Débat. «Le déclin impérial dans le détroit d’Ormuz. La guerre contre l’Iran: une crise de Suez à l’américaine»

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Par Alfred McCoy

Dans le premier chapitre de son roman de 1874, The Gilded Age [L’âge doré, plaqué d’or], Mark Twain formulait une observation révélatrice sur le lien entre le passé et le présent: «L’histoire ne se répète jamais, mais le… présent semble souvent être construit à partir des fragments brisés de légendes anciennes.»

Parmi les «légendes antiques» les plus utiles pour comprendre l’issue probable de l’intervention états-unienne actuelle en Iran figure la crise de Suez de 1956, que je décris dans mon nouveau livre Cold War on Five Continents. Après que le dirigeant égyptien Gamal Abdel Nasser eut nationalisé le canal de Suez en juillet 1956, une armada conjointe franco-britannique [«composée de six porte-avions»: formule largement exagérée] détruisit l’armée de l’air égyptienne, tandis que les troupes israéliennes écrasaient les chars égyptiens dans les sables de la péninsule du Sinaï. En moins d’une semaine de guerre, Nasser avait perdu ses forces stratégiques et l’Égypte semblait impuissante face à la puissance écrasante de ce mastodonte impérial.

Mais au moment où les forces anglo-françaises débarquaient en force à l’extrémité nord du canal de Suez, Nasser avait réussi un coup de maître géopolitique en coulant des dizaines de navires rouillés remplis de roches à l’entrée nord du canal. Ce faisant, il avait automatiquement coupé la ligne de vie qui reliait l’Europe à ses champs pétroliers du golfe Persique. Au moment où les forces britanniques se retiraient de Suez, vaincues, la Grande-Bretagne avait été sanctionnée par l’ONU, sa monnaie était au bord de l’effondrement, son aura de puissance impériale s’était évaporée et son empire mondial se dirigeait vers l’extinction.

Les historiens qualifient désormais de «micro-militarisme» le phénomène consistant pour un empire moribond à lancer une intervention militaire désespérée afin de retrouver sa gloire impériale déclinante. Et dans le sillage du recul de l’influence impériale de Washington sur le vaste continent eurasien, la récente offensive militaire américaine contre l’Iran commence à ressembler à une version états-unienne de ce micro-militarisme.

Même si l’histoire ne se répète jamais vraiment, il semble aujourd’hui tout à fait pertinent de se demander si l’intervention américaine actuelle en Iran pourrait bien être la version américaine de la crise de Suez. Et si la tentative de Washington de renverser le régime à Téhéran venait d’une manière ou d’une autre à «réussir», ne croyez pas un seul instant que le résultat serait un nouveau gouvernement stable et efficace, capable de bien servir son peuple.

70 ans de changements de régime

Revenons aux faits historiques pour mettre en lumière les conséquences probables d’un changement de régime en Iran. Au cours des 70 dernières années, Washington a multiplié les tentatives de changement de régime sur les cinq continents – d’abord par le biais d’actions secrètes de la CIA pendant les 44 années de la guerre froide, puis, au cours des décennies qui ont suivi la fin de ce conflit mondial, par le biais d’opérations militaires conventionnelles. Bien que les méthodes aient changé, les résultats – plonger les sociétés concernées dans des décennies de conflits sociaux déchirants et d’instabilité politique incessante – ont malheureusement été similaires. Ce schéma se retrouve dans certaines des interventions secrètes les plus célèbres de la CIA pendant la guerre froide.

En 1953, le nouveau parlement iranien a décidé de nationaliser la concession pétrolière impériale britannique dans le pays afin de financer les services sociaux de sa démocratie naissante. En réponse, un coup d’État conjoint de la CIA et du MI6a renversé le Premier ministre réformiste et installé au pouvoir le fils de l’ancien Shah, déchu depuis longtemps. Malheureusement pour le peuple iranien, celui-ci s’est révélé être un dirigeant d’une incompétence flagrante [mais d’une qualité répressive effective] qui a transformé la richesse pétrolière de son pays en pauvreté de masse – précipitant ainsi la révolution islamique iranienne de 1979.

En 1954, le Guatemala [sous le gouvernement de Jacobo Arbenz] mettait en œuvre un programme historique de réforme agraire qui conférait à sa population indigène, majoritairement maya, les conditions nécessaires à une pleine citoyenneté. Malheureusement, une invasion soutenue par la CIA a mis en place une dictature militaire brutale, plongeant le pays dans 30 ans de guerre civile qui ont fait 200’000 morts sur une population de seulement cinq millions d’habitants.

De même, en 1960, le Congo était sorti d’un siècle de domination coloniale belge brutale en élisant un leader charismatique, Patrice Lumumba. Mais la CIA l’a rapidement évincé du pouvoir, le remplaçant par Joseph Mobutu, un dictateur militaire dont les 30 ans de kleptocratie ont précipité une violence qui a entraîné la mort de plus de cinq millions de personnes lors de la deuxième guerre du Congo (1998-2003) et continue de faire des ravages à ce jour.

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Au cours des dernières décennies, les tentatives de Washington visant à changer de régime par le biais d’opérations militaires conventionnelles ont connu des résultats tout aussi désastreux. Après les attentats terroristes de septembre 2001, les forces américaines ont renversé le régime taliban en Afghanistan. Au cours des 20 années suivantes, Washington a dépensé 2300 milliards de dollars – et non, ce terme «milliards» n’est pas une erreur d’impression ! – dans un effort infructueux de reconstruction nationale qui a été balayé lorsque les talibans, de retour en force, ont pris la capitale, Kaboul, en août 2021, plongeant le pays dans un mélange de patriarcat sévère et de privations massives.

En 2003, Washington a envahi l’Irak à la recherche d’armes nucléaires inexistantes [et armes biologiques] et s’est enlisée dans une guerre de 15 ans qui a conduit au massacre d’un million de personnes et laissé derrière elle un gouvernement autocratique qui n’est devenu guère plus qu’un État client de l’Iran. Et en 2011, les États-Unis ont mené une campagne aérienne de l’OTAN qui a renversé le régime autoritaire du colonel Mouammar Kadhafi en Libye, précipitant sept années de guerre civile et laissant finalement ce pays divisé entre deux États défaillants antagonistes.

Lorsque les tentatives de changement de régime de Washington échouent, comme ce fut le cas à Cuba en 1961 et au Venezuela l’année dernière, cet échec renforce souvent encore davantage les régimes autocratiques, en consolidant leur emprise sur la police secrète du pays et en resserrant leur mainmise sur l’économie nationale.

Pourquoi, vous demanderez-vous peut-être, de telles interventions américaines semblent-elles invariablement produire des résultats aussi désastreux ? Pour les sociétés qui luttent pour atteindre une fragile stabilité sociale au milieu de changements politiques instables, une intervention extérieure, qu’elle soit secrète ou ouverte, semble invariablement équivaloir à frapper une montre de poche ancienne avec un marteau, puis à essayer de remettre de force tous ses engrenages et ses ressorts en place.

Les conséquences géopolitiques de la guerre contre l’Iran

En examinant les implications géopolitiques de la dernière intervention de Washington en Iran, on peut imaginer comment la guerre choisie par le président Donald Trump pourrait bien devenir la version très particulière de Washington de la crise de Suez.

Tout comme l’Égypte a arraché une victoire diplomatique des griffes de la défaite militaire en 1956 en fermant le canal de Suez, l’Iran a désormais fermé l’autre point d’étranglement critique du Moyen-Orient en tirant ses drones Shahed sur cinq cargos dans le détroit d’Ormuz (par lequel 20% du pétrole brut et du gaz naturel mondiaux transitent régulièrement) et sur des raffineries de pétrole situées sur la rive sud du golfe Persique. Les frappes de drones iraniens ont bloqué plus de 90% des départs de pétroliers du golfe Persique et mis à l’arrêt les gigantesques raffineries qataries qui produisent 20% de l’approvisionnement mondial en gaz naturel liquéfié, provoquant une flambée de 50% des prix du gaz naturel dans une grande partie du monde et de 91% en Asie – le prix de l’essence aux États-Unis se dirigeant vers 4 dollars le gallon et le coût du pétrole susceptible d’atteindre le niveau vertigineux de 150 dollars le baril dans un avenir proche. De plus, grâce à la conversion du gaz naturel en engrais, le golfe Persique est la source de près de la moitié des nutriments agricoles mondiaux, les prix de l’engrais à base d’urée ayant grimpé de 37% sur des marchés comme l’Égypte, menaçant à la fois les semis de printemps dans l’hémisphère nord et la sécurité alimentaire dans les pays du Sud.

L’extraordinaire concentration de la production pétrolière, du transport maritime international et des investissements de capitaux dans le golfe Persique fait du détroit d’Ormuz non seulement un point d’étranglement pour le flux de pétrole et de gaz naturel, mais aussi pour la circulation des capitaux de l’ensemble de l’économie mondiale. Pour commencer par les bases, le golfe Persique détient environ 50% des réserves prouvées de pétrole mondiales, estimées à 859 milliards de barils, soit, aux prix actuels, environ 86’000 milliards de dollars.

Pour vous donner une idée de l’ampleur de la concentration de capitaux dans les infrastructures de la région, les compagnies pétrolières nationales du Conseil de coopération du Golfe ont investi 125 milliards de dollars dans leurs installations de production pour la seule année 2025, et prévoient de maintenir ce rythme dans un avenir prévisible. Pour maintenir à flot la flotte mondiale de pétroliers, composée de 7500 navires qui dessert principalement le golfe Persique, il en coûte près de 100 millions de dollars pour un seul grand pétrolier de type «Suezmax» – dont environ 900 naviguent normalement en haute mer, pour une valeur totale de 90 milliards de dollars (avec des remplacements fréquents rendus nécessaires par la corrosion de l’acier dans des conditions maritimes difficiles). De plus, Dubaï possède l’aéroport international le plus fréquenté au monde, au cœur d’un réseau mondial avec 450’000 vols par an – aujourd’hui paralysé par les frappes de drones iraniens [de plus, les Etats du Golfe, en particulier l’Arabie saoudite et le Qatar et les Emirats arabes unis, sont des acheteurs massifs de matériel militaire aux Etats-unis et des sources de financement en direction des Etats-Unis, telles que celles négociées par le gendre de Trump].

Publié en décembre 2025.

Malgré tout le battage médiatique de la Maison Blanche sur la terrible rapidité des récentes frappes aériennes américaines, les 3000 sorties de bombardement américano-israéliennes contre l’Iran (qui représente les deux tiers de la superficie de l’Europe occidentale) au cours de la première semaine de la guerre font pâle figure face aux 1’400’000 sorties de bombardement effectuées au-dessus de l’Europe pendant la Seconde Guerre mondiale. Le contraste saisissant entre ces chiffres fait apparaître les frappes aériennes américaines actuelles contre l’Iran, d’un point de vue stratégique, comme si l’on tirait sur un éléphant avec un pistolet à plombs.

De plus, les États-Unis disposent de stocks limités d’environ 4000 missiles intercepteurs, qui coûtent jusqu’à 12 millions de dollars chacun et ne peuvent pas être produits en masse rapidement. En revanche, l’Iran dispose d’un stock quasi illimité d’environ 80’000 drones Shahed, dont il peut produire 10’000 par mois pour seulement 20’000 dollars pièce. En effet, le temps ne joue pas en faveur de Washington si cette guerre s’éternise au-delà de quelques semaines.

En effet, lors d’une récente interview, interrogé sur la possibilité que la vaste flotte iranienne de drones Shahed, lents et volant à basse altitude, épuise bientôt le stock américain de missiles intercepteurs sophistiqués, le chef du Pentagone, le général Dan Caine, s’est montré étonnamment évasif, se contentant de déclarer : « Je ne souhaite pas parler de quantités. »

Qui enverra des troupes sur le terrain ?

Alors que les pressions économiques et militaires s’intensifient pour une guerre plus courte, Washington tente d’éviter d’envoyer des troupes à terre en mobilisant les minorités ethniques iraniennes, qui représentent environ 40% de la population du pays. Comme le Pentagone en est silencieusement mais douloureusement conscient, les forces terrestres américaines seraient confrontées à une résistance redoutable de la part d’une milice Basij forte d’un million d’hommes, de 150’000 Gardiens de la Révolution (qui sont bien entraînés à la guérilla asymétrique) et des 350’000 soldats de l’armée régulière iranienne.

Les autres groupes ethniques (comme les Azéris au nord) n’étant pas disposé à attaquer Téhéran, ou (comme les tribus baloutches au sud-est, loin de la capitale) incapables de le faire, Washington cherche désespérément à jouer la carte kurde, comme il le fait depuis 50 ans. Avec une population de 10 millions d’habitants répartis le long des frontières montagneuses de la Syrie, de la Turquie, de l’Irak et de l’Iran, les Kurdes constituent le plus grand groupe ethnique du Moyen-Orient sans État propre. À ce titre, ils ont longtemps été contraints de jouer le « Grand Jeu » impérial, ce qui en fait un indicateur étonnamment sensible des changements majeurs dans l’influence impériale.

Bien que le président Trump ait passé des appels personnels aux principaux dirigeants de la région du Kurdistan irakien au cours de la première semaine de la récente guerre, leur offrant une « couverture aérienne américaine étendue » pour une attaque contre l’Iran, et que les États-Unis disposent même d’une base aérienne militaire à Erbil, la capitale du Kurdistan, les Kurdes se montrent jusqu’à présent d’une prudence inhabituelle.

En effet, Washington a une longue histoire d’utilisation et d’abus des combattants kurdes, qui remonte à l’époque du secrétaire d’État Henry Kissinger, qui a élevé leur trahison au rang d’art diplomatique. Après avoir ordonné à la CIA de cesser d’aider la résistance kurde irakienne contre Saddam Hussein en 1975, Kissinger a déclaré à un assistant : « Promettez-leur n’importe quoi, donnez-leur ce qu’ils veulent, et qu’ils aillent se faire foutre s’ils ne comprennent pas la plaisanterie. »

Alors que les forces irakiennes se frayaient un chemin vers le Kurdistan, tuant par centaines des Kurdes sans défense, leur légendaire chef Mustafa Barzani, grand-père de l’actuel dirigeant du Kurdistan irakien, supplia Kissinger en déclarant : « Votre Excellence, les États-Unis ont une responsabilité morale et politique envers notre peuple. » Kissinger n’a même pas daigné répondre à cet appel désespéré et a déclaré au Congrès : « Il ne faut pas confondre action secrète et travail missionnaire. »

En janvier dernier, par une décision d’un mauvais timing incroyable, la Maison Blanche de Trump a trahi les Kurdes une fois de trop, rompant l’alliance de dix ans entre Washington et les Kurdes de Syrie en les forçant à céder 80% de leur territoire occupé. Dans le sud-est de la Turquie, le parti kurde radical PKK a conclu un accord avec le Premier ministre Recep Erdogan et procède actuellement au désarmement, tandis que la région du Kurdistan irakien reste en dehors du conflit en respectant une entente diplomatique de 2023 avec Téhéran visant à établir une frontière pacifique entre l’Iran et l’Irak. Le président Trump a appelé au moins un dirigeant des Kurdes iraniens, qui constituent environ 10% de la population iranienne, pour l’encourager à mener un soulèvement armé. Mais la plupart des Kurdes iraniens semblent plus intéressés par une autonomie régionale que par un changement de régime.

Alors que les appels de Trump aux Kurdes pour qu’ils attaquent et au peuple iranien pour qu’il se soulève se heurtent à un silence éloquent, Washington risque de mettre fin à cette guerre avec le régime islamique iranien encore plus solidement ancré, montrant au monde que les Etats-Unis ne sont pas seulement une puissance perturbatrice, mais une puissance en déclin dont les autres nations peuvent se passer. Au cours des 100 dernières années et plus, le peuple iranien s’est mobilisé à six reprises pour tenter d’instaurer une véritable démocratie. À ce stade, cependant, il semble qu’une septième tentative n’interviendra que bien après le départ de l’actuelle armada navale américaine de la mer d’Oman.

Du particulier au géopolitique

Si l’on dépasse cette vision particulière de la politique ethnique iranienne pour adopter une perspective géostratégique plus large sur la guerre en Iran, le déclin de l’influence de Washington dans les montagnes du Kurdistan semble refléter son influence géopolitique déclinante sur le vaste continent eurasien, qui reste aujourd’hui l’épicentre du pouvoir géopolitique, comme il l’est depuis 500 ans.

Pendant près de 80 ans, les États-Unis ont maintenu leur hégémonie mondiale en contrôlant les extrémités axiales de l’Eurasie grâce à leur alliance avec l’OTAN en Europe occidentale et à quatre pactes de défense bilatéraux le long du littoral pacifique, du Japon à l’Australie. Mais aujourd’hui, alors que Washington concentre davantage sa politique étrangère sur l’hémisphère occidental, l’influence américaine s’estompe rapidement le long du vaste arc de l’Eurasie s’étendant de la Pologne, en passant par le Moyen-Orient, jusqu’à la Corée, que des spécialistes de la géopolitique tels que Sir Halford Mackinder et Nicholas Spykman ont autrefois surnommé la « zone tampon » ou « la zone de conflit ». Comme Nicholas Spykman l’a un jour formulé de manière succincte : « Celui qui contrôle la zone tampon (rimland) règne sur l’Eurasie; celui qui règne sur l’Eurasie contrôle le destin du monde. »

Depuis l’avènement de la politique étrangère « America First » de Donald Trump en 2016, les grandes et moyennes puissances situées le long de tout ce Rimland eurasien se sont activement désengagées de l’influence américaine – notamment l’Europe (en se réarmant), la Russie (en défiant l’Occident en Ukraine), la Turquie (en restant neutre dans la guerre actuelle), le Pakistan (en s’alliant à la Chine), l’Inde (en rompant avec l’alliance Quad [Etats-Unis, Japon, Australie et Inde] de Washington) et le Japon (en se réarmant pour mettre en place une politique de défense autonome). Ce désengagement continu se manifeste par le manque de soutien à l’intervention en Iran, même de la part d’alliés européens et asiatiques autrefois proches – un contraste frappant avec les larges coalitions qui s’étaient jointes aux forces états-uniennes lors de la guerre du Golfe de 1991 et de l’occupation de l’Afghanistan en 2002. Le micro-militarisme de Trump en Iran, qui expose involontairement mais clairement les limites de la puissance américaine, ainsi que l’influence déclinante de Washington à travers l’Eurasie se révéleront sans aucun doute comme catalyseurs pour l’émergence d’un nouvel ordre mondial, qui devrait aller bien au-delà de l’ancien ordre de l’hégémonie mondiale des Etats-Unis.

Tout comme Sir Anthony Eden est aujourd’hui tristement célèbre au Royaume-Uni pour avoir été le Premier ministre incompétent qui a détruit l’Empire britannique à Suez, les historiens futurs pourraient bien considérer Donald Trump comme le président qui a sapé l’influence internationale des États-Unis, notamment par sa mésaventure micro-militaire au Moyen-Orient. Au gré des ascensions et des chutes des empires, cette géopolitique reste clairement un facteur constant qui façonne leur destin – une leçon que j’essaie d’enseigner dans mon récent ouvrage Cold War on Five Continents: The Geopolitics of Empire & Espionage (Haymarket Books, décembre 2025).

En ces temps difficiles, où les événements semblent à la fois confus et déroutants, les «fragments brisés de légendes antiques» de Mark Twain peuvent nous rappeler des analogies historiques telles que l’effondrement de la puissance et de l’influence de la Grande-Bretagne ou de l’Union soviétique, qui peuvent nous aider à comprendre comment le passé murmure souvent au présent – comme il semble d’ailleurs le faire ces jours-ci dans le détroit d’Ormuz. (Article publié sur le site Tom Dispatch le 15 mars 2026; traduction rédaction A l’Encontre)

Alfred W. McCoy est professeur d’histoire à la chaire Harrington de l’université du Wisconsin-Madison.

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