vendredi
23
février 2018

A l'encontre

La Brèche

Matteo Renzi dans une école en Sicile (Syracuse)

Matteo Renzi dans une école en Sicile (Syracuse)

Par Matteo Saudino

Une fois de plus, dans l’histoire récente de l’Italie, un gouvernement de centre gauche conduit une réforme politique de type néolibéral (libériste dans le vocabulaire italien), autoritaire et entrepreneurial, typique des exécutifs de centre droit. Dans le passé, nous en avons eu plusieurs exemples: la réforme des retraites conduite sur la houlette des deux ministres, d’abord par Lamberto Dini et ensuite par Elsa Fornero [1]; la réforme du travail du «paquet Treu» [2] ainsi qu’avec la Loi Turco-Napolitano qui a instauré les centres de détention pour immigré·e·s sans permis de séjour [3].

Maintenant, c’est le tour de l’école. On a eu droit aux déclarations de type politico-utilitariste de l’ex-ministre de l’Education [Mariastella Gelmini] [4] qui a affirmé: «le pacte sur l’éducation de Renzi réalise les propositions de changements mis en avant par Forza Italia». On a aussi entendu celles de l’ex sous-secrétaire Aprea [5] annonçant que «les propositions de Renzi constituent la relance de mon projet». En fait, la «bonne école» envisagé par Matteo Renzi représente le point d’arrivée de décennies de tentatives faites pour transformer l’école publique italienne en une entreprise répondant aux exigences du marché. Toutes les contre-réformes de Renzi sont marquées par l’élément de langage à visée d’unité nationale: «le pacte de…».

La «bonne école», dont les fondements sont en train d’être bâtis, ne doit pas former les citoyens et citoyennes, elle ne doit plus offrir les instruments culturels pour décrypter la réalité et elle ne doit surtout pas stimuler la pensée critique qui est à la base de toute possibilité d’autodétermination et d’émancipation individuelle et collective. La nouvelle école italienne doit mettre au rebut (rottamare) le passé; elle doit être «plus» moderne, flexible, méritocratique. Elle doit répondre à l’élan des défis constamment posés par le dit dynamisme du système économique capitaliste. «Celui qui s’arrête est perdu», selon la formule consacrée.

C’est pour ces raisons que le gouvernement veut changer l’école par le biais de la énième réforme scolaire – la quatrième en une dizaine d’années –, ce qui représente un record en comparaison internationale.

Pour compléter la transformation de l’école italienne selon le modèle d’entreprise, le premier ministre Renzi a eu un coup de génie: dans une phase historique caractérisée par un chômage de masse, l’ex-maire de Florence affirme que le système scolaire du futur doit se fonder sur le travail. Nous sommes en présence d’un récit propagandiste digne du meilleur Berlusconi. En effet, qui ne voudrait pas trouver un emploi à la sortie des études? Qui ne souhaiterait pas l’entrée des capitaux privée dans une école constamment en manque de ressources? Qui ne jugera pas utile la diminution de quelques heures d’italien, de latin, d’histoire, de philosophie ou littérature, en échange de disciplines telles que l’informatique ou l’anglais? Qui ne jugera pas comme étant une heureuse possibilité l’alternance des heures d’étude avec des heures de travail, en apprentissage auprès des entreprises susceptibles d’embaucher par la suite? Personne, mis à part les nostalgiques d’une paideia [6] classique qui est aujourd’hui réservé aux seuls fils de la moyenne et haute bourgeoisie aspirant – ou induite à aspirer – à devenir la future classe dirigeante. En effet, qui, après avoir connu la faim et la soif durant plusieurs années, sera en mesure de choisir de passer du temps en bibliothèque, au cinéma ou au théâtre à la place de boire un bol succulent fait de pain et d’eau?

L’appauvrissement général, causé par le contexte de crise sociale et économique que nous traversons, a enlevé aux élèves l’apétit pour un futur meilleur de celui connu par leurs propres parents. Le réalisme s’est transformé en pessimisme et les luttes de solidarité pour obtenir des parts plus grandes du gâteau sont devenues des compétitions individuelles cyniques visant à accaparer le dernier bout du gâteau. Donc, il faut en finir avec la vieille école des dits soixante-huitards; mais silence doit être fait sur des questions telles que: quelle démocratie et participation, quelle fantaisie et créativité, quelle négociation syndicale, quelle centralité des organes collégiaux? Les temps ont changé: il faut plus de discipline, plus de pouvoir décisionnel placé dans les mains des dirigeants d’école, plus de privé et moins du public, moins de livres sur papier et plus de technologie. C’est ça la panacée pour résoudre chaque problème et le vrai moteur de la modernité.

Il faut une école en phase avec son temps, il faut une bonne école capable de préparer les étudiant·e·s au futur qui les attend. C’est ainsi que garçons et filles seront prêts à intégrer un marché du travail de plus en plus flexible, en constante mutation et exigeant des sujets prêts à s’adapter à ses exigences, prête à vivre dans un monde où les devoirs passent avant les droits. Un marché dans lequel on est consommateur avant d’être citoyen. La «bonne école» de Renzi est celle qui prépare au monde du travail tel qu’il est aujourd’hui! Un travail précaire, sous-payé et dans la majeure partie des cas peu qualifié. En dépit de ses mensonges, la classe dirigeante italienne est consciente que le vrai problème de l’Italie n’est pas l’absence de flexibilité mais, au contraire, c’est l’absence d’un ample besoin effectif de travail qualifié et spécialisé. «Notre» pays est en train de perdre tous ses pôles industriels ainsi que ses centres de recherche et développement de qualité. Dans ce cadre, lier de cette façon l’école au travail signifie en réalité offrir aux entreprises une main-d’œuvre manuelle et intellectuelle déjà préformatée!

Dans la proposition de Renzi, les stages professionnels – fondamentaux dans un parcours de formation – prévus dans les curriculums des instituts techniques et professionnels seront remplacés par 200 heures [une des conquêtes du début des années 1970 était l’obtention pour les travailleurs industriels de 200 heures de formation culturelle générale] à exécuter sur le lieu de travail. En partie, ces heures seront soustraites aux autres disciplines prévues auparavant dans les parcours scolaires en question. Cela n’est plus une école qui plonge ses racines dans l’instruction, car elle les plonge désormais dans l’exploitation du travail et dans les différences de classe.

Il faut le rappeler: l’école républicaine ne se fonde pas sur le travail mais sur le droit à l’étude et au savoir (scientifique et humaniste) qui promeut les droits civiques, l’épanouissement de chaque individu, la mobilité sociale ainsi que la construction d’une communauté solidaire. Soyons clairs: il n’existe pas et il n’a jamais existé un âge de l’or de l’école dont nous devrions avoir la nostalgie. Le système scolaire italien, comme la majeure partie des systèmes européens, a toujours été dans son ensemble un outil de reproduction du statu quo et des inégalités de classe, mais il avait formellement – et nous espérons qu’il va continuer à l’avoir – un dispositif démocratique et universaliste issu de la Constitution qui est née de la période de la Résistance et des grands cycles de luttes du mouvement étudiant, ouvrier et féministe [7].

L’intention de Renzi est de rompre cette perspective constitutionnelle par le biais d’un projet ambitieux, extrêmement idéologisé et en même temps pragmatique: l’objectif c’est de transformer, dans sa substance et dans sa forme, l’école en une entreprise gérée par un directeur/manager, lequel, avec ses collaborateurs, va dicter les lignes politiques de l’école en accord avec les ressources de la région, à savoir les entités politiques (ex. Communes et Régions) et surtout avec les firmes privées. Il veut construire l’école de la compétition entre instituts, enseignants et étudiant-e-s.

Sciopero_cobas_scuolaLa compétition est le sel de la croissance économique libériste, le moteur du marché et l’école ne peut plus être un dinosaure qui stimule (formellement) la coopération, la solidarité, l’intégration et la gestion horizontale. L’école doit devenir le pilier idéologique et matériel de ce type de soumission de la culture, du savoir et des droits aux exigences totalisatrices du marché et de la croissance capitaliste, laquelle se relève toujours plus difficile, plus lente et plus inique dans les pays du sud de l’Europe.

Pour changer en profondeur l’école publique il faut envisager des instruments opérationnels. La réforme de Renzi en considère principalement deux: la possibilité d’évaluer le mérite des enseignants et celle de faire entrer les capitaux privés au sein du système scolaire. Ces mesures représentent le noyau sur lequel se construit la «bonne école» de Renzi. Ce dernier, étant bien conscient des conséquences d’une telle proposition, demande aux enseignants et aux syndicats un vrai et propre pacte [ou chantage]: d’une part, le gouvernement est prêt à offrir la stabilisation contractuelle des 150’000 enseignants inscrits dans les Gae (graduatiorie ed esaurimento) [8] qui depuis des décennies assurent les remplacements annuels en permettant le fonctionnement courant de l’école, d’autre part, le gouvernement exige l’acceptation d’un système d’évaluation des enseignants axé sur le mérite auquel seront liées, à diverses étapes, la carrière et les augmentations salariales.  L’accès officiel des sponsors privé dans l’école publique, sponsors disposant d’un pouvoir décisionnel sur les politiques scolaires, a son impact sur la formulation du système d’évaluation.

Encore une fois, Matteo Renzi et ses collaborateurs sont plus habiles et fourbes que des vendeurs de glaces au pôle Nord. Le gouvernement promet, sans assurance financière enregistrée, l’embauche de 150’000 enseignants dans un an, tandis que dans l’immédiat il propose (ou impose !) le blocus des salaires et l’acceptation des transformations de l’école en une entreprise.

Comment s’opposer à un plan d’embauche de ce niveau? Peu importe si les nouveaux enseignants sont contraints à se déplacer dans différentes régions ou à enseigner une autre matière que celle pour laquelle ils ont été formés. Peu importe si les Gae, avec 500’000 enseignants garantissant des remplacements à court terme, sont supprimés. Peu importe aussi si l’embauche des enseignants précaires de longue durée engendre la énième guerre entre pauvres, car les enseignants ayant été habilités par le biais des Pas et TFA [9] se sentent exclus du plan de stabilisation.

Face à ce tournant politique, le gouvernement est sûr de trouver un consensus nécessaire pour avancer dans la mise en place de cette «réforme». Une fois de plus, la stratégie de diviser pour régner donnera ses résultats. Le corps des enseignants est divisé et fatigué par de décennies de «réformes» qui ont produit des baisses de salaire, l’augmentation de la précarité et l’allongement de l’âge donnant droit à la retraite. Alors, suite à des années de précarité et en dépit des dommages subis, comment ne pas saluer l’embauche promise de dizaines des milliers d’enseignants?

Renzi et ses collaborateurs ont servi un plat amer qu’il semble difficile de repousser. C’est précisément sur la question des 150’000 embauches qu’il faut s’arrêter un instant. En effet, il faut rappeler que le gouvernement italien se trouve contraint de stabiliser ces enseignants d’ici 2015, car la Cour de Justice de l’Union européenne a lancé un avertissement à l’Italie pour avoir abusé du contrat à temps déterminé supérieur aux 36 mois au sein de l’administration publique. Une amende salée est prévue ; pour plusieurs années le Ministère de l’instruction, de l’université et de la recherche (Miur) a engagé de manière réitérée et abusive des dizaines des milliers d’enseignants en septembre, pour les licencier par la suite afin que l’Etat ne soit pas contraint de rémunérer deux mensualités [correspondant aux vacances d’été]. De même, il engage toujours avec un contrat de début de carrière, ce qui correspond au minimum salarial. Est-ce que nous sommes donc en présence d’un génie de la communication ou bien d’une population fatiguée et distraite?

Pour résumer: Renzi, en échange d’embauches certainement dues mais tardives, impose l’évaluation du travail des enseignant·e·s. En échange d’un travail stable, il demande aux enseignants de faire tomber le dernier tabou de l’école: évaluer celui qui évalue! De quoi s’agit-il? Essayons – pour utiliser un jeu de mots – d’entrer dans le mérite de la question. Selon le gouvernement, pour améliorer l’école il faut évaluer les enseignants. Mais le mérite des enseignants est-il le vrai problème qui frappe l’école italienne?

Est-ce que le gouvernement a consulté à ce sujet les étudiant·e·s et leurs parents? En réalité, la question de l’évaluation est un faux problème. La question du mérite sert à déplacer l’attention des vrais problèmes de l’école (classes surpeuplées, bas salaires, absence des laboratoires, problèmes d’infrastructures, enseignants qui travaillent jusqu’à 65-68 ans, etc.) et à satisfaire le «ventre» de l’opinion publique qui considère les travailleurs publics comme des privilégiés, jamais censés être licenciés ou évalués et ayant trop de vacances. En un mot: des fainéants.

Les enseignants n’ont pas peur d’être évalués mais ils refusent le caractère d’un type d’évaluation entendue comme une prime pour des actions serviles vers les dirigeants scolaires et leurs collaborateurs. En effet, en quoi consiste le mérite pour les nouveaux réformateurs? Ces derniers déclarent vouloir «commencer à considérer les enseignants en tant que personnes et en tant que professionnels disposés à assumer divers engagements», cela contre «les inégalités de traitement» et une «concurrence qui les entraînerait vers le bas».

Selon les indications de la réforme, il faudrait évaluer la qualité de l’enseignement en classe ainsi que la capacité d’améliorer le niveau d’apprentissage des étudiant·e·s. En réalité, il s’agit des éléments difficiles à mesurer et si la réforme entend le faire par le biais d’épreuves élaborées par l’Institut national pour l’évaluation du système scolaire, cela ne pourra qu’aboutir à des informations trompeuses. En effet, ce mécanisme n’est pas en mesure de révéler les niveaux d’amélioration (il n’existe pas un test sur les conditions d’accès) et il ne prend pas en considération le contexte socio-économique, culturel et régional des élèves. De plus, on voudrait primer «l’activité de recherche et la production scientifique que certains entendent promouvoir»: alors, est-ce qu’un bon enseignant devrait publier des articles et des livres?

Enfin, qui va mettre en place l’évaluation? Le document de Renzi avance l’idée d’une commission composée par trois personnes : le directeur de l’école, une personne interne à l’établissement scolaire et une externe. Le travail de l’enseignant sera donc examiné par cette commission appelée Nucleo dit Valutazione Interna présente dans chaque école et dont fera partie une perssonne externe. Mais qui? Est-ce un parent? Est-ce un bailleur de fonds de l’école? Un V.I.P.? Est-ce un entrepreneur? Pourquoi pas une femme au foyer ou une ouvrière?

En réalité, ce sont ceux qui vont flatter les exigences d’un directeur scolaire qui vont être bien évalués. La servilité sera synonyme de mérite. De plus, la loi prévoit que seulement 66 % des enseignants seront censés être méritants. Donc, seulement le 66 % des enseignants pourront être retenus pour une augmentation salariale décidée par le gouvernement. Pour ceux et celles qui ne sont pas méritants, aucune augmentation n’est prévue, car ils ne sont pas de bons enseignants. Tant pis pour les étudiants qui devraient les avoir en tant qu’enseignants… au moins jusqu’à ce que l’introduction de la publication on-line du profil de chaque enseignant permettra aux familles-clients de s’acheter l’enseignant-produit qu’elle préfère. Au fond, sommes-nous ou ne sommes-nous pas dans une société de marché libre?

cobas_scuolaL’école-entreprise de plus en plus hiérarchisée prend forme. Si la réelle volonté c’est d’évaluer le mérite des enseignants, pourquoi ne commençons-nous pas par accorder un prix aux enseignants qui travaillent dans des situations clairement défavorisées avec des classes surpeuplées, dans des écoles dégradées en termes d’infrastructure et en termes d’absence ou d’insuffisance de réseaux informatiques? En réalité, le vrai but de ce système axé sur le mérite est d’affamer encore plus la bête afin qu’elle puisse devenir encore plus obéissante et victime de chantages.

Lier les augmentations des salaires à un mécanisme basé sur le clientélisme signifie promouvoir une guerre entre pauvres. Cela contribue à dégrader ultérieurement l’ambiance de l’école publique et les conditions d’apprentissage des étudiant·e·s. Rendre l’école compétitive signifie la faire mourir afin de la décomposer pour en vendre les morceaux sur le marché. Après l’avoir privatisée, les services scolaires seront vendus à l’Etat. De bien commun pour tous à bien privé pour certains: les jeux sont faits. (Article publié sur le site de Sinistra Anticapitalista, traduction par A l’Encontre)

____

[1] Lamberto Dini, ex-directeur général de la Banque d’Italie et ministre du Trésor du gouvernement Berlusconi en 1994-95, fut président du Conseil des ministres du 17 janvier 1995 au 17 mai 1996 à la suite de la première crise du gouvernement Berlusconi. Elsa Fornero est économiste très néoclassique et professeur à l’Université de Turin. Sous le gouvernement Monti [21 décembre 2012- 28 avril 2013] elle est devenue ministre du Travail, des Politiques sociales. Ces deux personnalités ont conduit des contre-réformes d’ampleur du régime de retraite. Tout d’abord, le gouvernement Dini a introduit un système de retraite par capitalisation dans le but proclamé de restructurer la dette du régime des retraites nationale. Ensuite, la réforme Fornero a prolongé l’âge de la retraite et le nombre d’années de cotisation, avant le droit aux allocations de retraite, pour les personnes actives. Selon une estimation, cette réforme a abouti à «produire» 130’000 et 350’000 travailleurs et travailleuses en « sureffectif » (esodati), à savoir ceux et celles qui avant l’entrée en vigueur de la réforme avaient quitté le marché du travail et, en accord avec leur employeur, ont bénéficié d’une « rente-pont » afin d’arriver à toucher la retraite dans les limites prescrites par la loi précédente. Avec cette réforme, les critères changent et ces personnes sont théoriquement exclues des futures rentes, car elles ne respectent pas les nouvelles normes concernant les années de cotisation. (Réd. A l’Encontre)

[2] Tiziano Treu fut ministre du Travail sous le gouvernement Dini et sous le premier gouvernement Prodi de centre gauche [17 mai 1996 – 9 octobre 1998]. Du 21 octobre 1998 au 18 décembre 1999, il a été ministre des Transports sous le premier gouvernement D’Alema (PD), lui aussi de centre gauche. Il est connu pour sa réforme du travail – le «paquet Treu» – qui a introduit le travail intérimaire dans la législation du travail en ouvrant la porte à la précarisation du travail. (Réd. A l’Encontre)

[3] La loi Turco-Napolitano du 6 mars 1998 prend le nom de l’ancienne ministre de la Solidarité sociale sous le gouvernement de centre gauche de Romano Prodi et du ministre de l’Intérieur de l’époque, Giorgio Napolitano, ancien membre du PCI, actuel président de la République d’Italie. Cette loi vise à réglementer au niveau national l’ensemble de la politique de l’immigration: de la définition des immigrés «régulière» et « irrégulière » jusqu’à la réglementation du processus d’accueil des immigré·e·s, y compris l’instauration des Centres de rétention temporaire pour les immigré·e·s en attente d’expulsion (voir l’article ayant trait à la politique migratoire italienne publié sur ce site le 6 octobre 2013). (Réd. A l’Encontre)

[4] Maria Stella Gelmini est membre de Forza Italia (FI). Actuellement, elle est députée au parlement italien (Chambré des députées) et coordinatrice de FI dans la région de Lombardie. Ella a été ministre de l’instruction, de l’université et de la recherche sous le gouvernement Berlusconi IV (8 mai 2008-16 novembre 2011). En tant que ministre de l’instruction, elle a adopté deux mesures majeures, connues sous le nom de « réforme Gelmini ». La première mesure, adoptée par le Sénat italien le 28 octobre 2008, a impliqué des coupes dans l’éducation primaire et secondaire de 7,8 milliards d’euros sur la période 2009-12. Cette mesure se base principalement sur trois points : l’introduction l’« enseignant unique » dans l’école primaire qui substitue les trois enseignants pour deux classes prévues avant la réforme ; la réduction d’un tiers de l’horaire des cours au sein des instituts techniques et professionnels et l’introduction des tests d’évaluations à plusieurs échelons. La deuxième mesure concerne l’Université et prévoit une coupe de 1,5 milliard d’euros pour période 2009-13, le blocus du personnel sur la période 2009-11, une rationalisation interne de l’université (fusion des athénées et des facultés) ainsi que la possibilité de transformer les universités en fondations privées. Selon un article paru le 18 septembre sur le quotidien La Repubblica, les mesures adoptées par la « réforme Gelmini » ont conduit à la perte de 87’000 places d’enseignant et 44’000 places du personnel scolaire technique. Cette « réforme » a suscité l’indignation des milieux scolaires ainsi que des syndicats et d’une partie importante de la population. Des importantes manifestations, des grèves et des occupations des écoles et des universités s’est succédé tout au long de l’automne 2008 et elles ont été impulsées par le mouvement des étudiants universitaires et des écoles secondaires, le mouvement de l’Onda anomala (Vague scélérate). (Réd. A l’Encontre)

5] Valentina Aprea est membre de Forza Italia. Elle a été sous-secrétaire d’État au Ministère de l’instruction, de l’université et de la recherche du 11 juin 2001 au 17 mai 2006 [gouvernements Berlusconi]. En 2008, elle a aussi été présidente de la Commission instruction et culture de la Chambre des députées jusqu’à février 2012. Actuellement, elle est assesseur pour l’Instruction, la formation et le travail pour la région Lombardie. (Réd. A l’Encontre)

[6] En grec ancien, paideia signifie «éducation». Dans un sens plus large, le terme décrit le processus d’éducation réservé à l’aristocratie athénienne qui prévoyait des cours de grammaire, de rhétorique, de philosophie, de gymnastique, etc. avec le but de forger et reproduire la classe dirigeante et politique athénienne. L’auteur met en garde contre des revendications en faveur d’un retour à ce type d’enseignement qui ne peut pas être détaché de l’histoire d’une société élitiste, fortement hiérarchisée et esclavagiste comme celle de l’Athènes de l’Antiquité. (Réd. A l’Encontre)

[7] Il s’agit de la Constitution italienne actuellement en vigueur qui a été promulguée le 27 décembre 1947. Cette Constitution a été élaborée par un processus constituant qui, dès avril 1945, a inclus dans une Assemblé consultative des membres issus de la Résistance. Cette assemblée avait été chargée d’élaborer les principes fondamentaux sur lesquels le processus constituant devait s’appuyer. Nous rappelons: la représentation proportionnelle pour l’élection des membres de l’Assemblée constituante, l’organisation d’un référendum sur la nature du régime (républicain ou monarchique), droit complet de vote des femmes et constitution des listes électorales. Lors du vote du référendum et l’élection de la Constituante, le 2 juin 1946, 54 % des votants ont choisi la forme républicaine. Vu la composition de cette majorité – Démocratie chrétienne (DC) avec 35,2 %, Parti socialiste italien (PSI) avec 20,7 % et Parti communiste italien (PCI) avec 19,7 % – de facto la Constitution adoptée en décembre 1947 a été le fruit d’un compromis entre la droite (DC) et le bloc de gauche (PSI et PCI). (Réd. A l’Encontre)

[8] En Italie, le recrutement des enseignants se fait par le biais de trois différents types de listes: Graduatorie ad esaurimento (Gap), Graduatorie di merito (Gae) et Graduatorie di Istituto (Gai). Dans les Gap sont inscrits les enseignants disposant d’une habilitation à enseigner. Ce type de liste est constitué sur base régionale. A partir de 2008, la liste est fermée et elle est donc destinée à disparaître. Les Gae comptent les enseignants qui ont passé un concours public tandis que dans les Gai s’articulent sur trois catégories d’enseignants : les enseignants inscrits dans les Gap ; les enseignants habilités à enseigner mais pas inscrits dans des Gap et les enseignants non habilités mais en possession d’un titre d’études qui donne accès à l’enseignement. La direction peut engager des Gai pour des remplacements temporaires suite à des absences d’un enseignant titulaire ou pour des postes disponibles après le 31 décembre de chaque année, tandis que les places vacantes à contrat à durée indéterminée sont comblées à partir des deux premières listes dans la mesure de 50% chacun. (Réd. A l’Encontre)

[9] Le parcours spécial d’habilitation [Percorso speciale di abilitazione-PAS] et le Stage professionnel actif [Tirocinio professionale attivo-TFA] ont été les deux modalités de formation initiale des enseignants. Dans le panorama actuel de restructurations de l’éducation nationale, nous ne sommes pas en mesure de dire quelle de deux systèmes sera maintenu et dans quelle forme. (Réd. A l’Encontre)

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David Mandel, «L’héritage de la révolution russe», novembre 2017

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