samedi
23
février 2019

A l'encontre

La Brèche

Le Père Paolo Dall’Oglio

Par Times/Stampa

Plus d’un lecteur de notre site a en mémoire la présence du Père Paolo Dall’Oglio, aux côtés de militants kurdes, de George Sabra, de Nahed Badawia et de Gilbert Achcar, à l’occasion d’une importante assemblée de quelque 300 personnes au Volkshaus à Zurich, le 23 avril 2013. Cette nouvelle entre directement en relation non seulement avec les sentiments empathiques que nous avions développés avec lui, mais aussi avec le soutien permanent que nous et le Mouvement pour le socialisme en Suisse, en jonction avec les Femmes syriennes pour la démocratie, animée par notre amie Wajd, avons apporté au soulèvement et à la lutte prolongée du peuple syrien contre la dictature de Bachar al-Assad, aujourd’hui replacé sur son trône de tyran par les «gouvernements démocratiques d’Occident», et ceux de Poutine ou de Khamenei. (Charles-André Udry – Réd. A l’Encontre)

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Paolo Dall’Oglio, le prêtre jésuite enlevé en Syrie en 2013, serait toujours en vie et ferait l’objet de négociations par l’Etat islamique pour échapper à l’anéantissement dans l’une des dernières poches du territoire sous son contrôle. Cela a été rapporté au Times par des sources kurdes.

Selon le journal, le sujet des négociations ne serait pas seulement Dall’Oglio, mais aussi le journaliste britannique John Cantlie et une infirmière de la Croix-Rouge de Nouvelle-Zélande. Selon les sources citées dans le journal, ISIS cherche un accord avec les forces kurdes-arabes soutenues par les Etats-Unis qui les entourent, exigeant un passage sûr en échange de la libération des otages.

• Le jésuite a été enlevé le 29 juillet 2013 alors qu’il se trouvait à Raqqa, dans ce qui était la capitale du «califat» autoproclamé d’Abou Bakr al-Baghdadi. Son enlèvement n’a jamais été revendiqué et il n’y a aucune nouvelle de lui, bien que dans le passé il y ait eu des rumeurs sur son emprisonnement dans une «prison» de Daech (dans la province d’Alep, avaient affirmé à Aki-Adnkronos International des sources de l’Observatoire syrien des droits de l’homme fin 2014) et aussi sur sa mort. Le pape François a également lancé un appel pressant en faveur de sa libération.

Romain de 62 ans le 17 novembre dernier, Dall’Oglio a passé la moitié de sa vie en Syrie, à Deir Mar Musa, où il a fondé une communauté monastique consacrée au dialogue interreligieux. En juin 2012, le jésuite a été expulsé par le gouvernement de Bachar al-Assad pour avoir rencontré des membres de l’opposition et critiqué les actions du régime dans la guerre syrienne.

Pendant quelques mois, il a déménagé au Kurdistan irakien, d’où il est retourné en Syrie quelques mois plus tard, avant d’être enlevé. En 2015, l’association «Journalistes Amis du Père Dall’Oglio» a été fondée à Rome pour porter le cas du jésuite à l’attention de l’opinion publique et des institutions. Le Nonce apostolique a commenté ainsi: «Père Dall’Oglio vivant? Ce serait une excellente nouvelle.»

Le Vatican: pas de réponse sur le Père Dall’Oglio

Aucune réponse au Vatican à l’heure actuelle à la nouvelle que le Père Dall’Oglio, prêtre jésuite enlevé en Syrie en 2013, est toujours vivant et fait l’objet de négociations par l’Etat islamique pour échapper à l’anéantissement dans une des dernières poches du territoire sous son contrôle. En ce moment, Oltretevere apprend aussi tout ce qui circule dans les médias après que les nouvelles du Times, issues de sources kurdes, ont rebondi. «Nous n’avons pas de retour d’information», répondent des sources qualifiées à l’ANSA. (La StampaMondo/Times, publié le 7 février 2019; traduction Réd. A l’Encontre)

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Voici la déclaration de la sœur de Paolo Dall’Oglio: «Le silence complet durant cinq ans des institutions officielles»

Le lien avec l’entretien filmé avec sa sœur (cliquez ici ou sur la photo pour voir la vidéo):

 

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Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

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