dimanche
30
avril 2017

A l'encontre

La Brèche

alepPar Zouhir Al-Shimale

SAKHOUR, ALEP, Syrie – Des réfugiés tentent de se frayer un chemin à travers les gravats qui recouvrent les rues pendant qu’à côté retentit le bruit des bombes et des coups de feu nourris.

Chargés de valises, ils arrivent à Sakhour, un quartier d’Alep, depuis les régions du nord submergées par les combats, juste pour trouver plus de violence.

D’autres habitants ont déjà décidé que ce quartier est d’Alep est un endroit où il n’est plus possible pour eux de se cacher.

Dans le chaos qui règne dans les rues, les habitants de longue date s’en vont alors que d’autres arrivent, en essayant d’aller plus vite que les forces gouvernementales qui progressent rapidement, infligeant défaite sur défaite aux rebelles qui tiennent cette région depuis 2012.

Les civils ont commencé à fuir l’assaut par milliers – 10 000 auraient traversé vers les zones aux mains du gouvernement ou des Kurdes pendant le week-end.

La marée humaine de ces gens en train de courir ne semble pas vouloir se calmer et personne ne sait où et quand elle se terminera.

Depuis la fenêtre de son appartement à Sakhour, un habitant décrit une nouvelle vague de destructions pendant le week-end et un afflux de réfugiés depuis le nord-est de la ville où les lignes rebelles ont cédé.

«Des centaines de gens sont dehors dans les rues, sans savoir où aller pour trouver de la nourriture et un abri», raconte un habitant souhaitant rester anonyme. «Les gens quittent leur maison avec leurs valises et tout ce qu’ils peuvent emporter parce qu’ils sont désespérés et craignent pour leur vie.»

Pendant tout ce temps, les bombes continuent de tomber. Abu Modar, qui vit dans le même pâté de maisons, rapporte que l’immeuble a été ciblé hier à deux reprises par les tirs d’artillerie. «Nous ne savons pas où aller et nous voulons juste que les bombardements cessent pour que nous puissions trouver où aller et vivre nos vies normalement», confie-t-il.

A Ansari, une autre région à l’est d’Alep, la situation est la même: «désastreuse», selon les termes d’Ibrahim Abou al-Leith, un porte-parole du groupe de secours les Casques blancs.

Ce que de nombreux habitants de l’est d’Alep craignent depuis longtemps est en train d’arriver: selon les alliés russes du gouvernement, presque la moitié des zones tenues par les rebelles sont tombées ces derniers jours, cédant sous la pression de cette guerre de siège, des attaques aériennes, de la faim, et, selon les dires de certains, parce qu’ils ont été abandonnés par la communauté internationale.

Selon Yasser Youssef, un représentant du groupe rebelle Noureddine al-Zinki, l’avance du gouvernement est le résultat du soutien de la Russie et de l’Iran, tous les deux fidèles alliés de Damas.

«Ces dernières années, nous avons résisté avec les moyens primitifs dont nous disposions, mais aujourd’hui, nous tenons tête à l’Iran et à la Russie», résume-t-il.

«Le régime était hors-jeu il y a cinq ans, mais aujourd’hui, nous nous battons contre des armées et des milices de chaque coin du globe.»

La question de savoir s’il faut fuir préoccupe de nombreux civils que Middle East Eye a rencontrés à Sakhour. A ce propos, Modar craint que sa famille ne se retrouve sans toit, à l’instar de nombreux Syriens qui ont choisi de rester à Alep-Est.

Fatima Zehra, la voisine de Modar, se tient sur le pas de sa porte pendant que ses cinq enfants pleurent derrière elle. Encore une fois, la famille n’a pas fermé l’œil de la nuit à cause des bombardements incessants. Alors que peut-elle faire?

«Les enfants ne font que pleurer parce qu’ils ont trop faim et trop peur des bombes», témoigne Fatima. «Je n’ai rien à leur donner à manger et les écoles sont fermées. Les enfants ne font rien d’autre que rester dans ces couloirs à attendre que cet enfer se termine.»

Peut-être que la fin est proche. Mais ce n’est pas la fin que beaucoup espéraient, et pour laquelle ils ont tant supporté pendant ces longs mois de siège. Les forces rebelles se sont retirées pour sécuriser leur ligne de front. En quatre ans de combats, c’est la pire défaite que les forces du gouvernement ont infligée à l’opposition. Mais leurs ennemis ne donnent pas de signe de répit.

Les rations alimentaires données par le Programme mondial alimentaire (PAM) avant que l’accès des Nations unies soit fermé en juillet dernier sont arrivées à épuisement en novembre.

Selon le personnel humanitaire, les gens à l’est de la ville sont à «quelques jours» de la famine.

L’hiver a aussi forcé plusieurs personnes à allumer des feux de fortune dans leurs maisons en brûlant ce qui leur tombe sous la main pour cuire la nourriture ou garder un peu la chaleur.

Lundi, l’Observatoire syrien pour les droits de l’homme (OSDH) a rapporté qu’avec Sakhour, les rebelles avaient aussi perdu Haydariya et Cheikh Khodr.

Selon le journal syrien Al Watan, proche du gouvernement, l’armée avance à grands pas. La prochaine étape de l’opération consistera à «diviser la région restante en quartiers de sécurité facile à contrôler pour les capturer un à un».

La progression obligerait ensuite les tireurs à se replier ou… à accepter la réconciliation nationale selon les termes de l’État syrien.

Pour les habitants d’Alep-Est comme pour les tireurs, l’offre de «réconciliation nationale» a souvent été soumise et toujours refusée.

Mais pour la marée humaine dans les rues de Sakhour, Ansari et d’autres quartiers de l’est, le point de rupture semble être tout près. (Article publié sur le site MEE, le 28 novembre 2016, mis à jour le 29 novembre)

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Philippe Poutou et son message lors des 15 minutes avec les 11 candidats sur France 2, le 20 avril 2017


Présidentielle : revivez le passage de Philippe Poutou dans "15 minutes pour convaincre" sur France 2

Parmi les divers thèmes abordés dans sa campagne, le chômage a une place importante. Le chômage est d'abord une arme – ils ne sont pas désarmés – par les employeurs afin de faire accepter plus facilement des conditions de travail épuisantes, dégradées et des salaires de survie. Car, si «cela ne vous convient pas, il y en a dix qui attendent devant la porte».

Le chômage est aussi un coût qui pèse sur celles et ceux qui le subissent, et aussi bien directement qu'indirectement sur leur famille. Tensions, stress accru, dégradation de la santé physique et psychique. C'est inacceptable.

Michel Husson affirme: «La réduction du temps de travail permet la création d'emplois. Mais la condition essentielle est le contrôle des travailleurs et travailleuses sur la réalité des créations d'emplois. Ce sont eux qui doivent décider collectivement de la meilleure manière de combiner les formes possibles de réduction du temps de travail, de manière à prendre en compte les aspirations différenciées de salarié·e.s: réduction quotidienne (tant d'heures par jour); hebdomadaire (par exemple 4 jours), annuelle (journée RTT), pluriannuelle (année sabbatique).»

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