mardi
25
avril 2017

A l'encontre

La Brèche

Mohammed-Aamar Jalad

Par Gideon Levy

En novembre 2016, alors qu’il se rendait vers ce qui devait être sa dernière séance de chimiothérapie, il s’est trompé de taxi collectif. Lorsqu’il s’est aperçu de son erreur, il est descendu du véhicule et a traversé en courant la route nationale pour attraper un taxi allant dans la direction opposée. Des soldats de l’armée israélienne, pensant peut-être qu’il allait les attaquer, lui ont tiré dessus, le blessant grièvement.

Après cet incident, il est resté alité pendant trois mois – dont la plupart du temps au sein de l’unité de soins intensifs – dans l’hôpital Beilinson, à Petah Tikva [au nord-est de Tel-Aviv]. Pendant tout ce temps, aucun membre de l’armée [la dite IDF] n’a pensé à informer ses parents et ses proches de son état. Sa mère devait avoir le droit de le visiter. Elle est venue plusieurs fois, mais on ne l’a laissée entrer dans sa chambre qu’une seule fois.

Alors que sa condition semblait s’améliorer, il est mort, apparemment la semaine dernière [vers le 11 février]. Personne n’a pensé à informer sa famille de son décès ou des circonstances qui l’ont entouré. Israël n’a pas encore rendu son corps à ses proches.

Dans sa ville natale de Tulkarem, au nord-ouest de la Cisjordanie, personne ne croit que Mohammed-Aamar Jalad ait tenté d’attaquer des soldats alors qu’il se rendait à sa dernière séance de chimiothérapie. Son père est un moniteur d’auto-école légendaire – il a passé 45 ans derrière le volant – et son grand-père a été le premier résident local à servir dans la police israélienne. Une photo du grand-père est suspendue sur le mur de la maison familiale de Mohammed.

Voilà donc la vie et la mort de cet étudiant de 25 ans qui rêvait de vivre aux Etats-Unis et qui avait gagné à la loterie une carte verte états-unienne. Mais la réalisation de ce rêve a été retardée par le cancer et achevé par des soldats israéliens.

Lors de notre visite la semaine passée, des femmes apportant leurs condoléances montaient et descendaient les escaliers menant à l’élégante maison à Tulkarem, plongée dans une ambiance de deuil. Samar, la sœur de Mohammed, doyenne de l’école de soins infirmiers au collège communautaire de Ramallah et son père Thabath, le moniteur, nous accueillent.

C’est une ambiance très contenue, très digne. Abdoulkarim Sadi, un chercheur de B’Tselem, l’organisation israélienne pour les droits humains, nous informe que la famille est apolitique.

Mohammed était le fils cadet; ses deux frères vivent dans la région du Golfe. Il y a une année, on lui a diagnostiqué un lymphome de Hodgkin. A l’époque, il avait complété deux ans d’études de comptabilité à l’université ouverte de Al-Quds et s’était inscrit pour des cours supplémentaires au collège de Ramallah. Sa maladie l’obligé à interrompre ses études. Il était traité à l’hôpital universitaire de Naplouse, où il devait suivre des séances de chimiothérapie intraveineuses deux fois par semaine. La maladie était en rémission et il se sentait bien.

La date de sa dernière séance de traitement avait été fixée au mercredi 9 novembre 2016. Samar, sa sœur, l’a appelé le matin pour savoir s’il allait se rendre à l’hôpital et il avait répondu que oui. A 7h30, son père l’a conduit à la station centrale de bus à Tulkarem. Il l’a laissé près du stand des taxis collectifs allant en direction de Naplouse. Mais Mohammed s’est introduit par erreur dans un des taxis allant en direction de Ramallah, parqués de l’autre côté de la chaussée. Il ne s’est rendu compte de son erreur qu’en arrivant près de l’embranchement conduisant à la colonie de Yitzar [au sud de Naplouse]. Le conducteur lui a alors suggéré de descendre au carrefour de Hawara, près du check-point du même nom, où il pourrait trouver le taxi en direction de Naplouse.

Mohammed a suivi son conseil, il est descendu du véhicule et a traversé la route nationale en courant. De l’autre côté, il y avait une jeep de l’armée israélienne et quelques soldats qui montaient la garde sur ce carrefour animé. Apparemment les soldats ont pensé qu’il allait les attaquer.

Ils ont tiré sur Mohammed alors qu’il atteignait le milieu de la chaussée : une balle dans le ventre. Il s’est effondré en saignant. Au même moment, une ambulance palestinienne a passé, transportant un patient de Jénine au Pont Allenby [pont séparant les territoires occupés de la Jordanie]. Le conducteur, Osama Nazal, voulait venir en aide à Mohammed, mais les soldats et la police qui étaient arrivés entre-temps l’ont empêché d’évacuer le blessé. D’autres forces sont arrivées, avec une ambulance israélienne qui a conduit le blessé à l’hôpital Beilinson. Plus tard, Nazal a dit aux parents de Mohammed que leur fils était encore conscient à ce moment-là.

Quelque temps plus tard, le père a reçu un appel des Services palestinien de sécurité préventive lui demandant de venir aux bureaux de cette organisation. Thabath a attendu d’avoir fini la leçon de conduite qu’il était en train de donner avant d’y aller. Il a expliqué qu’il pensait avoir été convoqué suite à une querelle que son fils avait eue avec un autre passager. Il n’a jamais imaginé les nouvelles qui l’attendaient. Et alors qu’il était dans les locaux de la sécurité palestinienne en train d’apprendre que son fils avait été blessé, il a reçu un appel le convoquant dans les bureaux du Service de sécurité intérieur israélien [connu sous le nom de Shin Bet] au check-point de Sha’ar Ephraim, près de Tulkarem.

Dans ce bureau, Thabath a été reçu par l’agent «Karim» – qu’il décrit comme étant très poli – qui lui pose des questions sur son fils. Mais Karim non plus n’a pas voulu lui donner de plus amples informations sur l’état de Mohammed, ni même lui dire s’il était vivant ou mort. Pendant ce temps, l’un des amis de Thabath l’a informé que son fils avait été amené à Beilinson. Thabath a passé chez lui pour prendre sa femme. Et les deux sont partis pour se rendre à Sha’ar Ephraim, en espérant qu’on leur permettrait de franchir le check-point, ce qui aurait dû être le cas étant donné qu’ils avaient tous les deux plus de 55 ans – pour pouvoir atteindre rapidement Beilinson. Mais on les a arrêtés et renvoyés de manière péremptoire, sans explication.

Depuis ce moment-là, la famille a été plongée dans trois mois de souffrance et d’angoisse, leur vie assombrie par l’incertitude qui planait au sujet de la santé de leur fils, oscillant entre la prostration et l’espoir. Ils n’ont jamais reçu des informations officielles. Ils savaient que Mohammed était aux soins intensifs dans un état grave, dans un coma induit et branché sur un respirateur. A un moment donné, ses proches, qui ont reçu des informations par l’intermédiaire de leur avocat et de membres compatissants du personnel médical, ont appris que l’état de Mohammed s’était amélioré. Ils ont transmis à l’hôpital des informations concernant son lymphome en espérant que les choses s’arrangeraient.

Pendant ces trois mois, son père s’est vu refuser le droit d’entrer en Israël pour visiter son fils. Sa mère, Maisir a reçu l’autorisation d’entre à quatre reprises, mais trois fois, alors qu’elle avait effectué le voyage, des militaires qui montaient la garde devant la chambre de Mohammed lui ont interdit l’entrée. Une fois ils l’ont laissé le voir depuis la porte pendant un court instant. Une fois elle a pu entrer pendant à peine deux minutes pour lui caresser la main. Entre les deux visites, l’état de Mohammed s’est amélioré. Les médecins et les infirmières ont dit à Maisir que Mohammed avait repris connaissance et qu’on avait pu le débrancher du respirateur.

Quelques jours avant sa mort, il a été transféré depuis l’unité de soins intensifs dans le service de chirurgie. Pendant toute cette période Mohammed est resté condamné à la détention préventive par une cour militaire israélienne.

Maisir lui a rendu une dernière visite le 23 janvier 2017. Une fois de plus on lui a refusé l’entrée dans la chambre de son fils, et elle a seulement pu parler au personnel médical. Le Dr Kamal Natour, du Club de prisonniers palestiniens, une organisation bénévole composée d’anciens détenus israéliens, a rendu visite à Mohammed à cette époque et il transmettait des informations à sa famille. Il disait qu’il allait mieux et qu’il avait commencé à pouvoir se nourrir. Puis, pendant quelques jours il n’y a plus eu de nouvelles. Maisir a eu un mauvais pressentiment. Elle a dit que pendant ces trois mois elle avait à peine dormi, tellement elle se faisait du souci pour son fils, mais là elle est devenue encore plus inquiète.

Vendredi dernier, Maisir a décidé d’appeler un des médecins des soins intensifs, le Dr Jihad Bishara, qu’elle avait déjà rencontré. Sa fille l’a aidée à trouver son numéro de téléphone sur Internet, après qu’elle ait reconnu une photo de lui. Il a expliqué que Mohammed avait été transféré hors de son unité. Il avait été absent ce jour-là, mais il a promis de se renseigner et de la rappeler. Maisir a tout de même insisté pour le rappeler, car malgré les rapports optimistes, elle restait très inquiète sur l’état de son fils. Lors de cet appel, le Dr Bishara lui a dit: « Croyez-vous en Dieu?. Votre fils est mort. »

Peu après, le médecin a rappelé la famille pour les informer, cette fois officiellement, au nom de l’hôpital, que Mohammed était mort. Mais jusqu’à ce jour ils ignorent à quel moment il est mort, et surtout pour quelle raison.

Cette semaine nous avons posé cinq questions au porte-parole de l’armée:

  1. Pourquoi les soldats ont-ils tiré sur Mohammed?
  2. Pourquoi sa famille n’a-t-elle pas reçu l’autorisation de le visiter à l’hôpital?
  3. Pourquoi ses parents n’ont-ils pas reçu des informations officielles sur son état de santé?
  4. Pourquoi l’armée n’a-t-elle pas pris le soin de les informer de sa mort et des raisons de sa mort?
  5. Pourquoi son corps n’a-t-il pas été rendu à sa famille?

L’unité des porte-parole de l’armée a répondu avec la déclaration suivante: «Le 9 novembre 2016, Mohammed-Amar Jalad a attaqué des soldats du check-point de Hawara, utilisant un affûteur de couteaux. Les militaires ont répliqué par des tirs, blessant le terroriste, qui a été évacué à l’hôpital de Beilinson pour traitement.»

Dans cette calme maison de Tulkarem, sa famille en deuil est écrasée de douleur sous le poids de cette chape d’impuissance et de manque d’information. De quoi leur proche est-il mort? Pourquoi a-t-il été arrêté? Comment faire pour récupérer son corps? Ils ont posé ces questions encore et encore, mais ces questions sont restées suspendues en l’air et demeurées sans réponse. (Article publié dans Haaretz, le 18 février 2017; traduction et titre A l’Encontre)

*****

«Des médecins qui sont en train de perdre leur humanité»

Par Gideon Levy

Mohammed-Aamar Jalad a passé trois mois entiers dans un lit d’hôpital. Une partie de ce temps il était sédaté et branché sur respirateur à l’unité de soins intensifs. Lorsque son état s’est amélioré, il a été transféré dans le département de chirurgie. Vous saviez qu’il avait 25 ans, qu’il avait été soigné pour un cancer pour lequel il avait subi jusqu’à tout récemment une chimiothérapie. Vous saviez aussi que des soldats lui avaient tiré dans le ventre, endommageant ses organes internes. Apparemment vous lui avez prescrit le traitement médical correct.

La mère et le père de Mohammed-Aamar Jalad

Il est resté dans votre hôpital pendant trois mois. Aucun d’entre vous ne s’est soucié du fait que, couché dans cette chambre, il était totalement coupé de sa famille. Vous l’avez vu sortir peu à peu de son coma, avec son abdomen charcuté. N’avez-vous pas pensé qu’il méritait de voir ses parents, au moins un court instant? Qu’il méritait une brève caresse sur la main? Ou au moins un coup de fil? Vous l’avez vu quand il était proche de la mort, mais même à ce moment-là vous n’avez pas estimé qu’il méritait ces contacts?

Avez-vous peut-être pensé qu’il n’avait pas de parents ou qu’ils ne tenaient pas à lui? Qu’il était juste qu’un patient cancéreux, blessé, subisse tout cela sans être accompagné par un proche et de n’avoir pour seule compagnie que des soldats ou la police armée qui surveillaient sa chambre? N’avez-vous pas vu sa mère âgée venir périodiquement à l’unité hospitalière, épuisée après l’épreuve des check-points, suppliant de pouvoir être au côté son fils au moins un instant? Ses suppliques sont tombées dans des oreilles sourdes.

Pourquoi n’avez-vous pas pensé à faire quelque chose? Après tout, cela se passait dans votre hôpital, où vous êtes responsables de tout ce qui se passe. N’avez-vous pas entendu? Tout cela ne vous a donc pas dérangé?

Cela ne vous a-t-il pas interpellé de savoir pourquoi on avait tiré sur ce jeune patient cancéreux qui se rendait à sa dernière séance de chimiothérapie? Avez-vous vraiment cru à «l’histoire» des soldats et de la police prétendant qu’il avait essayé de les attaquer avec un «affûteur à couteaux»? Croyez-vous donc tout ce que vous raconte l’armée? Peut-être votre esprit mesquin estime-t-il que cela ne vous regarde pas?

N’avez-vous pas pensé qu’il était de votre devoir d’informer sa famille sur son état ou de parler avec ses parents de ses chances de récupération? Peut-être avez-vous pensé que puisqu’il était Palestinien ou que les soldats et les policiers avaient prétendu qu’il était un «terroriste», personne ne s’occuperait de lui? Car c’est bien connu que les Arabes n’aiment pas leurs enfants comme nous aimons les nôtres! Vous avez suivi le règlement en ce qui concerne son traitement médical, et tant pis pour le reste.

Comment pourriez-vous enfreindre ces règles et les réglementations? Et où sont les chefs de département et de l’hôpital? Ont-ils aussi accepté que de telles horreurs se passent dans leur hôpital? Avez-vous oublié le serment d’Hippocrate?

Et lorsqu’il est mort à la fin de la semaine passée – on ne sait pas bien quand et de quoi – n’avez-vous pas pensé qu’il était de votre devoir d’en informer la famille, de leur dire de quoi il était mort? D’expliquer à sa sœur, la doyenne de l’école de soins infirmiers de Ramallah, les circonstances de sa mort? Et lorsque l’armée ou la police de votre pays ont pris son corps, et l’ont retenu pendant 10 jours pour des raisons barbares, juste pour faire souffrir, cela ne vous a-t-il pas interpellé?

Samedi après-midi Mohammed a été enterré dans la ville de Tulkarem en Cisjordanie. […]

Alors comment– médecins, infirmières et travailleurs sociaux de l’hôpital de Beilinson à Petah Tikva – aussi appelé le Centre médical Rabin – allez-vous vous accommoder avec vos consciences? A part un seul médecin, le Dr. Jihad Bishara, qui a au moins répondu aux questions des parents impuissants, vous ne vous êtes pas souciés de fournir une assistance à la famille ou à votre patient.

Vous n’avez pas réfléchi à la société dans laquelle vous vivez et au type de médecins qu’elle a produit – des médecins qui sont en train de perdre leur humanité. Vous n’êtes pas différents des soldats qui ont tiré sur Jalad ou des généraux et des politiciens qui se sont livrés à des négociations sur son corps. (Article publié dans Haaretz, le 19 février 2017; traduction et titre A l’Encontre)

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1 commentaire

  1. Un Palestinien de 25 ans se rendait à sa dernière séance de chimiothérapie. Des soldats israéliens le tuent - Anti-K dit:

    […] publié sur http://alencontre.org/moyenorient/palestine/un-palestinien-de-25-ans-se-rendait-a-sa-derniere-seance… le 24 – février – […]

    Ecrit le 26 février, 2017 à 2017-02-26T11:12:05+00:000000000528201702

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Philippe Poutou et son message lors des 15 minutes avec les 11 candidats sur France 2, le 20 avril 2017


Présidentielle : revivez le passage de Philippe Poutou dans "15 minutes pour convaincre" sur France 2

Parmi les divers thèmes abordés dans sa campagne, le chômage a une place importante. Le chômage est d'abord une arme – ils ne sont pas désarmés – par les employeurs afin de faire accepter plus facilement des conditions de travail épuisantes, dégradées et des salaires de survie. Car, si «cela ne vous convient pas, il y en a dix qui attendent devant la porte».

Le chômage est aussi un coût qui pèse sur celles et ceux qui le subissent, et aussi bien directement qu'indirectement sur leur famille. Tensions, stress accru, dégradation de la santé physique et psychique. C'est inacceptable.

Michel Husson affirme: «La réduction du temps de travail permet la création d'emplois. Mais la condition essentielle est le contrôle des travailleurs et travailleuses sur la réalité des créations d'emplois. Ce sont eux qui doivent décider collectivement de la meilleure manière de combiner les formes possibles de réduction du temps de travail, de manière à prendre en compte les aspirations différenciées de salarié·e.s: réduction quotidienne (tant d'heures par jour); hebdomadaire (par exemple 4 jours), annuelle (journée RTT), pluriannuelle (année sabbatique).»

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