dimanche
20
août 2017

A l'encontre

La Brèche

Dans un communiqué daté du 11 décembre 2014, le Front populaire n'a pas appelé à voter pour Beji et a aussi appelé  à une mobilisation de la gauche pour bloquer la voie à Moncef Marzouki, considéré comme candidat des islamistes d'Ennhada,

Dans un communiqué daté du 11 décembre 2014, le Front populaire n’a pas appelé à voter pour Beji et a aussi appelé
à une mobilisation de la gauche pour bloquer la voie à Moncef Marzouki, considéré comme candidat des islamistes d’Ennhada

Par la Ligue de la gauche ouvrière

Elu le 21 décembre 2014, Béji Caïd Essebsi (BCE) a pris ses fonctions de président le 30 décembre 2014. Selon la nouvelle Constitution, adoptée le 26 janvier 2014, ses prérogatives seront plus réduites que celles inscrites dans la Constitution datant de 1959. L’hebdomadaire Jeune Afrique du 29 décembre 2014 souligne dans un dossier consacré à la situation en Tunisie que, parmi les problèmes principaux auxquels BCE va s’affronter, la «paix sociale» se trouve au premier rang. Voici ce qui en est dit. «Grèves, sit-in et conflits sociaux, la Tunisie n’a jamais connu autant de mouvements protestataires que durant les quatre dernières années. L’apaisement, nécessaire pour clore la phase de transition du processus démocratique, a été trouvé grâce aux négociations avec les centrales syndicales et à l’esquisse d’un nouveau contrat social. “Il n’y a pas de prospérité sans paix sociale durable”, affirme Wided Bouchamaoui, présidente de l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica).

Cependant, préserver l’équilibre du pays dépend surtout des solutions apportées à d’autres problèmes, dont les disparités sociales. C’est l’unique moyen de diminuer l’impact d’un discours identitaire [islamisme] qui, utilisé pour instrumentaliser certaines populations, a nettement clivé la Tunisie. La société civile devra elle aussi intervenir pour appeler au bon sens de chacun et opérer un rééquilibrage face aux appels partisans de certains partis politiques. Pour de nombreux observateurs, la paix sociale doit émaner d’une volonté commune des partis, du patronat, des syndicats et des simples citoyens.»

Autrement dit, il faut mettre fin aux processus sociaux-politiques qui marquèrent la chute du tyran Ben Ali en janvier 2011. Pour information, nous publions ci-dessous le communiqué de la Ligue de la gauche ouvrière (LGO), datant du 28 décembre 2014. (Réd. A l’Encontre)

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Le Comité central de la Ligue de la gauche ouvrière (LGO) élargi aux diverses coordinations régionales et sectorielles s’est réuni le 28 décembre 2014 au siège national pour discuter de la situation politique dans le pays et des tâches à accomplir au cours de la prochaine période. Après avoir discuté de la situation et des événements politiques qui découlent des élections législatives et présidentielles, les participants ont souligné le bien-fondé des positions politiques précédentes de la LGO, confirmé par les événements ultérieurs. Ils ont estimé que la bipolarisation politique entre les deux courants (Ennhada et Nidaa Tounes de BCE) du capitalisme libéral – confirmée d’ailleurs par les résultats des élections et les événements qui en découlent – ne reflète pas les principales contradictions qui traversent la société tunisienne.

Par ailleurs, le Comité central a souligné la nécessité pour le Front populaire de continuer à mettre en avant son projet comme alternative politique face aux forces de la contre-révolution représentées par l’islam politique et les forces coalisées autour de Nidaa Tounes. Et cela, en poursuivant la mobilisation de masse et la lutte de terrain dans les différents secteurs et régions, ainsi qu’au Parlement, fidèlement au programme du Front populaire [coalition qui se structura dès 2012 et composée d’une douzaine de partis dont la LGO] et aux promesses faites pendant les campagnes électorales.

Le Comité central a conclu ses travaux par les décisions suivantes

La Ligue de la gauche ouvrière appelle à développer les interventions politiques du Front populaire, à travers une restructuration politique et organisationnelle, afin d’assurer:

* la mobilisation des partisans et des sympathisants gagnés pendant les élections autour des questions principales et des revendications pressantes des masses les plus larges;

* la dénonciation des choix politiques en cours;

* l’ouverture d’un débat élargi au sein des coordinations régionales autour des questions tactiques et stratégiques les plus importantes du Front.

La Ligue de la gauche ouvrière refuse de participer au gouvernement de la majorité parlementaire, non seulement à cause de l’alliance prévue entre Ennahdha et Nidaa Tounes avec la participation des islamistes au gouvernement, mais surtout en termes de rejet du programme économique et social hostile aux intérêts des larges masses comme il a été constaté dans le budget désastreux dernièrement adopté par l’Assemblée.

La Ligue de la gauche ouvrière refuse d’accorder sa confiance à la composition gouvernementale attendue parce que son programme et ses composantes ne travailleront que pour restaurer l’ancien régime dans ses grands choix et orientations. La LGO appelle les députés du Front populaire à la nécessité de s’éloigner de la logique des polarisations politiques imaginaires entre Nidaa Tounes et Ennahdha au sein et en dehors du Parlement. (Ligue de la gauche ouvrière – LGO – 28 décembre 2014 – Traduction Rafik Khalfaoui)

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FIFA : comprendre le "système Blatter" en 5... par lemondefr

C’est une bombe que vient de lancer Der Spiegel. Dans un article intitulé «Le complot», l’hebdomadaire allemand dévoile un document qui relance le feuilleton «borgiesque» à la Fédération internationale de football (FIFA).

Ledit document est une proposition de contrat envoyée le 19 décembre 2014 par le cabinet d’avocats californien Quinn Emanuel (QE) au directeur juridique de la FIFA, Marco Villiger. Dans ce document, QE s’engage à défendre les intérêts de la Fédération contre le département d’Etat de la justice américaine.

Le contrat est signé le 5 janvier 2015 par le secrétaire général de l’organisation, Jérôme Valcke, et par son adjoint et directeur financier Markus Kattner, puis tamponné par M. Villiger.

La chronologie apparaît troublante dans la mesure où l’administration de la FIFA semble avoir été au courant de la menace exercée par les autorités américaines «142 jours» avant le fameux coup de filet du 27 mai 2015, à Zurich (Suisse). Ce jour-là, plusieurs dignitaires de l’instance planétaire avaient été interpellés pour corruption, fraude et blanchiment d’argent. Cette vague d’arrestations avait eu lieu deux jours avant la réélection du SuisseSepp Blatter, le 29 mai 2015, pour un cinquième mandat à la présidence de la FIFA.

«Un complot interne»

La tornade judiciaire avait finalement conduit le Valaisan à remettre son mandat à disposition, le 2 juin 2015. Sepp Blatter, dont la signature manque sur le contrat scellé avec QE, assure qu’il «n’était pas du tout au courant» de cet accord. Celui qui a été suspendu six ans pour un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) fait en 2011 à l’ancien président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini – lui-même radié quatre ans – se dit victime d’un «complot interne». (Le Monde, 12 août 2017, à 12h44, à suivre sur le site de ce quotidien)

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