«Iran, il n’y a rien à célébrer»

Negin Bank, le 20 janvier, commentait sur La7.it le mouvement social de Téhéran.

Par Negin Bank

Contrairement à beaucoup de mes compatriotes, je ne me réjouis pas de l’offensive militaire des États-Unis et d’Israël contre l’Iran. Je ne crois pas à la rhétorique de la «menace nucléaire» [brandie par Trump et Netanyahou], ni au conte de fées de la libération d’un peuple d’un régime sanguinaire.

Je ne peux pas croire que ceux qui se nourrissent de suprémacisme blanc ou de génocide [à Gaza] puissent nourrir une réelle solidarité à notre égard. L’intention des deux puissances est purement stratégique: se partager les ressources de la région et transformer l’Iran en un no man’s land, fragmenté entre diverses puissances, y compris le fascisme islamique lui-même.

Le véritable objectif de cette offensive, entre autres, était de mettre un cran d’arrêt à la montée révolutionnaire iranienne alors qu’elle atteignait un nouveau stade crucial. Après les vagues de protestations, janvier 2026 voyait enfin la résistance se concrétiser par des grèves et des manifestations capables de faire vaciller un régime désormais épuisé.

Nous avions déjà remporté la bataille des femmes avec «Femme, Vie, Liberté» et nous étions sur le point de renverser l’oppression de classe et la répression économique. C’était notre combat; celui déclaré par Trump et Netanyahou ne nous appartient pas. C’est leur guerre, et ils veulent que nous devenions leurs soldats sur le terrain.

Je ne suis pas surprise que les missiles américains et israéliens aient frappé l’école de Minab [dans le sud de l’Iran] ou les maisons des gens du peuple: c’est ce qu’ils savent faire de mieux.

Et au régime iranien qui nous a volé notre vie pendant 47 ans, je dis simplement ceci: “soyez heureux”. Dans ce chaos de guerre, vous survivrez plus longtemps, peut-être en changeant de peau avec de nouveaux alliés qui vous ressemblent beaucoup. (Posté sur Facebook le 2 mars 2026; traduction rédaction A l’Encontre)

Negin Bank est une militante féministe iranienne réfugiée en Italie. Elle est intervenue longuement sur La7.it pour présenter la révolte populaire de début janvier, massivement réprimée.

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