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Chicago: la grève continue, le 19 septembre les grévistes décideront

Publié par Alencontre le 17 - septembre - 2012

Par rédaction A l’encontre

Le samedi 15 septembre, des milliers d’enseignant·e·s, de parents d’élèves, d’étudiant·e·s et de supporters se réunissaient, à l’appel du Chicago Teachers Union (CTU), sur le Chicago’s Union Park (comme nous l’avions annoncé dans l’article mis en ligne sur ce site en date du 14 septembre). La présence des syndicalistes du privé était significative. Elle indiquait l’importance d’une bataille visant à défendre un système d’éducation plus démocratique. Des délégations de Madison et d’autres villes du Wisconsin furent accueillies avec chaleur. En effet, la bataille du Wisconsin [voir les articles sur ce site en date de mars-avril 2011] a en effet constitué un élément clé de la résistance contre l’austérité budgétaire visant l’ensemble du secteur public, en particulier l’éducation.

La manifestation du samedi 15 se déroulait après que la conclusion d’un accord eût semblé possible le vendredi soir 14 septembre. Après des heures de négociations avec le maire démocrate Rahm Emmanuel, la dirigeante du syndicat, Karen Lewis, a pris la parole lors du grand rassemblement. Elle commença ainsi son intervention: «Je dois vous dire que je suis vraiment fatiguée, comme vous pouvez l’imaginer. Mais je suis fatiguée de leurs mensonges et de leur mépris pour les gens qui font leur travail tous les jours afin d’améliorer la vie de nos enfants, à Chicago. Je suis fatiguée de ces millionnaires qui nous disent ce que nous devons faire pour nos enfants comme s’ils aimaient plus nos enfants que nous-mêmes.» Elle acheva son discours ainsi: «Le combat n’est pas terminé et la grève doit continuer.»  

Bien que 5 jours de grève constituent un défi d’importance – d’autant plus que la machinerie de l’appareil démocrate dénonçait de toutes les façons les grévistes – la volonté de faire aboutir les revendications et de poursuivre s’est de suite manifestée. Un enseignant a déclaré: «Ce n’est pas juste sur une question de salaires. Cela concerne la protection de notre profession et de nos enfants sur le long terme. On ne peut pas laisser continuer la dégradation de la situation, comme lors des dix dernières années. Cela suffit.» Après le grand rassemblement, un cortège s’est mis en marche. Il a passé devant de nombreuses écoles qui souffrent du sous-financement et d’un manque d’enseignant·e·s.   

Les membres du CTU ont donc décidé de poursuivre la grève après avoir pris connaissance des éléments proposés dans le nouveau contrat. Une nouvelle échéance a été fixée le dimanche après-midi: les délégués des 26’000 membres du CTU se réuniront mardi soir pour décider de la suite et soumettre leurs propositions à l’ensemble des membres.

Face à la détermination des grévistes, Rham Emmanuel a immédiatement fait appel à la «justice» pour contraindre les enseignant·e·s de 600 écoles de reprendre le travail même si les discussions sur le projet de contrat négocié étaient toujours en cours parmi les enseignant·e·s. Autrement dit, le but du maire de Chicago est de déclarer, sous une forme ou une autre, cette grève illégale, en invoquant qu’elle met en «danger la santé et la sécurité des élèves.»

La mobilisation des enseignant·e·s a déjà abouti au retrait du salaire au mérite, du système d’évaluation des enseignant·e·s et à d’autres aspects de la déforme scolaire (terme mis en avant pour contrecarrer l’utilisation trompeuse du terme «réforme»).  En relation avec l’utilisation démagogique et répressive par Rham Emmanuel du thème de la mise en danger de la santé et de la sécurité, le CTU souligne que les actuelles conditions de travail ainsi que l’état même des bâtiments scolaires aboutissent à un manque de sécurité et à une atteinte à la santé des élèves. La direction du CTU ne cache pas qu’au-delà des gains, des concessions ont été faites. Karen Lewis explique honnêtement que c’est pour l’heure le meilleur accord possible dans le contexte économique et politique présent. En effet, le CTU apparaît comme un des rares syndicats qui n’a pas fait de l’acceptation de multiples concessions son orientation et qui a systématiquement préparé et organisé la mobilisation, tout en étant capable de s’adresser aux parents d’élèves.

Le mercredi 19 septembre, l’ensemble des membres du CTU devra se prononcer sur le résultat final des négociations. Indépendamment du résultat, une chose peut déjà être reconnue: la grève organisée par le CTU représente un véritable cran d’arrêt face à la campagne anti-syndicale et anti-enseignants menée depuis des années. Le soutien et la solidarité reçus traduisent la reconnaissance de cette orientation dans des secteurs significatifs des salarié·e·s de Chicago et d’autres régions. (17 septembre)

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