Guide de «Jewish Currents» sur les élections israéliennes. «Une conversation imaginaire “entre vous et moi” sur la “démocratie juive” en période de génocide»

Copyright Eli Valley. Rangée du haut, de gauche à droite: Yair Golan, Naftali Bennett et Mansour Abbas. Rangée du bas : Benjamin Netanyahou et Gadi Eisenkot (Jewish Currents)

Par Josh Nathan-Kazis

Les élections législatives israéliennes auront lieu dans quelques jours [article publié le 20 octobre 2026, les élections se tiennent le mardi 27 octobre] et il n’y a pas de quoi s’enthousiasmer. Le pire scénario est vraiment, vraiment catastrophique; le meilleur scénario n’est pas très réjouissant. Voici une conversation que j’ai imaginée “entre vous et moi” au sujet du scrutin, de la manière de l’envisager et de ce qu’il révèle sur l’idée d’un «État juif et démocratique».

Cette élection a-t-elle seulement de l’importance? Le bloc de Netanyahou et l’opposition sont tous d’accord sur les questions les plus importantes: ils ne mettront pas fin à l’occupation, et ils ne mettront pas fin au génocide. Alors, qui se soucie de savoir qui va gagner?

D’ici, aux États-Unis, on a un peu l’impression qu’il n’y a rien en jeu la semaine prochaine. La droite sioniste et le centre sioniste sont alignés dans leur opposition à la libération des Palestiniens, et centre gauche sioniste semble souvent disposée à se rallier à eux. Alors, qu’est-ce qui changerait si le Premier ministre Benjamin Netanyahou perdait? Ma première idée, en fait, était d’intituler cet article quelque chose comme «Les élections israéliennes n’ont aucune importance», et d’adopter un ton très cynique et désinvolte à ce sujet. Mais ensuite, j’ai discuté avec certaines personnes.

«Les Palestiniens sur le terrain ont désespérément besoin d’oxygène», m’a confié Amjad Iraqi, analyste principal pour Israël et la Palestine à l’International Crisis Group. Mettre fin aux dix-sept années de domination presque ininterrompue de Netanyahou sur la politique israélienne ne ferait pas disparaître l’occupation. Cela entraînerait toutefois presque certainement le départ d’Itamar Ben-Gvir. Ce kahaniste [adepte de l’idéologie du rabbin Meir Kahane, fondateur de la Jewish Defense League, figure radicale du sionisme religieux et condamné pour terrorisme sioniste] contrôle les prisons et la police israéliennes en tant que ministre de la Sécurité nationale. Bezalel Smotrich, ministre des Finances fasciste, serait lui aussi probablement évincé. Or, il exerce une influence considérable en Cisjordanie. «Ce que me disent les prisonniers politiques, c’est qu’il faut se débarrasser de Ben-Gvir», m’a confié la semaine dernière Abed Abu Shehadeh, militant politique et animateur communautaire à Jaffa. Pour les Palestiniens de Cisjordanie, a-t-il ajouté, «le fait que Smotrich soit impliqué a son importance».

Aucun résultat probable de cette élection ne sera satisfaisant. Mais la situation peut toujours empirer. «J’écoute très attentivement mes amis palestiniens», a déclaré Orly Noy, rédactrice en chef du site d’information israélien Local Call, membre du conseil d’administration de l’organisation de défense des droits de l’homme B’Tselem et candidate aux élections législatives sous la bannière de la Liste commune, une coalition de partis palestiniens. «Les citoyens palestiniens vivant en Israël disent: “Nous sommes les prochains sur la liste, et ils vont nous expulser de force.”»

Ces élections ont donc leur importance, ne serait-ce que pour atténuer la situation extrêmement grave dans laquelle le gouvernement actuel a plongé les Palestiniens. «Personne ne parle de changement», a déclaré Abu Shehadeh. «Tout le monde se demande comment minimiser les dégâts et comment simplement survivre à cette phase de l’histoire.»

Alors, qu’est-ce qui permettrait de limiter les dégâts?

Un gouvernement excluant Netanyahou et les kahanistes, et parvenant à un accord quelconque avec les partis palestiniens, pourrait apaiser la situation. Mais ce scénario est peu probable. L’opposition sioniste est divisée; de plus, son racisme anti-arabe, ainsi que celui de ses électeurs et électrices, rend loin d’être acquise une alliance avec les partis palestiniens visant à écarter Netanyahou du pouvoir. Voici tout ce qu’il faut savoir sur les élections de la semaine prochaine.

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Première partie: les acteurs

Une douzaine de partis et d’alliances électorales devraient remporter des sièges à la Knesset. Pour bien comprendre comment ils s’articulent les uns aux autres, il faut saisir ce que les partis sionistes ont fait subir au dirigeant politique palestinien Sami Abu Shehadeh, et ce que cela révèle de la démocratie dans l’État juif [la définition constitutionnelle d’Israël en tant qu’État juif a été adoptée par la Knesset le 19 juillet 2018].

Sur quelle liste électorale figure Sami Abu Shehadeh?

Sur aucune, désormais. Abu Shehadeh dirige le parti de gauche Balad, l’un des trois partis palestiniens qui se sont regroupés pour cette élection sous la bannière de la Liste commune, aux côtés du Ta’al d’Ahmed Tibi et du Hadash, un parti communiste palestinien-juif.

Le mois dernier, les partis du centre et du centre-gauche sionistes se sont ralliés à une initiative d’extrême droite visant à faire disqualifier Abu Shehadeh de la course électorale, en raison d’un article qu’il avait rédigé immédiatement après le 7 octobre et dans lequel il qualifiait les attaques du Hamas d’«événement historique important». Leur argument principal était qu’il devait être écarté en vertu d’une loi interdisant aux candidats de soutenir la «lutte armée» contre l’État. Dans un mémoire déposé devant le tribunal, Abu Shehadeh a nié soutenir la lutte armée. («Je suis prêt à endosser chaque mot de l’article d’Abu Shehadeh», a écrit le mois dernier le chroniqueur du Haaretz, Gideon Levy. «Son seul péché est l’identité nationale de son auteur.») L’extrême droite cherche depuis longtemps à disqualifier les Palestiniens et leurs partis des élections à la Knesset, mais c’était la première fois que cela aboutissait: Abu Shehadeh s’est retiré au début du mois pour éviter de créer un précédent juridique préjudiciable, après qu’il est apparu clairement que la Cour suprême s’apprêtait à confirmer la disqualification.

En quoi cette fois-ci était-elle différente?

Eh bien, l’une des différences résidait dans le fait que l’ensemble du spectre politique sioniste, de l’extrême droite à la gauche, a soutenu la campagne de disqualification.

Pourquoi auraient-ils agi ainsi? Ces partis ne sont-ils pas en désaccord les uns avec les autres sur les politiques et les questions politiques?

Nous traversons actuellement une période de la politique israélienne où il faut parfois regarder de très près pour distinguer l’extrême droite du centre.

À l’extrême droite, on trouve le Likoud nationaliste de Netanyahou, principale force conservatrice de la politique israélienne depuis sa création dans les années 1970. On trouve également d’importants petits partis: l’Otzma Yehudit (Force juive) de Ben-Gvir, un parti kahaniste soutenu par des colons extrémistes; et le Parti sioniste religieux de Smotrich, qui représente le mouvement national-religieux et qui se présente sur une liste commune avec Zehut (Identité), un parti libertarien d’extrême droite dirigé par Moshe Feiglin, qui affirme vouloir «voir Gaza vidée [de ses Palestiniens]». Un autre petit parti d’extrême droite, Amcha Yisrael ( Ton peuple Israël) d’Ofer Winter, a attiré quelque peu l’attention au début de l’automne en tant qu’alternative émergente au parti de Smotrich, même s’il semble désormais qu’il ne recueillera pas suffisamment de voix pour obtenir un siège à la Knesset.

Les partis d’extrême droite s’accordent généralement sur quelques points fondamentaux: étendre et intensifier le projet de colonisation, notamment par le biais de l’annexion ; repousser les frontières d’Israël vers le nord, jusqu’au sud du Liban, ou du moins y maintenir une présence militaire indéfinie; et expulser les Palestiniens de Gaza. Ce ne sont généralement pas là les positions officielles des partis du centre. Mais l’extrême droite israélienne a largement dicté les termes du discours politique du pays pendant la majeure partie des 50 dernières années. Et des générations successives d’Israéliens et Israéliennes ont intériorisé sa rhétorique déshumanisante selon laquelle les Palestiniens seraient des intrus intrinsèquement dangereux nécessitant une domination violente. Les partis centristes, dirigés en grande partie par des parias de la droite et d’anciens alliés de celle-ci, ne remettent pas en cause ce consensus. Ils ont fait campagne contre les partis d’extrême droite tout en choisissant de ne pas s’opposer de manière significative à leurs positions fondamentales consistant à infliger un châtiment maximal aux Palestiniens.

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Le leader présumé des centristes est Gadi Eisenkot. Ancien général en chef d’Israël, qui a formulé en 2006 la doctrine Dahiya, une stratégie militaire israélienne prônant le recours à une force écrasante et destructrice contre les infrastructures civiles [au Liban]. Gadi Eisenkot était membre sans droit de vote du cabinet de guerre de six personnes dirigé par Netanyahou qui a orchestré le génocide à Gaza. Il dirige aujourd’hui Yashar [Intègre, créé le 16 septembre 2025], un parti centriste plutôt banal. L’autre figure de proue du centre est Naftali Bennett, qui, il y a dix ans, dirigeait le prédécesseur du Parti sioniste religieux d’extrême droite de Smotrich. Bennett s’est nominalement recentré après s’être aliéné la droite en 2021 en intégrant son parti dans une coalition gouvernementale comprenant le parti palestinien Ra’amn [Liste arabe unie – Ratsim Aravit Meuchedet – parti politique islamiste et conservateur]. N.Bennett se présente désormais à la tête de B’Yachad [Ensemble], une nouvelle alliance centriste. Il y a également Avigdor Lieberman, du Yisrael Beiteinu [Israël est notre maison] un parti d’extrême droite qui ne s’est rallié à l’opposition centriste qu’en raison de la haine tenace que Lieberman voue à Netanyahou et de son refus de siéger aux côtés des alliés Haredim [Juifs ultra-orthodoxes] de ce dernier.

Au lieu de s’opposer à Netanyahou sur la question palestinienne, qui ne fait vraiment pas l’objet de débats dans la politique israélienne dominante, ces partis — qui seraient qualifiés d’extrême droite dans bien d’autres pays — se concentrent sur des questions telles que sa mauvaise gestion des différentes guerres en cours menées par Israël, sa responsabilité dans les attaques du 7 octobre, le coût de la vie élevé en Israël et l’exemption de service militaire des Haredim, qui constitue une source de tension croissante depuis deux ans.

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Bon, je suppose qu’il ne faut pas s’étonner que les partis centristes aient soutenu cette disqualification. Qu’en est-il du centre-gauche?

Ils ne font guère mieux à l’heure actuelle. Le parti de centre-gauche en lice est Les Démocrates, formé en 2024 à la suite d’une fusion de la dernière minute entre le Parti travailliste, qui exerçait autrefois une emprise hégémonique sur la politique israélienne, et le petit parti pacifiste Meretz. La politique sioniste libérale (progressiste) que ce parti incarne avait pratiquement disparu lors des dernières élections législatives de 2022, où le Parti travailliste n’avait remporté que quatre sièges et où Meretz avait été balayé. Mais les manifestations de 2023 contre la réforme judiciaire proposée par Netanyahou ont quelque peu redynamisé le mouvement. Le parti issu de cette fusion est dirigé par Yair Golan, un ancien général que le haut commandement israélien a sanctionné avec modération en 2007 après que les caméras de l’Associated Press eurent filmé ses troupes utilisant des Palestiniens comme boucliers humains. Son parti obtient dans les sondages de meilleurs résultats que n’importe quel parti sioniste libéral depuis des années. Mais cela semble être la conséquence de la consolidation du bloc sioniste libéral en un seul parti et de la popularité personnelle de Yair Golan, plutôt que d’une vague de soutien en faveur d’une fin du conflit.

Que dit Golan de l’oppression des Palestiniens par Israël?

Golan reste évasif sur la question d’un État palestinien, évite tout discours visant à rechercher la paix avec les Palestiniens et ne parle pas de l’occupation. Au début de la campagne, Noam Sheizaf, journaliste et militant cofondateur du +972 Magazine, a mené une initiative partiellement couronnée de succès visant à intégrer la gauche anti-occupation au sein du parti Les Démocrates. Lorsque nous nous sommes entretenus au début de l’automne, il m’a confié qu’il savait que les dirigeants du parti ne partageaient pas ses opinions politiques, mais que l’intégration de personnalités opposées à l’occupation sur la liste électorale serait utile — si le parti parvenait à entrer au gouvernement. «Dès que [nous] aurons trois ministres des Démocrates au gouvernement ayant un certain poids à propos de la Cisjordanie, [nous] serons dans une meilleure position», nous a-t-il confié.

À la fin du mois dernier, cependant, lorsque Ben-Gvir a fait pression pour faire disqualifier Abu Shehadeh, Yair Golan a soutenu cette exclusion. Cela reflète clairement la situation politique du moment: même la gauche sioniste de nom se joint à cette vague sans précédent vers la droite. Orly Noy, qui a gagné une place pour se hisser à la 14e position de la Liste commune suite à la disqualification d’Abu Shehadeh, m’a confié que le soutien de Yair Golan démontrait la folie de vouloir faire des Démocrates un refuge politique pour la gauche anti-occupation. «Si, sur une question aussi fondamentale, ils n’ont pas pu influencer leurs représentants pour qu’ils ne commettent pas cette erreur effroyable… alors je ne comprends pas vraiment à quoi tout cela a servi», a-t-elle avoué.

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Qu’en est-il des partis palestiniens? Que signifie cette disqualification pour eux?

La Liste commune, de gauche, et la Liste arabe unifiée, conservatrice, connue sous le nom de Ra’am, sont les deux principaux partis palestiniens en lice ce mois-ci. Mansour Abbas a retiré Ra’am de la Liste commune en 2021 et a rejoint le gouvernement de coalition centriste de Bennett plus tard dans l’année. Depuis lors, une profonde fracture divise la scène politique palestinienne en Israël, avec d’un côté Abbas, éminemment pragmatique, et de l’autre la Liste commune, désormais dirigée par Yousef Jabareen, du Hadash [qui réunit diverses organisations, la plus importante étant le Parti communiste israélien].

Une tentative parallèle de l’extrême droite visant à disqualifier la Liste commune et Ra’am a échoué. Mais cela a placé les deux partis dans une position inconfortable et délicate, alors qu’ils se préparent à des négociations de coalition avec des partis qui ont collaboré contre Abu Shehadeh.

Les partis ont abordé cette élection différemment. La stratégie du Ra’am est pragmatique: elle se concentre principalement sur la criminalité et la violence au sein des communautés palestiniennes en Israël, et vise activement à rejoindre une coalition au pouvoir. La Liste commune, quant à elle, met l’accent sur la libération palestinienne, mais sa stratégie reste incertaine. «On ne sait pas très bien ce qu’ils feraient même s’ils remportaient un nombre considérable de sièges», a déclaré Amjad Iraqi à propos de la Liste commune. «Quels compromis tenteraient-ils d’obtenir de la coalition s’ils devaient lui apporter un soutien extérieur? Ce sont là des questions sur lesquelles, je pense, même au sein des partis, tout le monde n’est pas tout à fait d’accord.»

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Pourquoi la Cour suprême a-t-elle été autorisée à faire pression sur un candidat pour qu’il se retire de la course? Israël n’est-il pas censé être une démocratie?

Dans une certaine mesure. Au cœur de l’affaire contre Abu Shehadeh se trouvait un amendement à la Loi fondamentale d’Israël, adopté dans les années 1980 en réponse à la montée du kahanisme politique [Heir Kahan avait été condamné]. Il prévoit la disqualification des candidats dont les actes incluent «l’incitation au racisme», « le soutien à la lutte armée» ou «la négation de l’existence de l’État d’Israël en tant qu’État juif et démocratique».

Et la Cour suprême estime-t-elle que Sami Abu Shehadeh est la seule personne, parmi toutes les listes électorales, à avoir commis l’un de ces actes?

Apparemment. Ce qui est, bien sûr, absurde: «incitation au racisme» résume avec élégance, en trois mots, l’ensemble de la carrière politique de Ben-Gvir, ainsi que celle de bon nombre de ses collègues de l’extrême droite. Quant à la «négation de l’existence de l’État d’Israël en tant qu’État juif et démocratique», il existe de nombreux politiciens sionistes religieux qui préfèrent la théocratie juive à la démocratie juive, et qui militent de fait pour la négation d’Israël en tant qu’État démocratique.

Ce qui les distingue tous Abu Shehadeh, c’est qu’ils sont juifs, et qu’il ne l’est pas. Lors d’élections dans une «démocratie juive», les droits démocratiques des citoyens non juifs dépendent des caprices des partis sionistes qui disposent d’une carte blanche pour exclure les citoyens palestiniens du processus démocratique sur la base de lois que ces mêmes partis sionistes refusent pour la plupart de s’appliquer à eux-mêmes. Sans même parler des millions de Palestiniens non citoyens qui vivent dans les territoires occupés par Israël et n’ont pas leur mot à dire dans le choix de leurs occupants!

«La décision de Sami Abu Shehadeh de se retirer a été extrêmement difficile à prendre», m’a confié Orly Noy, membre du parti de Abu Shehadeh, Balad. «La première réaction de nombreux partisans de Balad, et de nombreux membres de la société palestinienne en Israël, a été: “Ne fais pas ça. Qu’ils assument les conséquences de leurs actes”.» Cependant, après que la direction politique de Balad eut consulté des avocats, le parti a estimé que le précédent juridique créé en permettant au tribunal de confirmer officiellement la disqualification permettrait trop facilement aux partis sionistes de disqualifier des dirigeants palestiniens à l’avenir. «C’est le cœur très, très lourd que Sami a pris cette décision», nous a déclaré Orly Noy.

Cela a peut-être eu pour effet de faire remonter les partis palestiniens dans les sondages. Les sondages laissent désormais entrevoir que la Liste commune pourrait remporter huit sièges, contre sept au début du mois.

Pourtant, cette décision a durement touché les citoyens palestiniens d’Israël, selon Abed Abu Shehadeh, un proche de Sami Abu Shehadeh: «Tout le monde s’est réveillé le lendemain avec un sentiment de tristesse. Cela a fait écho au sentiment général des Palestiniens face à ce que nous avons vécu au cours des trois dernières années, car cela ne faisait pas que nous effrayer, cela nous humiliait, et lui-même a été humilié.»

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Partie II: Comment les pièces s’assemblent

Alors, qui va l’emporter?

Il convient de commencer par dire qu’il y a de fortes chances qu’un événement dramatique se produise au cours de la semaine prochaine, et que toutes ces prévisions finissent à la poubelle: les élections de mi-mandat aux États-Unis ont lieu dans deux semaines, et Axios a rapporté la semaine dernière que Netanyahou et Trump avaient évoqué la reprise de la guerre contre l’Iran avant les élections américaines et israéliennes. Hier (19 octobre), le secrétaire américain à la Défense (Pete Hegseth) était en Israël pour rencontrer Netanyahou au sujet de l’Iran. Et ce matin (20 noctobre), Netanyahou a publié sur les réseaux sociaux une vidéo de lui-même debout devant un hélicoptère militaire, s’engageant à ce que l’Iran ne dispose pas d’armes nucléaires tant qu’il sera au pouvoir. Netanyahou et Trump sont tous deux capables de relancer une guerre contre l’Iran comme stratagème de dernière minute avant les élections.

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Cela mis à part, il suffit de consulter les sondages et de faire quelques calculs pour se rendre compte que le scénario le plus probable est la tenue de nouvelles élections dans quelques mois. Une coalition a besoin de 61 sièges sur les 120 disponibles pour former un gouvernement majoritaire; selon les derniers sondages, le bloc de Netanyahou — le Likoud, Otzma Yehudit de Ben-Gvir, le Parti sioniste religieux de Smotrich et les partis haredim Shas et Judaïsme unifié de la Torah — est censé remporter environ 50 sièges, tandis que le bloc d’opposition Yashar d’Eisenkot, B’Yachad de Bennett, Yisrael Beiteinu de Lieberman et Les Démocrates de Golan — devrait en remporterait à peu près autant.

Environ 14 des 20 sièges restants devraient revenir à la Liste commune et au Ra’am. Un petit parti dirigé par Yoaz Hendel, alliance entre Les Réservistes et le Nouveau Parti économique, a connu une forte progression dans la dernière ligne droite. Il semble en passe de remporter quatre sièges. Bien que ses positions politiques soient de droite, il s’agit d’un parti anti-haredi intransigeant, qui semble plus susceptible de rejoindre une coalition dirigée par Eisenkot que celle de Netanyahou. Le parti Amcha Yisrael d’Ofer Winter, qui représentait initialement une menace sérieuse pour le Parti sioniste religieux de Smotrich, pourrait encore franchir le seuil électoral — 3,25% des voix, soit quatre sièges —, mais il perd du terrain.

Amener l’un ou l’autre de ces blocs à 61 sièges revient à essayer de résoudre cette énigme avec le loup, la chèvre et le chou [1]: si l’on intègre les partis haredim dans une coalition, on perd Yisrael Beiteinu, entre autres. Si l’on intègre Ra’am dans une coalition, on perd Yashar. Et ainsi de suite.

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N’y a-t-il aucune chance que Netanyahou remporte la victoire dès le premier tour?

Oh, il y a bel et bien une chance. Il existe de nombreux sondages différents, réalisés par de nombreux instituts différents, et le dernier sondage de Channel 14, chaîne très proche de Netanyahou, donne à la coalition de Netanyahou 62 sièges à la Knesset, soit suffisamment pour former un gouvernement. Ce sondage fait toutefois figure d’exception. Le scénario le plus probable semble être qu’aucune coalition ne dispose de 61 sièges au lendemain des élections, et que les partis entament alors des négociations.

Donc, si aucun des deux blocs n’a suffisamment de voix pour former un gouvernement, que se passera-t-il alors?

Le scénario le plus simple est qu’Eisenkot forme un gouvernement en concluant des accords avec les partis palestiniens. Il a déclaré très clairement qu’il ne le ferait pas. Mais si son autre choix est de perdre, qui sait ce qui pourrait arriver. «Ils pourraient bien décider de serrer les dents et de parvenir à un accord quelconque», m’a confié Amjad Iraqi, de l’International Crisis Group. Jamais, dans l’histoire d’Israël, un gouvernement minoritaire n’a été formé à l’issue d’une élection. Mais c’est possible en vertu de la loi israélienne: un gouvernement peut être formé si le nombre de députés de la Knesset votant pour est supérieur à celui votant contre, ce qui signifie, par exemple, que si le bloc d’Eisenkot intégrait le Ra’am dans sa coalition et que la Liste commune acceptait de s’abstenir, Gadi Eisenkot pourrait former un gouvernement disposant d’environ 57 sièges contre les 50 de Netanyahou.

Une situation similaire s’est produite en 1993, lorsqu’un parti a quitté la coalition au pouvoir d’Yitzhak Rabin et que ce dernier est resté au pouvoir grâce au soutien extérieur des partis palestiniens, qui n’ont jamais rejoint le gouvernement mais ont voté avec lui lorsque cela était nécessaire.

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Les partis palestiniens sont-ils disposés à siéger au sein d’un gouvernement aux côtés des partis sionistes?

Mansour Abbas, du Ra’am, a clairement indiqué qu’il souhaitait rejoindre une coalition au pouvoir, comme il l’avait fait en 2021. Selon ce qu’Amjad Iraqi m’a confié, la position du parti est la suivante: «Nous sommes là pour occuper des fonctions gouvernementales.»

La situation concernant la Liste commune est plus compliquée. Elle ne rejoindrait pas un gouvernement de coalition, et aucun des partis sionistes ne voudrait d’elle. Malgré tout, Yousef Jabareen, le chef de la Liste commune, a déclaré qu’il souhaitait soutenir un gouvernement minoritaire anti-Netanyahu. Orly Noy m’a confié que le parti ne voulait pas assister à de nouveaux cycles électoraux qui ne parviendraient pas à former un gouvernement stable, comme cela s’est produit en 2019 et 2020. «Chaque cycle ne fait qu’augmenter les chances de retour de Netanyahou», dit-elle. «Il sait très bien exploiter l’instabilité politique à ses propres fins.»

Orly Noy a indiqué que si Eisenkot était disposé à négocier, la Liste commune souhaitait conclure un accord. «Notre soutien n’est pas promis d’office», a-t-elle précisé. «Mais nous avons une vision très réaliste de la donne politique, et nous savons que nous ne voulons pas de Netanyahou, et qu’il y a une limite à ce qu’Eisenkot peut offrir en échange de notre soutien en tant que parti extérieur.»

En d’autres termes, les négociateurs de la Liste commune ne feront pas pression pour obtenir des choses dont ils savent qu’Eisenkot ne peut pas les accorder. Orly Noy elle-même ne fait pas partie du comité de négociation de la Liste commune et n’occupe pas une place suffisamment élevée sur la liste des candidats pour avoir un espoir raisonnable de remporter un siège à la Knesset. Mais, elle s’attend à ce que le parti demande à Eisenkot de «mettre fin à la terreur quotidienne» contre les Palestiniens de Cisjordanie [ce qui se produit à Hébron, depuis le 23 octobre, au moyen d’ «une punition collective» des plus brutale infligée à la population d’Hébron suite à la mort de deux soldats israéliens], comme condition minimale. «Si les politiques de Netanyahou visaient uniquement à anéantir tout espoir de libération palestinienne et de futur accord politique, alors nous nous attendrions à voir un certain changement par rapport à ces politiques».

Cela semble donc être une possibilité, en fait? La Liste commune souhaite conclure un accord, et le bloc Eisenkot pourrait avoir besoin d’elle? Est-ce là la voie pour minimiser les dégâts dont nous parlions au début de cette «conversation»?

Eh bien, peut-être. Mais souvenez-vous du loup, de la chèvre et du chou: Avigdor Lieberman a clairement indiqué qu’il ne ferait pas entrer Yisrael Beiteinu dans un gouvernement minoritaire, ni dans une coalition avec Ra’am ou la Liste commune. Cela suggère qu’une coalition dirigée par Eisenkot, soutenue par Ra’am au sein du gouvernement et par la Liste commune à l’extérieur, disposerait en réalité de 49 voix et serait mise en minorité par le bloc Netanyahou.

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Mais le bloc anti-Netanyahu pourrait l’emporter, si seulement Lieberman était prêt à faire un compromis politique avec les partis palestiniens?

Il n’y a pas que Avigdor Lieberman. Gadi Eisenkot a déclaré qu’il ne le ferait pas, Yoaz Hendel, du parti «Les Réservistes», a déclaré qu’il ne le ferait pas, Bennett a déclaré qu’il ne le ferait pas. Les partis centristes ne considèrent pas les partis palestiniens – ni les centaines de milliers de citoyens, pour la plupart non juifs, qu’ils représentent – comme des acteurs légitimes de la «démocratie juive» israélienne. Ils préfèrent voir le pays retomber entre les mains de Netanyahou et de ses kahanistes de prédilection plutôt que de partager ne serait-ce qu’un minimum de pouvoir avec les Palestiniens.

Bon, donc cette option est écartée. Quoi d’autre?

Un scénario plausible, selon l’analyste politique Dahlia Scheindlin, chroniqueuse chevronnée auprès d’Haaretz, serait qu’un acteur passe d’un bloc à l’autre. «Cela pourrait être un parti, ou une partie d’un parti», a indiqué Scheindlin. «Des partis entiers pourraient tout simplement rompre leurs promesses. Cela arrive tout le temps, et les électeurs israéliens sont parfaitement conscients de cette possibilité.»

Les possibilités sont ici infinies, et des événements insolites pourraient se produire. Les rumeurs politiques se concentrent sur le parti Yashar de Gadi Eisenkot, dont la liste regorge de néophytes en politique qui pourraient constituer des cibles de choix pour Netanyahou, désireux de les séduire afin qu’ils changent de camp. Ou peut-être qu’ Avigdor Lieberman pourrait surmonter sa haine envers Netanyahou et rejoindre le camp de ce dernier.

Par ailleurs, les partis haredim pourraient se dissocier de Netanyahou – le parti mizrahi Shas (Gardiens séfarades de la Torah), en particulier, a laissé entendre qu’il pourrait soutenir Eisenkot, bien que ce dernier ait nié tout intérêt. La position des partis haredim est l’un des enjeux politiques les plus épineux pour le bloc de Gadi Eisenkot.

Les partis haredim ne rejoindront-ils pas automatiquement une coalition dirigée par Netanyahou?

Ce n’est plus aussi simple de nos jours. L’exemption de service militaire accordée aux haredim, qui sème le chaos politique en Israël depuis plus d’une décennie, est désormais l’un des enjeux majeurs de la politique israélo-israélienne, après que la guerre de Gaza a contraint des centaines de milliers d’Israéliens non haredim à un service de réserve prolongé. Les efforts souvent timides du gouvernement pour arrêter les insoumis haredim ont donné lieu à des émeutes perturbatrices, parfois violentes, et le Judaïsme unifié de la Torah ainsi que le Shas en veulent tous deux à Netanyahou, leur allié de longue date, de ne pas avoir mis en place une nouvelle exemption de service militaire. Les partis centristes, ainsi que certains partis de droite, ont quant à eux fait de la fin de l’exemption de service militaire un élément central de leur programme. Il se pourrait donc que le Judaïsme unifié de la Torah et le Shas ne trouvent leur place dans aucun gouvernement de coalition.

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Les tensions internes sont très vives au sein de ces deux blocs. Qu’en est-il d’un gouvernement d’union nationale?

Des discussions ont eu lieu au sujet d’une coalition regroupant des partis des deux factions. Netanyahou a évoqué la constitution d’un «large gouvernement national», quoi que cela puisse signifier, et Lieberman a accusé Eisenkot de prévoir la formation d’une coalition avec Netanyahou. Ce genre de situation s’est déjà produit: en 2020, l’ancien général centriste Benny Gantz avait formé un gouvernement d’union nationale avec Netanyahou, dans lequel chacun devait occuper le poste de Premier ministre à tour de rôle. Mais Netanyahou a commencé et le tour de Gantz n’est jamais venu! (Alors qu’il était considéré, il y a à peine un an, comme le successeur probable de Netanyahou, la carrière politique s’est effondrée, et il s’est retiré, le 19 octobre de la course électorale). Dahlia Scheindlin estime qu’un accord de partage du pouvoir entre Netanyahou et un autre dirigeant est peu probable: «S’il s’agit d’un gouvernement d’union nationale, Netanyahou voudra être le premier à occuper le poste de Premier ministre dans le cadre d’une rotation, ce à quoi aucun des partis d’opposition ne se prêterait».

Et s’ils ne parviennent pas à s’entendre?

Après le scrutin, le président d’Israël, Isaac Herzog – titulaire d’un doctorat honoris causa du Jewish Theological Seminary of America et présumé incitateur au génocide – nommera le chef de l’une des factions pour tenter de former un gouvernement. Ce dirigeant disposera de 28 jours, auxquels s’ajoutera une prolongation potentielle de deux semaines, pour négocier une coalition. S’il échoue, Herzog pourra donner leur chance à deux autres chefs de faction avant qu’une nouvelle élection ne soit programmée pour le début de l’année prochaine, Netanyahou restant aux commandes en tant que Premier ministre par intérim.

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Partie III: Comment tout s’effondre

Cette élection, la première depuis le début du génocide, laissera une trace sinistre. Bien que Sami Abu Shehadeh soit désormais le premier homme politique palestinien à avoir été écarté d’une élection par la Cour suprême, il ne sera certainement pas le dernier. On assiste à une érosion rampante de la confiance dans le processus politique israélien, non seulement chez les Palestiniens, mais aussi au sein de la population juive israélienne.

En parlant d’érosion de la confiance: qu’en est-il de toutes ces vidéos générées par l’IA?

C’est dingue, et ce n’est pas seulement le volume de ces vidéos générées par IA — c’est aussi leur qualité. Le contenu généré par IA issu de cette campagne, en particulier celui de l’équipe de Netanyahou, est incroyablement réaliste. C’est un avant-goût de ce à quoi ressembleront très bientôt les campagnes politiques partout dans le monde: des vidéos générées par IA d’une qualité technique exceptionnelle, diffusées en permanence par tous les candidats.

Certaines de ces vidéos sont extrêmement racistes.

Je veux dire par là que toute la stratégie de Netanyahou au début de la campagne consistait à se présenter comme le rempart contre les hordes musulmanes, incarnées par le maire de New York Zohran Mamdani, le président turc Recep Tayyip Erdo?an, le Guide suprême iranien Mojtaba Khamenei et le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas. En septembre, il a publié une vidéo générée par l’IA les montrant tous les quatre en train de discuter au téléphone.

Smotrich, quant à lui, a diffusé cet été une vidéo générée par IA se moquant des craintes des Palestiniens face à sa campagne visant à implanter des colonies de type «Cisjordanie» dans des zones à majorité palestinienne situées à l’intérieur de la Ligne verte. Mardi, Ben-Gvir a publié une vidéo vraiment délirante comparant les Palestiniens à des ânes.

Parallèlement à l’explosion des contenus générés par IA, on observe un courant profond de théories du complot. Netanyahou et son épouse en ont été les principaux instigateurs, relayant diverses théories liées au 7 octobre: soit que les services de sécurité israéliens n’auraient pas averti Netanyahou des attaques, soit que Yair Golan, le chef du parti des Démocrates, était au courant des attaques à l’avance. Cela s’est transformé en une tentative de détourner l’attention de plusieurs nouveaux rapports indiquant que Netanyahou avait en réalité reçu un avertissement préalable concernant une attaque imminente, mais qu’il n’avait pas agi. De nombreux Israéliens croient désormais à ces théories du complot: en avril, près de 30% de la population pensait qu’il y avait eu une «trahison de l’intérieur» le 7 octobre; un sondage de septembre 2026 estimait ce chiffre à environ 60% parmi les électeurs de la coalition de Netanyahou.

Cela alimente un climat politique où les vérités sont relatives, et où les politiciens peuvent construire des réalités imaginaires dans lesquelles leurs électeurs peuvent s’immerger. «Cette avalanche de contenus fictifs générés par l’IA, même s’ils sont manifestement faux et ne visent pas à paraître réels, sape néanmoins un consensus fondé sur la réalité et offre un terrain encore plus fertile pour que les théories du complot prennent racine», m’a confié ma collègue Natasha Soffer-Roth [ancienne éditrice du magazine +972]. «Et cela est d’autant plus vrai dans un pays où l’incitation à la haine contre les Palestiniens est un principe fondateur de la culture politique.»

Cela ne semble pas constituer une base saine pour un «régime démocratique».

Un sondage réalisé en septembre par l’Institut israélien pour la démocratie a révélé que seuls 51% des citoyens juifs d’Israël et seuls 20% de ses «citoyens palestiniens» se montraient optimistes quant à l’avenir du régime démocratique en Israël. Alors que, respectivement, seuls 25% et seuls 14% d’entre eux se disaient respectivement optimistes quant à l’avenir de la cohésion sociale. Israël poursuit une trajectoire sombre. Nous verrons la semaine prochaine, et au cours des semaines de négociations qui pourraient suivre, si l’ère Netanyahou touche à sa fin et si ce qui viendra ensuite pourrait être légèrement meilleur. Si, comme ils l’ont promis, les partis du centre choisissent d’abandonner une éventuelle coalition et de renvoyer le pays aux urnes plutôt que de gouverner avec des partis palestiniens, nous disposerons d’une étude de cas claire sur les contradictions inhérentes à une « démocratie juive ». (Jewish Currents, 20 octobre 2026, traduction rédaction A l’Encontre)

Josh Nathan-Kazis est le directeur de l’information chez Jewish Currents. Auparavant, il était rédacteur en chef chez Barron’s (magazine réputé d’analyse financière), où il couvrait l’actualité des entreprises du secteur de la santé. Il était aussi rédacteur auprès de The Forward (Jewish Independent Non profit Publication) où il menait des enquêtes sur les institutions communautaires juives.

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[1] Sur le dilemme classique le loup, la chèvre et le loup voir https://yakamedia.cemea.asso.fr/univers/agir/jeux/jeux-dinterieur/enigme-le-passeur-la-chevre-le-loup-et-le-chou

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