Azerbaïdjan. «Préparez-vous à être marginalisés»: entretien avec un militant anti-guerre azerbaïdjanais

Entretien avec Bahruz Samadov conduit par Thomas Rowley

En Azerbaïdjan, rares sont les voix qui appellent à la paix. Depuis que les hostilités dans le Haut-Karabakh (Nagorny Karabakh) ont débuté le 27 septembre, les observateurs ont noté l’important soutien initial de la société azerbaïdjanaise à la guerre contre l’Arménie.

Les pertes des deux côtés ont été lourdes, bien que les chiffres des morts civils et militaires soient difficiles à vérifier. L’UNICEF a attiré l’attention sur le nombre d’enfants que la guerre a blessés et tués, affirmant que «l’intérêt supérieur de tous les enfants demande la cessation immédiate des hostilités».

Le 30 septembre, 17 militants azerbaïdjanais de gauche ont publié une déclaration anti-guerre. Elle appelle à mettre fin à la guerre et demande la restauration du dialogue. «Nous condamnons fermement toutes les mesures prises pour prolonger le conflit et aggraver la haine entre les deux peuples. Nous voulons réexaminer notre passé et prendre les mesures nécessaires pour rétablir la confiance entre nos sociétés et nos jeunesses. Nous rejetons tous les récits nationalistes et guerriers qui excluent toute possibilité qu’à nouveau nous vivions ensemble sur ce sol», ont-ils écrit.

L’activiste et chercheur Bahruz Samadov était l’un des signataires de la déclaration. «Une société fractionnée et divisée fut brusquement consolidée par la puissance de l’action militaire», a écrit Samadov dans une récente chronique d’OC Media [1]. «Le gouvernement, l’opposition et la majorité dépolitisée adoptent désormais la même rhétorique dominante, celle du devoir national de reprendre les terres perdues du pays.» Militant du mouvement civique NIDA [2], il étudie actuellement les raisons de la stabilité du régime autoritaire au pouvoir et de la dépolitisation en Azerbaïdjan à l’Université Charles de Prague.

Open Democracy a parlé à Samadov à propos du sentiment anti-guerre dans le pays, de la manière dont le Karabakh est le principal champ de politisation en Azerbaïdjan et du rôle de la gauche azerbaïdjanaise.

Trois jours après le début de la guerre, des militant·e·s de gauche azerbaïdjanais ont publié une déclaration anti-guerre proclamant que le véritable ennemi de l’Azerbaïdjan était «ceux qui sont au pouvoir dans le pays», «qui appauvrissent et exploitent les citoyens et citoyennes ordinaires ainsi que les ressources de notre pays à leur seul profit depuis plus de deux décennies».

Quelle a été la réaction à cette déclaration – que ce soit en Azerbaïdjan, en Arménie ou à l’extérieur du pays?

C’était la première déclaration anti-guerre après le début de la guerre. LeftEast l’a publiée [3]. Deux jours après le début de la guerre, nous nous sommes entretenus avec des militants de gauche qui vivent à la fois en Azerbaïdjan et à l’étranger. Nous sommes immédiatement arrivés à la conclusion que nous devions nous prononcer contre la guerre, sensibiliser à ce qui se passe là-bas – et pas seulement pour notre public, pour le public inter-caucasien, mais aussi pour tous ceux qui s’intéressent à la région.

Pour moi, tant de réactions – d’Arménie, d’Azerbaïdjan et de l’étranger – étaient inattendues. Peut-être parce que c’était la première fois. Après notre déclaration, deux autres déclarations ont été formulées – non pas par des militant.e.s de gauche, mais au nom d’une initiative pour la paix [4].

En ce qui concerne nos idées, nous avons montré que nous sommes une véritable opposition. Je dirais même une opposition radicale en termes positifs. C’est un moment où la société azerbaïdjanaise se consolide – l’opposition et le gouvernement partagent les mêmes discours. L’opposition soutient et exprime son admiration pour le président.

Dans cette déclaration, nous avons identifié le véritable ennemi: les gens au pouvoir et les élites qui exploitent depuis des décennies ce récit guerrier, ce récit qui dépolitise la population de notre pays.

Pouvez-vous donner un exemple de réaction à la déclaration anti-guerre?

Elle a été traduite simultanément en turc et en arménien. Pour moi, c’était un peu inattendu – la gauche turque l’a également commentée, malgré les opinions différentes qui la constituent. Le plus intéressant? Sur Twitter, il y a quelques jours, j’ai lu le commentaire suivant: «Regardez, comme toujours, les gauchistes sont perfides et ne représentent pas notre peuple.»

Y a-t-il eu des expressions de soutien de la part de personnes en Azerbaïdjan?

J’ai reçu de nombreux messages de mes amis qui ont exprimé leur soutien, qui affirmaient qu’ils soutenaient la déclaration et ajoutaient leurs signatures. Mais en même temps, ces personnes sont du même cercle, elles partagent des valeurs progressistes – elles sont peu nombreuses et je les connais personnellement. Mais je ne peux pas dire que nous avons reçu des messages de soutien de gens ordinaires. Comme vous le savez, les gens partagent – surtout maintenant – des sentiments nationalistes. C’est pourquoi nous ne nous attendions pas à être soutenus de l’intérieur du pays.

Vous avez mentionné d’autres déclarations, notamment la Déclaration de paix publiée sur les pourparlers dans le Caucase. Vous avez vous-même signalé que plusieurs personnes ayant signé cette déclaration en Azerbaïdjan avaient reçu des menaces sur Facebook à la suite de la publication.

Malheureusement, nous avons effectivement été menacés sur Facebook. Quelqu’un a publié nos noms en disant: «nous devrions les trouver et les juger». Cette réaction n’est pas stimulée par l’État. Je ne dirais pas que l’État est intéressé à nous persécuter maintenant. Mais bien sûr, en Azerbaïdjan, le nationalisme extrême est le discours dominant – même si je ne dirais pas que les gens sont idéologiquement extrémistes. Ils n’ont tout simplement pas accès à une vision alternative.

À ce stade, je ne dirais pas que c’est quelque chose de dangereux, mais nous ne savons pas ce qui se passera dans deux ou trois jours.

À votre avis, comment la société civile azerbaïdjanaise a-t-elle réagi à la guerre?

Deux choses. Tout d’abord, je ne peux vraiment pas dire qu’on puisse observer un quelconque sentiment anti-guerre au sein de la société civile azerbaïdjanaise – en particulier parmi ceux qui sont d’anciens prisonniers politiques. En même temps, il y a des gens moins hostiles qui tolèrent notre camp et notre déclaration, seuls ceux-là nous ont soutenus. Certains d’entre eux ont écrit publiquement qu’ils savent qu’il y a des gens qui sont contre la guerre et que leur point de vue doit être respecté.

Quant aux adversaires de la guerre, je prédis qu’ils seront aux commandes dans cinq ou dix ans. Ils sont actifs et visibles. La déclaration pour la paix du «Caucasus Talks» comportait plus de 10 signataires azerbaïdjanais. Nous pouvons donc dire qu’un espoir de changement existe au sein dans la société civile à cause de ces personnes – qui s’opposent radicalement à la guerre, qui peuvent s’exprimer et qui ont suffisamment de motivation pour rester à Bakou après cela.

La déclaration anti-guerre affirme que les signataires ne soutiennent pas l’élargissement de la mobilisation et que son objectif principal est la restauration du dialogue. De toute évidence, les combats se poursuivent. Des civils et, en fait, des soldats meurent.

Dans votre récent article pour «OC Media», vous avez écrit que les précédents appels à la paix en 2014 et 2019 «ont peu accompli et une telle impuissance ne devrait surprendre personne». Vous avez ensuite critiqué le fait que les initiatives de paix n’ont jamais atteint un large public en Azerbaïdjan et qu’elles sont inefficaces parce qu’elles ont tendance à attirer des personnes bénéficiant de certains privilèges, mais doivent également opérer dans un environnement autoritaire. Dans ce contexte, quelles sont selon vous les premières étapes réalistes pour restaurer le dialogue?

Les précédents appels à la paix n’ont pas vraiment atteint la société. Mais contrairement à ces dernières, les deux déclarations récentes – malgré l’hostilité et les commentaires négatifs – sont parvenues à atteindre leur cible. Tout le monde aujourd’hui, enfin toutes celles et tous ceux qui sont présents sur les réseaux sociaux, sait que certaines personnes sont contre la guerre, modifient leurs photos de profil et signent la déclaration. Malgré toute l’hostilité, je pense que l’objectif principal est d’atteindre les gens pour leur montrer clairement ne serait-ce que l’existence d’un autre point de vue.

Comment restaurer le processus de paix? Bien sûr, le problème, que mentionne la déclaration anti-guerre est l’approche définie par l’État. L’État a monopolisé le processus de dialogue et le processus d’interprétation du conflit. La dernière fois dont je me souviens à propos d’un dialogue, c’était en 1999-2000 quand il y a eu une brève période de démocratisation en Azerbaïdjan – une période de vrai dialogue. Dans ce contexte, nous avons pu observer un véritable processus de paix, puis les deux États ont monopolisé le processus. Comme vous le savez, la société civile azerbaïdjanaise a toujours été soumise à la pression, aux répressions. C’est l’absence de culture démocratique en Azerbaïdjan qui a empêché le processus plus large de négociations de paix entre les deux pays sur le Haut-Karabakh.

Le problème est la monopolisation par l’Etat et le manque d’initiatives dans la société civile – et bien sûr le fait même que même les membres de la société civile partagent des valeurs autoritaires et la diabolisation de l’ennemi, mais pas une conception du dialogue. Si nous voulons restaurer le processus de dialogue, nous avons tout d’abord besoin de démocratisation, et deuxièmement, le processus ne doit pas être parrainé par l’État. Mais je ne pense pas que le régime autoritaire de l’Azerbaïdjan le permettra.

Pour revenir à votre point sur la démocratisation, nous ne savons évidemment pas comment cette guerre se terminera. Si Aliyev ne remporte pas la victoire, il y aura peut-être dans une certaine mesure une fenêtre d’opportunité pour la démocratisation. De même, Aliyev pourrait bien remporter une sorte de victoire, auquel cas les chances de démocratisation seront assez limitées. Comment voyez-vous cela?

Je crois qu’il y aura une sorte de dite «petite» victoire, comme cela fut le cas en avril 2016 – le Haut-Karabakh ne sera pas repris par la force, mais une victoire limitée sera suivie de négociations de paix. Maintenant, il est vraiment difficile de prédire, mais au moins nous savons que si les négociations de paix commencent vraiment, elles iront vite. Dans le même temps, je ne pense pas que ces négociations de paix incluront des progressistes en Azerbaïdjan, et je ne pense pas que nous puissions de quelque manière que ce soit impacter ces processus ou y participer.

Ce qui me préoccupe, c’est le fait que la cote d’Ilham Aliyev est en ce moment très élevée. Si des élections avaient lieu bientôt, il est à 100% certain qu’il les gagnerait sans avoir à en falsifier les résultats.

C’est, bien sûr, inquiétant pour les progressistes. Cela devrait également inquiéter l’opposition nationaliste, mais malheureusement sa subjectivité nationaliste l’emporte sur sa politique d’opposition – ses composantes ont toujours été la cible de répressions. C’est un paradoxe, mais c’est la logique de la guerre, c’est le problème: lorsque votre subjectivité politique est neutralisée par votre identité nationale et votre nationalisme. Lorsque nous posons la question: «Pourquoi n’y a-t-il pas de mobilisation démocratique en Azerbaïdjan?», la réponse réside dans l’identité nationale, qui se construit autour de la perte du Haut-Karabakh.

Vous avez beaucoup parlé de l’importance de la perte du Haut-Karabakh sur la politique et la politisation en Azerbaïdjan. Pourriez-vous nous exposer votre réflexion à ce sujet?

Si nous étudions ce qu’il en est du processus de politisation / dépolitisation en Azerbaïdjan, nous devons d’abord constater que la société a toujours été marquée par la dépolitisation. On ne peut pas dire que l’opposition est parvenue à mobiliser l’opinion autour de certaines revendications. Par exemple, elle revendique constamment des droits sociaux et économiques, mais ne gagne jamais rien. Elle formule également des revendications concernant le Haut-Karabakh, affirmant que le président ne soutient pas assez cette exigence. Mais qu’il s’agisse de leurs revendications concernant le Karabakh ou ce celles concernant les droits sociaux, aucune n’est parvenue à mobiliser la population. C’est un fait.

Le problème avec la dépolitisation est que l’opposition n’a jamais présenté quelque chose de nouveau, quelque chose qui puisse briser les vieux récits. Et je ne peux pas dire que l’idéologie de l’opposition dominante est vraiment différente de celle du parti au pouvoir. De nombreux observateurs pourraient constater le manque de démocratie, y compris au sein de ces partis, pendant des décennies, les mêmes dirigeants politiques sont restés à leur tête, et toujours ils ont été faibles.

Mais il y a eu des mobilisations réussies. En 2013, des jeunes se sont organisés autour de revendications concernant l’amélioration du service militaire après la mort d’une série de soldats au cours de leur entraînement. Ces exigences avaient quelque chose de puissant, mais si nous allons plus loin, nous constatons que même ces exigences avaient un caractère nationaliste: «notre armée est faible et nous devrions l’améliorer pour vaincre nos ennemis extérieurs». Quelles qu’elles soient, toutes ces revendications sont toujours en relation avec un ennemi extérieur.

Pouvez-vous nous expliquer comment vous comprenez la dépolitisation? Comment ça marche à votre avis? Est-elle forcée d’en haut ou émerge-t-elle en raison de différents facteurs?

En Europe, la situation est complètement différente – il y a un consensus autour de certaines idées, avec un basculement politique allant du centre-droit au centre-gauche, puis un retour. Mais en Azerbaïdjan, nous avons un consensus autoritaire selon lequel le régime d’Aliyev jouit de l’hégémonie. Les gens acceptent passivement ce fait. La société ne veut tout simplement pas s’engager dans une lutte politique.

Telle est la conséquence d’un ennemi extérieur: il a remplacé les antagonismes intérieurs. Le fait que tous les deux ou trois ans nous assistions à une escalade sur le Haut-Karabakh, que plusieurs soldats y meurent chaque mois, cela maintient le traumatisme en vie. Les gens ne veulent pas l’oublier.

Il y a eu plusieurs exemples de mobilisations sociales. Le cas de Tofiq Yaqublu ou Mehman Huseynov, prisonniers politiques qui ont entamé une grève de la faim. Les gens les ont soutenus, des manifestations ont été organisées pour eux. Mais ces mobilisations n’étaient pas assez politiques. Les gens ont soutenu Huseynov et Yaqublu parce qu’ils «étaient des nôtres». Ces campagnes n’ont jamais remis en question les racines du régime. Toutefois, le côté positif de ces campagnes fut le fait que la gauche azerbaïdjanaise a activement participé à toutes les deux, faisant preuve de solidarité même si idéologiquement ni Mehman ni Tofiq ne sont à gauche.

Tofiq Yaqublu est un vétéran de guerre avec une réputation impeccable, et nous avons organisé un rassemblement de protestation pour lui, malgré nos positions idéologiques différentes. C’était le premier rassemblement de ce type, organisé explicitement par la gauche. Et, bien sûr, les féministes et autres progressistes ont soutenu nos actions. Surtout, nous avons exprimé notre solidarité avec la figure de l’opposition réprimée. Si un combat intègre un agenda progressiste et démocratique, nous sommes prêts pour une large coalition anti-autoritaire.

Vous suggérez ici que le lien n’est jamais établi entre le régime Aliyev et les problèmes socio-économiques. La déclaration anti-guerre dit que le régime a «détourné des ressources de secteurs essentiels, tels que l’éducation, la santé et la protection sociale, vers l’armée, faisant des profits pour nos voisins capitalistes aux aspirations impérialistes – la Russie et la Turquie. Curieusement, chaque personne est consciente de ce fait, mais une soudaine vague d’amnésie frappe tout le monde dès que la première balle est tirée sur la ligne de front entre l’Arménie et l’Azerbaïdjan.» Quelle serait la position de gauche sur le traumatisme et les récits traumatiques autour de la perte du Karabakh?

La position de gauche devrait accepter l’existence de ce traumatisme. Nous ne devons pas blâmer les gens, les personnes déplacées qui veulent retourner sur leurs terres – elles y ont vécu des décennies, et leurs ancêtres avant eux. Le problème réside dans le fait qu’ils ne sont pas totalement intégrés et vivent avec cette volonté de retourner dans Haut-Karabakh, ou généralement dans la dite «zone tampon». La gauche devrait se focaliser sur la démilitarisation complète de la région. Et les personnes déplacées devraient avoir le droit de rentrer et de vivre où elles le souhaitent. Je ne blâmerais pas l’État sur ce point-là. Après deux décennies, les personnes déplacées vivent dans des conditions plus ou moins normales, même si certaines personnes souffrent encore. Parfois, elles sont victimes de discrimination de la part de ceux qui pensent qu’elles bénéficient de privilèges, comme le fait de ne pas payer l’électricité ou lorsque leurs enfants entrent à l’université.

En ce qui concerne le Haut-Karabakh, la société doit se concentrer sur la démilitarisation et non sur son statut. On ne sait pas s’ils veulent être indépendants ou faire partie de l’Arménie. Nikol Pachinian [premier ministre de l’Arménie depuis mai 2018] a déclaré cet été que le Haut-Karabakh faisait partie de l’Arménie. Cette approche étatique des deux côtés empêche la démilitarisation de la région. La gauche devrait critiquer les deux côtés et défendre objectivement les personnes déplacées et leurs droits.

Je dois mentionner que nous sommes maintenant marginalisés, dès lors comment affronter cette situation? Pour mes amis qui vivent en Azerbaïdjan, ce qui se passe actuellement est psychologiquement douloureux. Ils subissent des pressions des deux côtés. Même dans nos familles, ce n’est pas facile à gérer. Les progressistes doivent se soutenir les uns les autres, se préparer à être marginalisés et éviter de mépriser les gens pour leurs croyances – nous devons comprendre leur traumatisme. Nous devons nous opposer à la guerre, mais la gauche ne doit pas essayer de provoquer les gens contre nous.

Je pense que cette marginalisation ne durera pas et que nous devons faire preuve de patience. Je vois déjà que depuis quelques jours la position anti-guerre suscite moins d’agressivité qu’au début. (Entretien publié par openDemocracy en date du 8 octobre 2020; traduction rédaction A l’Encontre)

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[1] OC Media, Open Caucasus Media présente des nouvelles, des commentaires et des enquêtes concernant les Caucase du Nord et du Sud et propose une analyse approfondie des problèmes, des mouvements, des conflits et des personnes qui façonnent la région. Nos valeurs: nous sommes fiers de notre engagement envers un journalisme éthique et revendiquons notre Intégrité – Nous sommes politiquement indépendants; le financement de nos donateurs et de nos lecteurs est conditionné au maintien de notre indépendance éditoriale et de notre engagement. Nos documents s’efforcent d’être impartiaux, précis, honnêtes et de suivre la vérité quelle qu’elle soit. Justice – Nous sommes attachés à la justice sociale et économique pour tous. Paix – Dans une région touchée par des conflits intercommunautaires et interétatiques, nous maintenons notre engagement en faveur de la paix. Inclusivité – Nous défendons l’égalité pour tous et donnons la parole à tous les peuples du Caucase. Coopération – Avec notre réseau de partenaires dans les médias et dans d’autres secteurs, nous croyons à la coopération plutôt qu’à la concurrence.» (Réd.)

[2] Mouvement civique Nida (en azerbaïdjanais: Nida Vetendas Herekati), communément appelé N!DA ou simplement Nida. Nida signifie exclamation en azerbaïdjanais. Mouvement civique azerbaïdjanais fondé au début de 2011 par quelques jeunes pour réaliser des changements démocratiques et sociaux en Azerbaïdjan, Nida compte actuellement plus de 350 membres, principalement des jeunes mais aussi des politiciens et des militants connus. Le mouvement revendique n’avoir aucune affiliation avec aucun des partis politiques du pays. (Réd.)

[3] «LeftEast est un lieu où diverses voix, initiatives et groupes de toute la région – comprise au sens large – convergent en vue de produire analyses et perspectives politiques. C’est une plateforme où nos luttes communes et nos engagements politiques se rejoignent au-delà des frontières nationales ou du carcan des langues nationales. Par conséquent, cette plate-forme est un acte politique. Idéologiquement, elle est explicitement orientée à gauche, c’est-à-dire à gauche de la social-démocratie classique.»

[4] Déclaration pour la paix: «A l’heure où vous lisez ce message, des gens meurent dans le Haut-Karabakh. De jeunes garçons et des hommes s’entretuent sans solution en vue. La principale victime de cette guerre n’est pas la vérité objective. Au contraire, elle anéantit la vie de vraies personnes, de vrais enfants. Cette bataille sera perdue pour toute la région du Caucase du Sud. Si aujourd’hui vous n’êtes pas affectés, la guerre ou ses conséquences vous atteindront demain. Jamais la guerre ne sera une solution au conflit. Elle ne fera que nous plonger dans un cercle plus sombre et plus vicieux de guerres durables et de griefs non résolus. Défendre la paix n’est pas une position neutre. Nous rejetons les positions militaristes conditionnées par les récits de guerre et cherchons plutôt des voies pour construire la paix. Cette guerre rappelle les tragédies et les blessures du passé. Elle ne fait rien pour les guérir, mais n’en crée que de nouveaux. Cette guerre n’aura pas de gagnants. Elle apporte la misère, la mort, la pauvreté et la perte d’indépendance dans toute la région du Caucase. Nous exhortons les puissances extérieures à ne pas provoquer de nouveaux affrontements et à ne pas participer à la guerre. Nous préconisons un cessez-le-feu immédiat et des négociations inclusives englobant toutes les parties arméniennes et azerbaïdjanaises au conflit.» (Réd.)

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