lundi
25
mars 2019

A l'encontre

La Brèche

Algérie-Dossier

Publié par Alencontre le 13 - mars - 2019

Les travailleurs de Sonatrach, de Naftal et de Sonelgaz dans la rue face à Bouteflika

Par L. Oubira

Les décisions annoncées avant-hier (le 11 mars) par Bouteflika ont suscité une large contestation citoyenne, hier, à Béjaïa [une ville de plus de 900’000 habitant·e·s; qui se trouve dans le nord-est de l’Algérie, c’est la capitale de région]

En effet, des dizaines de milliers de personnes sont descendues dans la rue à travers trois marches pacifiques distinctes, organisées dans la ville des Hammadites, pour dire «Non à la prolongation du 4e mandat» et «Système dégage!». Il s’agit des marches de la communauté universitaire, des travailleurs de Sonatrach [Société nationale pour la recherche, la production, le transport, la transformation et la commercialisation des hydrocarbures, aux mains des gouvernants], de Naftal [filiale à 100 % de Sonatrach, chargée de la distribution des produits pétroliers sur le marché], de Sonelgaz [Société nationale de l’électricité et du gaz] et de SNTMH [filiale de Stonatrach), ainsi que des paramédicaux.

À vrai dire, le ton a été donné la veille, juste après l’annonce officielle de ces décisions, par l’investissement de la rue, le soir, par des dizaines de manifestants pour exprimer leur rejet. Hier matin, les premiers à manifester étaient les travailleurs des quatre filiales de Sonatrach (Sonatrach, Naftal, Sonelgaz et SNTMH).

Les paramédicaux du secteur de la santé publique sont également descendus dans la rue pour manifester contre «les décisions de Bouteflika» avec des slogans toujours hostiles au pouvoir.

À 11 heures, c’est la communauté universitaire, entre étudiants et enseignants, qui a investi la rue pour contester «les décisions de Bouteflika”. À signaler aussi que les huissiers de justice et les notaires ont observé, hier matin, un sit-in devant le siège de la cour de justice de Béjaïa en signe d’adhésion au mouvement populaire. Publié dans La Liberté-Algérie, le 13 mars 2019

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Constantine: marée humaine pour dire non aux décisions de Bouteflika

Par Ines Boukhalfa

En première ligne de la gigantesque marée humaine, une centaine d’enseignants de l’université déterminés à ne pas baisser les bras et de continuer jusqu’à la chute de tout le système.

La réaction de la rue constantinoise, la communauté universitaire plus particulièrement, à la décision prise, avant-hier soir, par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, en guise de réponse à la mobilisation générale des populations, qui ne cesse de prendre de l’ampleur depuis le 22 février écoulé, de reporter l’élection présidentielle sans fixer de nouvelle date, et du retrait de sa candidature pour un 5e mandat, ne s’est pas fait attendre.

Hier, les Constantinois étaient, à l’instar des citoyens de toutes les wilayas du pays, au rendez-vous. Dès les premières heures de la matinée, les étudiants et les enseignants de l’université les frères Mentouri de Constantine se sont rassemblés sur la grande esplanade de l’université centrale, le point de départ d’une impressionnante procession. Munis surtout de l’emblème national et de pancartes mises à jour après les développements intervenus la veille. Étudiants et enseignants se sont, ensuite, dirigés vers le centre-ville, scandant des slogans hostiles à la prolongation du mandat présidentiel annoncé la veille.

En première ligne de la gigantesque marée humaine, une centaine d’enseignants de l’université déterminés à ne pas baisser les bras et à continuer jusqu’à la chute de tout le système. La procession sillonnera lentement, pendant plus d’une heure, les grandes artères de la ville en passant par l’avenue de la Liberté, puis par le boulevard Abane-Ramdane. Ils ont tenu, pendant plusieurs minutes, un rassemblement à la place des Martyrs (Bab El-Oued), afin de reprendre la marche vers le boulevard Belouizdad. La foule s’est dispersée vers 13h30 dans le calme. Par ailleurs, des mouvements de protestation rejetant en bloc les annonces faites par le Président ont été signalés en différents endroits de la wilaya dont les travailleurs de l’ex-Sonacome d’Oued Hamimine, qui ont tenu, hier matin, un rassemblement devant le siège de leur entreprise contre l’UGTA et aussi pour exprimer leur refus de cautionner la démarche du régime politique. De leur côté, les maîtres assistants, les professeurs, les médecins et les résidents ont également marché, hier matin, au sein du centre hospitalo-universitaire Ben-Badis de Constantine. Signalons que la veille, des centaines de Constantinois ont envahi la rue, au son des klaxons, des chants et munis du drapeau algérien, quelques minutes après l’annonce du président Bouteflika pour dire que ces changements ne vont surtout pas mettre fin à cette mobilisation, bien au contraire. (Publié dans La Liberté-Algérie, 13 mars 2019, 11h00)

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Imposante marche nocturne à Sétif. «Non au marché de dupes!»

Par Faouzi Senaoussaoui

Des milliers de Sétifiens sont sortis avant-hier soir juste après l’annonce du Président, faisant état d’un report des élections d’avril 2019 et la désignation d’un nouveau gouvernement. En effet, des protestataires venus des quatre coins de la ville ont commencé à affluer dans la capitale des Hauts-Plateaux pour converger vers le lieu habituel de la contestation, principalement du côté de la wilaya et de la recette principale d’Algérie Poste.

Ils ont scandé des slogans hostiles à tout prolongement de la quatrième mandature. «Jibou l’BRI, Jibou as-saika, makanech tamdid  ya Bouteflika!» (ramenez la BRI (brigade de recherche et d’investigation), il n’y aura pas de prolongement, Bouteflika!), «El-chaâb la yourid Bouteflika wa Saïd», «El-chaâb yourid isqat enidham» (le peuple veut la chute du système) ont été les principaux slogans des manifestants dont plus de 80% étaient des jeunes âgés entre 18 et 40 ans.

Toute la nuit les manifestants ont aussi sillonné les rues de la ville. Des cortèges dont les voitures étaient ornées de l’emblème national ont été repérés dans plusieurs cités et quartiers. Les klaxons ont résonné jusqu’à une heure tardive de la nuit. Hier matin ce sont les élèves des établissements scolaires du moyen et du secondaire qui ont manifesté contre le prolongement de la mandature actuelle pour Bouteflika et ce n’est que vers midi qu’ils ont quitté le centre-ville pour rentrer chez eux. (Publié dans La Liberté-Algérie, le 13 mars 2019, 11h00)

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Tizi Ouzou. Les magistrats se joignent au mouvement citoyen

Par Samir L./K. Tighilt

 L’annonce d’Abdelaziz Bouteflika de prolonger son 4e mandat, en renonçant à un 5e, essayant  ainsi de «dribbler» le verdict populaire qui réclame le départ de tout le système, n’a fait que renforcer la détermination et la conviction citoyenne.

La première réaction est venue des commerçants qui, et pour la troisième journée consécutive, ont maintenu leur mouvement de grève générale, alors que les manifestants ont investi  la rue au chef-lieu de wilaya et dans de nombreuses localités, notamment à Azazga, à Fréha, à Larbaâ Nath Irathène.

Dans cette dernière localité, même des élus du RND (Rassemblement démocratique national qui a passé des alliances avec FLN et des forces «islamistes» au début des années 2000) et du FLN ont, comme dernier sursaut de dignité, pris part à la manifestation des citoyens et citoyennes. Les magistrats de Tizi Ouzou (une des plus importantes villes de l’Algérie, capitale de la province du même nom) ont, de leur côté, emboîté le pas à leurs collègues de Béjaïa en organisant un rassemblement pour marquer leur solidarité avec le mouvement populaire contre le système.

Ils étaient près d’une vingtaine de magistrats à prendre part à ce rassemblement qui a eu lieu dans l’enceinte de la cour de justice de Tizi Ouzou. «Les magistrats font en ce moment l’objet de pressions terribles», nous annonce une avocate. Comme cette dernière, ils étaient plusieurs centaines d’avocats, dont maître Mustapha Bouchachi [avocat réputé ; il a été élu comme membre du FFS 2012 puis a démissionné; il y a présidé la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’homme), à venir soutenir les magistrats dans leur action.

De nombreux huissiers de justice et de greffiers se sont joints à cette action historique. Les magistrats venaient à peine de se joindre à leurs partenaires lorsque l’un d’entre eux a pris la parole et s’est adressé à la presse : «Les magistrats ont milité et continuent de militer pour l’indépendance de la justice et le respect du principe de la séparation des pouvoirs conformément aux dispositions de la constitution.» «Nous sommes fiers de nos magistrats et nous leur disons : main dans la main, pour une Algérie libre et indépendante», a déclaré, pour sa part, le bâtonnier, maître Salah Brahimi. Tout en qualifiant l’action des juges d’«historique», Me Mustapha Bouchachi a rendu un vibrant hommage à ces magistrats «courageux». (La Liberté-Algérie, le 13 mars 2019)

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Les étudiants: «La constitution n’est pas un cahier de brouillon»

Par Mustaha Benfodil

«Non à la prolongation», «Akhtona !», «Système dégage !», «Makache 4,5» (pas de mandat 4 et demi), «Non au report de l’élection», «Djazair horra dimocratia», «Y en a marre, ayigh», «Algeria free», «Ouyahia, où sont les 1000 milliards ?» «40 voleurs VS 40 millions», «Khellouna netnefssou» (laissez-nous respirer), «Les étudiants de Dély Ibrahim pour le changement»…

Ce sont là quelques messages écrits sur des post-it de toutes les couleurs collées sur la stèle commémorative dédiée au chahid Maurice Audin, près du Tunnel des Facultés, à Alger-Centre.

Des dizaines de post-it ont été laissées par des étudiants et de simples citoyens qui ont manifesté hier en force pour dire leur rejet catégorique de la feuille de route du clan présidentiel. Cela donnait une immense fresque digne d’une installation artistique. Les bouts de papier tapissaient également la façade de la librairie de l’OPU qui jouxte la plaque commémorative. Parmi ces mémentos, certains sont émouvants : «Vive l’Algérie libre et indépendante ; hommage à mon grand-père», «Rabbi yahmina we yihaqaq ma fi balna» (Que Dieu nous protège et réalise notre souhait)…

D’autres sont franchement hilarants, et Maurice Audin devait être lui aussi mort de rire en lisant ces messages au ton plus léger, avec cette pointe de malice, d’humour féroce et de tendresse qui fait leur charme : «Nahhou el maquillage nakhel3ou la police» (enlevez le maquillage pour effrayer la police), «Djibou el BRI ou zidou Essaiqa/Ezatla ghlat we echaâb s’ha» (Ramenez les troupes spéciales, le shit est cher et le peuple s’est réveillé), «Zaoudjouna, khellouna nalaâbou bel mekhayed» (Mariez-nous, laissez-nous nous amuser avec les coussins). Parmi les auteurs de ce véritable monument de papier, certains ont mis juste leur nom comme pour graver leur «je» citoyen dans l’espace public et donner une empreinte physique à leur voix, eux qui n’ont jamais eu voix au chapitre dans le cirque électoral du système.

«Matzidche dqiqa ya Bouteflika»

Ainsi, la riposte citoyenne à la dernière offre présidentielle ne s’est pas fait attendre. Les étudiants se sont donné le mot pour se retrouver comme tous les mardis désormais, dans la rue, en convergeant naturellement vers la place Audin et la Grande-Poste. Ils ont afflué de tous les campus algérois : de la fac centrale, de Bab Ezzouar, de Bouzaréah, de l’ITFC, de la fac de droit, de la fac de médecine, de l’INA (Institut d’agronomie), de l’EPAU (Ecole Polytechnique d’Architecture et d’Urbanisme  ), de l’ENV (école vétérinaire)…

Leur détermination était d’autant plus forte qu’ils ont très mal vécu la provocation du département de M. Hadjar (ministère de l’enseignement), qui a décidé du jour le lendemain de les mettre en vacances forcées, obligeant les pensionnaires des cités U (quelques 700’000) à quitter leurs chambres dans la précipitation. Mais les milliers d’étudiants qui ont manifesté hier, sans oublier aussi les enseignants qui se sont mobilisés en force depuis le début de la contestation, c’était surtout pour exprimer leur rejet massif du plan de transition rendu public ce lundi par notre cher «président-par-correspondance».

Tout le monde aura remarqué que ces manifs étudiantes donnent souvent le ton et opèrent comme une répétition à plus petite échelle avant les grosses manifs du vendredi et leurs millions de voix qui crient à l’unisson «Bouteflika barra !»

Hier, les slogans scandés étaient on ne peut plus clairs quant aux sentiments de la majorité : «Matzidche dqiqa ya Bouteflika» (Vous ne resterez pas une minute de plus, Bouteflika), «La nourid, la nourid/ El Issaba we Etamdid» (Nous ne voulons plus de la bande ni d’une prolongation), «Klitou el bled, ya esserraquine» (Vous avez pillé le pays bande de voleurs), «Lebled bladna, wendirou rayna » (C’est notre pays et on fera ce qui nous plaît)…

«Non au 4,5»

Force est de constater que les manifestants ont su tout de suite réadapter leurs slogans à la nouvelle situation imposée par le plan machiavélique du régime comme dans une partie d’échec serrée. Ils ont su trouver les mots justes, la petite formule qui fait mouche, pour signifier à la «Casa d’El Mouradia» que les Algériens sont parfaitement conscients du marché de dupes qui leur est proposé.

Florilège : «Non au 4,5 !», «La li attaadjil, naâm li etarhil» (Non au report, oui au départ du système), «La tamdid, la taâdjil, nahnou nouridou etaghyir» (Ni prolongation ni report, nous voulons le changement), «Pas de prolongation. Un seul arbitre : le peuple», «Boutef, Saïd, dégage !» «Le dernier mot nous revient, la transition nous appartient», «Non à l’arnaque du peuple, Algériens conscients, dégagez sans négociations», «On veut un changement radical, pas juste le remplacement d’un cadre», «Une victoire déguisée», «On a gagné la bataille mais pas la guerre», «El Hadj Moussa, Moussa El Hadj», «Ouyahia et Bedoui, les deux faces d’une même pièce», «La nouridou wissayatakoum âla hirakina» (Nous ne voulons pas de votre tutelle sur notre mouvement), «Vous allez vous confronter à une génération qui vous connaît bien et que vous ne connaissez pas du tout»… Certains en font appel à l’histoire en prenant à témoin les chouhada convoqués à travers les portraits des Abane, Ben M’hidi, Hassiba, Amirouche… alignés sur une banderole. Et ce serment solennel : «Ma n’khellouhoumche ibi3ou lebled» (On ne les laissera pas vendre la patrie, le sang des martyrs coule dans nos veines).

«Un coup d’Etat constitutionnel»

Une banderole proclame en réponse à Hadjar : «On est en grève, c’est à vous de prendre des vacances», tandis qu’une autre rappelle le rôle de l’institution universitaire : «L’université doit être un laboratoire de réflexion.» Et ces manifs se révèlent justement un magnifique laboratoire de réflexion politique et de concertation citoyenne.

Beaucoup de pancartes brandies mettaient l’accent sur le tripatouillage de la Loi fondamentale : «Non au viol de la Constitution !» «Edoustour layssa kourass mouhawalate» (La Constitution n’est pas un cahier de brouillon). Ce jeune imite les commentateurs de foot en clamant : «Il est évident Monsieur l’arbitre que c’est un coup d’Etat constitutionnel avec un gouvernement illégitime.»

Amina et Souad, étudiantes à Bab Ezzouar, ont toutes deux l’âge des quatre mandats cumulés de M. Bouteflika, soit 20 printemps. «Nous voulons qu’ils partent tous, sinon, c’est comme si on n’avait rien fait», insistent-elles. Et de faire remarquer : «Ce qu’il (Bouteflika, ndlr) n’a pas fait en 20 ans, il veut le faire en une année? Impossible ! C’est trop tard. Il faut qu’ils partent ! Il faut respecter notre intelligence.

On veut une vraie transition, avec de nouveaux visages.» Un groupe d’étudiantes en médecine abondent dans le même sens : «Il faut continuer à faire des grèves si nous voulons un vrai changement. On n’exige pas seulement le départ de Bouteflika mais de tout le système.» Evoquant le départ massif des médecins, elles espèrent inverser la tendance : «Nous voulons rester ici et servir notre pays. On veut créer les conditions pour que plus personne ne veuille fuir l’Algérie. Nous sommes prêtes à prendre nos responsabilités, y compris au niveau politique.»

«Il faut maintenir la pression !»

Massinissa, étudiant à l’INA (Institut national d’agronomie), analyse : «Avec cette supercherie, on aura un 4e mandat prolongé ou un 5e mandat sans élection. C’est totalement anticonstitutionnel. On est dans l’illégalité la plus totale.» Pour lui, il est impératif de faire la transition avec un nouveau personnel politique : «Il faut de nouvelles têtes, des personnes représentatives de ce mouvement. Il faut s’atteler à la rédaction de la Constitution avec des juristes intègres pour arriver à une Constitution intangible qui sera le contrat du gouvernement avec le peuple.

Il faut confier la période de transition à des personnes au-dessus de tout soupçon dont la mission s’achèvera avec l’élection présidentielle. Nous devons être vigilants. Il faut maintenir la pression et ne rien lâcher.»

Amni Hocine, 63 ans, ancien officier supérieur à la retraite converti en bouquiniste, soulève une large pancarte avec ces mots : «Le peuple algérien veut le départ de Bouteflika et son système corrompu tout de suite. Dégagez pauvres cons!». Il explique: «Cette pancarte exprime le sentiment du peuple.

Cette feuille de route est un non-évènement. C’est une déception stratégique. On ne peut pas faire une transition avec les mêmes figures, c’est une aberration., Le 22 février a enclenché la IIe République, elle est en marche, ça y est.» Et de marteler : «Pourquoi il s’accroche ? Qu’est-ce qu’il attend pour partir bon sang? Qu’il parte sans condition, immédiatement. Il faut créer un choc psychologique pour qu’il s’en aille!» Publié in El Watan, le 13 mars à 9h30)

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Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

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