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novembre 2017

A l'encontre

La Brèche

Manifestation antiraciste

Publié par Alencontre le 7 - mai - 2008

Pour l’unité de toutes et tous les travailleurs·euses !

La célébration de la fête du travail à Fribourg a été marquée par la mobilisation de 150 à 200 militants du PNOS (Partei National Orientierter Schweizer), en français Parti des Suisses nationalistes. Cette mobilisation constitue la première manifestation de ce parti politique en Suisse romande, a fortiori à Fribourg! Le nombre, l’attitude, les slogans et les discours des militants du PNOS ont choqué tant les badauds que les militants et militantes syndicaux comme associatifs rassemblés sur la place Python.

Cette «parade» de crânes rasés haineux renvoie en effet à de sinistres souvenirs: les régimes nazi, fasciste ou franquiste de la première moitié du XXe siècle ; ou ceux de Pinochet a deu Chili et Videla en Argentine, etc. Plus près de nous, des exemples comme la «guerre dans les Balkans» ont fourni la démonstration que des forces hypernationalistes de  ce type – au nom d’une Nation mythique et sacrée – n’ont pas hésité à assassiner enfants, femmes et hommes considérés comme «étrangers à la nation», qu’elle soit serbe, croate ou albanaise.

Dans le contexte actuel de stigmatisation, de discrimination et de précarisation d’une grande partie des immigré·e·s, l’irruption du PNOS lors de la fête du 1er mai n’est pas seulement une provocation délibérée. Elle est aussi un signe supplémentaire d’une escalade dans la xénophobie et le racisme. Deux virus qui provoquent de multiples divisions au sein des salarié·e·s et entraînent la peur chez ceux et celles les plus fragilisés socialement.

Ces virus pestilentiels servent et serviront le grand patronat et la droite autoritaire gouvernementale pour imposer, plus facilement, leur ordre et leurs méthodes d’exploitation de plus en plus dures. «Diviser pour régner» est une formule bien connue !

Ne serait-ce que pour cette raison, il faut réagir immédiatement pour dénoncer le PNOS et son idéologie.  De plus en plus de travailleuses et travailleurs, de salarié·e·s – quelle que soit leur nationalité – souffrent physiquement et psychologiquement suite au fonctionnement sans cesse plus brutal du capitalisme. Ils  sont inquiets pour  leur avenir.

Le PNOS essaye d’utiliser ces sentiments et les désastres provoqués par le capitalisme (chômage, salaires bloqués, conditions de travail sans cesse plus stressantes).

Mais leur discours, aux traits nationaux-socialistes (nazis), est une vaste tromperie. Une tromperie qui sert, en fait, ceux qu’ils dénoncent démagogiquement: «les exploiteurs spéculateurs».

Il suffit d’examiner l’idée centrale du PNOS pour s’en rendre compte. Leur mot d’ordre: «Gemeinschaft statt Klassen», autrement dit la «communauté nationale à la place les classes».

Ce slogan sert au PNOS à diffuser les idées trompeuses suivantes:

1° Le «Mondialisme», manipulé par «quelques forces obscures», aurait pris la place du capitalisme mondialisé réellement existant, contrôlé par un petit nombre de grandes firmes privées (parmi elles des entreprises helvétiques qui ont leurs entrées au Conseil fédéral) et leurs actionnaires.

2° La «communauté nationale» prend la place des classes sociales qui, elles, ont des intérêts différents. En effet, une minorité de grands propriétaires industriels et financiers exploitent, sous diverses formes, les salarié·e·s de toutes les nationalités qui produisent la richesse ici et ailleurs.

3° Les travailleurs suisses devraient, ensemble avec leurs patrons et certains  politiciens – à la Blocher ou Merz ou encore Ospel de l’UBS – s’unir contre les «forces étrangères», former une «communauté nationale» soudée: tout d’abord contre les autres travailleurs et travailleuses immigré·e·s. En effet, le PNOS propose de réduire le taux des «étrangers» dans la population suisse à 5%. Schwarzenbach proposait, lui, 10%! Cela impliquerait le renvoi de plus 1,3 million d’immigré·e·s. On pourrait le formuler ainsi: l’expulsion d’au moins deux ou trois immigré·e·s que chaque citoyen ou citoyenne Suisse connaît bien et avec qui il-elle travaille. Crime ou délire?

Or que constate-t-on dans la réalité? Dans le système capitaliste, la force de travail (c’est-à-dire les capacités physiques et intellectuelles des salarié·e·s) est une marchandise. Pourquoi ? Parce que contre un salaire souvent dérisoire: a) le capital industriel, commercial et financier (banques) l’achète ; b) il l’a met au travail, quels que soient le passeport et la couleur de cette force de travail (de cette personne).

Avec quel but ? Lui faire produire une richesse bien supérieure au salaire payé, donc l’exploiter. Et le grand patronat s’approprie l’essentiel de cette plus-value (de cette valeur ajoutée). Une bonne partie de cette richesse expropriée est redistribuée aux actionnaires de Novartis, de Schindler, de Cartier, d’ Implenia ou du Credit Suisse.

Quelle conclusion en tirer ? L’amélioration des conditions d’existence et de travail des salarié·e·s passe par leur unité et leur solidarité afin de s’opposer à ces grands requins sans scrupule. En effet, ils utilisent plusieurs moyens pour monter les salariés les uns contre les autres. Chacun connaît la formule:«Si tu n’est pas content, tu peux partir, il y a quelqu’un qui attend derrière la porte !»

De plus, le patronat n’ a jamais respecté la «communauté»! Au contraire. Durant longtemps, il a joué et profité des oppositions cultivées et entretenues entre les «ressortissants» de divers cantons. Souvenons-nous des travailleurs valaisans puis fribourgeois qui, dans les années 1920 à 1932, servaient de main-d’œuvre à bon marché aux industriels genevois ou aux patrons de la constructions à Bâle. Puis, il a profité des «tensions» entre Suisses et Italiens (immigrés). Puis, entre Suisses, Italiens contre les Portugais. Et ainsi de suite.

La menace d’une «surpopulation étrangère» a toujours été brandie, au moment où les entrepreneurs et industriels voulaient diviser les salarié·e·s dans le but de diminuer leur force collective. La politique du PNOS s’inscrit donc dans les traces d’une vraie politique patronale.

Raison de plus pour réagir et ne pas laisser l’impression que «les travailleurs et travailleuses n’intéressent plus la gauche», car une certaine gauche caviar ne s’intéresse, en fait, qu’aux votes des «classes  moyennes».

Nous pensons que c’est en affirmant l’intérêt commun de celles et ceux qui sont exploités et opprimés qu’une autre communauté peut se construire, une communauté faite de celles et de ceux qui ont tout intérêt à refuser ce que la droite autoritaire et le grand patronat veulent leur imposer et leur imposent déjà.

La construction de cette communauté de classe se fera par l’affirmation de l’identité des travailleurs et travailleuses rassemblé·e·s et uni·e·s dans des luttes – petites et grandes – autour de revendications communes: salaire minimum, renforcement des droits sociaux et syndicaux, protection contre les licenciements, de vraies retraites, etc.

Ce sont les premiers pas à franchir pour mettre fin à l’expropriation des droits les plus élémentaires, pour défendre sa dignité.

Pour cela, les travailleurs et travailleuses peuvent et doivent s’unir en partant de ce qui fait leur condition commune. Autrement dit, le fait que toutes et tous sont contraints de vendre leur force de travail pour vivre et d’accepter le prix (le salaire) que le patronat veut bien payer, en fonction des rapports de force sociaux et politiques existants.

Cette situation sociale et économique partagée – quels que soient le passeport et les origines culturelles comme religieuses – est le point de départ pour construire une communauté de classe. Seule cette communauté de classe peut mettre en échec la minorité qui règne sur ce pays, qui possède les grandes firmes, qui dispose de l’essentiel de la richesse.

Rejeter la xénophobie et le racisme et s’unir au-delà des différences normales issues de l’histoire et de la vie représentent  la voie à emprunter pour faire que la majorité qui «fait marcher le pays» – cette majorité faite de tous les salarié·e·s de toutes les origines – puisse aussi décider, véritablement, de son avenir et de celui de ses enfants.

Jeudi 8 mai 2008 à 18h Rue de Romont (devant le Temple) à Fribourg

Manifestation autorisée – Organisation: Mouvement pour le socialisme (MPS) Fribourg    

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