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  • 23 Commentaires

    1. Bonjour,
      Pour avoir visité plusieurs fois l’ouest américain, mon mari et moi avons constaté la misère et le dénuement des amérindiens. Les Oglala Lakota de Pine Ridge, nous les avons vus assis par terre, alignés, misérables, les yeux dans le vague, et cela nous a fait beaucoup de peine de voir comment un peuple aussi fier et digne a été réduit à cet état de misère. Nous sommes encore plus tristes de les voir affectés par le COVID 19 de cette façon.
      Bravo à toutes celles et ceux qui s’investissent pour les amérindiens car il ne faut pas que les premières nations disparaissent, elles sont l’âme et les racines profondes de ces terres que l’on appelle l’Amérique.
      Nous les soutenons de tout notre cœur depuis notre lointaine France.

    2. Je vous remercie pour ces deux articles particulièrement intéressants et complets sur la crise énergétique actuelle.
      En ces temps de confinement, avec un groupe d’étudiants, nous avons créé une « revue » en ligne (cf lien du site). Ce commentaire n’a pas de but particulier à part vous remercier mais si jamais vous auriez des conseils à nous donner pour développer notre projet, nous sommes toujours preneurs…

    3. Bonjour,
      je me demande dans quelle mesure il serait pertinent de faire l’analogie de notre crise actuelle avec la NEP de Lénine? Les articles de R Godin ( https://www.mediapart.fr/journal/france/200520/une-crise-economique-violente-structurelle-et-profonde/commentaires) et la vidéo de O Passet (https://www.xerficanal.com/economie/emission/Olivier-Passet-Une-reprise-durable-de-la-consommation-exige-une-reinvention-de-l-offre-_3748622.html) y incitent vraiment. La question de l’utilité sociale des métiers, des secteurs devrait-on dire pour la transition écologique et les effets de prix en ciseaux etc..
      Bien sûr, le raisonnement prendrait un chemin à rebours de celui de Lénine puisqu’il s’agirait de mettre en avant les métiers, les secteurs liés au bien commun à une productivité radicalement différente de secteurs marchandisés.

    4. Assez d’accord mais la sortie du Sahel doit être pensée intelligemment, il ne faut pas que ce soit « après moi, le néant ». Une piste est peut-être à chercher du côté de la très étonnante coalition militaire menée par les forces du Tchad, du Cameroun et du Nigeria visant à endiguer le djihadisme (notamment Boko Haram) dans la région.

    5. Merci Mr Michel HUSSON pour la synthèse que je lis en ce 15 juillet 2020. J’ai eu l’énorme plaisir d’en être, de « La Gauche », l’hebdo de l’aile gauche du P.S.B,en 1958 (je ne suis pas un ancien de 1968…). Sous le pseudo très belge de Franz HUBRECHT j’y ai « pondu » une chronique hebdomadaire sur l’EXPO universelle de 1958. Puis, après l’Expo et jusqu’en 1961, des chroniques « touche-à-tout », anti-armée etc. Mais le plus grand souvenir que MANDEL me laissera : c’est l’homme ,le copain, l’ami, le très chic type, généreux, émouvant. Il est parfois regrettable que les témoignages sur MANDEL n’évoquent pas quel ami formidable il était. Amitiés, Vladimir ISSACOVITCH, Marseille.

    6. L’engagementd’A.O.C. (cf photo) consiste à ne pas accepter de contributions des firmes liées au pétrole, au gaz, au charbon … pour financer sa campagne, j’imagine, vu la date. Autre chose est la décision du comité national démocrate de financer en cas de victoire ces mêmes secteurs industriels, et en même temps d’accepter les contributions de ces secteurs à la campagne démocrate. Mais de la part du parti démocrate, on pouvait s’y attendre, non ?

      • Certes, le programme de 2020 du Parti démocrate diffère de la déclaration d’AOC datant de 2018. Le problème reste le suivant. Dans les commissions d’élaboration du programme, le courant d’AOC a été intégré, comme celui de Sanders, et le résultat final est celui ratifié par le CND, un mécanisme qui n’est pas nouveau dans l’histoire du Parti démocrate.

    7. «les sociétés capitalistes occidentales sont restées réellement, durant ces quelques décennies, des sociétés intégralement capitalistes» :
      Effectivement, Bernard Friot, lui aussi, qualifie les « […] institutions sociales […] institutions qui introduisent un déjà-là du socialisme au sein même du capitalisme » prémisses du communisme au sein même du capitalisme. Cependant ces institutions sociales ont pour l’essentiel été arrachées au capital à la faveur de conjonctures voyant le rapport de force capital/travail s’inverser (front pop, fin de la 2ème guerre mondiale..), peut être aussi concédées par la fraction de la bourgeoisie consciente des conditions sociales générales indispensables à la valorisation du capital, la fraction de la bourgeoisie sensible au keynésianisme (la bourgeoisie sociale-démocrate).
      Peut-on pour autant douter que les sociétés occidentales soient restées intégralement capitalistes ? Dès que le taux de profit baisse dangereusement la régression néolibérale se charge de nous rappeler, si besoin était, la nature de cette société.

      « […] le lecteur pourra reprocher aux auteurs de ne pas proposer de projet alternatif » :
      Dans « Trois scénarios pour explorer le champ des possibles à l’horizon de la sortie de crise » (alencontre.org/societe/covid-19-trois-scenarios-pour-explorer-le-champ-des-possibles-a-lhorizon-de-la-sortie-de-crise-ii.html) Alain Bihr évoque le 3ème scénario, fort peu probable de l’ouvertur de brèches en vue d’une rupture révolutionnaire. Qui peut imaginer sur quoi déboucherait une rupture révolutionnaire ? Sans donner dans « l’avant-gardisme éclairé » il faut pourtant bien réfléchir à ce que nous voulons et c’est ce à quoi contribuent notamment Frédéric Lordon (Orientations : https://blog.mondediplo.net/orientations, Pour un communisme luxueux : https://blog.mondediplo.net/pour-un-communisme-luxueux) et, bien sûr Bernard Friot (Et la cotisation sociale créera l’emploi, etc.).

      • Alain Bihr, Michel Husson: En fait, la formule citée par Henri Sterdyniak procède de la troncature d’une phrase, qui plus est détachée de son contexte. Nous rétablissons donc l’ensemble du passage qui permet seul de comprendre le sens de la formule citée :
        «Ce qu’il [Piketty] appelle “l’État fiscal et social”, auquel la social-démocratie va pour partie attacher son nom, n’est finalement que le produit de toute cette dynamique des rapports de production, des rapports de propriété, des rapports de classe et des rapports internationaux, dont Piketty ne souffle mot, tout simplement parce qu’ils les ignorent ou ne les méconnaît pour l’essentiel. Sans quoi on ne comprendrait pas qu’il puisse évoquer l’œuvre de la social-démocratie dans ces termes :
        “(…) les pays nominalement capitalistes sont en réalité devenus entre 1950 et 1980 des sociétés sociales-démocrates, avec des mélanges variables de nationalisation, de système public d’éducation, de santé et de retraite, et d’impôt progressif sur les plus hauts revenus et patrimoines.” (page 567)
        Bel exemple de cette mise sens dessus-dessous du monde et de cette inversion du sens des mots qui est le propre de l’idéologie. Car, en réalité, tout un chacun l’aura compris : désignées nominalement comme social-démocrates, les sociétés capitalistes occidentales sont bien restées réellement, durant ces quelques décennies, des sociétés intégralement capitalistes, au sein desquelles l’emprise du capital n’aura pas cessé de s’exercer bien que sous des formes nouvelles et quelquefois inattendues.
        Le reproche que nous adresse Sterdyniak n’est pas justifié. Comme l’indique le titre de notre ouvrage, Thomas Piketty, une critique illusoire du capital, notre propos vise à montrer en quoi, ignorant radicalement la nature du capital comme rapport social de production, Thomas Piketty ne peut que se tromper et tromper le lecteur sur la portée soi-disant anticapitaliste de ses propositions politiques, dont la mise en œuvre éventuelle déboucherait au mieux sur une nouvelle forme de régime social-démocrate, à peine mâtinée d’écologie. Dégonfler de pareilles baudruches est un travail préalable nécessaire à toute réflexion sur de véritables alternatives anticapitalistes.

    8. Passionnant article et qui donne en effet très envie de lire ce livre. Je l’ai partagé avec une amie qui lit tous les livres de Piketty et sera donc fortement intéressée par votre point de vue. Ni économiste ni politicienne de formation, (scientifique de sciences « dures », naturalistes, curieuse de tout), je développe avec un ami un projet de recherche en démocratie participative, en gestion publique, au Québec où je vis (cependant Française d’origine), et je n’avais pas envisagé une perspective socioéconomique aussi globale, mais cela enrichit ma réflexion et ma bibliographie, alors merci ! Je connais encore mal les Économistes Atterrés, mais ai entendu Thomas Coutrot sur France Culture et ai beaucoup apprécié son analyse et ses propositions.
      Merci encore pour votre article et la mise en perspective qu’il offre.

    9. Très bon article, qui rappelle que la question économique doit toujours intégrer la question politique: celle des rapports de pouvoir. Comme l’a montré P. Clastres, nos civilisations se sont bâties sur ces rapports de pouvoir. L’apparition de l’Etat, en tant que forme d’organisation politique, a institutionnalisé la domination d’une classe sur les autres. C’est dans ce cadre que vous vivons encore aujourd’hui, et il est illusoire de penser que des réformes économiques, si méritoires soient-elles, aboliront cette domination.

    10. Chercher « dans certains commentaires privés de Darwin (…) le fond de sa pensée » (correspondance, etc.) plutôt que dans un discours publiquement souscrit comme The Descent of Man – que d’ailleurs vous traduisez, comme d’autres, par La Descendance de l’Homme plutôt que La Filiation de l’Homme(une descendance et une filiation ce n’est pas pareil pourtant….) – est contestable. D’autant plus que le but (idéologique) est toujours le même : tirer des conclusions en faveur d’un « darwinisme social » (dont le noyau théorique est l’élimination des moins aptes par laissez-faire ou par interventionnisme) de Darwin. Autant dire que c’est raté comme avec Weikart (1995, date de son article, c’est « récent » ?? mais votre contribution n’est pas datée). En effet, être pour l’élimination des moins aptes ou être pour le salaire au mérite et aux pièces, c’est tout autant « réactionnaire » mais ce n’est vraiment pas la même chose. Autant faire de Proudhon un « darwiniste social » avant l’heure puisqu’il était pour un libéralisme pour les prolétaires : « L’ouvrier supérieur qui conçoit, rend plus de travail et de meilleure qualité qu’un autre… recevra un plus fort salaire ; il pourra gagner une demie et demi, deux, trois journées de travail et au-delà. Ainsi les droits de la force, du talent, du caractère même aussi bien que ceux du travail seront ménagés » (dans Capacité politique des classes ouvrières)

      • Michel Husson: Comme vous (Lilian Truchon) partagez la lecture de Patrick Tort, je comprends votre réaction. Mais elle porte sur des points mineurs. Je n’ai pas fait que mobiliser la correspondance de Darwin, comme vous le suggérez: je cite abondamment The Descent of Man dans sa traduction française mais j’ai vérifié qu’elle n’introduit aucun biais que la nouvelle aurait corrigé. L’article de Weikart n’est pas vraiment récent, tout dépend de l’échelle de temps… et ma contribution est évidemment datée!

        Vous ne discutez pas ma thèse, annoncée d’emblée: «si Darwin lui-même s’est gardé de s’engager sur cette voie, il en a laissé le soin à d’autres». Ainsi Darwin renvoie-t-il à Galton qui montre que « le génie (…) tend à se transmettre héréditairement.» Est-ce forcer le texte que de dire que Darwin se rallie à cette thèse, qui est au fond le fondement du darwinisme social?

        Darwin déplore l’idée que «tout travailleur, qu’il soit bon ou mauvais, fort ou faible, devrait avoir la même durée du travail et le même salaire» ont, contrairement à ce que vous dites, quelque chose à voir avec «l’élimination des moins aptes». Il affirme que «les travailleurs sobres et prévoyants seront avantagés et laisseront plus de descendants». Payer un salaire plus avantageux aux travailleurs «forts» afin qu’ils «laissent plus de descendants»: le lien n’est-il pas évident?

    11. Il n y a pas de teleologie, d évolution lineaire, de dieu transcendental, mais une évolution « en buisson » aleatoire, « en bifurcation  » pour employer un mot decdaniel bensaid.

      Kimura montre de manière convaincante selon moi que les mutations génétiques sont neutres velles sont favorisées dans un sens ou dans l autre par l environnement. Gould specifie cela en montrant qu elles ont lieu rapidement lors d une variation d environnnement.

      Laissons darwin et margaret mead chacun a leur place. Il n y a pas de teleplogie. Ce qui n est pas vrai en politique: la prise du pouvoir par le comité militaire revolutionnaires du soviet de petrgrad n est pas tombée du ciel.

      • Michel Husson: Merci (Willy) de ce commentaire. Mais ma contribution n’était pas centrée sur la dimension strictement «biologique» de la sélection. C’est pourquoi je n’ai pas traité, par exemple, de la compatibilité de la théorie de Darwin avec les découvertes ultérieures, notamment la génétique mendélienne, ni de la Théorie neutraliste de l’évolution de Motoo Kimura. Une contribution ultérieure portera sur le débat plus récent autour de la «courbe en cloche» qui porte sur la biologisation des rapports sociaux, en m’appuyant évidemment sur les travaux de Stephen Jay Gould.

    12. Je réponds à Michel Husson suite à mon commentaire : bien que, comme vous le dites, je partage la lecture de P. Tort, nous sommes vous et moi d’accord maintenant sur le fond (!), à savoir :
      Il n’y a pas de darwinisme social de Darwin puisqu’il s’est gardé de s’engager sur cette voie (du darwinisme social).
      Pourquoi ? Selon moi, parce qu’il était résolument opposé à ce qu’écriront en son nom Spencer et Galton (et Haeckel), les vrais fondateurs – comme vous l’admettez aussi par défaut- du « darwinisme social ». Selon vous : parce qu’il en a laissé le soin à d’autres – d’où le besoin d’aller chercher dans sa correspondance, etc. pour espérer y trouver quelque chose dans ce sens. Je vous le redis : cette sorte d’épistémologie du soupçon est très contestable. Il est vrai que dans Descent of Man on trouve certaines références théoriques ou documentaires de Darwin à Spencer et à Galton mais cela n’entraîne de sa part en réalité aucune adhésion aux positions doctrinales et recommandations éthiques de l’un et de l’autre. L’enjeu d’une lecture instruite de ce livre par Patrick Tort qui ne se contente pas de citations fragmentaires est la suivante : voir comment ces références s’insèrent dans le cours de la démonstration. Pour cela, il faut suivre les règles de base qu’on demande à tout lycéen dans un commentaire composé : « quelle progression se réalise dans le texte ? », « l’auteur manifeste-il sa présence dans le texte et comment ? », « quelle est l’intention de l’auteur ? ».
      Enfin, concernant la question syndicale et Darwin, voici sa logique globale restituée sommairement : L’égalité des salaires a un coût biologique indéniable, défavorisant les plus méritants et les plus travailleurs. Néanmoins, comme il CONCLUT dans The Descent of Man (où l’on trouve de nombreux thèmes analogues par exemple concernant la « sélection militaire » au chapitre V) : : « Nous ne saurions faire obstacle à notre sympathie, même sous la pression d’une raison implacable, sans porter une atteinte dégradante à la plus noble partie de notre nature […] Nous devons par conséquent supporter les effets indubitablement mauvais de la survie des faibles et de la propagation de leur nature […] ». Je paraphrase P. Tort : l’ensemble du raisonnement de Darwin le conduit à approuver les mesures de sauvegarde des déficients de tous ordres, quoi qu’il en coûte : l’avancement de la civilisation ? qui se confond avec celui de l’altruisme ? exige toujours un sacrifice et impose, normalement, un risque. Si Darwin pose le constat d’un dommage biologique lié à la généralisation des conduites altruistes et anti-sélectionnistes, néanmoins, il y a chez lui approbation morale de ces conduites. Autrement dit, Darwin « refuse l’extension ?simple” de la dynamique sélective en milieu humain, contrairement aux « darwinistes sociaux ».

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