Israël «cherche à obtenir le soutien de Trump pour son projet d’expulsion des Palestiniens de Gaza»

Benyamin Netanyahou, le 2 septembre, près de la ligne jaune, «inspecte» le «contrôle israélien de la bande de Gaza».

Par Andrew Roth

Le ministre israélien de la Défense, Israel Katz, a déclaré que son pays cherchait à obtenir le soutien de Donald Trump pour approuver des plans visant à expulser les Palestiniens de la bande de Gaza, une initiative largement condamnée comme constituant un crime de guerre potentiel.

Israel Katz a déclaré qu’il n’y avait «en fin de compte aucune véritable solution pour Gaza sans cette migration» lors d’une conférence organisée par le site d’information israélien Ynet et le quotidien Yedioth Ahronoth [premier des trois grands quotidiens]. Il a ajouté que le gouvernement israélien était «organisé et prêt à les faire partir par la mer, par les airs, par tous les moyens possibles».

Donald Trump avait évoqué une prise de contrôle de la bande de Gaza par les États-Unis début 2025, ce qui aurait impliqué l’évacuation des Palestiniens de ce territoire, mais il est depuis revenu sur cette idée. Un plan de paix en 20 points élaboré l’année dernière par la Maison Blanche [qui reste, substantiellement, en «l’air»] ne prévoyait pas l’expulsion des Palestiniens, un acte qui serait largement considéré comme un nettoyage ethnique.

Israel Katz a toutefois déclaré mercredi qu’il estimait que le soutien des Etats-Unis pourrait faire basculer l’opinion régionale en faveur de la réinstallation forcée des Palestiniens de Gaza. Il a ajouté que l’approbation de Trump était cruciale pour convaincre les pays voisins d’accueillir les réfugiés palestiniens.

«Tous les pays disposés à les accueillir veulent bénéficier du soutien des États-Unis. Trump n’a pas annulé ce projet pour l’instant. Il l’a gelé», a-t-il déclaré.

La Maison Blanche n’a pas immédiatement répondu à une demande de commentaires du Guardian visant à savoir si Trump poursuivait ses discussions sur les propositions d’Israël visant à déplacer de force la population de la bande de Gaza [qui est actuellement contrainte de survivre dans 35% du territoire].

Israel Katz a notamment cité l’Égypte, qui, selon lui, aurait fait pression sur Washington pour s’opposer à l’évacuation forcée de la population palestinienne. «Cela n’a pas été annulé. La question fait l’objet de discussions constantes, y compris en ce moment même, et je pense qu’il n’y a finalement aucune autre solution qui soit dans l’intérêt de tous.»

Ces propos interviennent dans le cadre d’une campagne électorale très disputée en Israël [les élections auront lieu le 27 octobre], au cours de laquelle le Premier ministre, Benyamin Netanyahou, et ses alliés de droite ont cherché à rallier les électeurs et électrices en proposant des mesures encore plus agressives visant les Palestiniens.

Certaines de ces déclarations ont été ouvertement provocatrices et cruelles. Le ministre de la Sécurité nationale d’extrême droite, Itamar Ben-Gvir, a publié sur X des images tournées dans une prison pour femmes, où il a déclaré être responsable des conditions de vie déplorables qui y règnent.

Lorsqu’une détenue lui a fait savoir qu’elles ne recevaient ni soins médicaux, ni possibilité de se doucher, ni vêtements propres, Itamar Ben-Gvir a répondu: «Fini les bonnes conditions dans les prisons. Telle est la situation actuelle, et j’en suis directement responsable. Je suis satisfait de ces conditions.» [Voir à ce sujet l’article de Dikla Taylor-Sheinman «The Torture Regime» in Jewish Currents du 11 août 2026.]

Mercredi 2 septembre, Benyamin Netanyahou s’est rendu dans un poste militaire israélien situé près de la ligne jaune dans la bande de Gaza. Israël a déclaré qu’il ne se retirerait pas de cette ligne tant que le Hamas ne se serait pas désarmé, malgré les appels à un retrait progressif visant à faciliter le récent cessez-le-feu conclu avec ce mouvement.

«Nous contrôlons le territoire et nous restons sur cette ligne», a déclaré Netanyahou. «Nous faisons tout pour atteindre notre objectif: désarmer le Hamas [tout en armant des milices gazaouies mafieuses!] et démilitariser Gaza. Gaza ne constituera plus une menace pour Israël.» (Publié dans The Guardian le 2 septembre 2026; traduction rédaction A l’Encontre)

Soyez le premier à commenter

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*