Par Ernesto Herrera et Charles-André Udry

Le président chilien Ricardo Lagos (à gauche) s'apprête à serrer la main du secrétaire général de l'ONU Kofi Annan. Lula et Chirac sont déjà main dans la main
Il est impossible d’engager un dialogue sur la crise – indiscutable, confirmée – en Amérique du Sud, ainsi que sur la construction d’alternatives radicales, c’est-à-dire allant à la racine de la crise comme des aspirations et besoins des masses laborieuses dans leurs diversités, sans prendre en compte, comme point de départ, des faits si aveuglants qu’une gauche institutionnalisée n’espérait pas les voir… et renonce, encore aujourd’hui, à les regarder en face.
L’insurrection bolivienne qui a renversé, en octobre 2003, l’un des gouvernements les plus corrompus, conservateurs et valets de l’impérialisme de l’Amérique du Sud a constitué le soulèvement populaire le plus important au cours des dernières décennies. Elle s’inscrit dans une phase qui combine un antagonisme social dur et sans trêve avec une crise institutionnelle de la domination politique bourgeoise-impérialiste à l’échelle continentale. Même si, d’évidence, cette combinaison se manifeste inégalement, pays par pays, ou dans différentes “sous-régions” du continent. Lire le reste de cet article »