu’en 1984. En décembre 1981, ce dernier est remplacé par le général Leopoldo F. Galtieri, qui ne reste au pouvoir que quelques mois de plus, jusqu’à la fin de la guerre avec le Royaume-Uni en juin 1982 [la guerre des Malouines commence le 2 avril avec le débarquement de l’armée argentine qui revendique «sa souveraineté» sur cet archipel; Thatcher organise la contre-offensive militaire: elle se conclut par un cessez-le-feu le 14 juin 1982]. La dernière période de la dictature militaire est présidée par un autre général de l’armée, Reynaldo B. Bignone. Il allait tenir les leviers du pouvoir militaire jusqu’à l’entrée en fonction d’un gouvernement civil en décembre 1983 [Raúl Alfonsin, à la tête du parti historique l’Unión Cívica Radical, est élu en octobre 1983]. Début des années 1980 commence donc une période marquée par l’instabilité sociale et politique, qui laisse entrevoir l’épuisement du projet des Forces armées.

Le plan économique de Martínez de Hoz [ministre de l’Economie de mars 1976 à mars 1981] a été le principal sujet de critique et de remise en cause du gouvernement militaire dès ses premières années. Ses politiques mises en œuvre favorisent la concentration du capital et la distribution régressive des revenus et profitent aux secteurs dominants, même s’il est vrai qu’en plus de frapper durement les salarié·e·s, elles ont des conséquences néfastes pour certaines branches de l’industrie et certaines activités productives à l’intérieur du pays. Cela a provoqué des plaintes et des critiques de la part de divers secteurs et organisations syndicales, politiques et patronales – en particulier dans le secteur agricole et industriel – qui se sont amplifiées au fur et à mesure que leurs effets sur la structure socio-économique se faisaient sentir. Ces critiques émanaient même de ceux qui considéraient positivement d’autres politiques du gouvernement militaire, en particulier ses actions dans la dite «lutte contre la subversion».

L’autre thème qui a gagné en visibilité dans l’agenda politique est celle des droits de l’homme. Bien que les militaires aient publiquement nié leurs crimes, les attribuant à des «excès» typiques d’une guerre non conventionnelle ou à une «campagne anti-argentine» organisée par la subversion, les preuves accumulées étaient suffisamment nombreuses pour démontrer les violations massives des droits de l’homme. Elles avaient été dénoncées depuis le début de la dictature par les exilé·e·s, le mouvement des droits de l’homme et les organisations humanitaires internationales. La situation a également été discutée à plusieurs reprises au sein d’instances internationales telles que la Sous-commission des droits de l’homme des Nations unies et la Commission interaméricaine des droits de l’homme (CIDH) de l’Organisation des Etats américains (OEA).

L’arrivée du démocrate James (Jimmy) Carter à la présidence en janvier 1977 a représenté un changement dans les relations entre Washington et la dictature argentine, étant donné que sous le gouvernement républicain, et alors que Henry Kissinger était à la tête du département d’Etat, le soutien au gouvernement militaire avait prévalu [10]. La politique étrangère de promotion et de défense des droits de l’homme de Carter s’est traduite par des pressions sur la junte militaire par divers moyens: visites dans le pays de son envoyée Patricia Derian (Assistant Secretary of State for Human Right and Humanitarian Affairs: août 1977-janvier 1980); contacts et réunions avec des diplomates et des chefs militaires où la question a été abordée, y compris une réunion entre Videla et Carter en septembre 1977; et conditionnalités pour l’octroi de prêts à l’Argentine. En même temps, le gouvernement états-unien a contraint la junte militaire à accepter la visite de la CIDH afin de vérifier la situation des droits de l’homme dans le pays. Cette visite a eu lieu en 1979 et a eu un impact significatif. La Commission a recueilli un total de 5580 plaintes de parents, de victimes et d’organisations de défense des droits de l’homme et, sur cette base, elle a rédigé un rapport critique sur la situation en Argentine, exposant en détail les pratiques répressives dissimulées – enlèvements, disparitions et tortures – qui a été publié en avril 1980, mais interdit de diffusion dans le pays [11].

Cette orientation de la politique étrangère des Etats-Unis sous l’administration Carter contrastait fortement avec celle de l’Union soviétique, qui non seulement a maintenu des relations commerciales privilégiées avec l’Argentine pendant ces années [des achats de blé, entre autres], mais a également évité de condamner le pays dans les forums internationaux lorsqu’il s’agissait de cas de violations des droits de l’homme. Plus précisément, en 1977, l’URSS a voté contre l’inclusion de l’Argentine dans la liste des pays devant faire l’objet d’une enquête de la Commission des droits de l’homme des Nations unies. Elle a réitéré son vote d’opposition en 1981, lorsque la résolution a finalement été approuvée. Il s’agit là d’une différence notable avec la position de Moscou vis-à-vis d’autres dictatures latino-américaines, en particulier le régime de Pinochet au Chili. En termes de commerce, la situation s’est surtout aggravée après 1979, lorsque l’URSS est devenue le principal partenaire commercial de l’Argentine et son principal acheteur de céréales en 1980-1981, un échange qui a atteint des niveaux record, en particulier lorsque les Etats-Unis ont mis en pratique l’embargo sur les céréales en raison de l’intervention soviétique en Afghanistan [12].

Ce n’est que vers 1981-1982 que la question des disparu·e·s a été clairement incorporée dans les discours et les déclarations d’un certain nombre d’acteurs politiques, sociaux et institutionnels (notamment les partis politiques, les syndicats et l’Eglise catholique) et que la question des droits de l’homme est devenue un problème majeur pour le régime militaire [13]. A cela s’ajoutent une recrudescence de la contestation ouvrière et la reprise de l’activité des partis politiques. Il était alors évident que la marge de manœuvre du gouvernement des Forces armées s’était fortement réduite et, surtout, que l’initiative n’était plus du seul côté du régime, comme en témoigne la formation, en juillet 1981, de la Multipartidaria – un accord entre cinq partis ayant une existence légale: Unión Cívica Radical, Partido Justicialista, Partido Intransigente, Partido Demócrata Cristiano et Movimiento de Integración y Desarrollo – qui se positionne comme un pôle d’opposition civile au gouvernement militaire et exige une rapide issue constitutionnelle.

Au cours des premiers mois de 1982, les organisations politiques, syndicales et économiques se sont montrées de plus en plus critiques, en particulier à l’égard des mesures économiques. La dite CGT Brasil [fondée en novembre 1980, elle était nommée ainsi d’après la rue où se trouvait son siège à Buenos Aires, et se différenciant du syndicalisme plus négociateur avec la dictature; elle était dirigée par Saúl Ubaldini, ancien secrétaire du secteur CGT des brasseries] a annoncé une marche dans la capitale argentine et dans plusieurs villes le 30 mars pour dire «assez» («basta») à la dictature, rejeter la politique économique et exiger une normalisation constitutionnelle. Cela a mis le gouvernement militaire en état d’alerte. La mobilisation la plus importante a eu lieu dans la ville de Buenos Aires, sur la Plaza de Mayo, et a été marquée par de sérieux incidents et affrontements entre manifestant·e·s et forces de police, faisant des centaines de blessés et d’arrestations. A Mendoza, la répression féroce s’est soldée par la mort d’une personne; à Rosario, la campagne d’intimidation précédant la marche et l’important déploiement policier ont permis d’empêcher les manifestants d’atteindre la Plaza 25 de Mayo; à Córdoba, Tucumán et Mar del Plata, il y a également eu des arrestations et des blessés. Ainsi, la plus grande manifestation de travailleurs et travailleuses depuis le début du gouvernement militaire en mars 1976 s’est achevée par une répression sévère. Deux jours plus tard, le pays se réveille avec l’annonce du débarquement des troupes argentines sur les îles Malouines [14], une ambition et exigence des Forces armées et, en particulier, de la marine, tout au long du vingtième siècle.

Le gouvernement Galtieri espérait que l’opération militaire forcerait le gouvernement britannique à négocier, tandis que l’on spéculait sur le fait que le gouvernement britannique ne réagirait pas à l’opération argentine et que les Etats-Unis – considérés comme un allié, surtout après l’arrivée au pouvoir du républicain Ronald Reagan en janvier 1981 – adopteraient une position de neutralité. Dans les deux cas, les militaires se sont complètement trompés. Le Royaume-Uni a répondu par une déclaration de guerre et les Etats-Unis – après que le gouvernement militaire a affirmée qu’il ne changerait pas d’avis et continuerait à occuper l’archipel – ont qualifié l’Argentine de pays agresseur. Ils ont dès lors apporté leur soutien diplomatique et logistique à leur allié britannique traditionnel. Autre paradoxe pour une dictature farouchement anticommuniste, la recherche par le gouvernement militaire d’un soutien diplomatique dans les forums internationaux contre le colonialisme britannique n’a trouvé d’écho que dans quelques pays dits du tiers-monde, dont la Cuba communiste.

L’occupation des îles Malouines initialement a suscité une vague d’enthousiasme nationaliste dans la société argentine, qui a constitué un élément important de légitimation d’un gouvernement contesté et discrédité, comme l’a illustré la mobilisation du 30 mars. La guerre (avril-juin 1982) a changé le cours des choses et, pendant une relativement brève période, les conflits qui avaient imprégné la scène sociale et politique au cours des derniers mois ont semblé s’estomper. L’initiative semblait à nouveau du côté du régime dans une situation analogue à celle de la Coupe du monde de 1978.

Dès que la nouvelle du débarquement argentin sur les îles Malouines a été connue, le 2 avril, des foules se sont rassemblées plus ou moins spontanément sur la Plaza de Mayo à Buenos Aires et sur les principales places d’autres villes. La même chose s’est produite le 10 avril, lorsque le secrétaire d’Etat Alexander Haig [janvier 1981-juillet 1982] est arrivé dans le pays au milieu des négociations de paix entre les deux gouvernements. Ce jour-là, le général Galtieri est sorti sur le balcon de la Casa Rosada et, s’adressant aux 100 000 personnes qui remplissaient la Plaza de Mayo, a déclaré sur un ton de défi: «S’ils [les troupes britanniques] veulent venir, qu’ils viennent, nous nous battrons.» Des rassemblements se sont déroulés au-delà de Buenos Aires, dans différentes villes, comme Rosario et Córdoba. Elles ont été le théâtre de marches et de rassemblements de soutien à l’action militaire, soutien qui s’est étendu à de nombreux représentants civils et militaires du régime qui y ont participé.

Tout au long du conflit avec la Grande-Bretagne et dans presque toutes les régions du pays, des manifestations de toutes sortes ont été organisées à l’appel des autorités gouvernementales et militaires et des organisations syndicales, politiques et étudiantes, ainsi que diverses manifestations de soutien à la décision du gouvernement. Cela s’exprimait dans un flot continu de déclarations, de prises de position et de communiqués de presse émanant de partis politiques, d’organisations patronales, de syndicats, d’organisations sociales, d’associations professionnelles, d’institutions éducatives et culturelles, de clubs de football, de sociétés de quartier, d’associations communautaires, de «personnalités du monde culturel et sportif», etc. Ces initiatives ne se sont pas limitées à remplir les places à l’appel du gouvernement et d’autres organisations de la société civile ou à publier des déclarations. La guerre a suscité une énorme mobilisation des énergies sociales qui s’est traduite par diverses démarches. Des centaines de femmes ont tricoté des pulls, des écharpes et des bonnets de laine, ont écrit des milliers de lettres accompagnées de chocolats. Pour soulager les soldats du froid, des tonnes de vêtements chauds et de nourriture ont été collectées pour être envoyées aux soldats combattant dans l’extrême sud. Des festivals et des récitals, des activités culturelles et de solidarité ont été organisés. Enfin, la guerre a eu un impact direct sur les conflits sociaux, à tel point que la plupart des mobilisations qui ont eu lieu au cours de ces deux mois étaient en faveur du gouvernement militaire ou de son entreprise visant à occuper l’archipel. La critique ou la résistance à la guerre, bien qu’elle ait existé, n’était pas publique ou ouverte, même dans le cas des forces de gauche.

Peu après le début des combats, il est apparu clairement que les troupes argentines étaient moins bien équipées et entraînées que les Britanniques dont les forces comprenaient des soldats professionnels, des troupes d’élite sous la forme de bataillons et de forces spéciales. De plus, les différences en termes de matériels et de technologies étaient notoires. Le triomphalisme dominant les comptes rendus de guerre dans la presse a certes rendu difficile la prévision d’une défaite incontestable. Mais après la visite du pape Jean-Paul II [arrivé de Rome le 11 juin et resté deux jours] dans le pays et un peu plus de deux mois après l’occupation de l’archipel a été annoncée la fin de la guerre dans l’Atlantique Sud. Le 14 juin, le général Mario Benjamín Menéndez [il avait participé de juillet 1975 à janvier 1976 à l’opération dite d’«Indépendance» contre l’ERP-Ejército Revolucionario del Pueblo dans la région de Tucumán], gouverneur et commandant militaire des îles Malouines, signe la reddition. La guerre s’achève sur un bilan de 649 combattants tués et près de 1200 blessés.

La fin de la dictature

Alors que la nouvelle du débarquement sur les îles Malouines, le 2 avril, avait suscité un important élan de soutien et d’appui politique et social au gouvernement militaire – qui s’est poursuivi pendant la majeure partie de la guerre –, l’annonce de la défaite militaire, à la mi-juin, a modifié radicalement la situation politique et le climat social. Un mélange de soulagement face à la fin du conflit, de désenchantement et enfin de stupeur s’est emparé de la société, alors que les médias rapportaient le nombre de tués au combat, dénonçaient les mauvais traitements infligés aux soldats par les officiers et même la gestion frauduleuses des dons considérables effectués par des citoyens. La résistance et la remise en question de la dictature, exprimées ouvertement et à grande échelle, ont montré une société en ébullition [15].

Le pouvoir militaire se fissure: des changements interviennent au sein de la junte militaire, le général Galtieri, figure emblématique de la défaite, est contraint de démissionner et l’armée nomme à sa place le général Bignone comme président. La marine et l’armée de l’air annoncent qu’elles se retirent de la direction politique du PRN, qui est désormais entre les mains de l’armée de terre, tout en restant dans la junte militaire afin d’avoir leur mot à dire sur certaines questions telles que la sécurité et la défense.

Après avoir pris ses fonctions de président [le 1er juillet 1982], le général Bignone a annoncé la fin de la suspension des activités politiques et le transfert du pouvoir à un gouvernement civil pour le premier trimestre de 1984. En outre, tous les portefeuilles du cabinet national, à l’exception du ministère de l’Intérieur, ont été confiés à des civils.

La situation politique et sociale a changé brusquement. Elle a ouvert la voie à une issue constitutionnelle. La crise économique et politique dans laquelle le régime était plongé a stimulé la contestation sociale. Les expressions de résistance et de remise en question de la dictature se sont répandues dans les milieux syndicaux et du travail, dans les mouvements de défense des droits de l’homme et les associations de quartier, ainsi que par l’essor de mouvements de femmes et de jeunes et des activités des partis politiques au même titre que sur la scène culturelle.

Alors que la fin de la dictature et le calendrier électoral s’accélèrent (les élections sont prévues pour octobre 1983), le problème des disparu·e·s et les dénonciations des organisations de défense des droits de l’homme ont un important impact social et politique. En 1983, les militaires décident de présenter de manière systématique leur propre version de la répression. Cela comprend, d’une part, la justification de tout ce qui a été fait pendant la «guerre anti-subversive» [une thématique qui reprise aujourd’hui par la vice-présidente Victorial Villarruel] et, d’autre part, la reconnaissance des «erreurs» ou des «excès». Ils ont également adopté une loi d’auto-amnistie qui limitait toute possibilité de punir les membres des Forces armées et de sécurité accusés ou soupçonnés d’avoir violé les droits de l’homme. Tout cela a été largement contesté par le mouvement des droits de l’homme, les partis politiques et les organisations sociales.

Enfin, le 30 octobre 1983, des élections ont été organisées et Raúl Alfonsín a été élu président de la nation le 10 décembre 1983. Cette élection marque la fin de la dernière et de la plus sanglante des dictatures argentines, et avec elle, le rôle joué par les Forces armées dans le système politico-institutionnel argentin et dans le cycle d’alternance entre civils et militaires qui a caractérisé le XXe siècle, et dont certains effets sont encore observables aujourd’hui, 40 ans après cette période. (Article publié dans la revue Nueva Sociedad,n° 208, novembre-décembre 2023; traduction rédaction A l’Encontre. La première partie a été publiée le 12 décembre)

Gabriela Águila est professeure d’histoire contemporaine à l’Université de Rosario (UNR) et membre du Conseil national de la recherche scientifique et technique (Conicet). Ses recherches portent sur l’histoire de la dernière dictature militaire, l’exercice de la répression et l’étude de la transition démocratique en Argentine.

Notes

  1. Paula Canelo: El Proceso en su laberinto. La interna militar de Videla a Bignone, Prometeo, Buenos Aires, 2008.
  2. Daniel Mazzei: «El águila y el cóndor. La relación entre el Departamento de Estado y la dictadura argentina durante la administración Ford (1976-1977)» in Huellas de los Estados Unidos No 5, 2015.
  3. CIDH: Informe sobre la situación de los derechos humanos en Argentina, 4/1980, disponible en www.cidh.oas.org/.
  4. Sur les dimensions politiques de ces liens, voir Andrey Schelchkov: «El Partido Comunista de la Unión Soviética, el Partido Comunista argentino y la dictadura militar, 1976-1983» in Revista Izquierdas No 51, 7/2022.
  5. M. Franco: El final del silencio. Dictadura, sociedad y derechos humanos en la transición (Argentina, 1979-1983), FCE, Buenos Aires, 2018.
  6. Federico Lorenz: Las guerras por Malvinas, Edhasa, Buenos Aires, 2006 et Malvinas. Una guerra argentina, Sudamericana, Buenos Aires, 2009; Andrea B. Rodríguez: Batallas contra los silencios. La posguerra de los ex combatientes del Apostadero Naval Malvinas: 1982-2013, UNGS / UNLP / UNAM, Los Polvorines-La Plata-Posadas, 2020.
  7. Voir Marcos Novaro et Vicente Palermo: La dictadura militar. 1976/1983. Del golpe de Estado a la restauración democrática, Paidós, Buenos Aires, 2003, pp. 511-512.

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