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Ryanair: «La dimension européenne» d’un accord conventionnel

Publié par Alencontre le 10 - octobre - 2018

Par Eric Renette 

En d’autres circonstances, ça aurait dû déclencher la satisfaction des syndicats en Belgique. Ce mardi, Michael O’Leary, le patron de la compagnie low-cost Ryanair, a accepté l’application des lois sociales et tribunaux belges pour tous les travailleurs Ryanair basés en Belgique «à partir de novembre 2018 ou de janvier 2019, quand ils veulent, dès qu’on a négocié une convention collective de travail. On est d’accord, faisons-le, vite. Let’s move». Les syndicats attendent la preuve écrite de cette nouvelle ouverture d’esprit? Michael O’Leary attrape son communiqué de presse et l’adapte en lettre officielle qu’il signe sous les objectifs des médias…

• «Ce qu’il doit signer, c’est la convention collective qu’on lui a envoyée et pour laquelle nous n’avons obtenu aucune réponse», sourit Filip Lembrechts, du syndicat libéral (CGSLB-Centrale générale des syndicats libéraux de Belgique). «Ce qu’il doit faire, c’est appliquer la loi en vigueur, qui ne se négocie pas, enchaîne Didier Lebbe (CNE-Cenrale nationale des employés, membre de la Confédération des syndicats chrétiens). S’il est d’accord d’appliquer les règlements belges, on va commencer par les 2 employés de cabines qu’il vient de virer juste avant la fin de leur période d’approbation de 6 mois et je vais réclamer 4 semaines de préavis au tarif belge plutôt que la semaine à 250 euros, version irlandaise, qu’il leur propose.» Au Setca (Syndicat des employés, techniciens et cadres, fédération de la FGTB), Jean-Pierre Boninsegna ajoute: «Nous ne voulons pas exposer de futurs délégués s’ils ne disposent d’aucune protection. Quand ce sera fait, on peut commencer à parler conditions de travail, salaire…»

• Michael O’Leary, lui, insiste pour que les syndicats belges s’organisent. «Depuis 5 mois, ils n’arrivent pas à s’accorder sur la composition de leur délégation. On veut bien négocier, mais qu’ils s’organisent», poursuit Michael O’Leary. Qui doit composer avec les subtilités belgo-belges.

• «Les syndicats ne sont pas d’accord, ça arrive dans plein d’entreprises». Depuis juin, on demande au SPF Emploi (Service public fédéral Emploi) de réaliser le comptage des affiliés pour déterminer la composition de cette délégation. C’est la procédure, ça doit prendre quelques minutes. Mais pas moyen», poursuit Didier Lebbe, persuadé que la CNE-LBC est la seule organisation syndicale à avoir des affiliés, donc droit à des délégués.

• En théorie, la délégation devrait être composée de 9 délégués. Il faut réussir le challenge arithmétique, politique et social, d’y représenter les syndicats chrétien, socialiste, libéral, dans les deux aéroports (Charleroi et Zaventem-Bruxelles) et les deux communautés linguistiques. C’est ça qui coince depuis des mois. Les syndicats se réunissent pour en sortir, jeudi 10 octobre, en «intersyndicale».

• On devra aussi s’occuper de la dimension européenne du problème puisque la CNE-LBC, seule signataire des préavis de grève pour la Belgique, a annoncé qu’elle ne signerait aucune convention collective de travail tant que les négociations ne sont pas abouties avec les cosignataires des autres pays (Espagne, Italie, Pays-Bas, Portugal, voire peut-être aussi Allemagne). Il faudra peut-être un peu de temps avant que O’Leary puisse entamer son «let’s move» . (Article publié dans Le Soir, en date du 10 octobre 2018; https://journal.lesoir.be/; reproduit avec autorisation de l’éditeur)

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Le travail dans les entrepôts à l’heure de «l’économie numérique»

Entre votre livraison à domicile d’une commande passé à Amazon et les profits nets de Jeff Bezos, le patron d’Amazon, il y a un «problème». Le tout «fonctionne» sur la base d’une plate-forme qui organise une très nombreuse main-d’œuvre. «Elle» – ses fonctions sont conçues par la direction du groupe – intensifie et contrôle au plus près du travail des salarié·e·s; «elle» contribue à rendre les emplois plus précaires et instables.

Au cours de cette session du séminaire consacré au capitalisme, à Toronto (Canada), Alessandro Delfanti discute des changements à l’œuvre dans l’organisation du travail, de la composition de la classe salariée et de l'évolution des rapports de travail résultant des relations entre le capitalisme et la technologie. Il le fait sur la base d'une étude récente d’un entrepôt d’Amazon en Italie.

Alessandro Delfanti enseigne à l'Institut de Communication, Culture, Information et technologie à l'Université de Toronto. Il fut l'un des principaux membres fondateurs du réseau Log Out! Réseau de résistance des travailleurs et travailleuses à l'intérieur et contre l’économie des plates-formes. Son intervention est en langue anglaise. (Réd. A l’Encontre)

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