Dossier. «Comment votent les Gazaouis après le génocide?» (1)

(Capture d’écran)

Par Rami Abou Jamous

[En date du 25 avril, le site A l’Encontre a publié un article sur les enjeux des élections locale en Cisjordanie et dans la ville Deir Al-Balah à Gaza . Rami Abou Jamous, dans son journal tenu pour Orient XXI,revient sur les élections municipales qui ont eu lieu le 25 avril 2026 en Palestine, et notamment à Deir El-Balah, dans la bande de Gaza.]

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Samedi 25 avril, et pour la première fois depuis plus de 20 ans, des élections municipales ont eu lieu en Palestine, non seulement en Cisjordanie, mais aussi à Gaza. Le tout sous l’égide de l’Autorité palestinienne de Ramallah. Certes, c’est le Hamas qui exerce le pouvoir dans la bande de Gaza, ou ce qu’il en reste; mais il a accepté la tenue de ces élections au nom de l’unité palestinienne.

Le parti a toutefois tenu à éviter toute ambiguïté en déployant sa police – y compris, pour la première fois, la police féminine – pour la protection des bureaux de vote. Toutes et tous arboraient pour l’occasion des uniformes flambant neufs, un défi à l’armée israélienne. Mais leur présence a pu avoir un effet dissuasif sur la participation aux élections. Les Gazaouis savent que l’armée israélienne vise régulièrement ces policiers, et ils ont pu craindre de mourir avec eux.

Un test démocratique

Comment tenir des élections locales dans un territoire où la grande majorité des habitants ne sont plus chez eux, où ils vivent sous des tentes dans un espace de plus en plus étroit, avec la «ligne jaune» israélienne qui avance petit à petit, les cantonnant maintenant sur environ 30% de l’enclave?

Finalement, le scrutin n’a pu avoir lieu que dans la seule localité où les gens sont restés sur place depuis le début de la guerre malgré les bombardements: la ville de Deir El-Balah, au centre de la bande de Gaza. Un choix forcé par la guerre israélienne. Les villes de Beit Hanoun et de Beit Lahya, qui se retrouvent aujourd’hui derrière la ligne jaune, n’existent plus. Pareil pour Rafah. Jabaliyah, dans le nord, est à moitié détruite, ainsi que la moitié de la ville de Gaza et de Khan Younès. Seuls 70’000 électeurs étaient inscrits, alors que la bande de Gaza compte 2,3 millions d’habitants. Moi qui habite Gaza-ville, où j’ai pu rentrer après avoir été déplacé plusieurs fois dans le sud, je n’ai pas pu voter, car beaucoup d’autres habitants de la ville sont toujours dispersés sous des tentes de fortune.

Ni le Hamas, ni le Fatah, ni aucune autre faction n’étaient représentés officiellement. La règle instaurée par Mahmoud Abbas – l’obligation pour les candidats de signer la charte de l’OLP –, empêchait le Hamas de se présenter à visage découvert. Le Fatah, quant à lui, était bien conscient de la lassitude de la population face aux organisations politiques. Les quatre listes concourant pour les quinze sièges du conseil municipal se disaient donc «indépendantes» et affirmaient vouloir améliorer la vie quotidienne. Mais à Gaza, tout le monde se connaît, et chacun savait que des personnalités proches du Hamas figuraient sur l’une des listes. Et plusieurs élus de deux des autres listes ont aussitôt affirmé leur allégeance à Mahmoud Abbas après les résultats.

Nombre des candidats appartenaient aux «grandes familles», comme on dit. En l’absence de vie politique organisée, le facteur tribal joue toujours un rôle important. Jusqu’ici, les maires étaient nommés, et toujours issus de ces familles de Gazaouis «de souche», alors que ces derniers ne représentent que 25% de la population de la bande, les 75% restants étant constitués de réfugié·e·s de 1948 et de 1967. Après sa prise du pouvoir en 2007, le Hamas a poursuivi cette tradition, nommant directement les maires, en prenant soin de faire la part belle aux grandes familles, dont il connaît l’emprise sur la société. Quand on n’a pas d’autre choix, on cherche le soutien de son clan.

Les réfugiés, eux, étaient gérés par l’UNRWA, l’agence de l’ONU qui leur est dédiée. Elle s’occupait de tout dans les camps, constitués à l’origine de tentes, devenus des agglomérations de bâtiments précaires. L’UNRWA gérait les infrastructures, les canalisations, l’éducation dans ses écoles qui accueillaient des dizaines de milliers d’enfants. Elles sont aujourd’hui pour la plupart détruites, et l’agence onusienne est empêchée par Israël de poursuivre son travail dans toute la bande de Gaza.

C’est Israël qui détient tous les pouvoirs sur Gaza

Ce scrutin symbolique avait pourtant valeur de test démocratique. Comment allaient voter ces Gazaouis après le 7 octobre 2023 et le génocide qui s’est ensuivi? Quel score pour le Hamas? Le résultat ne répond pas clairement à ces questions. Il illustre la complexité de la situation politique gazaouie, aggravée par la guerre. Un chiffre témoigne pourtant du désarroi des habitants de Deir el-Balah: la participation n’a été que de 22,7%, contre 53,4% en Cisjordanie. Il témoigne certainement du rejet des factions politico-militaires par des Gazaouis à bout de souffle. Et aussi du quotidien des Gazaouis, occupés à plein temps à chercher de l’eau et de la nourriture, ou à travailler. Car Deir el-Balah est devenue le cœur économique de la bande de Gaza, le seul lieu où l’on peut trouver un emploi.

Il y a aussi le sentiment qu’une élection ne changera rien, car c’est Israël qui détient tous les pouvoirs sur Gaza, y compris le pouvoir de vie et de mort. Il faut aussi rappeler qu’il y a d’habitude une campagne électorale, des panneaux qui présentent les candidats, qui expliquent ce qu’est une élection et qui incitent à aller voter. Ce n’était pas le cas cette fois, sans les factions. Or, les moins de quarante ans n’ont jamais connu une élection. Mes amis, ou Sabah, ma femme, m’ont posé beaucoup de questions: comment ça se passe, un vote? Qui est élu? À quoi ça sert?

Il y a un camp de réfugiés à Deir El-Balah. Ses habitants avaient le droit de voter, et de présenter des candidats. L’un d’entre eux a obtenu le plus grand nombre de voix, toutes listes confondues: Ahmad Bouhhissi, 32 ans, de la liste Al-Nahda («La Renaissance»). Le conseil municipal devait donc, logiquement, élire non seulement un trentenaire, mais qui en plus n’était pas un «Gazaoui de souche», deux ruptures majeures dans la tradition non écrite de la bande de Gaza.

Mais la tradition a fini par l’emporter. Ahmed Bouhhissi ne sera pas maire de Deir El-Balah. Les élus appartenant aux grandes familles se sont coalisés pour élire une personnalité tribale, Khalil Abou Samra, chef de la deuxième grande famille de la ville. Les élus membres du Fatah et du Hamas ont aussi voté pour lui, renforçant le pouvoir des clans, dont ils reconnaissent ainsi le poids politique. Il y a un surnom en arabe pour les élections: «le mariage de la démocratie». À Deir-el-Balah, le mariage s’est terminé par un enterrement. (28 avril 2026, publié le 30 avril 2026 par Orient XXI)

Rami Abou Jamous, fondateur de GazaPress, un bureau qui fournissait aide et traduction aux journalistes occidentaux, a dû quitter en octobre 2023 son appartement de Gaza-ville avec sa femme Sabah, les enfants de celle-ci, et leur fils Walid, trois ans, sous la menace de l’armée israélienne. Ils se sont réfugiés à Rafah, ensuite à Deir El-Balah et plus tard à Nusseirat. Après un nouveau déplacement suite à la rupture du cessez-le-feu par Israël le 18 mars 2025, Rami est rentré chez lui avec sa famille le 9 octobre 2025.

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Gaza: En arrière-plan d’une «crise humanitaire»: le prolongement d’une guerre génocidaire (2)

© UNICEF/Eyad El Baba Des eaux usées et des déchets s’accumulent à proximité des tentes de personnes déplacées internes à Rafah, dans le sud de la bande de Gaza.

Par ONU info

24 avril 2026. À Gaza, la crise sanitaire franchit un nouveau cap: les rats prolifèrent dans les camps de déplacés, sur fond de conditions de vie précaires et de blocus israélien. Selon l’OMS, cette situation, bien que prévisible, souligne l’urgence d’intensifier les efforts pour lutter contre les nuisibles et améliorer l’hygiène de la population.

Des centaines de milliers de déplacé·e·s vivent toujours dans des abris de fortune entourés de décombres, de déchets accumulés et de réseaux d’égouts endommagés – un environnement devenu un terrain propice à la prolifération des rongeurs et à la propagation des maladies, selon une responsable de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de retour d’une mission dans l’enclave palestinienne.

S’adressant aux journalistes de Genève depuis Jérusalem, la Représentante de l’OMS pour les Territoires palestiniens occupés, a souligné qu’il est essentiel de mieux comprendre les maladies qui touchent la population de Gaza.

«Nous avons donc besoin que du matériel et des fournitures de laboratoire puissent entrer à Gaza», a déclaré la Dre Reinhilde Van de Weerdt.

Infections parasitaires

Alors que des familles vivent dans des tentes surpeuplées, des abris de fortune entourés de débris, avec un accès limité à l’eau et aux services d’assainissement, l’explosion des populations de rongeurs a été attribuée à la destruction généralisée des infrastructures.

«Les bâtiments détruits et les montagnes de déchets accumulés ont créé un terrain idéal pour la prolifération des rongeurs.»

Une évaluation rapide menée en mars dernier par le groupe de gestion des sites, qui a couvert plus de 1600 sites d’accueil, a révélé que 80% de ces sites, où la présence de rongeurs et de nuisibles est fréquente et visible, abritent plus de 1,5 million de personnes. Plus de 80% de ces sites de déplacement signalent des infections cutanées telles que la gale, les poux et les punaises de lit.

«Selon nos autorités sanitaires, plus de 17’000 cas d’infections par des rongeurs et ce que nous appelons des infections parasitaires actives ont été signalés jusqu’à présent cette année», a ajouté la Dre Van de Weerdt.

Des milliers de tonnes de déchets collectées

Face à l’accès limité aux soins médicaux, à l’assainissement et aux produits de première nécessité, les agences humanitaires soulignent la nécessité d’une action internationale immédiate pour rétablir les services essentiels et empêcher une nouvelle détérioration des conditions de vie de la population de Gaza.

Sur le terrain, les équipes de l’UNRWA ont collecté près de 7000 tonnes de déchets sur la seule deuxième quinzaine de mars.

«Les conditions de vie des habitants de Gaza sont tout simplement inacceptables», a martelé la responsable de l’OMS, qui déplore que certaines fournitures médicales – pièces de rechange pour équipements médicaux et générateurs – continuent d’être bloquées aux entrées de l’enclave.

Elle a appelé à la suppression des restrictions bureaucratiques qui entravent l’accès à ces produits essentiels, pourtant reconnus à l’échelle internationale.

Enormes besoins de reconstruction

Les agences humanitaires avertissent: les restrictions et les destructions en cours ne font pas qu’aggraver les souffrances immédiates – elles génèrent des urgences sanitaires durables qui pourraient persister bien après la fin des hostilités.

Une évaluation conjointe de l’Union européenne et des Nations Unies chiffre à 1,4 milliard de dollars les seuls dégâts dans le secteur de la santé. Plus de 1800 établissements ont été partiellement ou totalement détruits.

La reconstruction complète du système de santé gazaoui est estimée à 10 milliards de dollars sur cinq ans – un chantier qui devra répondre aux besoins d’une population meurtrie, et en particulier des milliers d’enfants qui porteront longtemps les séquelles de ce conflit.

Le coût du déminage

De son côté, le Service de lutte antimines de l’ONU (UNMAS) estime à 541 millions de dollars les besoins de déminage dans la bande de Gaza.

Selon Julius van der Walt, responsable de l’UNMAS dans les territoires palestiniens occupés, les munitions non explosées constituent une menace persistante pour les civils qui est désormais «pratiquement incrustée dans les décombres à l’heure actuelle».

«Nous n’avons fait qu’effleurer la surface pour comprendre l’ampleur de la contamination à laquelle nous allons être confrontés à Gaza. Ce que nous savons, c’est qu’il s’agira d’une menace dynamique (…). Un père entrera peut-être dans sa maison, trouvera une grenade à main, voudra l’éloigner de ses enfants et la mettra dehors. Quelqu’un passera par-là, la verra comme une menace et la déplacera de l’autre côté», a-t-il poursuivi.

Depuis le début du conflit, ces munitions ont causé plus de 1000 morts, dont la majorité sont des enfants. Les évaluations de l’ONU suggèrent que des objets dangereux peuvent être trouvés en moyenne tous les 600 mètres sur l’ensemble du territoire.

Les pénuries de carburant

Une enquête menée auprès de plus de 40 agences onusiennes et ONG humanitaires révèle une pénurie généralisée de carburant et de pièces détachées – indispensables au fonctionnement des véhicules et des générateurs dans la bande de Gaza. Si ces pénuries persistent, les services essentiels – santé, eau, assainissement – risquent de se dégrader, voire de s’effondrer.

Les partenaires humanitaires appellent à des approbations rapides et à un flux d’approvisionnement soutenu.

Sur le front sanitaire, 43% seulement des points de santé opérationnels avant octobre 2023 fonctionnent encore, et la plupart partiellement.

En avril, les partenaires santé ont assuré en moyenne 276’000 consultations par semaine, contre 201’000 en mars. L’OMS a par ailleurs achevé l’extension de 128 lits à l’hôpital Al-Shifa, afin de renforcer les capacités d’hospitalisation.

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30 avril 2026. La pénurie de pesticides est un fléau supplémentaire à Gaza. Sept mois après le cessez-le-feu, les tentes des déplacés se transforment en refuges pour rats et souris. Sans raticides, les humanitaires peinent à enrayer la prolifération de ces rongeurs vecteurs de maladies graves, comme la leptospirose et la peste.

Selon l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens (UNRWA), chaque jour de pénuries amplifie le risque pour une population déjà vulnérable et en grande détresse sanitaire.

En attendant, les humanitaires font état d’une «augmentation généralisée des infestations de rongeurs, en particulier dans les zones de déplacement surpeuplées de Khan Younès, ainsi que dans les endroits où s’accumulent de grandes quantités de décombres à Gaza et dans le nord de Gaza.

«On a signalé de plus en plus de cas de morsures de rats dans de nombreux établissements de santé au cours des derniers mois», note le rapport.

Pénurie de shampoings anti-poux

En plus du manque de produits chimiques pour lutter contre les rongeurs, d’autres défis majeurs viennent aggraver la situation sanitaire dans l’enclave palestinienne.

La pénurie du carburant et d’autres pièces essentielles pour le bon fonctionnement des générateurs, risquent de réduire à court terme les opérations de gestion des déchets et des eaux usées.

Une défaillance qui pourrait amplifier les risques sanitaires pour la population, avertit l’UNRWA dans son dernier rapport humanitaire. Face à cette pénurie, les conséquences se font rapidement sentir sur le terrain, notamment en ce qui concerne la propagation de maladies.

Les équipes de surveillance médicale de l’agence onusienne continuent de signaler «une hausse préoccupante des maladies cutanées d’origine ectoparasitaire, telles que la gale, ainsi que de la varicelle», ce qui aggrave les inquiétudes en matière de santé publique. «Les cas recensés ont triplé entre janvier et mars, des foyers ayant été identifiés dans la région de Mawasi-Khan Younès».

Selon les humanitaires, la capacité à maîtriser le problème est également limitée par une autre grave pénurie, celle «des shampoings anti-poux, de traitements anti scabieux et de lotion à la calamine».

Or sur le terrain, les alertes sanitaires des équipes médicales trouvent un écho direct dans la réalité vécue par les déplacés, confrontés eux aussi à une invasion de nuisibles. Dans la promiscuité des camps de déplacés de Gaza, où des milliers de personnes s’entassent sans assez d’eau ni de sanitaires, les rats, puces et autres parasites prolifèrent, aggravant la misère d’une population éprouvée par plus de deux ans de guerre.

67’000 nouveaux déplacés

«Ces maladies continuent d’être signalées dans tous les sites d’accueil, en raison de la surpopulation grave, de la perturbation des services d’eau, d’assainissement et d’hygiène et des mauvaises conditions environnementales», a détaillé l’UNRWA dans son rapport.

La quasi-totalité de la population de Gaza a été déplacée par les ordres d’évacuation israéliens et les frappes aériennes menées durant la guerre contre le Hamas. Selon les Nations Unies, 1,7 million d’habitants du territoire palestinien sur un total de plus de 2 millions vivent toujours dans des camps, dans l’impossibilité de rentrer chez eux, ou dans les zones restées sous contrôle militaire israélien.

Malgré le fragile cessez-le-feu entré en vigueur en octobre 2025, l’UNRWA continue de suivre les mouvements des personnes déplacées et les sites d’accueil. Le dernier rapport de l’ONU estime à 67’000 le nombre de personnes déplacées vivant dans 83 abris d’urgence collectifs gérés par l’agence.

Actuellement, 127 installations de l’UNRWA sont situées dans la zone militarisée israélienne derrière la «ligne jaune» et dans des zones dont l’accès est soumis à l’autorisation ou à la coordination des autorités israéliennes.

Eau livrée par camion-citerne

Ces derniers développements sanitaires interviennent alors que les besoins en eau de la population sont loin d’être satisfaits. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), environ 60% des familles n’ont pas accès à suffisamment d’eau potable.

Près de 90% des infrastructures d’eau et d’assainissement à Gaza ont été détruites ou endommagées, ce qui limite considérablement l’accès à l’eau potable pour la population et accroît les risques de maladies dans un contexte de surpeuplement et de détérioration des conditions de vie.

Selon l’ONU, environ 80% de la population de Gaza dépend actuellement de l’approvisionnement en eau par camion-citerne pour son eau potable.

«Les acteurs humanitaires avertissent que de telles dispositions sont coûteuses et non viables. Elles reposent fortement sur des quantités accrues de carburant, de mazout, de générateurs, de pièces de rechange et de camions, ainsi que sur un réseau de canalisations dévasté et totalement inadéquat», conclut le rapport d’OCHA, relevant que «l’ONU est en contact avec les autorités afin que les produits essentiels puissent entrer à Gaza». (Le titre est de la responsabilité de la rédaction d’A l’Encontre)

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