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août 2017

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La Brèche

Quatrième coalition guerrière pour Hollande

Publié par Alencontre le 3 - mars - 2016
Le général Haftar

Le général Haftar

Par Claude Angeli

Avec ses interventions au Sahel, en Irak, en Syrie et, depuis deux mois, en Libye, le Président va pouvoir jouer les chefs de guerre jusqu’à la fin de son mandat.

Le 14 février, le site «Libya Observer» révélait la présence de conseillers militaires français au sein de l’état-major du général Khalifa Haftar, le patron de l’Armée nationale libyenne, dont la valeur est encore à prouver. Créé en juillet 2015, avec la bénédiction des personnalités qui, à Tripoli, avaient le soutien des Américains et envisageaient de former un gouvernement, «Libya Observer» évaluait à 180 hommes les effectifs d’un contingent français basé à l’est de Benghazi. Une semaine plus tard, le 23 février, le site en langue arabe du «Huffington Post» puis «le Monde», le 25, évoquaient eux aussi cette nouvelle «exportation en Libye du savoir-faire français», si on en croit un officier. Lequel ne songeait pas, on l’espère, aux bombardements de 2011, qui ont permis le pillage des arsenaux de feu Kadhafi.

En réalité, ces militaires français du Commandement des opérations spéciales côtoient actuellement leurs homologues américains et britanniques, notamment à Tobrouk, tous venus former les hommes du général Wanis Boukhamada, patron des futures forces spéciales libyennes. Dans l’espoir de les voir bientôt pratiquer la chasse à Daech comme le voudrait la coalition constituée, à la fin de l’année dernière, par les Etats-Unis, la France, la Grande-Bretagne et l’Italie. À défaut de pouvoir préparer une intervention au sol avec plusieurs dizaines de milliers d’hommes – mais quel chef d’Etat s’y risquerait? –, les coalisés se limitent, comme en Irak ou en Syrie, à mener une guerre «antiterroriste par voir aérienne», affirme un expert militaire.

Califat en vue

Ce que l’on peut résumer ainsi: survol permanent du territoire libyen, surveillance des incursions de Daech, repérage des cibles à bombarder, recensement des chefs djihadistes à exécuter vite fait, etc. Le tout assorti d’un sacré retard à l’allumage. Une preuve? En 2013, déjà, les dirigeants de Daech parlaient ouvertement de créer une base terroriste en Libye.

Au fil des ans, la Maison-Blanche et l’Elysée ont été régulièrement informés, par leurs services respectifs, du risque de voir ce pays pétrolier devenir un califat d’Afrique du Nord. En 2014, Daech ne disposait encore que de 200 combattants sur place. Inquiets, des membres des forces spéciales américaines et algériennes ont aussitôt engagé une chasse aux djihadistes, puis sont rentrés au pays. Un an plus tard, au printemps 2015, Daech s’empare de Syrte, la ville de Kadhafi, d’un aéroport et de quelque 200 km de côtes. A Paris, la Direction du renseignement militaire mentionne l’«appétit insatiable» des dirigeants de l’Etat islamique. Lesquels, après des parades militaires de 4×4 japonais équipés de mitrailleuses lourdes, organisées pour les télévisions occidentales, s’apprêtent à envoyer des renforts en Libye. Une partie de ce corps expéditionnaire a d’ailleurs débarqué tranquillement sur les côtes libyennes («Le Canard» 27/1). Aujourd’hui, les effectifs sur place de Daech, tel que les évaluent les services alliés, s’élèveraient à 6500 (combattants et aide logistique compris). En attendant mieux, peut-être, car 100 000 hommes armés, membres de milices pro-Kadhafi ou anti-Occident, peuvent être tentés par le djihad selon les experts en renseignement pessimistes…

Des Tchadiens, des Sénégalais et des Soudanais sont récemment venus rejoindre les rangs de Daech. Bernard Bajolet, le patron de la DGSE, reçu, le 23 février, au Sénat par la Délégation parlementaire du renseignement, a mentionné ce recrutement incessant de «combattants étrangers, maghrébins, syriens ou irakiens, transférés depuis leur pays d’origine». Confirmant la participation «des forces armées françaises» aux opérations en Libye, Bernard Bajolet a parlé d’«un nombre encore limité» de Français présents sur le terrain. Mais Daech peut mieux faire, le recrutement se poursuit.

De retour du Proche-Orient, le «Charles-de-Gaulle» participera bientôt, avec son escorte, à des exercices en compagnie de la marine égyptienne. François Hollande va pouvoir autoriser des Rafale à quitter, pendant quelques heures, le porte-avions pour aller, comme on dit chez Le Drian, «se payer méchamment Daech». (Article publié dans Le Canard enchaîné du 1er mars 2016)

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FIFA : comprendre le "système Blatter" en 5... par lemondefr

C’est une bombe que vient de lancer Der Spiegel. Dans un article intitulé «Le complot», l’hebdomadaire allemand dévoile un document qui relance le feuilleton «borgiesque» à la Fédération internationale de football (FIFA).

Ledit document est une proposition de contrat envoyée le 19 décembre 2014 par le cabinet d’avocats californien Quinn Emanuel (QE) au directeur juridique de la FIFA, Marco Villiger. Dans ce document, QE s’engage à défendre les intérêts de la Fédération contre le département d’Etat de la justice américaine.

Le contrat est signé le 5 janvier 2015 par le secrétaire général de l’organisation, Jérôme Valcke, et par son adjoint et directeur financier Markus Kattner, puis tamponné par M. Villiger.

La chronologie apparaît troublante dans la mesure où l’administration de la FIFA semble avoir été au courant de la menace exercée par les autorités américaines «142 jours» avant le fameux coup de filet du 27 mai 2015, à Zurich (Suisse). Ce jour-là, plusieurs dignitaires de l’instance planétaire avaient été interpellés pour corruption, fraude et blanchiment d’argent. Cette vague d’arrestations avait eu lieu deux jours avant la réélection du SuisseSepp Blatter, le 29 mai 2015, pour un cinquième mandat à la présidence de la FIFA.

«Un complot interne»

La tornade judiciaire avait finalement conduit le Valaisan à remettre son mandat à disposition, le 2 juin 2015. Sepp Blatter, dont la signature manque sur le contrat scellé avec QE, assure qu’il «n’était pas du tout au courant» de cet accord. Celui qui a été suspendu six ans pour un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) fait en 2011 à l’ancien président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini – lui-même radié quatre ans – se dit victime d’un «complot interne». (Le Monde, 12 août 2017, à 12h44, à suivre sur le site de ce quotidien)

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