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juin 2019

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Belgique-climat: «La marche du jeudi» s’installe

Publié par Alencontre le 1 - février - 2019

Par Marie Thierry

On s’attend, se cherche, se regroupe. On compare ses slogans. Un selfie. Et puis on avance. Des jeunes de 16 ans, en moyenne, débarquant de toute la Belgique pour marcher pour le climat. Malgré un départ annoncé à 11h, ils étaient déjà nombreux à 10h ce jeudi matin, rassemblés devant la gare du Nord. Même processus que les précédents rassemblements partis de la gare Centrale les semaines passées.

En bas des escaliers toutefois, une nouveauté : davantage de «20 ans et plus». Olivier, 25 ans, est venu de Courtrai pour sa première participation au mouvement. «J’ai fini ma session d’examens et je ne suis pas le seul, je suis sûr qu’il y aura de plus en plus d’étudiants qui se joindront à la marche dans les prochaines semaines.» Également davantage de policiers, de partis politiques, de gilets jaunes et de journalistes.

Plus de diversité, mais moins de monde. À Bruxelles, ils étaient moitié moins que la précédente édition: 12’500 au total selon la police. Partie en tête de cortège, Sarah, 15 ans, est venue une nouvelle fois de Waterloo. Elle a marché tous les jeudis, depuis le premier. «Cette fois, je me suis bien équipée, en pancarte comme en vêtements, sourit l’adolescente qui a pris un train plus tôt pour éviter la foule des dernières expéditions. On commence à avoir l’habitude!»

Comme un air de classe verte

Organisée: c’est l’impression que donne cette marche dans laquelle de moins en moins d’élèves font l’école buissonnière «en schmet» [à la roublarde]. Mackenzie et ses amies Léa et Clélia, 16 ans toutes les trois, étaient là pour la première fois. «La décision de notre école de ne pas punir les marcheurs nous a motivées, expliquent-elles. Au début de la mobilisation, c’était compliqué car la direction ne savait pas comment se positionner. Maintenant, on organise des tournantes entre les classes et les élèves volontaires.»

Dialogue et entente avec la direction sont au centre des témoignages entendus au cœur de la manifestation. «Dans l’école, ça commence à bouger, confirme Cédric, 19 ans, scolarisé dans un athénée de la Région bruxelloise. Le comité Oxfam est très demandé, la direction nous suit sur nos initiatives vertes . On se sent soutenus. Avant, par exemple, on avait deux heures de retenues… maintenant on a toujours deux heures en plus à l’école, mais elles sont consacrées à parler d’écologie.»

Des professeurs accompagnent leurs élèves «sur le terrain». Marcus, 40 ans, professeur de religion à Louvain, a décidé de venir avec eux, en accord avec la direction. «C’est un peu comme une excursion, sourit-il. Cela me permet d’intégrer un élément d’actualité qui les concerne dans mes cours… de quoi captiver davantage les adolescents.»

Partie d’un mouvement spontané, la manifestation prend la forme d’une classe verte hebdomadaire. Elèves et écoles dialoguent et s’organisent, chacun à leur manière. Une routine se dessine. De quoi installer ce mouvement dans la durée. (Publié comme reportage dans Le Soir, ce vendredi 1er février 2019; voir le Flyer distribué à Lausanne ces 1er et 2 février 2019: ici, sur ce site, sous forme de texte)

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Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

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