mardi
7
avril 2020

A l'encontre

La Brèche

Les syndicalistes soussigné-e-s considèrent que la politique du patronat et du Conseil fédéral porte gravement atteinte aux conditions de vie et de travail des salarié-e-s de ce pays. Tardive et n’allant pas au bout d’une véritable logique de prévention, elle met en danger des vies humaines.

Pour combattre la propagation du Coronavirus, et réduire ainsi le nombre de décès à venir, il ne suffit pas de fermer bistrots, salons de coiffure et cinémas: il faut arrêter toutes les activités de production et de service qui ne sont pas socialement nécessaires et urgentes. A quoi bon interdire l’accès aux parcs publics si des centaines de milliers de salarié-e-s doivent travailler les un-e-s aux côtés des autres sur les chantiers, dans des entreprises industrielles, voire même dans des bureaux?

Une telle mesure est d’autant plus indispensable que le danger qui nous guette, en cas de propagation accrue du Coronavirus, est l’engorgement des hôpitaux, ce qui entraînerait, à son tour, une augmentation ultérieure du nombre de décès.

Bref, nous appelons le Conseil fédéral à décider d’arrêter toutes les activités de production et de service qui ne sont pas socialement nécessaires et urgentes et à octroyer à toutes et tous les salarié-e-s concerné-e-s un congé extraordinaire payé (à ne pas décompter d’éventuelles heures supplémentaires à récupérer, ni de jours de congé à prendre) de durée indéterminée, à savoir jusqu’à la fin de la situation d’urgence sanitaire. Nos vies valent plus que leurs profits!

Dans la même logique de prévention de la santé, nous exigeons que les mesures adaptées de protection des salarié-e-s, y compris des contrôles réels de leur application, soient mises en place dans toutes les entreprises et services en activité.

Parallèlement, nous affirmons que les salarié-e-s ne doivent pas payer le prix du Coronavirus. Nous demandons dès lors l’interdiction des licenciements pour cause d’arrêt ou de réduction de la production, ainsi que la prolongation des indemnités de chômage. Dans la même logique, nous revendiquons que toutes et tous les salarié-e-s mis-es en arrêt de travail, total ou partiel, y compris les employé-e-s avec un contrat de durée déterminée, les travailleurs-euses temporaires et celles et ceux rémunéré-e-s à l’heure, bénéficient du maintien de leur salaire.

En Suisse, l’un des pays les plus riches du monde, il est parfaitement possible de garantir le financement de ces mesures. En premier lieu, cela doit être assuré par le biais du chômage partiel. Il est aussi envisageable de demander une «contribution de solidarité» aux grands patrons et actionnaires. Si la situation économique s’aggrave, il faut tout de même rappeler qu’au cours des dernières années les bénéfices des entreprises, y compris beaucoup de PME, ont été très importants. Ce n’est pas pour rien que les actionnaires empochent, chaque année, davantage de dividendes; ce printemps 2020 ne fera pas exception. Sans oublier les cadeaux fiscaux massifs dont grands patrons et actionnaires ont bénéficié. Bref, il y a vraiment de quoi faire face, de manière solidaire, à la situation présente!

Premiers-ères signataires: Albert Anor, comité Communauté genevoise d’action syndicale (CGAS); Cora Antonioli, vice-présidente nationale SSP; Corinne Béguelin, secrétaire SSP-Genève; Fermin Belza, permanent impôts Union syndicale des Montagnes neuchâteloises; Artur Bienko, secrétaire Unia-Genève;

Rodolphe Bongiovanni, secrétaire administratif syndicom; Valérie Borloz, secrétaire Union syndicale vaudoise; Michela Bovolenta, secrétaire centrale SSP; Fabienne Brunner, service juridique syndicom; Virginie Burri, secrétaire SSP-Fribourg; Diego Cabeza, président SIT; Pietro Carobbio, responsable secteur construction Unia-Vaud; Margarita Castro, secrétaire SSP-Genève; Manuela Cattani, co-secrétaire générale SIT; Joana Chena-Basanta, secrétaire SSP-Jura; Natalie D’aoust-Ribordy, secrétaire SSP-Valais; Davide De Filippo, co-secrétaire général SIT; Giuseppe Di Mauro, secrétaire régional médias syndicom; Julien Eggenberger, président SSP-Vaud; Laure Faessler, secrétaire CGAS; Emmanuel Farron, secrétaire Union syndicale cantonale neuchâteloise; Catherine Friedli, secrétaire SSP-Fribourg; Sabine Furrer, secrétaire SSP-Genève; Anna Gabriel, secrétaire Unia-Genève; Dominique Gigon, responsable région romande Syndicom; Paolo Gilardi, comité CGAS; Claude Grimm, secrétaire SSP-Neuchâtel; Michel Guillot, secrétaire régional logistique syndicom; David Gygax, secrétaire SSP-Vaud; Giorgio Mancuso, responsable secteur tertiaire Unia-Vaud; Philippe Martin, secrétaire central SSP; Nicolas Mercier, secrétaire artisanat Unia-Vaud; Anne Michel, co-présidente SSP-Genève; Vanessa Monney, secrétaire SSP-Vaud; Jeanny Morard, secrétaire régional Unia-Valais; Joël Mugny, responsable Syna-Genève, vice-président CGAS; Solenn Ochsner, secrétaire Unia-Neuchâtel; Alejo Patiño, secrétaire Unia-Genève; Maria Pedrosa, secrétaire SSP-Vaud; Noé Pelet, responsable secteur industrie Unia-Vaud; Alessandro Pelizzari, président CGAS; Federico Pisciottano, secrétaire artisanat Unia-Vaud; Jamshid Pouranpir, secrétaire SSP-Trafic aérien Genève; Yasmina-Karima Produit, secrétaire SSP-Neuchâtel; Raphaël Ramuz, secrétaire SSP-Vaud; Véronique Rebetez, responsable régionale Syna Fribourg et Neuchâtel; Lionel Roche, responsable secteur artisanat Unia-Vaud; Beatriz Rosende, secrétaire centrale SSP; Thomas Sauvain, secrétaire général Union syndicale jurassienne; Fabrice Scheffre, co-président SSP-Genève; Sébastien Schnyder, secrétaire industrie Unia-Vaud; Mélina Schröter, secrétaire régionale médias syndicom; Gwenolé Scuiller, secrétaire tertiaire Unia-Vaud; Lionel Simonin, militant SEV; Isabelle Smekens, responsable formation Unia-Vaud; Agostino Soldini, secrétaire central SSP; Catherine Tabary, secrétaire régionale télécom syndicom; Joël Varone, secrétaire CGAS; Jimena Villar, secrétaire artisanat Unia-Vaud; Léa Ziegler, secrétaire SSP-Neuchâtel; Virginie Zurcher, secrétaire régionale logistique syndicom; Gaétan Zurkinden, secrétaire SSP-Fribourg; Guy Zurkinden, rédacteur Services Publics – SSP.

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Coronavirus. «On doit s’attendre à l’ouragan»

L’émission «Arrêt sur images» de Daniel Schneidermann – une émission à laquelle le site alencontre.org pense qu’il est opportun de s’abonner – a été mise gratuitement, ce 14 mars 2020, sur Youtube «en raison de son utilité sociale». Deux médecins «qui parlent vrai» interviennent. François Salachas, le neurologue qui avait interpellé Emmanuel Macron lors d'une visite à la Pitié-Salpêtrière (Paris). Il souligna alors l’urgence liée à la pandémie et un fait d’évidence: la mise à niveau de l'hôpital nécessitera de gros moyens humains et financiers. Et Philippe Devos, intensiviste au CHC de Liège, président de l'Association belge de syndicats de médecins (Abysm). A voir, à partager: utile pour comprendre et réfléchir. (Rédaction A l’Encontre)

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