Venezuela. Pétrole, stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis et situation coloniale

Chris Wright, secrétaire d’Etat américain à l’Energie, avec la présidente par intérim Delcy Rodríguez à Caracas, au Palais de Miraflores, le 2 septembre 2026.

Par Luis Bonilla-Molina

Depuis le 3 janvier 2026, le Venezuela vit une situation coloniale qui sape les fondements de son régime dit républicain. Depuis lors, les États-Unis vendent le pétrole vénézuélien, déposent le produit de ces transactions sur un compte du département du Trésor et décident de ce qui est transféré ou non au pays. Toutes les décisions gouvernementales sont dictées par la Maison Blanche, le département de la Défense, le département de l’Énergie et la CIA, le Conseil d’administration colonial dirigé par Delcy Rodríguez (présidente de la République bolivarienne) et Jorge Rodrigez Gomez (président de l’Assemblée nationale) se voyant attribuer le rôle d’exécutants.  La présidence de l’Assemblée légifère conformément aux ordres états-uniens, en apportant des modifications aux lois sur les hydrocarbures, la fiscalité, le commerce et l’exploitation minière, ce qui ramène le pays à l’époque de la vice-royauté espagnole et du gouvernement de Juan Vicente Gómez (1908-1913, 1922-1929, 1931-1935). Les derniers soubresauts capitulards – au sens de cession d’intérêts nationaux et de souveraineté aux Etats-Unis – de ce qui fut un temps la révolution bolivarienne font regretter le nationalisme de l’Action démocratique [années 1960-1990]. L’alliance entre l’armée et la police [Diosdado Cabello, depuis 2024, est vice-président chargé de la dite sécurité citoyenne] est devenue la garantie de l’exécution des ordres impériaux. L’absence de courage patriotique des forces armées nationales est mise en évidence face aux positions ouvertement patriotiques de dirigeants tels que Claudio Fermín, dirigeant du parti Soluciones para Venezuela se revendiquant de la social-démocratie. Triste épitaphe pour un processus qui, sous la houlette de Chávez, avait suscité initialement tant d’espoirs dans le pays, en Amérique latine et dans le monde.

La photo de Maduro, vêtu d’une tenue de sport, souriant et faisant le signe de la victoire avec ses mains, publiée le jour même de l’annonce de l’accord pétrolier vénézuélien avec les États-Unis, semble envoyer le message sous-jacent suivant: «Les États-Unis font pression, mais n’oublient pas ceux qui les ont aidés», car il est indéniable que le désastre actuel trouve son origine dans les accords conclus par le madurisme avec les États-Unis entre 2018 et 2025 ainsi que dans l’autoritarisme effréné qu’il a exercé contre le peuple vénézuélien.

Le texte de l’accord signé reste encore inconnu; ce qui circule, ce sont des confirmations officielles de celui-ci, de la part de l’administration Trump, du «Delcynato» (les frère et soeur Rodríguez) et de l’entreprise privée qui a servi d’intermédiaire [l’accord implique entre autres les firmes pétrolières Chevron (Etats-Unis) et ENI (Italie), et GE Vernova (General Electric) pour l’industrie électrique].

Introduction et caractérisation de l’accord énergétique

Il est nécessaire de comprendre cet accord pétrolier dans le cadre de la stratégie de sécurité nationale des Etats-Unis annoncée par l’administration Trump en novembre-décembre 2025 et de son intention manifeste de se repositionner dans la région, notamment en contrôlant les réserves énergétiques, les investissements et les flux commerciaux régionaux.

La reconfiguration géoéconomique du capital énergétique en Amérique latine a atteint un tournant sans précédent après la formalisation de l’accord pétrolier signé entre le gouvernement des États-Unis, l’État vénézuélien et l’entreprise privée North American Blue Energy Partners (NABEP) (Atencio, 2026). Cet accord confère à la société NABEP – dirigée par l’homme d’affaires Alejandro Betancourt [1] – des droits d’exploitation préférentiels pour une durée de 100 ans – bien que Delcy Rodríguez ait déclaré que cette durée ne serait que de 25 ans (sic!!!) – sur 17 gisements pétroliers stratégiquement situés dans la ceinture pétrolière de l’Orénoque et le bassin du lac de Maracaibo, qui abritent des réserves prouvées P1 [avec une probabilité de 90% d’être récupérables de manière rentable] estimées à près de 65 milliards de barils (Financial Express, 2026). L’ampleur de ce transfert équivaut à céder effectivement environ 21% de l’ensemble des réserves d’hydrocarbures du Venezuela à un consortium privé protégé par l’appareil d’État américain (Times Brasil,2026).

L’incursion militaro-financière: le rôle de l’Office of Strategic Capital (OSC)

L’architecture institutionnelle de cette transaction se distingue par l’implication directe du ministère américain de la Défense par l’intermédiaire de l’Office of Strategic Capital (OSC), une entité financière initialement créée en vertu de la Loi sur l’autorisation de la défense nationale (NDAA-National Defense Authorization Act) afin d’orienter les investissements vers les technologies à double usage et les infrastructures critiques (Financial Times, 2026). La création de l’OSC en 2022, sous l’administration Biden, montre que ce qui se passe actuellement n’est pas un fait isolé lié à la démagogie de Trump, mais s’inscrit dans la continuité des politiques impérialistes. L’OSC fonctionne comme un fonds de financement et d’incitation au capital privé – elle ne passe pas de contrats directs comme la DARPA (Defense Advanced Research Projects Agency) ou la DIU (Defense Innovation Unit) – et sa mission consiste à attirer des capitaux privés vers les chaînes d’approvisionnement et les infrastructures industrielles liées aux technologies à double usage (commerciales et militaires) présentant un intérêt pour la sécurité nationale des Etats-Unis (semi-conducteurs, énergie, microélectronique, matériaux de pointe).

Grâce à des mécanismes de warrants financiers d’un centime (centavo), l’OSC s’est assuré une participation de 35% dans la société mère de NABEP sans que les contribuables américains aient à débourser directement des fonds publics (Open Bureau, 2026). Cette structure confère au Pentagone non seulement le droit de percevoir des revenus et des dividendes commerciaux issus de la commercialisation du pétrole brut, mais aussi l’exercice d’un droit de veto et d’une ingérence directe au sein du conseil d’administration de l’opérateur énergétique (Financial Express, 2026).

Clauses de subordination commerciale et de sécurité nationale

Sur le plan strictement commercial et d’approvisionnement, l’accord porte atteinte à la souveraineté énergétique régionale en stipulant la mise en réserve obligatoire de 20% de la production totale extraite au profit du gouvernement des États-Unis au prix de revient (sans aucun bénéfice pour le Venezuela), dans le but explicite de reconstituer la Réserve stratégique de pétrole (SPR) américaine (Financial Express, 2026). De plus, le traité accorde au Département d’État un droit de préemption (right of first refusal) sur les 80% restants de la production, ce qui permet à Washington de contrôler ou de bloquer la distribution commerciale du pétrole vénézuélien vers des concurrents mondiaux tels que la Chine ou la Russie en cas d’urgence ou de conflit géopolitique (Open Bureau, 2026).

Pour soutenir cet objectif opérationnel, la NABEP et un groupe d’investisseurs privés envisagent un plan d’investissement dans les infrastructures s’élevant à 100 milliards de dollars afin de porter la production à plus d’un million de barils par jour (Times Brasil, 2026). Cette initiative, qui semble constituer une solution opérationnelle, intervient face au refus des entreprises transnationales, convoquées à la Maison Blanche en janvier de cette année, d’investir directement dans l’industrie pétrolière vénézuélienne. Cet accord crée une triangulation (entreprise privée chargée de la mise en œuvre, État américain et investisseurs) et assure une protection commerciale des investissements visant à concrétiser cet investissement colossal. Par ailleurs, cela prolonge la situation coloniale du Venezuela, en conférant au Département de la Défense des Etats-Unis un rôle de garant qui aggrave encore la perte de souveraineté de la «République bolivarienne».

Profil technico-politique et entrepreneurial d’Alejandro Betancourt et du capital rentier

La direction opérationnelle de la NABEP incombe à Leopoldo Alejandro Betancourt López, dont le parcours entrepreneurial illustre la dynamique d’articulation entre le capital financier privé et les revenus pétroliers de l’État (El Pais, 2026). Diplômé en gestion et en économie de l’université de Suffolk et titulaire d’un diplôme de troisième cycle d’Oxford, Betancourt a consolidé sa fortune après la crise énergétique vénézuélienne de 2009 en cofondant Derwick Associates, une société qui aurait obtenu 11 marchés directs sans appel d’offres public pour l’installation de centrales thermoélectriques commandées par Corpoelec et Bariven (Banca y Negocios, 2026). À cette époque, Rafael Ramírez [président de PDVSA-Petróleos de Venezuela de 2002 à 2014 et ministre du Pétrole et des Mines de 2004 à 2014] était à la tête de l’industrie pétrolière et Alí Rodríguez Araque [après un passage à la tête de la PDVSA, il fut nommé par Chavez au ministère des Affaires étrangères, puis au ministère des Finances] de celle de l’électricité; tous deux étaient membres de la direction du PSUV-Parti socialiste unifié du Venezuela, issus du Parti clandestin de la Révolution vénézuélienne (PRV) des années 1970.

Alejandro Betancourt López.

Ce lien historique entre l’entreprise de Betancourt López et les bénéfices de Petróleos de Venezuela (PDVSA) lui a valu d’être classé par les analystes parmi les «bolichicos» [entrepreneurs ayant accumulé des fortunes grâce à des contrats sans appel d’offres sous la présidence de Chavez et de Nicolas Maduro]. Par la suite Betancourt López a diversifié son portefeuille dans des investissements financiers internationaux par le biais d’entités telles que O’Hara Administration et la marque Hawkers (El Pais, 2026).

Il est très important de souligner le «parcours singulier» de Betancourt Lopez, qui a joué un rôle structurel dans la formation de la nouvelle bourgeoisie (la «Bolibourgeoisie») entre 2009 et 2017, avant de se rallier à la présidence par intérim de Juan Guaidó (fait dénoncé par Maduro lui-même, sans conséquences majeures pour l’homme d’affaires), tout en étant considéré comme ayant contribué, aux côtés de Delcy Rodriguez, à la réconciliation entre l’ancienne et la nouvelle bourgeoisie entre 2018 et 2022. En d’autres termes, le rôle de Betancourt dans l’accord interbourgeois sous le mandat de Maduro est évident. Ce rôle lui confère désormais, après les événements du 3 janvier 2026, une place prépondérante dans le modèle de gouvernance que l’administration Trump promeut pour le Venezuela.

Enquêtes judiciaires et poursuites

Malgré sa position dans l’accord hémisphérique, Betancourt a fait l’objet d’un long historique de poursuites judiciaires internationales, notamment d’enquêtes pour blanchiment présumé de capitaux issus de la corruption au sein de PDVSA, menées par l’Audiencia Nacional espagnole et les autorités suisses (Financial Times, 2026). Bien que cela n’ait donné lieu à ce jour à aucune condamnation ni à aucune mise en accusation, les tribunaux espagnols ont rouvert des enquêtes axées sur la traçabilité des flux financiers issus de contrats publics (Atencio, 2026). Alejandro Betancourt López remplit une fonction objective qui s’inscrit dans le cadre d’un intermédiaire ou d’un courtier de haut niveau, dont le pragmatisme financier relie les intérêts des élites politiques vénézuéliennes (quatrième [1830-1999] et cinquième [dès 1999] Républiques) aux impératifs géopolitiques du capital américain (Biggo Finance, 2026).

Inconstitutionnalité et illégalité de l’accord dans le cadre juridique vénézuélien

Du point de vue de la doctrine du droit constitutionnel vénézuélien, l’accord conclu porte atteinte de manière flagrante aux fondements de la souveraineté sur les hydrocarbures consacrée par la Constitution de la République bolivarienne du Venezuela (CRBV datant de 1999). En premier lieu, la concession d’une durée de 100 ans est en contradiction directe avec l’article 12 de la CRBV, qui stipule que les gisements miniers et d’hydrocarbures présents sur le territoire national sont des biens du domaine public, et donc inaliénables et imprescriptibles (Constitution de la République bolivarienne du Venezuela, 1999).

Accorder des droits sur des réserves pour un siècle constitue une aliénation de fait de la ressource publique, en violation du principe de réserve de l’État stipulé à l’article 302 de la Constitution, ainsi que des dispositions de l’ancienne loi organique sur les hydrocarbures (LOH) chaviste, qui exigeait que toute activité primaire d’exploitation soit exercée directement par l’État ou par le biais d’entreprises mixtes dans lesquelles la République détenait une participation supérieure à 50% et exerçait un contrôle effectif de la gestion (Assemblée nationale, 2006).

La suppression du contrôle souverain de la production et de la commercialisation

La mise en œuvre de ce contrat démantèle intégralement les mécanismes de contrôle direct sur la politique pétrolière historiquement gérée par l’État vénézuélien (Financial Express, 2026). En cédant le contrôle opérationnel de 17 gisements à la NABEP et en accordant des pouvoirs de direction à l’Office of Strategic Capital (OSC) du Pentagone, l’État renonce à sa faculté de fixer souverainement ses niveaux de production, ce qui compromet le respect des quotas au sein d’organismes multilatéraux tels que l’OPEP (Open Bureau, 2026). Cela a alimenté avec insistance la rumeur selon laquelle le Venezuela s’apprêterait à quitter l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), dont il a été l’un des fondateurs, sous l’inspiration des idées de Juan Pablo Pérez Alfonso [Bloomberg, fin août, indiquait que l’option de quitter l’OPEP était discutée entre les autorités vénézuéliennes et les Etats-Unis, ce qui s’ajouterait au départ des Emirats arabes unis en mai 2026 – réd.].

De même, la cession préférentielle de volumes d’extraction au prix coûtant à la Réserve stratégique des États-Unis et la soumission du volume restant à l’arbitrage de la politique étrangère des Etats-Unis subordonnent les recettes budgétaires du Venezuela aux dynamiques de sécurité nationale d’une puissance étrangère, annulant ainsi le principe d’autodétermination en matière de ressources naturelles (Open Bureau, 2026).

La réaction populaire

Le rejet au sein de la population a été unanime, montrant que le patriotisme et la lutte pour la souveraineté ne sont pas des sujets politiques dépassés au Venezuela. Même l’opposition de droite pro-américaine a dû exiger la publication du texte original de l’accord, en prenant bien soin de ne pas s’opposer à l’administration Trump, sous la pression de ses partisans. Même l’Alliance pour la souveraineté et la démocratie (ASD), opposante au gouvernement, a publié un communiqué bien plus patriotique que la déclaration honteuse du Parti socialiste unifié du Venezuela (PSUV) qui est au pouvoir.

Mais ce malaise ne s’est pas encore traduit par une rébellion ni par une mobilisation de masse. Aucun pôle organisé ni aucune direction claire n’ont émergé, capables de transformer le malaise actuel en rébellion citoyenne. La question qui se pose est de savoir si cela se produira à court terme, ce à quoi seule la réalité politique vénézuélienne pourra répondre. (Article publié le 4 septembre 2026 sur Viento Sur; traduction rédaction A l’Encontre)

Luis Bonilla-Molina est un spécialiste en sciences sociales vénézuélien, actuellement professeur invité à l’UFABC de São Paulo, au Brésil.

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[1] Selon le site du Monde du 9 septembre 2026: «A la tête de la North American Blue Energy Partners, le milliardaire de 46 ans, choisi comme partenaire par l’administration Trump pour exploiter les ressources pétrolières du pays, est visé par des enquêtes pour blanchiment et fraude fiscale en Suisse et en Espagne.» (Réd.)

Liste de références

ASAMBLEA NACIONAL DE LA REPÚBLICA BOLIVARIANA DE VENEZUELA. Ley Orgánica de Hidrocarburos. Gaceta Oficial N.º 38.441, Caracas, 2006.

ATENCIO, M. Trump’sPentagon Venezuela Oil Deal: Who Is Alejandro Betancourt? Transcripción de reporte especial en formato corto. 30 ago. 2026. Disponible en:https://www.youtube.com/shorts/bzfgL1wzReA. Acceso el: 2 sep. 2026.

BANCA Y NEGOCIOS. Perfil: Alejandro Betancourt, el polémico empresario que explota petróleo venezolano para EEUU. Caracas, 1 sep. 2026. Disponible en: https://www.bancaynegocios.com/perfil-alejandro-betancourt-el-polemico-empresario-que-explota-petroleo-venezolano-para-eeuu/. Acceso el: 2 sep. 2026.

BIGGO FINANCE. Who Is Alejandro Betancourt, the ‘Emerging Oil Viceroy’ Leading Venezuela’s Oil Development? 31 ago. 2026. Disponible en:https://finance.biggo.com/news/901d15d8-cfaf-49e5-bf17-fdae34c78a32. Acceso el: 2 sep. 2026.

CONSTITUCIÓN DE LA REPÚBLICA BOLIVARIANA DE VENEZUELA. Gaceta Oficial N.º 5.453 Extraordinario, Caracas, 24 de marzo de 2000 [1999].

EL PAÍS. Alejandro Betancourt, Trump’s new Latin American oligarch. Madrid, 2 sep. 2026. Disponible en:https://english.elpais.com/international/2026-09-02/alejandro-betancourt-trumps-new-latin-american-oligarch.html.Acceso el: 2 sep. 2026.

FINANCIAL EXPRESS. Inside the US-Venezuela oil deal: Will 65 billion barrels lower gas prices? 1 sep. 2026. Disponible en:https://www.financialexpress.com/world-news/inside-the-us-venezuela-oil-deal-will-65-billion-barrels-lower-gas-prices/4329404/. Acceso el: 2 sep. 2026.

FINANCIAL TIMES. Controversial Venezuelan executive courts investors after Trump oil deal. Londres, 30 ago. 2026. Disponible en:https://www.ft.com/content/458940e7-0754-42e3-aa33-f1f9e3e710b7. Acceso el: 2 sep. 2026.

OPEN BUREAU. US-VENEZUELA OIL DEAL | 65 Billion Barrels, 100 Years & India’s New Crude Calculus. Open Magazine, 1 sep. 2026. Disponible en:https://openthemagazine.com/world/us-venezuela-oil-deal-65-billion-barrels-100-years-indias-new-crude-calculus. Acceso el: 2 sep. 2026.

TIMES BRASIL. Venezuela concede à North American Blue Energy Partners concessões de 100 anos para 17 campos de petróleo. São Paulo, 31 ago. 2026. Disponible en:https://timesbrasil.com.br/mundo/venezuela-concede-a-north-american-blue-energy-partners-concessoes-de-100-anos-para-17-campos-de-petroleo/. Acceso el: 2 sep. 2026.

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