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janvier 2020

A l'encontre

La Brèche

De Saint-Brieuc à Draguignan, «la France est une Cocotte-Minute»

Publié par Alencontre le 10 - décembre - 2019

Mobilisation du 5 décembre à Saint-Brieuc (Ouest France)

Par Pierre-Henri Allain (à Saint-Brieuc), François Carrel (à Grenoble), Mathilde Frénois (à Draguignan), Eva Fonteneau (à Périgueux) et Stéphane Thépot (à Toulouse)

Des centaines de milliers de personnes devraient à nouveau défiler ce mardi partout dans le pays, où le mécontentement déjà nourri par le mouvement des gilets jaunes dépasse largement la seule réforme des retraites.

La France va beaucoup marcher ce mardi. Parce que la grève des transports oblige des salariés à chausser leurs baskets pour se rendre au travail. Mais aussi, parce que partout dans l’Hexagone, des centaines de milliers de personnes s’apprêtent à défiler une nouvelle fois en l’espace de cinq jours. Jeudi, on a compté plus de 800 000 personnes dans les rues selon l’Intérieur, avec des cortèges imposants à Paris, Toulouse, Marseille, Nantes ou Montpellier.

Fait marquant: des défilés ont rassemblé plusieurs milliers de personnes dans des villes moyennes, comme Valenciennes, Saint-Lô, Bergerac, Châteauroux, Charleville-Mézières, Bayonne, Montbéliard, Auch… Une mobilisation qui semble témoigner d’une colère très enracinée sur tout le territoire en résonance avec le mouvement des gilets jaunes qui avait émergé des territoires abandonnés de la République. Les mécontentements exprimés à l’époque restent, un an plus tard, intacts. Le mouvement social actuel se cristallise certes sur le dossier du devenir des pensions, mais les manifestants rencontrés par Libération à Périgueux, Toulouse, Draguignan, Grenoble et Saint-Brieuc évoquent une contestation diffuse, portant sur des sujets multiples: l’hôpital qui va mal, la baisse des allocations logement, la précarité des étudiants, la question des inégalités, le sentiment de mépris dont continuerait à faire preuve le gouvernement. Certains vont jusqu’à comparer la France à une «Cocotte-Minute». Il y a «beaucoup [de gens qui n’ont plus rien à perdre», avertit une enseignante de Périgueux. Tour de France de la colère.

A Toulouse, «on va droit dans le mur»

«Il faudrait que chacun amène un copain ou une copine pour qu’on soit encore plus nombreux ce mardi dans la rue», estime Dominique Queija. Cet ancien ouvrier de l’usine AZF à Toulouse (Haute-Garonne) est encore sur un petit nuage après l’impressionnante manifestation qui a vu plus de 50 000 personnes défiler sur les boulevards toulousains jeudi.

Désormais retraité, Dominique a enfilé un gilet jaune exhibé avec constance tous les samedis des derniers mois dans la ville rose. «J’ai changé de couleur sans changer de vote», dit cet écologiste revendiqué, qui faisait jadis exception parmi ses anciens collègues de la CGT au lendemain de l’explosion de l’usine chimique qui ravagea la ville en septembre 2001. Oscillant entre les Verts et les insoumis, il distribue des tracts depuis des semaines contre la réforme des retraites. «Moi, mon avenir, je l’ai gagné en travaillant dès 17 ans à mon arrivée en France», raconte ce natif de Galice. Dominique a renoncé à convertir ces vieux compatriotes, mais il ne désespère pas d’attirer d’autres retraités dans la rue pour un «paseo» géant et militant.

Cette fois, Anne Reboux sera de la partie. Malade, la jeune retraitée avait renoncé à défiler la semaine dernière mais veut agir contre «la montée des inégalités». Catholique, elle est bénévole au CCFD-Terre solidaire (Comité catholique contre la faim et pour le développement) et confesse un faible pour François Ruffin. Le film Merci Patron!est parfait, selon elle, pour «redonner la pêche aux gens». Elle ne défilera pas à cause de sa maigre retraite de mère de famille qui a connu plusieurs interruptions de carrière pour élever ses enfants, mais plus globalement contre les choix du gouvernement qu’elle estime «trop libéraux», à l’hôpital notamment. A 62 ans, elle se dit surtout inquiète face aux enjeux climatiques: «On va droit dans le mur, et on appuie sur l’accélérateur!»

Avec son abeille géante découpée dans un carton dénonçant les pesticides, Dominique, une écolo de 58 ans, sourit au milieu des gilets jaunes et des drapeaux rouges des syndicats (CGT, FO, SUD) qui ont «convergé» samedi dans les rues de Toulouse pour une «petite» manifestation de 2 000 personnes environ. N’aurait-elle pas confondu avec les défilés écolos pour le climat? «J’ai fait cette pancarte parce que je n’entends plus d’oiseaux dans mon jardin depuis que les insectes ont disparu», raconte cette habitante de Mirepoix (Ariège). Employée dans une entreprise qui fait des ménages dans les bureaux, Dominique est non syndiquée mais prête à en découdre «contre les multinationales». Elle explique qu’il lui est plus facile de rejoindre les gilets jaunes le samedi que les autres manifestations toulousaines mixant «fin du monde et fin de mois» car «[elle] travaille en semaine». Dominique a déjà fait grève dans son entreprise, mais laisse entendre qu’elle ne peut se permettre financièrement de participer à tous les combats qui lui sont chers. «On est tous pris dans un engrenage.»

A Périgueux, «beaucoup n’ont plus rien à perdre»

A la Bourse du travail de Périgueux (Dordogne), le syndicat CGT des cheminots de la ville prépare activement la suite du mouvement. L’air grave, le responsable départemental Jérôme Jean montre une pile de tracts où l’intersyndicale CGT-FO-FSU se félicite de «l’ampleur des mobilisations». Le matin même, 51 cheminots ont voté à l’unanimité, moins une abstention, la reconduction de la grève lundi.

«Mardi, on sera à nouveau dans la rue pour réaffirmer notre refus d’un système par points dit universel qui conduirait à une baisse des pensions et à devoir reculer l’âge de départ, assure Jérôme Jean. Les derniers jours ont montré que la tourmente n’est pas de l’histoire ancienne. Le pays est en ébullition, on sent que les salariés sont prêts à aller jusqu’au bout car l’avenir des retraites fait consensus. L’objectif est maintenant de faire plier l’exécutif.» Et il l’assure le poing sur la table: «Tous les ingrédients sont réunis pour que la grève dure.»

Jeudi, la mobilisation s’est révélée exceptionnelle à Périgueux. Gérard, retraité de 65 ans, a compté: il lui a fallu trente minutes pour rejoindre la queue du cortège en partant «de tout devant». Avec de grands gestes, il pointe du doigt la direction des boulevards de Périgueux : «Par là, c’était noir de monde. Il y avait des retraités, des enseignants, des cheminots, des étudiants, des salariés d’Auchan, des ouvriers artisans et même quelques pompiers. Ça fait longtemps qu’on n’avait pas vu ça ici!»Cette impressionnante marée humaine, celui qui préfère qu’on l’appelle «Gégé» l’a traversée pour raconter à sa femme «tout le monde qu’il y avait». Car de mémoire de Périgourdin, il faut remonter à 2006 pour trouver une mobilisation aussi forte.

Jeudi, à une heure trente au nord-ouest de Bordeaux, le mouvement social qui paralyse le pays a fait tache d’huile et la préfecture de la Dordogne s’est soulevée à son tour. Ils étaient 5 200 manifestants selon la police et 7 000 selon les syndicats à manifester contre le projet de réforme des retraites. Presque 20% de la population de cette commune d’environ 30 000 personnes. Et quand on demande à Gégé «pourquoi autant de monde dans les rues de Périgueux?» il livre son analyse: «Ce n’est pas compliqué: les retraites, ça touche tout le monde, le gouvernement appuie là où ça fait mal. Ça valait le coup de travailler dur pour ensuite couler des jours paisibles mais si on nous enlève ça aussi… Il ne reste plus rien. On est condamnés à survivre plutôt que vivre.»

En tendant l’oreille près d’un étal de fruits et légumes, Marie, 37 ans, s’arrête net et rejoint Gégé: «Tous ces gens, sur leurs perchoirs, sous-estiment la rage profonde qui monte dans le pays», fulmine l’enseignante qui se dit «dégoûtée par tant de mépris de classe. Il y a les retraites mais la colère trouve aussi ses racines dans les inégalités de classe. Ici, comme ailleurs, la France est une Cocotte-Minute et, bientôt, le couvercle va céder. Beaucoup n’ont plus rien à perdre, c’est là notre force. Je connais même des gens qui ont économisé pour faire durer la grève». Quelques centaines de mètres plus loin, on croise Sylvie, 71 ans, qui discute du prix des œufs avec sa sœur et ses cousines dans les allées du marché de Noël. «Et oui, voilà de quoi on discute monsieur Macron. Ça peut vous paraître futile, mais pour nous la douzaine d’œufs à 3,80 euros, c’est presque devenu un luxe, assène la retraitée, les joues rosies par la colère. Chaque jour, je dois me priver pour ne pas finir à découvert. Ce n’est pas la vie que j’avais imaginée. Un an après le début des gilets jaunes, la brèche reste ouverte. Le mécontentement est toujours là.»

A Grenoble, des «mouvements conjoints»

A Grenoble (Isère), la manifestation de jeudi avait rassemblé quelque 20 000 personnes. Il y a bien longtemps qu’une manif grenobloise n’avait pas réuni une telle foule. «Ce qui m’a marquée, relève François Marchive, cosecrétaire de Solidaires Isère, c’est le nombre de personnes que nous ne connaissions pas dans le cortège. S’ils se retrouvent dans la contestation de la réforme des retraites, ces non-organisés portent une colère froide, une remise en cause du gouvernement, en résonance avec le mouvement des gilets jaunes.» Samedi, 500 personnes étaient réunies devant la gare de Grenoble, à l’appel des syndicats et des gilets jaunes: «Les mouvements sont conjoints désormais, contre la politique de Macron. La mobilisation sur les retraites recoupe une immense colère populaire», estime François Marchive. Léa, 27 ans, responsable d’une ludothèque associative de l’agglomération, retournera manifester ce mardi.

C’est sa première grève en tant que salariée: «J’y retourne car il ne suffit pas de se mobiliser un seul jour: il y a les enjeux sur la retraite, mais aussi sur la réforme des allocations chômage, des aides au logement, sur la défense des services public, l’hôpital, etc. On n’en peut plus de ce modèle libéral!»

Des luttes préexistantes, propres à chaque secteur, sont ravivées. Au siège d’EDF Hydro Alpes de Grenoble, avec 65% de grévistes jeudi, soit deux agents sur trois, «nous dépassons nos dernières mobilisations contre la réforme d’EDF, témoigne Philippe André, porte-parole SUD énergie. Le mouvement sur les retraites est un déclencheur: il y a cette épée de Damoclès sur l’hydraulique au sein d’EDF qui rend les salariés malades mais aussi l’envie d’un mouvement global, interprofessionnel, qui vise Macron». Les salariés d’EDF Hydro seront de nouveau en grève ce mardi et ont décidé d’abonder la caisse de solidarité des cheminots grévistes.

Autre exemple d’agrégation des colères: les étudiants et les personnels universitaires, nombreux à manifester jeudi, sont restés mobilisés, avec plusieurs blocages de bâtiments de l’université Grenoble-Alpes: «Alors que nous, étudiants, étions depuis des semaines en lutte contre la précarité, la contestation de la réforme des retraites est venue relancer le mouvement. Les personnels et profs nous ont rejoints, nous sommes passés de 150 à près de 300 personnes en AG, qui sont désormais unitaires», soulignent Chams et Lila, de Solidaires étudiant·e·s Grenoble. Un cortège partira de l’université ce mardi à la mi-journée pour rejoindre la manifestation grenobloise.

Le primaire et le secondaire restent également dans l’action. Plusieurs lycées de l’agglomération ont été bloqués vendredi. «Ce mardi, nous irons manifester, même si nous serons un peu moins nombreux, témoigne Laurent, 52 ans, prof non-syndiqué du lycée de Vizille. Les grévistes de juin contre la réforme du bac ont été rejoints par de nouveaux collègues. C’est un cumul des colères: nous avons le sentiment de nous faire systématiquement enfumer par ce gouvernement.»

A Draguignan, «c’est de pire en pire»

Les manifestants n’entrent jamais dans la vieille ville. Ses rues sont trop étroites pour contenir les défilés. Ce mardi encore, ils se retrouveront entre les platanes du boulevard Clemenceau, en bordure du centre historique. «On espère rebondir, ambitionne Gérard, syndicaliste à la CGT. On veut que le 5 décembre ne soit qu’un tremplin pour rassembler de plus en plus de gens.» Draguignan est une ville de 40 000 habitants au milieu des terres du centre-Var. Pas vraiment sur le bord de mer, pas complètement à la montagne. Ici, beaucoup sont militaires ou soignants, les deux grands employeurs étant la base de défense et l’hôpital. Les premiers n’ont pas le droit de grève. C’est pour mobiliser les seconds et préparer la marche de ce mardi que Gérard et les autres syndicalistes se réunissent dans leur QG, la Bourse du travail. Expliquer, communiquer et tracter pour rassembler. «Les retraites, c’est l’élément déclencheur, estime Frédéric, adjoint administratif au CHU et membre de la CGT. Les gens sont déçus de la politique menée. A l’hôpital par exemple, on veut des lits, des bras et du pognon. Tout ça en plus d’un régime de retraite juste et équitable.» La réforme des retraites comme prétexte pour une colère plus large. Comme les gilets jaunes avaient pris la hausse du prix de l’essence en étendard pour finalement remettre en cause un système de société. Colette fait partie de ces Dracénois qui ont occupé les ronds-points l’hiver dernier.

Ce mardi, cette contrôleuse de la SNCF à la retraite redescendra dans la rue «contre Macron en général». «Plein de choses ne vont pas: il n’y a plus d’avancées sociales, dit-elle. Les jeunes ne trouvent pas de travail, le chômage augmente. C’est de pire en pire. Même les pompiers ne vont pas bien, c’est dire si la colère monte.» Colette a laissé un gilet jaune accroché dans son jardin et des automobilistes klaxonnent quand ils l’aperçoivent. Signe que la grogne ne s’est pas tarie. Comme elle jeudi, sur ce même boulevard arboré de Draguignan, 2 000 personnes se sont rassemblées. Et le quotidien local Var-Matin d’évoquer dans ses colonnes une «marée humaine» et un «tsunami». «D’habitude, on arrive à tourner au rond-point, raconte Gérard. Mais là on était trop. On se marchait dessus.» «C’est exceptionnel, confirme le secrétaire général CGT de Draguignan, Gilles Piazzoli. La dernière fois que j’ai vu ça, c’était pour les retraites en 2010. Lors des autres manifs, c’est difficile de faire bouger les gens: on n’était que 300 ou 500.»

Michelle faisait partie de ces nouveaux venus. La dernière fois que cette enseignante avait manifesté, c’était pour Charlie Hebdo.«Jeudi, c’était symbolique, dit-elle. Stratégiquement, il était important de se mobiliser avant de voir ce qui va être proposé par le gouvernement.» Derrière la banderole, Michelle a rencontré des collègues qu’elle n’avait «pas vus depuis longtemps». Plus que les retraites, c’est un «ras-le-bol général» qui s’est exprimé à travers leurs chants et slogans. «Dans la ruralité on a un problème de décentralisation du territoire. On le voit au niveau du chemin de fer: on nous parle toujours d’environnement, de climat, de pollution. Sauf qu’on ferme pas mal de gares du département», pointe Rémy, travailleur social syndiqué à la CGT. Le conflit à la SNCF de l’année dernière a permis aux Dracénois de remporter une victoire: le guichet de la gare des Arcs-Draguignan qui devait être remplacé par un automate est finalement resté ouvert. «Ça montre aux gens que la mobilisation peut payer au niveau local», se motive Rémy.

A Saint-Brieuc, «des conditions de travail dures»

Accrochées aux grilles de la maison de granit qui abrite les locaux de Force ouvrière à Saint-Brieuc (Côtes-d’Armor), des affichettes réclament le «retrait du plan Macron». C’est encore avec ce mot d’ordre que le syndicat va mobiliser les troupes ce mardi dans la préfecture départementale, où l’on a assisté la semaine dernière à un rassemblement d’une ampleur qu’on n’avait pas connue depuis longtemps.

Ils étaient entre 8000 et 12 000 à manifester jeudi contre le projet de réforme des retraites dans une ville qui compte à peine 46 000 habitants. Avec, dans le défilé, une proportion inhabituelle de salariés du privé mais aussi de l’éducation nationale, de la santé ou encore de retraités craignant pour l’avenir de leurs (maigres) pensions. «Les salariés du privé représentaient à peu près 50% de la manifestation, estime Eric Le Courtois, délégué départemental FO. Ici, le plus gros employeur c’est l’agroalimentaire, avec les plus faibles salaires du Grand Ouest et des conditions de travail très dures. A 55 ans, et parfois plus tôt, les gens se retrouvent au chômage avec de gros problèmes de santé. Ce département compte parmi le plus grand nombre de troubles musculo-squelettiques en France.»

Si la Cooperl ou les abattoirs Kermené de Collinée ont pu être représentés de façon plus importante qu’à l’habitude, les employés de nombreuses PME sont venus aussi gonfler les rangs, sans oublier les salariés de l’usine Hutchinson, l’ex-Joint Français, qui a marqué l’histoire de cette ville de tradition ouvrière et qui ont débrayé à plusieurs reprises ces derniers jours. «Non seulement beaucoup de ces salariés auront des retraites de misère mais ils ne gagnent pas assez pour mettre de l’argent de côté pour leurs vieux jours», souligne Eric Le Courtois. Autre profession très présente jeudi: les enseignants, avec la quasi-totalité des écoles fermées sur la ville. «Tout le monde en prend plein la tête», relève Stéphane Mottier, secrétaire adjoint FO chargé de l’enseignement.

Outre un tissu socio-économique dominé par l’agroalimentaire, les représentants syndicaux pointent un territoire très rural frappé par la désertification et la disparition des services publics. Une quinzaine de bureaux de poste auraient été supprimés cette année dans le département, sans compter des trésoreries désormais inexistantes. «Qui captent les fonds publics et les centres de recherche? Rennes ou Brest mais pas Saint-Brieuc qui est situé entre les deux et où les industries ne s’implantent plus faute d’infrastructures et de services publics satisfaisants», déplore Matthieu Nicol, délégué départemental CGT. De fait, la région briochine, réputée pour ses paysages marins, attire désormais davantage les retraités parisiens que les PME, entraînant des hausses de l’immobilier parfois pénalisantes pour les autochtones. (Reportage publié dans le quotidien Libération en date du 10 décembre 2019)

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«C’est un véritable mouvement révolutionnaire social de grande ampleur, explique Loulouwa al-Rachid dans un entretien avec Orient XXI, contre une classe dirigeante qui gouverne dans un mépris total de la population et dans le seul souci de préserver sa part de prébendes et d’accéder à la rente pétrolière pour entretenir des clientèles dans le pays.» Et ceci alors que, depuis l’invasion de 2003 par les Etats-Unis, le pays souffre du délitement de ses infrastructures. Bien qu’essentiellement chiite, le mouvement bénéficie de la sympathie de toute une population, qui met aussi en cause l’influence iranienne.

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