«Le cauchemar de Fukushima, 15 ans après»

La centrale de Fukushima frappée et largement détruite par les chocs du tsunami. (Capture d’écran)

Par Joshua Frank

Neuf pays possèdent aujourd’hui des armes nucléaires et nous venons d’assister au début d’une nouvelle guerre au Moyen-Orient à propos d’un autre État qui aurait tenté de s’en doter. Alors que nous réfléchissons aux dangers de ces armes et à leur capacité à causer des destructions massives, nous négligeons souvent les risques liés à ce qui passe encore pour l’énergie nucléaire «pacifique». Dans cette optique, permettez-moi de revenir sur un épisode qui aurait dû rendre cette réalité bien plus évidente.

Le 10 mars 2011, je m’étais glissé dans mon lit, j’avais allumé mon téléphone et je faisais défiler mon fil Instagram. L’application était encore assez récente à l’époque, et je ne suivais qu’une douzaine de comptes, dont plusieurs au Japon. Un photographe amateur y avait publié quelques minutes plus tôt des photos d’un trottoir fissuré et d’une bibliothèque renversée. Un séisme massif venait de secouer Tokyo.

Un article de presse confirmait qu’un séisme de magnitude 7,9 avait bel et bien frappé à 130 km au large des côtes japonaises. Plus tard, il a été reclassé à 9,0, soit 1000 fois plus puissant en termes d’énergie libérée. Bon sang, me suis-je dit. C’est énorme! Inquiet, j’ai envoyé un e-mail à Ichiro, un ancien camarade de fac qui vivait à Tokyo, pour m’assurer que sa famille allait bien. Peu de temps après, il m’a répondu qu’ils allaient bien, mais qu’un gigantesque tsunami avait bel et bien inondé la région de Tohoku, au nord de Tokyo. Il y avait de nombreux morts.

«C’est horrible. C’est le chaos», m’a-t-il écrit

Au moment où le message d’Ichiro m’est parvenu, des images bouleversantes du tsunami circulaient déjà sur Internet et le nombre de victimes augmentait rapidement, même si les eaux commençaient alors à se retirer. Alors que je regardais des vidéos déchirantes montrant des passants hurlant, des bateaux renversés, des débris flottants et des voitures englouties comme des jouets dans une baignoire, une autre tragédie se déroulait, dont peu de gens, même au sein du gouvernement japonais, avaient conscience. Une centrale nucléaire à Fukushima, exploitée par TEPCO (la Tokyo Electric Power Company), avait été submergée par les inondations gigantesques et avait perdu toute alimentation électrique.

La centrale nucléaire de Fukushima Daiichi, construite par General Electric (GE) au milieu des années 1960, avait été conçue pour résister aux catastrophes naturelles, mais ses concepteurs n’avaient jamais envisagé un séisme d’une telle ampleur. Lorsque les capteurs de la centrale ont détecté le séisme, ses réacteurs se sont automatiquement arrêtés. Cet arrêt d’urgence (ou scram: arrêt automatique d’un réacteur nucléaire) a interrompu le processus de fission, déclenchant l’alimentation de secours pour maintenir un flux d’eau de mer froide à travers les réacteurs et les conteneurs de combustible usé afin d’éviter toute surchauffe. À Fukushima, tout se déroulait comme prévu jusqu’à ce que ce tsunami gigantesque frappe la centrale, emportant les pylônes de transmission et endommageant les systèmes électriques. Il y avait des générateurs de secours au sous-sol, mais ceux-ci avaient eux aussi été recouverts par les vagues, et une situation déjà grave était sur le point de s’aggraver considérablement.

Une coupure de courant dans une centrale nucléaire est appelée «black-out de la centrale». Comme vous pouvez l’imaginer, c’est l’un des pires scénarios auxquels une installation nucléaire puisse être confrontée. Si toute l’électricité est coupée, cela signifie que l’eau n’est plus pompée dans le cœur brûlant du réacteur pour le refroidir. Et si ce cœur n’est pas refroidi en permanence, une chose est sûre: une catastrophe s’ensuivra. Le processus de fission en lui-même est peut-être compliqué, mais c’est de la physique élémentaire. Pour aggraver les choses, il y avait trois réacteurs en service à Fukushima Daiichi. Heureusement, trois autres avaient déjà été arrêtés pour maintenance. Si l’électricité n’était pas rétablie rapidement, cela signifierait que les trois réacteurs de Fukushima seraient en très grande difficulté.

Nous apprendrons plus tard que personne ni chez TEPCO, ni chez GE, ni les régulateurs japonais – n’avait jamais envisagé la possibilité que tous les réacteurs puissent perdre leur alimentation électrique en même temps. Ils n’avaient élaboré des plans que pour la mise hors service d’un seul réacteur, auquel cas les autres pourraient maintenir la centrale en fonctionnement. Mais tous hors service, et tous les générateurs hors d’état de fonctionner, quid? Il n’existait aucun précédent ni aucun manuel pour cela.

L’industrie nucléaire a un nom assez poli pour désigner une catastrophe comme celle qui secouait Fukushima. Elle l’appelle un «accident au-delà des conceptions/conditions de référence» («beyond design basis conception»), car aucune conception de centrale nucléaire ne peut prévoir tous les problèmes possibles qu’elle pourrait rencontrer au cours de sa durée de vie. Le fait qu’il existe un terme pour cela devrait vous inquiéter.

Fusions et retombées

Au cours des jours suivants, la situation d’urgence à Fukushima Daiichi n’a fait qu’empirer. Tous les efforts pour rétablir l’alimentation électrique des réacteurs se sont soldés par un échec. Les équipements de détection des radiations sur place, qui auraient dû déclencher des alertes et guider les opérations d’évacuation des personnes en danger, ne fonctionnaient plus. Les plans visant à pomper de l’eau dans les réacteurs pour les refroidir avaient échoué. Leurs cœurs continuaient de surchauffer, et les piscines de combustible usé en ébullition risquaient de s’assécher, ce qui aurait pu déclencher un incendie gigantesque libérant des quantités extrêmes de rayonnement.

La centrale mise à l’arrêt. (Capture d’écran)

En l’espace de trois jours, à la suite d’une série d’incendies, d’explosions d’hydrogène et de panique parmi ceux qui avaient conscience de ce qui se passait, les réacteurs 1, 2 et 3 de Fukushima ont subi des fusions complètes de leur cœur. Plus de 150 000 personnes dans un rayon de 30 km avaient déjà été contraintes d’évacuer, et les panaches radioactifs allaient mettre deux semaines à se propager à travers l’hémisphère nord, bien que le gouvernement japonais n’ait pas admis publiquement qu’une fusion s’était produite avant juin 2011, trois mois plus tard.

La seule bonne nouvelle pour les 13 millions de personnes vivant à 240 km au sud, à Tokyo, était que, pendant et immédiatement après les fusions, les vents dominants ont emporté une grande partie des matières radioactives de Fukushima loin des réacteurs en fusion et vers la mer. On estime que 80 % des retombées de Fukushima ont fini dans l’océan, ce qui signifie que la plupart se sont dirigées vers l’est plutôt que vers les centres urbains situés au sud et à l’ouest. L’autre bonne nouvelle était que les conteneurs de combustible usé avaient, d’une manière ou d’une autre, survécu à tout cela. Si les bassins avaient été vidés de leur eau, des quantités bien plus importantes de rayonnement auraient été libérées.

Mais Tokyo n’a pas été complètement épargnée. Après des années de recherche, les scientifiques ont découvert que des microparticules riches en césium avaient recouvert la région métropolitaine de Tokyo, une découverte impopulaire qui a suscité des réactions négatives et des menaces de censure académique. Les zones autour des zones d’exclusion de Fukushima ont enregistré les niveaux de rayonnement les plus élevés. Les responsables du gouvernement japonais n’ont cessé de minimiser les dangers de l’accident et se sont montrés réticents à classer l’événement comme une catastrophe nucléaire de niveau 7, le niveau le plus élevé de l’Échelle internationale des événements nucléaires, ce qui l’aurait placé au même rang que la catastrophe nucléaire de Tchernobyl de 1986. Les responsables japonais ont également omis de mener des études épidémiologiques à long terme incluant des mesures de référence des taux de cancer, ce qui a jeté le doute sur les dépistages thyroïdiens qui ont révélé des cas de cancer bien plus nombreux que ce à quoi s’attendaient les chercheurs.

Poissons radioactifs

Avant le séisme, les concentrations de césium 137 [produit de fission radioactif artificiel issu de l’énergie nucléaire, avec une demi-vie de 30 ans] dans l’océan près de Fukushima s’élevaient à 2 becquerels (une unité de radioactivité) par mètre cube, bien en dessous du seuil recommandé pour l’eau potable, fixé à 10 000 becquerels. Juste après le 11 mars 2011, les niveaux de césium 137 ont grimpé en flèche pour atteindre cinquante millions, avant de diminuer à mesure que les courants marins dispersaient les particules radioactives loin de la côte. L’océan, cependant, avait été empoisonné.

Au cours des années qui ont suivi la catastrophe nucléaire de Fukushima, les chercheurs ont constaté une tendance effrayante, mais prévisible. Les isotopes radioactifs présents dans l’eau de mer ont été absorbés par les plantes marines (phytoplancton), qui ont ensuite remonté la chaîne alimentaire vers de minuscules animaux marins (zooplancton) et, finalement, vers les poissons. Le césium 137 consommé par les poissons peut rester dans leur organisme pendant des mois, tandis que le strontium 90 reste dans leurs os pendant des années. Si des humains consomment ensuite ces poissons, ils seront eux aussi exposés à ces particules radioactives. Plus ils mangent de poissons contaminés, plus l’accumulation de radioactivité sera importante.

En 2023, plus d’une décennie après l’incident, les niveaux de radiation restaient extrêmement élevés chez le sébaste noir pêché au large de la côte de Fukushima. D’autres espèces vivant près des fonds marins se sont également révélées chargées de radioactivité, notamment l’anguille et la truite de roche. D’autres inquiétudes ont été soulevées concernant l’eau radioactive traitée que TEPCO a continué à rejeter dans l’océan, ce qui a poussé la Chine à suspendre ses importations de produits de la mer en provenance du Japon. Outre ces découvertes, très peu d’études ont examiné les effets des radiations de Fukushima sur les écosystèmes ou sur la population japonaise.

«Le Japon a réprimé les efforts scientifiques visant à étudier la catastrophe nucléaire», affirme le pédiatre Alex Rosen, de l’organisation International Physicians for the Prevention of Nuclear War. «Il n’existe pratiquement aucune publication, aucune recherche rendue publique, sur les effets sur la santé humaine, et celles qui sont publiées proviennent d’un petit groupe de chercheurs de l’université médicale de Fukushima.»

Reconnaître de tels niveaux de rayonnement, même s’ils se limitent aux eaux proches de Fukushima, ferait apparaître l’industrie nucléaire du pays comme une menace importante – non seulement pour le Japon, mais à l’échelle mondiale. Toute reconnaissance du lien entre les radiations de Fukushima et l’augmentation des taux de cancer susciterait des inquiétudes plus larges quant à la viabilité future de l’énergie nucléaire. L’exposition aux radiations est cumulative et, bien que Fukushima n’ait pas immédiatement causé de pertes humaines massives, ce n’était pas non plus un accident bénin. Il a fallu des décennies avant que l’on admette que Tchernobyl avait causé des dizaines de milliers de décès supplémentaires dus au cancer. Il faudra peut-être encore plus de temps pour comprendre pleinement tous les effets de Fukushima. En attendant, le nettoyage des installations incendiées, toujours en cours, pourrait coûter jusqu’à 80’000 milliards de yens(500 milliards de dollars).

Cela fait 15 ans que les réacteurs de Fukushima ont subi ces fusions, et nous ne comprenons toujours pas pleinement leurs répercussions à long terme. Les défenseurs de l’énergie nucléaire feront valoir que Fukushima n’était pas un incident grave et que la technologie nucléaire reste sûre. Ils minimiseront les menaces liées aux radiations, resteront optimistes quant au fait que les nouveaux modèles de réacteurs ne failliront jamais, ignoreront le fait qu’il n’existe tout simplement pas de solution permanente pour les déchets radioactifs, et passeront sous silence le lien indissociable entre l’énergie nucléaire et les armes atomiques. Après tout, entre autres «raisons», n’aurons-nous pas, sans aucun doute, besoin de l’énergie nucléaire pour alimenter l’engouement pour l’intelligence artificielle?

Les exploitants et les régulateurs de Fukushima n’étaient absolument pas préparés à ce qui s’est déroulé en ce jour fatidique de 2011. Ils n’auraient jamais imaginé qu’un séisme d’une telle magnitude puisse déclencher un tsunami si immense qu’il détruirait le réseau électrique, mettrait hors service les pompes à eau et rendrait inutilisables les générateurs de secours. De même, personne ne peut garantir que les centrales nucléaires ou les réservoirs de stockage de matières radioactives soient sécurisés dans les zones de guerre, ni que les rivières et les lacs nécessaires au refroidissement des réacteurs à travers le monde ne s’assécheront pas un jour ou ne deviendront pas trop chauds pour remplir cette fonction – ce qui s’est déjà produit en Europe [en juillet 2025, la centrale nucléaire de Golfech, dans le Tarne et Garone, France, a été mise à l’arrêt, car la température de l’eau de la Garonne était trop élevée]. En dernière analyse, nous ne pouvons pas anticiper chaque incident, chaque erreur humaine ou – surtout à l’ère du chaos climatique – chaque catastrophe naturelle qui pourrait survenir. Le monde est imprévisible, et même la centrale nucléaire la plus sûre ne peut garantir qu’elle résistera à la prochaine tragédie qui se présentera.

À 80 km au sud de chez moi, en Californie du Sud, une vieille centrale nucléaire est à l’abandon sur la côte Pacifique, dans une zone sismique et à risque de tsunami, un peu comme le site où Fukushima a été construite. Ce n’est pas la seule centrale de ce type en Californie, mais c’est celle que je visite souvent. Quand je m’y trouve, je pense à Fukushima et j’imagine ce qui se passerait si une catastrophe similaire et inattendue frappait les côtes californiennes, et comment un tel événement changerait à jamais cette région.

À la recherche d’un peu de réconfort à San Onofre

La lumière du matin se levait au-dessus de la falaise de grès, et la brise marine était douce et vive. Je marche pieds nus, vêtu d’une combinaison de surf, en traînant ma planche sur un chemin de terre à San Onofre, un parc d’État situé au nord du comté de San Diego, pour une session de surf «à l’aube» (dawn patrol). Une série de marées hautes – probablement exacerbées par la montée du niveau de la mer – a érodé une grande partie du parking en contrebas, de sorte que la plage n’est accessible qu’à pied ou à vélo. Je ne m’en plains pas. Ce petit trek en vaut la peine. L’absence de véhicules ici signifie aussi moins de surfeurs dans l’eau.

A paraître en septembre 2026.

«San O», comme on l’appelle affectueusement, possède une riche histoire du surf qui s’étend sur 100 ans. Duke Kahanamoku, le «père du surf moderne», qui a popularisé cet ancien sport hawaïen en Californie du Sud et se rendait souvent à «San O» dans les années 1940, a contribué à en faire l’un des meilleurs spots de la région et l’un des premiers centres de la culture surf de Californie du Sud. Les vagues sont longues et roulantes grâce à un vaste récif de galets. C’est un endroit magique.

Les choses ont toutefois bien changé par ici depuis que «The Duke» [un nageur, un surfeur et un acteur américain hawaïen décédé en 1968] a pagayé pour la première fois sur sa lourde planche en bois dans les vagues. Juste en contrebas de la plage, la centrale nucléaire de San Onofre se dresse de manière inquiétante à 30 mètres de l’eau. Ses deux grands dômes offrent un spectacle sinistre. Construite dans les années 1960, la centrale ne produit plus d’électricité, mais ses 123 grands réservoirs de stockage en béton et en aciersont toujours là, abritant 1,6 million de kilos de déchets hautement radioactifs. Comme personne ne veut de ces matières toxiques, elles restent là, menaçantes, attendant le prochain grand séisme comme celui qui a secoué Fukushima. San Onofre est conçue pour résister à un séisme de magnitude 7,0, mais les scientifiques estiment que la région est capable d’en produire un dix fois plus grand et 32 fois plus puissant. Avec 8,4 millions de personnes vivant dans un rayon de 80 km, tout bouleversement géologique à «San O» pourrait causer un véritable désastre. C’est une pensée inquiétante sur laquelle je préfère ne pas m’attarder.

Bien qu’il s’agisse d’un parc d’État, le terrain sur lequel se trouve San Onofre est loué au gouvernement fédéral car il se situe dans les limites de 497 km² de la base du Corps des Marines de Camp Pendleton. Plus qu’une simple base, Camp Pendleton est un terrain d’essai, où l’artillerie lourde gronde souvent au loin. Des simulations de raids peuvent parfois occuper les plages; des hélicoptères y affluent parfois, et des véhicules de combat amphibies rampent sur le rivage. Il y a même un faux village afghan qui a été construit à Camp Pendleton, coûtant aux contribuables 170 millions de dollars, où les Marines peuvent s’imaginer terroriser des villes comme elles de l’Iran ou de Gaza. C’est tellement étrange qu’au milieu de toute cette folie, c’est à San Onofre que je cherche du réconfort.

***

En 2013, une fuite de gaz radioactif provenant d’un des générateurs de vapeur de la centrale nucléaire, qui se trouvent également dans la réserve militaire, a conduit à sa fermeture. Southern California Edison (SCE), qui exploite le site, a rassuré le public en affirmant qu’il n’y avait aucune raison de s’inquiéter. Rares sont toutefois ceux qui considèrent SCE comme une source fiable. Au fil des ans, l’entreprise a été prise en flagrant délit d’une série de mensonges concernant la sécurité de San Onofre, notamment la falsification des registres de surveillance incendie et une gestion gravement défaillante des déchets. Une situation qui n’est pas sans rappeler la supercherie de TEPCO à Fukushima.

Comme toutes les centrales nucléaires, San Onofre avait besoin de beaucoup d’eau pour refroidir ses trois réacteurs, aspirant la quantité stupéfiante de 2,4 milliards de gallons d’eau de mer par jour. Comme vous pouvez l’imaginer, cette soif a eu un impact considérable sur l’écologie marine, tuant des poissons et détruisant les lits de varech. Cela a pris plus d’une décennie, mais une partie de ce qui a été détruit revient enfin à la vie après des années de travaux de restauration. Malgré ces progrès, les conduites de rejet libèrent toujours des effluents radioactifs contenant du césium 137, du cobalt 60 et du tritium – à un mile au large, 170 fois par an. Mais SCE affirme qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter. Ils insistent également sur le fait qu’ils n’ont pas vraiment le choix. Il faut empêcher tous ces déchets résiduels de surchauffer, et l’utilisation de l’eau de mer est la seule option disponible.

Mieux vaut ne pas trop penser à un futur Armageddon ou à ce qui pourrait nager sous mes pieds pendant que je me balance entre deux séries de vagues. Le surf est censé m’aider à apaiser mon anxiété, pas à l’exacerber. C’est un peu comme faire de la randonnée dans les contrées sauvages du Montana, ce que j’adore aussi, sans m’inquiéter constamment d’être dévoré par un grizzli alors que je suis dans mon sac de couchage. Il y a des dangers à vivre dans ce monde de fous — dont les pires, j’en suis venu à le croire, sont d’origine humaine.

Alors que je glisse ma planche de surf à l’arrière de ma camionnette et que j’enlève ma combinaison, je jette un coup d’œil aux dômes de San Onofre, dont le démantèlement commencera cette année, et je réfléchis aux horreurs qui touchent encore le Japon, craignant qu’un jour un tsunami destructeur ne s’abatte aussi sur cette plage. Malheureusement, c’est presque inévitable.

Avec neuf nations dotées de l’arme nucléaire et environ 12 000 ogives nucléaires sur cette planète, les inquiétudes concernant une guerre nucléaire sont inévitables. Cependant, le danger d’une catastrophe nucléaire dans une installation nucléaire en apparence «pacifique» est souvent ignoré. L’avenir de l’énergie atomique reste incertain, mais il est de notre devoir d’éliminer cette source d’énergie dangereuse avant qu’un autre Fukushima ne déclenche une catastrophe digne d’une guerre. (Article publié sur le site TomDispatch, en date du 19 mars 2026; traduction par la rédaction de Alencontre.org)

Joshua Frank, coéditeur de CounterPunch et coanimateur de CounterPunch Radio. Il est l’auteur de Atomic Days: The Untold Story of the Most Toxic Place in America, et du prochain ouvrage Bad Energy: AI Hucksters, Rogue Lithium Extractors, and Wind Industrialists Who are Selling Off Our Future, tous les deux publiés chez Haymarket Books.

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