lundi
20
novembre 2017

A l'encontre

La Brèche

Israel Par Haggai Matar

Plus de 12’000 Israéliens sont descendus dans la rue à Tel-Aviv et dans d’autres villes pour protester contre le projet de hausse d’impôts et de coupes dans les dépenses du nouveau budget de l’Etat. Mais cette récente démonstration de force israélienne en faveur de la justice sociale va-t-elle se poursuivre? La colère dans les rues de ce samedi [11 mai] pourrait peut-être indiquer que le mouvement va continuer et qu’il va peut-être même prendre de l’ampleur.

Ils sont de retour dans les rues [voir sur ce site les divers articles publiés depuis juillet 2011 jusqu’en mai 2012 sur les «mobilisations sociales» en Israël, entre autres le point de vue «optimiste» de Moshe Machover en date du 8 septembre 2011; chercher sous l’onglet Israël, rubrique Moyen-Orient].

Ce fut probablement la plus grande manifestation pour la justice sociale et contre l’austérité au cours de la dernière année [2013], si ce n’est depuis l’«été israélien» de 2011. Plus de 12’000 manifestants ont bloqué les rues du centre de Tel-Aviv samedi soir pour protester contre le projet de budget du gouvernement [établi, finalement en mars 2013, avec Benjamin Netanyahou, premier ministre – et aussi ministre des Affaires étrangères en attente du procès de Avigdor Liberman; Moshe Yaalon, ministre de la Défense, tous membres du Likoud; on trouve aussi des membres du nouveau parti, datant de 2012, le Yesh Atid, avec l’ex-journaliste vedette Yais Lapid, ministre des Finances et vice-premier ministre, ainsi que Meir Cohen, à la Protection sociale; ainsi que Tzipi Livni, la ministre de la Justice de sa formation: Hatnua].

Des centaines de personnes sont également descendues dans la rue à Haïfa, Modi’in et Jérusalem, tandis que 250 autres manifestaient, dans la petite ville de Ramat Gan, devant le domicile du Ministre Silvan Shalom [ministre du développement du Néguev, de la Galilée et de l’Energie] pour exiger que le gaz naturel trouvé au large des côtes israéliennes reste dans le pays pour un usage domestique et qu’il ne soit pas vendu à l’étranger.

Manifestant arrêté devant la maison de Silvan Shalom (ministre)

Manifestant arrêté devant la maison de Silvan Shalom (ministre)

La manifestation centrale a commencé sur le Boulevard Rothschild, la place où est né le mouvement du 14 juin 2011 et a cheminé avec beaucoup d’énergie à travers une grande partie du centre de Tel-Aviv avant de se dissoudre à l’endroit d’où elle était partie. Il y avait dans l’air comme un sentiment de colère, bien plus fort qu’en 2011, ce qui pourrait indiquer que cela ne sera pas un événement unique.

Pendant ce temps, à Ramat Gan, des manifestants se sont affrontés avec la police et une personne a été arrêtée – puis libérée par la suite par des activistes. Alors qu’ils marchaient en direction de la manifestation centrale, des activistes ont également brièvement bloqué l’autoroute Ayalon où il semblerait que la police ait eu recours à plus de violence et fait usage de spray à poivre contre les manifestants. Après que les deux manifestations se sont rejointes et que les participants ont commencé à rentrer chez eux, un groupe d’environ 200 personnes est allé sur une autre rue pour la bloquer et a été dispersé par la police. A Haïfa, les fenêtres d’une section du parti Yesh Atid ont été brisées. On n’a connaissance d’aucune autre situation qui aurait dégénéré.

Porté par le ministre des Finances Yaïr Lapid, le projet de budget table sur une augmentation de l’impôt sur le revenu de tous les travailleurs et travailleuses. Sont prévus également des coupes dans les crédits de soutien à l’enfance [en Israël, un enfant sur trois vit au-dessous du seuil de pauvreté] et dans quelques dépenses gouvernementales, un report d’améliorations salariales promises aux employés du secteur public (en coordination avec la Fédération du travail Histadrout, syndicat très intégré au pouvoir), une nouvelle taxe sur les fruits et légumes et d’autres choses encore. Alors qu’il est également prévu une augmentation des impôts sur les sociétés et les entreprises, les manifestants crient que Lapid n’a pas fait assez pour alléger le fardeau desdites classes moyennes [salarié·e·s plus ou moins stables] et basses et affirme que le gouvernement devrait taxer plus fortement les riches en introduisant un impôt sur l’héritage, en supprimant certains avantages fiscaux aux entreprises internationales et en adoptant d’autres mesures encore.

Les manifestants ont été reçus par plusieurs députés de la Knesset de l’opposition, mais alors que des drapeaux des partis Hadash [Front démocratique pour la paix et l’égalité], Da’am [une scission du Maki – PC d’Israël en 1995 – qui est composé d’Arabes et d’Israéliens et qui met l’accent sur la dimension de classe plus que sur la dimension d’origine religieuse ou «ethnique»], Meretz [Parti social-démocrate dit de gauche, sioniste, créé en 1992 à partir du Mapam et qui s’est «fondu» avec le parti Sahar de Yossi Beilin et Choix démocratique de Roman Bronfman, pour former en 2003 le Yachad – «Ensemble» –, mais qui néanmoins garde le nom de Meretz, malgré les années qui passent] et Labor [HaAvoda en hébreu, parti social-démocrate et très sioniste] étaient visibles dans la foule, la grande masse des manifestants n’a affiché aucune obédience politique.

Ce sera intéressant de voir ce qu’il se passera maintenant avec le mouvement du 14 juin. Quelles formes d’action prendra-t-il? Plus de manifestations et de nouvelles tentes de campement ou bien quelque chose de complètement nouveau? Comment sera-t-il organisé? S’opposera-t-il à l’occupation et au racisme inhérent au régime ou se limitera-t-il à la lutte en faveur de la justice sociale pour les citoyens (principalement juifs)? (Traduction A l’Encontre; article publié par +972, en date du 12 mai 2013)

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