Syrie. Les attaques sur Idlib «ciblent les écoles et les hôpitaux»

Par BBC News, Quentin Sommerville

Au moins 20 civils, dont neuf enfants, ont été tués lors des frappes de l’armée syrienne dans la région d’Idlib mardi 25 février 2020, a déclaré un observateur syrien des droits de l’homme.

L’Observatoire syrien des droits de l’homme a déclaré que les écoles et les hôpitaux figuraient parmi les cibles.

Les forces du régime mènent une offensive féroce pour s’emparer d’Idlib, le dernier grand territoire syrien encore contrôlé par les rebelles et les djihadistes.

Environ trois millions de personnes vivent dans des conditions désespérées dans la région. [A Idlib même, il y a 750’000 personnes qui continuent, malgré les attaques, à vivre dans cette ville. Par contre, un million de personnes l’ont quittée ou sont en train de partir pour se diriger vers la frontière turque, constituant des camps des plus précaires, sans nourriture, avec des enfants mourant d’hypothermie. Si le reste de la population survivant à Idlib est expulsée suite aux bombardements, la «catastrophe humanitaire» prendra des dimensions sans précédent.]

Rami Abdel Rahman, directeur de l’Observatoire, a déclaré que les frappes visaient à la fois la ville principale – également appelée Idlib – et les zones environnantes.

Un écolier et trois enseignants, ainsi que deux autres personnes, ont été tués dans la ville d’Idlib, a affirmé Rami Abdel Rahman, tandis qu’au moins six enfants faisaient partie des dix civils tués à Maarat Misrin, une ville située juste au nord d’Idlib.

Il a ajouté que quatre autres personnes, dont une mère et ses deux enfants, sont mortes à Binnish, au nord-est de la ville.

L’Union des organisations de soins médicaux et de secours (UOSSM- The Union of Medical Care and Relief Organizations) a déclaré que dix écoles au total – dont deux crèches – et l’hôpital central d’Idlib ont été frappés par des frappes aériennes et des attaques terrestres.

Cette organisation a qualifié ces attaques de «barbares».

Heba Morayef, directrice régionale d’Amnesty International pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord, a condamné les offensives aériennes et terrestres, en déclarant: «Les écoles devraient être des lieux sûrs où les enfants peuvent apprendre et jouer, même dans une zone de conflit. Cibler les écoles et les jardins d’enfants utilisés à des fins civiles est un crime de guerre

La crise humanitaire actuelle à Idlib a été décrite comme la pire depuis le début du conflit en 2011.

L’ONU a déjà averti qu’une bataille à grande échelle pour Idlib pourrait entraîner un «bain de sang». La semaine dernière, le secrétaire général des Nations unies, António Guterres, a appelé à un cessez-le-feu immédiat.

Pourquoi Idlib?

Idlib est le dernier bastion des rebelles et des combattants djihadistes qui tentent de renverser le président syrien Bachar al-Assad depuis 2011.

L’opposition contrôlait autrefois une grande partie du pays, mais l’armée syrienne a repris la majeure partie du territoire au cours des cinq dernières années avec l’aide de la puissance aérienne russe et des miliciens soutenus par l’Iran. Aujourd’hui, l’armée veut «libérer» Idlib.

Ces dernières années, un afflux de personnes déplacées, depuis diverses régions de Syrie, a doublé la population d’Idlib et de la région, qui atteint aujourd’hui environ trois millions de personnes, dont un million d’enfants.

La Turquie, qui soutient l’opposition au président Assad et craint un nouvel afflux massif de réfugiés syriens, a déployé des troupes dans des postes d’observation à Idlib dans le cadre d’un accord avec la Russie qui a mis en place une zone de désescalade – l’accord de Sotchi de 2018. Cependant, cet «accord» n’a pas réussi à empêcher l’armée syrienne de reprendre une grande partie de la province avec l’aide de frappes aériennes russes et de miliciens soutenus par l’Iran. (Reportage du 25 février 2020; traduction rédaction A l’Encontre)

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*