dimanche
18
août 2019

A l'encontre

La Brèche

Le secrétaire d’Etat Mike Pompeo, l’ex-secrétaire à la Défense James Mattis et le conseiller à la sécurité intérieure John Bolton

Par Adam Weinstein

Alors que les tensions montent, un briefing militaire sans précédent donné par un secrétaire d’Etat belliciste jette le doute sur la chaîne de commandement.

Les Etats-Unis semblent rapidement se mettre sur le pied de guerre face à l’Iran – accusant ce dernier d’avoir attaqué deux pétroliers dans le golfe d’Oman la semaine dernière, l’accusant de tester les limites de leur accord nucléaire désormais caduc avec les Etats-Unis [l’accord JCPoA dénoncé par Trump le 8 mai 2018]. L’administration Trump a envoyé 1000 soldats supplémentaires au Moyen-Orient et, semble-t-il, envisage des frappes «tactiques». C’est assez alarmant, mais ces initiatives soulèvent aussi une question inhabituelle: qui, exactement, ordonne aux militaires américains ce qu’ils doivent faire en la matière?

Le prétendu commandant civil des forces militaires est le secrétaire à la Défense. Patrick Shanahan, ancien dirigeant de Boeing, a été nommé en janvier 2019 pour remplacer James Mattis à ce poste [du 20 janvier 2017 au 1er janvier 2019]. Mais il n’a toujours pas été officiellement nommé et il est – selon ce qu’ont affirmé cinq collègues actuels et anciens à Politico, la semaine dernière – «trop facilement manipulé par une Maison Blanche imprévisible». Sous la direction de Shanahan, disent ces collègues, les membres du personnel du conseiller à la sécurité nationale et célèbre faucon anti-iranien John Bolton «appellent régulièrement les subordonnés du Pentagone et s’insèrent profondément dans la chaîne de commandement». Shanahan, selon ces récits, est toujours sous audition pour son poste, et est par conséquent «dépassé par les autres dans l’orbite de Trump». (Plus tard, mardi 18 juin, Trump a annoncé que Shanahan avait retiré sa postulation à ce poste. Dans un tweet du même jour, Trump annonçait que le nouveau secrétaire d’Etat à la Défense serait Mark Esper, qui a servi de 2002 à 2004 dans l’administration de George W. Bush, a été vice-président de Aerospace Industries Association et a travaillé pour une des firmes clés de l’industrie d’armement Raytheon. Il est reconnu comme un lobbyiste de ce secteur.)

Lundi 17 juin, le secrétaire d’Etat Mike Pompeo – l’ancien membre conservateur du Congrès et chef de la CIA, qui a été le premier responsable états-unien à accuser l’Iran d’avoir orchestré les attaques dans le golfe Oman – s’est rendu au siège de Tampa (Floride) du commandement central (CENTCOM) et du commandement des opérations spéciales (SOCOM) afin d’y rencontrer les dirigeants et de «discuter des problèmes de sécurité régionale et des opérations en cours». Le CENTCOM est responsable des opérations militaires au Moyen-Orient et donc dirigerait toute possible frappe contre l’Iran. De multiples sources au Département de la Défense (DOD) et au Département d’Etat me disent que Pompeo ne se rendait pas à Tampa avec des représentants du Pentagone; le Pentagone a dit que Shanahan n’avait pas l’intention de rejoindre Pompeo là-bas.

C’est vraiment sans précédent. Lorsque j’ai demandé aux représentants du Département d’Etat si d’autres secrétaires d’Etat avaient déjà effectué des voyages similaires, ils ne m’ont rien répondu. J’ai trouvé un exemple où la secrétaire d’Etat Condoleezza Rice [janvier 2005-janvier 2009] s’est rendue à la base de Tampa en 2006 en compagnie du commandant en chef, George W. Bush, pour accueillir les dirigeants afghans et pakistanais en vue d’un sommet entre Etats. La secrétaire d’Etat Hillary Clinton s’est également rendue sur la base, pour des raisons non opérationnelles, afin de prononcer une allocution lors d’un dîner de gala du Commandement des opérations spéciales en 2012 [le thème développé le 23 mai 2012 par le commandant de l’USSOCOM était «Building the Global SOF Partnership»].

Aucune de ces visites ne peut être qualifiée de similaire à celle qui semble s’être déroulée cette semaine. Le plus haut diplomate des Etats-Unis, qui ne fait pas partie de la chaîne de commandement civil de l’armée, se rend dans un quartier général de guerre pour discuter des perspectives d’action militaire avec les généraux qui s’y trouvent. Il n’était pas sans «accompagnateurs» du Pentagone au CENTCOM étant donné l’absence de Shanahan, me confient des sources du Département d’Etat, mais si la proximité est le pouvoir, il est néanmoins clair que Pompeo et Bolton sont les principaux acteurs des plans militaires concernant l’Iran.

De telles préoccupations ne sont que des «bêtises», selon des informations qu’un haut fonctionnaire de l’administration m’a données sur le contexte d’ensemble: «La visite a été programmée il y a quelques semaines, et a été entièrement coordonnée avec le secrétaire par intérim Shanahan.» Les commandants du CENTCOM et du SOCOM, a dit le fonctionnaire, «informent le secrétaire Pompeo, et le secrétaire est là pour écouter. Des hauts fonctionnaires du Pentagone sont également présents.»

Certes, le nouveau commandant du CENTCOM, le général de marine Kenneth McKenzie, possède une vaste expérience et des connaissances approfondies des acteurs du Moyen-Orient. Il a peut-être beaucoup à confier à Pompeo. Dans l’un de ses premiers discours publics en tant que chef du CENTCOM, prononcé le mois dernier devant la belliqueuse Foundation for Defense of Democracies, McKenzie a exprimé un curieux scepticisme envers la bureaucratie du DOD. «J’ai toujours essayé d’avoir un parti pris pour l’action», a-t-il dit à l’auditoire, ajoutant qu’en envisageant l’action, «nous n’avons plus le luxe d’avoir le contrôle sur l’ensemble des actifs stratégiques». Où cette rationalisation de l’action et des moyens serait-elle probablement nécessaire? Sur ce point, McKenzie a été clair: «La menace à long terme, durable et la plus importante pour la stabilité du Commandement central [sa zone de responsabilité] est l’Iran et les ambitions malveillantes du régime iranien sur la scène régionale et, en fait, à l’échelle mondiale.»

La santé et la stabilité de la démocratie constitutionnelle américaine reposent en grande partie sur le contrôle civil de l’establishment militaire américain. Mais il a toujours été précisé quels sont les rares civils responsables de ce contrôle et comment ils doivent s’acquitter de leurs fonctions. Depuis la loi de 1947 sur la sécurité nationale, ces civils sont le président et le secrétaire d’Etat à la Défense.

Lorsque la seconde administration G. W. Bush a concocté l’affaire et le plan de guerre contre l’Irak, une grande partie de la cuisine s’est faite au Pentagone, sous l’œil du secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld [2001-2006]. Les résultats de ce court-circuit ont été assez mauvais. Mais nous sommes maintenant entrés dans une phase où le président ne parle pas, où le secrétaire à la Défense ne travaille pas et où bon nombre de leurs responsabilités semblent être assumées par des dirigeants bellicistes (faucons) non élus dans le Département d’Etat et dans le Conseil de sécurité nationale.

En avril dernier, Pompeo et Bolton ont réussi à ignorer les préoccupations du Pentagone en désignant le Conseil des Gardiens de la révolution islamique iranien comme une organisation terroriste. Aujourd’hui, en utilisant la vidéo de surveillance de la marine américaine, ils accusent ouvertement des éléments du Corps des gardiens de la révolution islamique pour l’attaque de deux navires dans le golfe d’Oman la semaine dernière, alors qu’ils participent pleinement aux délibérations militaires. Il est facile de voir la trajectoire sur laquelle ils mettent l’armée américaine. L’impact que cela aura sur les principes fondamentaux de la gouvernance démocratique américaine est beaucoup plus pernicieux. (Article publié le 18 juin 2019 sur The New Republic Daily; traduction A l’Encontre)

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Trump approuve des frappes sur l’Iran puis se ravise à la dernière minute, selon le NYT

Par Camille Magnard

Donald Trump aurait approuvé jeudi soir 20 juin des frappes aériennes contre des cibles militaires en Iran, avant de rappeler les avions américains déjà en vol, selon le New York Times. 

On est 36 heures après qu’un missile iranien a abattu un drone américain au-dessus du détroit d’Ormuz, nous rappelle le New York Times, et la Maison Blanche vient donc, après des heures de réunion secret-défense dans sa salle de crise, que l’Amérique va répondre à la provocation iranienne, qu’elle va bombarder des cibles militaires très précisément identifiées, sur le sol iranien.

Voilà donc pour la réponse américaine, déterminée, intransigeante, rapide, mais tout de même «mesurée», selon les éléments de langages repris par Fox News. Le New York Times, lui, s’étonne du mou qu’il décèle dans la chaîne de commandement: selon ses informations, Donald Trump «a approuvé ces frappes sur l’Iran, ciblant des batteries de missiles aériens et des radars militaires». Tout le monde se tenait prêt à faire feu, «les avions étaient dans les airs, les navires de guerre en position»… mais finalement l’ordre est venu d’annuler l’opération: «le président s’est finalement ravisé de manière abrupte», affirme donc le New York Times.

Opération avortée «à la dernière minute», confirme The Washington Post, qui a lui aussi des sources bien placées parmi des officiels à la Maison Blanche. Alors c’est peu dire que ces informations sont très sensibles, très graves, tant elles posent la question de la capacité de Trump à ne pas avoir la main qui tremble quand il est dans le saint des saints du pouvoir présidentiel, la salle de crise, la «situation room» depuis laquelle il commande toutes les forces armées américaines à travers le monde.

Et justement, depuis hier soir, tous les médias des Etats-Unis tentaient de savoir ce qui se disait dans cette salle de crise, où le président était enfermé avec ses plus proches conseillers en matière de sécurité et de défense, son état-major, ses services secrets et ses diplomates les plus éminents.

Pour CNN, la configuration était claire: Donald Trump était plutôt partisan de la retenue, on l’avait vu hier avec ses déclarations plutôt modérées qui semblaient refuser l’engrenage de l’escalade militaire. Et face à lui, dans le camp des va-t-en-guerre, il y avait John Bolton, son conseiller pour la sécurité intérieure, partisan de la manière forte et du renversement coûte que coûte du régime iranien. Entre les deux, CNN décrit le rôle de Mike Pompeo, le chef de la diplomatie américaine, comme celui d’un triangulateur, d’un médiateur, même si l’on sait qu’il est dans le fond plutôt favorable à des frappes contre l’Iran.

Que s’est-il joué cette nuit entre ces trois-là? Donald Trump a-t-il cédé aux appels du faucon Bolton avant de reculer au moment d’appuyer sur le bouton rouge? Qui a eu le dernier mot, dans cette tempête sous un crâne orange [allusion à la coiffure du président]?

Il faut quand même dire, avec le New York Times, que ce contre-ordre de dernière minute peut également être dû à des problèmes d’ordre technique ou logistique. La Maison Blanche et le Pentagone se refusent pour le moment à tout commentaire ou explication, à tel point qu’on ne sait même pas si les frappes américaines sur l’Iran sont simplement suspendues, retardées, ou tout bonnement annulées. (France Culture, revue de presse du 21 juin 2019, 7h35)

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«Dix minutes avant la frappe, je l’ai stoppée»: les douze heures où Trump a failli attaquer l’Iran

Par Gilles Paris

Les revirements spectaculaires du président américain, après la destruction d’un drone par les Iraniens, témoignent de ses ambivalences sur le sujet, qui compliquent encore la crise avec la République islamique.

La «Situation Room» comme si vous y étiez! Donald Trump a confirmé, avec un luxe de détails difficilement vérifiables, vendredi 21 juin, qu’il avait bien envisagé, la veille, avant de se raviser, des frappes contre des cibles iraniennes en représailles à la destruction d’un drone américain. Cet enchaînement de décisions a souligné les ambivalences du locataire de la Maison Blanche à la fois sur le dossier iranien et à propos de l’usage de la force.

Le président des Etats-Unis a raconté tout d’abord sa version des événements sur son compte Twitter, puis dans un entretien à la chaîne NBC pour l’émission dominicale «Face the Nation». Il s’est donné le beau rôle en expliquant qu’il avait changé d’avis pour épargner des vies humaines. Ce revirement spectaculaire avait été révélé par le New York Times quelques heures seulement après l’annulation de la riposte de Washington.

Cette folle journée de jeudi commence avec l’annonce de la destruction par l’Iran d’un drone de surveillance survolant le détroit d’Ormuz. Cette zone stratégique a été le théâtre, quelques jours plus tôt, d’attaques contre deux pétroliers, imputées au régime de Téhéran par Washington. Donald Trump réagit en milieu de matinée en publiant sur son compte Twitter un message menaçant. «L’Iran a commis une grosse erreur», écrit-il, ouvrant la porte à une éventuelle riposte militaire.

Peu après midi, Donald Trump accueille le premier ministre canadien, Justin Trudeau, dans le cadre d’une visite annoncée une semaine plus tôt. Dans le bureau Ovale, pris brièvement d’assaut par les journalistes accrédités de la Maison Blanche, les questions fusent.

«Grosse erreur»

Donald Trump prend le temps de présenter la future version de l’avion de la présidence américaine, Air Force One, dont la maquette agrémente une table basse, devant lui, avant de revenir sur la «grosse erreur» de l’Iran. Il précise détenir la preuve que l’appareil se trouvait «scientifiquement» au-dessus des eaux internationales, contrairement aux affirmations de l’Iran. «Vous verrez bien», répond-il aux questions sur d’éventuelles représailles américaines.

Puis il revient sur le sujet quelques minutes plus tard, après avoir subitement rendu hommage à un champion automobile de légende, Roger Penske, auquel, dit-il, il va décerner la plus haute distinction américaine pour des civils. «Heureusement, dit-il, nous n’avions personne dans le drone. Cela aurait fait une grande différence, laissez-moi vous dire. Cela aurait fait une très grosse différence.»

«J’ai le sentiment – peut-être que j’ai tort, peut-être que j’ai raison, mais j’ai souvent raison –, j’ai l’impression que c’est une erreur commise par quelqu’un qui n’aurait pas dû faire ce qu’il a fait. Je pense qu’ils ont commis une erreur. Et je ne dis pas seulement que le pays a commis une erreur. Je pense que quelqu’un sous le commandement de ce pays a commis une grosse erreur», indique-t-il.

Donald Trump vient soudain de mettre la destruction du drone sur le compte d’une décision individuelle. Présents à ses côtés dans le bureau Ovale, le secrétaire d’Etat, Mike Pompeo, et le conseiller à la sécurité nationale, John Bolton, partisans tous les deux d’un changement de régime à Téhéran, restent de marbre. La tension créée par le message matinal publié sur son compte Twitter retombe. Un briefing à la Maison Blanche des responsables du Congrès annoncé le matin même est maintenu.

«J’ai demandé combien allaient mourir»

Sans doute poussé par les «faucons» de son administration, Donald Trump a pourtant pris la décision de répliquer, comme en Syrie à deux reprises après l’utilisation par le régime de Damas d’armes chimiques, en 2017 et en 2018. Ce président qui aime l’image de la force a raconté à de nombreuses reprises comment, la première fois, il avait annoncé le tir de ces missiles de croisière à un Xi Jinping médusé, alors que le président chinois, qu’il recevait dans son club de luxe de Mar-a-Lago, en Floride, dégustait un gâteau au chocolat.

Cette fois-ci, en revanche, l’ordre est finalement annulé. «Nos armes étaient chargées et nous étions prêts à riposter la nuit dernière contre trois sites différents quand j’ai demandé combien allaient mourir», affirme Donald Trump vendredi matin sur son compte Twitter.

«Cent cinquante personnes, monsieur, a répondu un général», poursuit le président, qui mime souvent dans ses meetings politiques les militaires qui l’entourent, souvent à leur désavantage. «Dix minutes avant la frappe, je l’ai stoppée. C’était disproportionné par rapport à une attaque contre un drone», conclut le président. Face au journaliste de NBC, Chuck Todd, Donald Trump ajoute qu’«aucun avion» n’avait encore décollé. Il assure même qu’il n’avait pas encore formellement donné l’ordre de riposter. Il se dit également prêt à parler à l’ayatollah Ali Khamenei, guide suprême de la Révolution iranienne, ou au président Hassan Rohani, sans condition préalable. «Je ne cherche pas la guerre», déclare-t-il, avant de menacer d’un «anéantissement jamais vu auparavant en cas de conflit».

La série de messages publiée vendredi matin comporte son lot de contre-vérités. Le président y affirme contre toute évidence que l’accord sur le nucléaire iranien conclu en 2015 par l’administration de Barack Obama a donné à Téhéran «la voie libre» vers les armes atomiques, alors qu’il a produit le résultat inverse. Il explique aussi que de nouvelles sanctions ont été aussitôt ajoutées, ce que rien n’est venu attester dans l’immédiat. Le président relativise également la menace iranienne. «Ils sont aujourd’hui beaucoup plus affaiblis qu’au début de ma présidence, alors qu’ils posaient des problèmes majeurs dans tout le Moyen-Orient. Maintenant, ils sont dans la panade!» affirme-t-il en dépit de l’escalade en cours.

Stratégie de «pression maximale»

Au côté de Justin Trudeau, jeudi, Donald Trump avait martelé l’une des convictions qui peut expliquer son revirement. «Ecoutez, j’ai dit que je voulais sortir de ces guerres sans fin. J’ai fait campagne sur ça: je veux en sortir», a-t-il dit après avoir nié que des conseillers plus bellicistes puissent l’influencer. «Comme vous le savez, nous avons considérablement réduit nos activités en Afghanistan» et «nous retirons beaucoup de monde» de Syrie, a-t-il ajouté.

Le président des Etats-Unis a assuré vendredi matin qu’il avait «tout son temps». La multiplication des incidents imputés à l’Iran depuis le mois de mai tend à montrer à l’inverse que Téhéran a décidé de rompre avec la «patience stratégique» adoptée après la sortie unilatérale des Etats-Unis de l’accord sur son programme nucléaire.

Une série de décisions américaines particulièrement agressives, comme la mise au ban du corps tout entier des gardiens de la révolution, une mesure sans précédent, et la suppression des dernières exemptions qui permettaient encore à quelques pays d’acheter du pétrole iranien, n’a pu qu’inciter le régime iranien à passer à l’action.

Washington assure, depuis plus d’un an, que sa stratégie de «pression maximale» n’a pour but que de contraindre Téhéran à accepter un nouvel accord en se soumettant aux conditions américaines qui visent également son programme balistique et son influence régionale. Une perspective totalement exclue par le régime iranien jusqu’à présent alors que les autres signataires de l’accord de 2015, dont les pays européens, semblent pour l’instant condamnés à l’impuissance.

Téhéran entend aussi reprendre l’initiative en menaçant, à partir du 7 juillet, d’augmenter ses capacités à enrichir de l’uranium au-delà des limites fixées en 2015. La journée du 20 juin, dans ce contexte, risque par son illisibilité d’accroître les risques de dérapages. A commencer si le régime iranien en conclut que Donald Trump renoncera, par crainte de se retrouver piégé dans un engrenage, à ajouter la pression militaire à l’arsenal de sanctions déjà solidement en place. (Article publié dans Le Monde, daté du 23-24 juin 2019)

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