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A l'encontre

La Brèche

Grèce. Les limites à ne pas franchir dans un compromis

Publié par Alencontre le 23 - février - 2015
M. Glézos et Tsipras lors du congrès de Syriza en juillet 2013

M. Glézos et Tsipras lors du congrès de Syriza en juillet 2013

Par Manolis Glézos

Depuis Bruxelles, Manolis Glézos «foudroie» le gouvernement Tsipras à propos des manœuvres durant les négociations avec les créanciers et du changement de discours de SYRIZA. Il rappelle qu’«entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté.» Une des questions que pose Manolis Glézos est au centre de discussions au sein de SYRIZA: quels sont les rapports entre le gouvernement Tsipras et SYRIZA. Glézos revendique une activation de SYRIZA, à tous les niveaux, afin de prendre en charge les décisions liées aux négociations et donc à la mobilisation populaire. A cela s’ajoute la façon dont les ministres du Courant de gauche vont expliquer concrètement leurs interrogations ou oppositions à l’accord que Tsipras va présenter au Parlement. Cet accord permet-il à un ministre en charge des retraites d’accomplir l’engagement de Thessalonique de septembre 2014: soit pour les retraites (13e mois pour les retraites de moins de 700 euros); soit des mesures de base dans l’éducation? Les semaines à venir sont d’une grande importance. (Rédaction A l’Encontre)

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L’article de Manolis Glézos a été publié aujourd’hui sur le site du Mouvement «Citoyens Actifs»:

«Changer le nom de la troïka en «institutions», celui du mémorandum en «accord» et celui des créanciers en «partenaires» ne change en rien la situation antérieure.

L’on ne change pas non plus, bien entendu, le vote du peuple grec aux élections du 25 janvier 2015.

Il a voté pour ce que SYRIZA avait promis: abolir le régime d’austérité qui n’est pas seulement une stratégie de l’oligarchie allemande mais aussi celle des autres pays créanciers de l’Union européenne et de l’oligarchie grecque.

Nous abolissons les mémorandums et la troïka, nous abolissons toutes les lois de l’austérité.

Au lendemain des élections, d’une seule loi, nous abolissons la troïka et ses effets.

Un mois est passé et cette promesse n’est toujours pas transformée en acte.

Dommage et encore dommage.

Pour ma part, je demande au Peuple Grec de me pardonner d’avoir contribué à cette illusion.

Mais, avant que le mal ne progresse.

Avant qu’il ne soit trop tard, réagissons.

Avant toute chose, par le biais d’assemblées extraordinaires, dans toutes les organisations, quel qu’en soit le niveau, les membres et les amis de SYRIZA doivent décider s’ils acceptent cette situation.

D’aucuns prétendent que, pour obtenir un accord, il faut savoir céder. En tout premier lieu, entre l’oppresseur et l’oppressé, il ne peut être question de compromis, tout comme cela est impossible entre l’occupé et l’occupant. La seule solution c’est la liberté.

Mais, même si nous acceptions cette aberration, ce que les gouvernements antérieurs ont fait avec le chômage, l’austérité, la pauvreté, les suicidés, en soutenant les mémorandums, va bien au-delà de toute limite de compromis. (Manolis Glézos, Bruxelles, le 22 février 2015)

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Emmanouíl «Manólis» Glézos, résistant – des années en prison et en exil –, figure politique de premier rang et écrivain grec. Il a été député du PASOK puis de SYRIZA. Il est né le 9 septembre 1922 dans le village d’Apiranthos, sur l’île de Naxos. Il est eurodéputé.

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Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

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