lundi
22
avril 2019

A l'encontre

La Brèche

Par Simón Rodríguez Porras

Dans l’après-midi du 7 mars, l’approvisionnement en électricité s’est effondré dans plus de 80% du Venezuela. C’était le point culminant d’une décennie de crise du réseau de distribution d’électricité, un effondrement dont les travailleurs de l’industrie avaient à maintes reprises souligné la possibilité, au fil des ans. Et cela malgré les tentatives du gouvernement de faire taire leurs dénonciations au moyen de la répression. Dans la plupart des régions du pays, le service n’a pas été rétabli avant au moins 36 heures et, dans certaines régions, l’interruption a duré plus de 100 heures. Dans certaines régions, comme l’État de Zulia, la distribution n’a été normalisée qu’une semaine plus tard.

L’effondrement du réseau électrique, surtout à l’intérieur du pays, s’est ajouté aux problèmes déjà aigus d’approvisionnement en eau, en gaz et en essence, ainsi qu’aux pénuries alimentaires et à la débâcle au sein des hôpitaux publics. En raison de l’ajustement hyperinflationniste appliqué par le gouvernement, l’argent sous forme de billets (en espèces) est pratiquement inutile et l’effondrement des communications a annulé la possibilité d’effectuer des achats par carte de débit ou de crédit, paralysant le commerce. Le gouvernement a suspendu toutes les activités productives (mobilisant le travail) entre le vendredi 8 mars et le mercredi 13 mars. Des pillages et des émeutes spontanés se sont multipliés dans une grande partie du pays. Parmi les victimes de la panne, il y a eu un nombre indéterminé de décès dans les hôpitaux suite aux défaillances des équipements d’urgence.

La ministre de l’Electricité, Motta Domínguez [en fonction depuis le 19 août 2015 et président de la Société électrique nationale], avait initialement assuré que la panne durerait trois heures. Le mensonge est vite devenu évident. Mais le gouvernement a adopté la méthode de la fuite en avant et a sorti l’alibi habituel du «sabotage», sous une nouvelle formulation: la «guerre électrique». Le ministre de la Communication, Jorge Rodríguez [vice-président de la république de janvier 2007 à janvier 2008, puis maire de la principale municipalité de Caracas de 2008 à 2017], a assuré qu’il s’agissait de la plus grande attaque terroriste de l’histoire du pays. Selon lui, Maduro dirigeait personnellement les opérations visant à rétablir l’approvisionnement en électricité. Dans une tentative de se manifester comme une autorité au milieu du chaos, Maduro a publié une vidéo, le lundi 11 mars, dans laquelle il donne des ordres par radio et dénonce les trois supposées attaques subies. La majorité des Vénézuéliens se trouvaient sans possibilité de communication entre eux [le système de téléphone mobile ne fonctionnait pas, pour l’essentiel du pays] pendant plusieurs jours et il leur a fallu plusieurs jours pour prendre connaissance de la version officielle.

La thèse du sabotage est réfutée par les dirigeants ouvriers du secteur et même par d’anciens hauts fonctionnaires du gouvernement de Chávez. L’ancien ministre de l’Electricité, Héctor Navarro [ministre de l’Energie jusqu’en 2013], a répondu à la version gouvernementale d’une «cyberattaque» en expliquant que le barrage de Guri fonctionnait avec du matériel analogique [donc ne peut être la cible d’une cyberattaque]. Il a attribué l’effondrement du système de distribution d’électricité aux conséquences de la corruption et du manque d’entretien. Alí Briceño, secrétaire exécutif de la Fédération des travailleurs de l’électricité (Fetraelec), a expliqué que les travailleurs avaient signalé un incendie qui a affecté le transport de l’énergie sur trois lignes reliant Guri à des sous-stations dans le centre du pays.

Depuis des années, les responsables militaires n’ont pas effectué d’élagage préventif afin d’empêcher la végétation d’envahir les installations de transfert. A la suite d’un incendie de forêt, l’une des lignes a surchauffé et a cessé de transmettre l’énergie. Les deux autres lignes sont tombées en panne en raison d’un effet domino: elles ont été surchargées suite à la chute de la première ligne. Briceño affirme également qu’il y a eu de mauvaises décisions de gestion en raison du manque d’expertise des militaires pour essayer de rétablir le service, ce qui a prolongé la panne.

Une thèse officielle infondée

Face à l’absence de preuves de sabotage, le gouvernement a multiplié les fables, dans le pire style propre aux farces judiciaires fascistes ou staliniennes. Selon le ministre de la Communication, Jorge Rodriguez, les tweets envoyés après la panne par des responsables américains et le président de l’Assemblée nationale, Juan Guaidó, «montrent» qu’ils étaient au courant à l’avance de cette panne. Rodriguez a même affirmé que, le mardi 12 mars, les partisans de Guaidó avaient l’intention de saboter la remise en marche de la distribution de l’électricité en augmentant la consommation domestique de courant électrique en allumant plusieurs appareils simultanément!. Dans un autre effort absurde pour soutenir la thèse de la «guerre électrique», le 11 mars, le journaliste Luis Carlos Díaz a été arrêté par le Service national bolivarien de renseignement (Sebin) à cause de déclarations publiées le 27 février 2019 dans lesquelles il établissait une analogie entre une interruption hypothétique par le gouvernement de l’accès à Internet et une panne de courant [voir à ce propos l’article publié sur ce site en date du 14 mars 2019]. Le numéro deux du gouvernement, Diosdado Cabello [la figure militaire du madurisme], a affirmé que ces déclarations indiquaient que le journaliste était au courant à l’avance de cette panne. Or, même pour les autorités judiciaires chavistes, cette version était intenable et le journaliste ne fut pas accusé de «sabotage» mais d’«incitation à commettre un crime», ce qui s’inscrit dans une nouvelle atteinte à la liberté d’expression.

Dans le même temps, une persécution s’est déchaînée contre les ouvriers électriciens. D. Cabello, se référant aux travailleurs détenus, a déclaré que «qu’une enquête sérieuse est en cours à cause de la façon dont ils ont tenté de s’en prendre à la vie des Vénézuéliens». Le travailleur Geovanny Zambrano, a été soumis à une retraite anticipée, par représailles pour avoir expliqué le 18 février l’aggravation des conditions de travail dans le secteur et les défaillances de l’infrastructure électrique. Il a été enlevé le 11 mars par le Sebin et a disparu pendant 11 heures. Il a été libéré puis ré-emprisonné le lendemain. Il est persécuté à cause des dénonciations faites en février et on ignore où il se trouve au moment de la rédaction du présent article. Angel Sequea, un autre employé de Corpoelec [société d’électricité créée en 2007: elle est le résultat de la fusion de 10 sociétés sous contrôle de l’Etat et de 6 appartenant au secteur privé], chef du bureau et des opérations au Guyana, a été arrêté par le Sebin, le 7 mars, et tué le lendemain. Selon ses ravisseurs, le meurtre a eu lieu dans le cadre d’une «mutinerie» au sein de la prison. Un autre prisonnier politique tué.

Le peuple vénézuélien est actuellement otage à la fois d’une dictature civilo-militaire et d’une campagne d’ingérence et d’agression économique de la part du gouvernement impérialiste états-unien. Pendant que le black-out se poursuivait, le gouvernement de Trump annonça le départ de son personnel diplomatique de Caracas et le gouvernement de Maduro réagit en «expulsant» des fonctionnaires états-uniens ayant un statut de retraité. L’escalade condamnable de l’ingérence se poursuit. Cependant, cela ne constitue pas en soi une preuve que l’effondrement du système de distribution électrique a été provoqué par une action de cybersabotage de la part des Yankees. Il ne serait pas scientifique de renverser le fardeau de la preuve et de supposer qu’il y a eu sabotage, même si ce n’est pas évident et cela jusqu’à ce que la preuve du contraire soit administrée. Les affirmations gouvernementales relèvent dès lors d’une approche conspirationniste.

La raffinerie d’Amuay après l’explosion en 2012

Ce ne serait pas la première fois que le gouvernement mentirait au sujet d’un prétendu sabotage pour se soustraire à ses responsabilités. Le cas le plus notoire est celui de l’explosion du 25 août 2012 dans la raffinerie d’Amuay [dans l’Etat de Falcón], qui a fait plus de 40 morts et plus de 150 blessés. En 2013, le gouvernement a confirmé le «soupçon», exprimé depuis le début, qu’il s’agissait d’un sabotage terroriste. Mais, de façon contradictoire, l’attentat terroriste présumé le plus grave de notre histoire n’a jamais été officiellement confirmé comme tel, et aucun rapport n’a jamais été publié contenant les conclusions définitives de l’enquête. Avant l’explosion, les travailleurs du pétrole, à la tête desquels se trouvaient des militants révolutionnaires de C-cura [Courant classiste unitaire] et du PSL [Parti socialisme et liberté], dénonçaient également la dégradation des structures des raffineries ainsi que la fréquence et la gravité croissantes des accidents. Ils ont obtenu comme réponse du gouvernement : des licenciements et des représailles. La «guerre électrique» connaîtra peut-être le même sort que l’«attaque terroriste» d’Amuay : un oubli officiel.

Le pillage bolibourgeois a créé les conditions d’un effondrement

La répression du gouvernement ne pourra pas cacher ce que de nombreux travailleurs et experts dénoncent depuis de nombreuses années : la corruption, l’incompétence et le désinvestissement ont rendu inévitable un effondrement du système de distribution de l’électricité.

Victor Poleo

L’ancien vice-ministre de l’énergie électrique du gouvernement Chávez, Víctor Poleo [1999-2000], interviewé par le journaliste Víctor Amaya en 2016, a assuré que depuis 2005 la détérioration du système était manifeste et que depuis 2007 l’offre d’énergie ne couvrait pas la demande, ce qui obligeait à appliquer des mesures de rationnement. La corruption a englouti des projets d’investissement dans la production d’électricité, comme le barrage de Tocoma sur le fleuve Caroní [rivière majeure du bassin l’Orénoque au sud-est du pays], qui devait être construit entre 2002 et 2012 pour un coût de 2 milliards de dollars. Le contrat attribué à la société brésilienne Odebrecht [qui a été un acteur d’un système de corruption généralisé dans divers pays d’Amérique latine] a été amplifiée artificiellement pour atteindre les 10 milliards de dollars. Par contre, les installations n’ont jamais été achevées!

Les projets de parcs éoliens de Falcón et Zulia [Etat du Venezuela dont la capitale est Maracaibo] ont également échoué et génèrent moins de 1% de l’énergie consommée dans le pays, malgré les millions de dollars qui se sont évaporés dans les circuits de l’appareil corrompu du chavisme. La production thermoélectrique a également diminué, laissant le pays fortement dépendant du barrage de Guri. C’est ainsi que le chavisme, pendant les années du plus grand boom pétrolier de son histoire, a gagné la médaille déshonorante de réussir à détruire l’industrie électrique. Face à cette situation, en 2010, a été déclaré un état d’urgence ayant trait à la production et la distribution d’électricité, un état d’urgence qui allait devenir la plateforme de multiples opérations de pillage et de corruption les plus terribles de notre histoire.

Alejandro Betancourt López

En 2009, une grave sécheresse a entraîné une baisse importante de la production d’électricité par le barrage de Guri. La détérioration des centrales thermoélectriques a empêché l’approvisionnement en énergie et la situation a dégénéré en un rationnement sévère, ce qui a provoqué de grandes manifestations populaires dans des régions telles que Merida [capitale de l’Etat de Merida] et Zulia. En février 2010, Chavez décrète «l’urgence électrique» et passe sans appel d’offres de dizaines de contrats pour l’importation d’installations et d’équipements. L’un des conglomérats qui a le plus bénéficié de ces contrats exceptionnels est Derwick y Asociados [fondée en 2009!], une entreprise obscure dirigée par un jeune bourgeois de Caracas [Alejandro Betancourt López, né en 1980] sans expérience dans le secteur électrique. Ils auraient reçu une douzaine de contrats d’une valeur de plus de 2,5 milliards de dollars pour importer de l’équipement. Sa société acheta du matériel d’occasion d’une société américaine avec un «surprix» estimé à plus de 1,4 milliard de dollars, selon des recherches menées par des journalistes de divers médias vénézuéliens, dont Armando. info. Ces enquêtes montrent que Derwick conduisait des recherches pour l’importation de matériel électrique tout juste un an avant la déclaration d’une «urgence électrique», ce qui indique qu’il y avait un accord avec l’administration chaviste pour des opérations de corruption [des procédures légales diverses ont eu lieu entre un exportateur américain et la société Derwick y Asociados].

L’attitude ostentatoire des «bolichicos» [des enfants de la bolibourgeoisie] a été scandaleuse, au moment où le pays a subi les conséquences mortelles de la crise du système d’électricité. Par exemple, l’un des propriétaires de Derwick, Alejandro Betancourt, a acheté une ferme de 1600 hectares dans l’Etat espagnol, avec un château de type médiéval, alors que la majeure partie de la «ferraille» importée en 2010 était hors service. Certains équipements n’ont jamais fonctionné. Le «blindage électrique de Caracas» annoncé, qui impliqua le gaspillage de millions de dollars, relevait d’une farce.

PDVSA était l’un des acheteurs de matériel électrique revendu par Derwick. Le niveau d’intrication des «bolichicos» avec des bolibourgeois comme Rodolfo Sanz [secrétaire de l’Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique-ALBA] ou Rafael Ramírez [président de PDVSA de 2004 à 2014] était tel que la compagnie s’est jointe à l’industrie pétrolière en association avec des hommes d’affaires russes de Gazprombank et le gouvernement vénézuélien. Ils se retrouvèrent dans la direction de la compagnie mixte Petrozamora, qui exploite un champ pétrolier dans l’Etat de Zulia. Des scandales de corruption y ont également éclaté. Une grande partie de l’argent de l’«urgence électrique» aurait été blanchie par les banques suisses, une autre partie aurait fini dans des paradis fiscaux comme la Barbade [Etat indépendant membre du Commonwealth, sa capitale est Bridgetown].

Tel était «l’héritage électrique» laissé par Chávez. En octobre 2012, le syndicat électrique de l’Etat de Lara (Sitiel) dénonce la mort de 7 travailleurs en raison de violations des conditions de sécurité industrielle par les autorités ainsi qu’une escalade de la répression: «Les travailleurs reçoivent constamment des visites et des convocations du Sebin. Et quand un travailleur ne se présente pas à son travail, avec ou sans raison, c’est le Sebin qui conduit les recherches. La campagne du gouvernement pour cacher les effets de la corruption et du désinvestissement, blâmant les travailleurs pour des actes présumés de sabotage, a même généré des lynchages et des enlèvements de travailleurs dans des secteurs populaires touchés par des coupures de courant. Le syndicat Sitiel évoque le cas du meurtre d’un travailleur de l’Etat d’Aragua par lynchage en 2012. Cette année-là, alors qu’il faisait campagne pour sa réélection, Chávez a reconnu que les problèmes de production et de distribution électrique persistaient, mais il a dit que sans son gouvernement, les gens cuisineraient avec du bois de chauffage et devraient s’éclairer avec des lanternes.

Alors que la crise s’aggravait, Maduro a enjoint à l’armée de prendre en charge l’industrie électrique, en avril 2013. Des zones de sécurité militaire ont été créées pour restreindre la liberté de mouvement des ouvriers électriciens. On parlait d’une «Grande mission électrique»: une nouvelle farce. Les problèmes continueront de s’aggraver suite au désinvestissement et, en conséquence, une nouvelle militarisation sera déclarée en avril 2017, à la suite de coupures importantes et récurrentes en 2015 et 2016. Une autre panne d’électricité nationale majeure s’est produite en août 2017. La situation était si grave que les dirigeants syndicaux chavistes ont enfreint la discipline de parti (PSUV-Parti socialiste unifié du Venezuela) et critiqué la direction militaire.

Elio Palacios, dirigeant du syndicat des ouvriers électriciens des districts de la mégalopole de Caracas, ceux de Vargas et de Miranda, a publié une déclaration début février 2018, à une époque où six Etats étaient encore sans lumière, dénonçant l’imminence d’un effondrement électrique généralisé. Parmi les causes évoquées, il y avait la «fuite des techniciens», due aux salaires de misère et au harcèlement au travail, au mauvais entretien et à l’incompétence des autorités militaires, à commencer par la ministre Motta Domínguez, qu’Elio Palacios a qualifié d’analphabète technique. Le déficit de personnel qualifié, estimé par E. Palacios à 60%, a contraint les travailleurs à effectuer des périodes de travail allant jusqu’à 30 heures d’affilée. «Les télécommunications vont être affectées, tous les services de base vont être affectés, comme l’eau potable, parce que les pompes fonctionnent à l’électricité, ainsi que le pompage du pétrole. Bref, le pays va être paralysé. C’est une situation qui est pratiquement inévitable, pour tous les scénarios que l’on voit», avertissait Elio Palacios. De plus, il dénonça l’utilisation d’éléments lumpen par le gouvernement pour attaquer les syndicats, à quoi s’ajoutaient les manœuvres des tribunaux et des institutions officielles pour empêcher la tenue d’élections syndicales libres. Avec ses méthodes habituelles, le pouvoir a envoyé sa police politique pour enlever le dirigeant syndical, le 14 février 2018. Des dizaines de travailleurs et de dirigeants ouvriers ont été licenciés et persécutés pour avoir dénoncé la catastrophe inévitable du système.

Simon Rodriguez Porras

La réaction de Juan Guaidó face à la panne d’électricité a révélé, dans toute ampleur, son opportunisme et son incapacité. Il s’est limité à dire que la lumière viendrait quand «l’usurpation du pouvoir de Maduro cesserait»; il multiplia les messages dans la même veine démagogique. Or, la seule réponse sur le terrain de la mobilisation sociale a été donnée spontanément par des regroupements populaires. Guaido n’a pas non plus dit clairement ce que son «Plan pays» proposait afin de surmonter la crise. Or, il s’agit de la privatisation des services publics.

L’opposition de gauche propose une voie opposée aux plans de Guaidó: récupérer l’industrie de l’électricité en s’appuyant sur l’organisation des travailleurs et faire des investissements importants avec les ressources obtenues par le non-paiement de la dette extérieure et la nationalisation du pétrole. Au lieu d’amnistier les fonctionnaires civils et militaires corrompus, y compris ceux qui ont détruit l’industrie de l’électricité, comme l’affirment Guaidó et l’Assemblée nationale, il est nécessaire de confisquer les biens des personnes corrompues et de prendre des mesures pour le rapatriement de leur capital [«exporté» dans divers paradis fiscaux].

La grande panne de courant de mars 2019 marque une autre étape dans le processus de destruction économique impulsé par les politiques gouvernementales bourgeoises et mafieuses, telles que l’appropriation de la rente pétrolière par la surfacturation des importations, l’amputation de la production nationale pour payer la dette extérieure, ou le transfert de l’industrie pétrolière et des concessions minières à des grandes sociétés transnationales [entre autres chinoises]. Cette politique a été plus destructrice que mille sabotages. La conspiration dite de la «guerre électrique» n’est rien d’autre que la tentative de propagande du gouvernement pour cacher les vraies causes de la crise, en jouant les victimes d’une agression afin de justifier l’aggravation de la répression et des crimes contre les travailleurs et le peuple vénézuélien. (Article publié le 15 mars 2019 dans laclase.info, traduction A l’Encontre)

Simón Rodríguez Porras est un militant social, syndical et membre du Parti socialisme et liberté au Venezuela.

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Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

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