“Les retraites ne sont pas une dette”

Par Jean-Marie Harribey

Sur le vif. J’écoute ce jour [4 juin 2010] à 7h45 Jacques Attali sur Radio classique. Le bonhomme dit: «Le débat sur les retraites n’a aucun sens car les retraites sont une dette.»

Faux. Les retraites ne sont pas une dette au sens financier du terme. Pour la bonne raison que les retraites sont payées dans l’instant avec de l’argent provenant de la production courante. Et cela quel que soit le moment, hier, aujourd’hui et demain. On n’emprunte à personne, on n’a personne à rembourser.

Si Attali fait cette erreur, c’est parce qu’il a implicitement une conception de la retraite comme étant une épargne. Or c’est la grande différence entre un système par répartition et un système par capitalisation [comme le «deuxième pilier» – fonds de pension – en Suisse]: la socialisation d’une partie de la masse salariale fait de la retraite un revenu qui n’est pas celui d’une épargne.

La confusion vient du fait que notre système de retraites institue la transmission à travers les générations d’un droit à la retraite que permet la socialisation ci-dessus. C’est un droit social, ce n’est pas une dette financière. On comprend alors la pression en faveur de la capitalisation pour, précisément, limiter ou supprimer ce droit et faire place à l’épargne individuelle.

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