
Par Al Jazeera
[Au moment où la guerre conduite par les Etats-Unis et Israël contre la République islamique d’Iran occupe la première de tous les médias, le silence règne sur la tragédie humaine qui s’approfondit à Gaza.] Au moins trois Palestiniens ont été tués lors de frappes de drones israéliens à Gaza, région ravagée par la guerre, près de deux ans et demi après le début de la guerre génocidaire menée par Israël contre l’enclave, alors que des évacuations médicales très limitées ont repris via le poste-frontière de Rafah. [Plus 18’000 personnes nécessitant des soins importants sont dans l’attente d’une évacuation pour accéder à une structure hospitalière fonctionnelle. Or, les autorités israéliennes – avec de facto le consentement des autorités égyptiennes – n’ont permis que quelques dizaines de sorties de cette prison à ciel ouvert qu’est Gaza, qui, de plus est à 50% occupé par les forces militaires du gouvernement Netahyahou].
Les médecins de l’hôpital al-Shifa de la ville de Gaza ont déclaré que deux personnes avaient été tuées lors d’une frappe de drone dans le quartier de Zeitoun, dans la partie est de la ville de Gaza, le 19 mars.
Lors d’une autre attaque, une personne a été tuée et une autre blessée lorsqu’un drone a frappé un groupe de personnes dans une autre zone de l’est de la ville de Gaza, en deçà de la «ligne jaune». Un nombre indéterminé de Palestiniens ont été blessés lors des attaques de jeudi.
La guerre menée par Israël contre Gaza a fait plus de 72’000 morts, dont des dizaines de milliers d’enfants et de femmes. Certains chercheurs indépendants estiment que le nombre réel de victimes est nettement plus élevé.
Ces frappes ont eu lieu alors qu’un premier groupe restreint de Palestiniens blessés était évacué de Gaza via le point de passage de Rafah vers l’Égypte, après une fermeture de 19 jours imposée par Israël depuis qu’il a commencé à bombarder l’Iran.
La Société du Croissant-Rouge palestinien a déclaré que seuls huit Palestiniens blessés lors des attaques israéliennes pendant la guerre de Gaza et 17 membres de leur famille seraient autorisés à entrer en Égypte pour y recevoir des soins médicaux après la réouverture, jeudi, du point de passage, considéré comme une bouée de sauvetage pour les Palestiniens.
Plusieurs ambulances ont été aperçues attendant d’évacuer des patients hors du territoire.
Israël a restreint les évacuations médicales et empêché les Palestiniens de rentrer chez eux depuis la réouverture du point de passage début février, dans le cadre d’un accord de cessez-le-feu d’octobre 2025 – qu’il a violé presque quotidiennement depuis lors. (Publié par Al Jazeera le 19 mars 2026; traduction rédaction A l’Encontre)
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Gaza. Rapport sur la situation humanitaire – 19 mars
Par OCHA (Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU)
Les frappes aériennes, les bombardements et les échanges de tirs se sont poursuivis dans toute la bande de Gaza, faisant, selon certaines informations, des victimes parmi la population civile. Le 15 mars, une frappe aérienne dans la région d’Az Zawayda, près de Deir al Balah, aurait tué un homme, sa femme enceinte, leur fils et un autre garçon. Plus tard dans la journée, un drone aurait frappé une voiture, également à Az Zawayda, tuant huit membres de la police palestinienne, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH). Au total, selon le ministère de la Santé (MoH) de Gaza, entre le 6 et le 17 mars, 35 Palestiniens ont été tués, un a succombé à ses blessures, trois corps ont été retrouvés et 95 personnes ont été blessées. Depuis l’annonce du cessez-le-feu en octobre 2025, 673 Palestiniens auraient été tués, selon le MoH.
Le 14 mars, une violente tempête de sable accompagnée de vents forts a touché plusieurs zones de la bande de Gaza, suivie de précipitations qui ont encore aggravé les conditions de vie déjà précaires dans les sites d’accueil. Les vents violents ont causé d’importants dégâts aux abris temporaires et aux infrastructures des sites, en particulier ceux construits à partir de matériaux légers et peu renforcés. Selon le Groupe de gestion des sites, 894 ménages ont été touchés dans les sites d’accueil, avec 29 abris familiaux détruits et 32 endommagés, ainsi que plusieurs installations dédiées à l’éducation, à la nutrition et à la protection de l’enfance. Les partenaires humanitaires ont répondu aux appels à l’aide des familles touchées: au 17 mars, 76 ménages avaient déjà reçu des kits d’aide multisectoriels, 689 ménages avaient reçu des bâches et sept avaient reçu un rouleau de film plastique de 50 mètres carrés. Les efforts se poursuivent pour évaluer et traiter les appels à l’aide restants.
En outre, 80 ménages touchés par les frappes aériennes ont reçu des kits d’aide multisectoriels, comprenant des bâches, des kits de vêtements, des couvertures et des céréales, entre le 8 et le 14 mars.
Les conditions du marché restent instables. Entre le 9 et le 15 mars, les prix des denrées alimentaires ont continué de fluctuer fortement, certains produits, comme les oranges, ayant vu leur prix augmenter de 84% par rapport à la semaine précédente, tandis que d’autres ont connu une hausse de 5 à 30%. Les prix des produits de base tels que le poulet, le riz, le sucre et la farine sont revenus aux niveaux enregistrés avant l’escalade régionale. Les prix des produits non alimentaires sont restés stables. Par rapport aux niveaux d’avant octobre 2023, l’inflation a atteint 305% jusqu’à présent en mars, contre 153% en février. Les commissions sur les retraits d’argent sont restées stables. Les pénuries et le prix élevé du gaz de cuisine auront une incidence sur la célébration de l’Aïd al-Fitr [fin du ramadan ce 20 mars] par les familles.
Les opérations humanitaires à Gaza se poursuivent malgré les restrictions actuelles. (Traduction rédaction A l’Encontre)

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