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La Brèche

Solidarité avec les travailleurs et la jeunesse haïtienne

Publié par Alencontre le 8 - février - 2010

Nous publions ci-dessous une résolution présentée le 5 février 2010 au Congrès de la FSU (Fédération de syndicats regroupant les syndicats intervenant dans l’enseignement en France) qui a reçu un nombre appréciable de voix, mais qui est restée minoritaire. (Réd.)

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Dans le monde entier, les travailleurs et leurs organisations témoignent de leur solidarité avec les travailleurs et la jeunesse d’Haïti victimes du tremblement de terre du 12 janvier 2010. Cela se fait de manière totalement désintéressée.

Il n’en est pas de même de l’intervention des grandes puissances. Il suffit de voir le déploiement massif des troupes américaines et de l’ONU, alors même que dans les quartiers dévastés, des comités populaires se créent pour préserver la sécurité. Mais la première crainte des impérialismes américains et français, c’est que la population haïtienne prenne les choses en main face à un gouvernement discrédité, incapable, simple marionnette de l’impérialisme. Que, comme elle le fit à plusieurs reprises dans l’histoire, elle balaie ce régime corrompu, considérant que la véritable raison derrière leur souffrance n’était pas la nature, mais un gouvernement asservi à l’impérialisme, et, au-delà, le système capitaliste.

En effet, la vulnérabilité d’Haïti aux catastrophes de toute nature n’est pas accidentelle. L’absence de plans d’urbanisme, l’absence de constructions antisismiques, la corruption généralisée, sont la conséquence d’une asphyxie économique et politique organisée depuis deux siècles. Faut-il rappeler que l’impérialisme français n’a jamais accepté la proclamation d’indépendance en 1804 avec la première république constituée par des esclaves noirs ayant brisé la domination coloniale ? Les travailleurs haïtiens n’ont pas plus oublié l’occupation américaine subie de 1915 à 1934, puis les dictatures soutenues par l’impérialisme. À la chute du clan Duvalier (1957-1986), la dette du pays était évaluée à 800 millions $, et aujourd’hui, Haïti continue à crouler sous la dette.

Depuis 2004, sous couvert de «mission humanitaire», Haïti est occupé par les troupes de la Mission des nations unies pour la stabilisation d’Haïti (MINUSTAH). Alors que les travailleurs haïtiens tentaient de défendre leurs droits face à la multiplication des zones franches, la décomposition du régime Aristide et sa soumission croissante aux intérêts américains, ont en effet permis, à l’automne 2003 aux impérialismes français, américain, flanqués du Canada de mettre sous tutelle Haïti.

Quant à Sarkozy, son empressement est guidé par le souci de préserver les intérêts du capitalisme français face aux États-Unis. Il entend en particulier défendre l’accord de partenariat France-Haïti (2008-2012), qui échange l’aide au «co-développement» contre la lutte anti-immigrés et le renvoi des migrants.

Les organisations syndicales haïtiennes qui, il y a quelques mois, se sont mobilisées pour un salaire minimum, contre l’occupation de leur pays (pour le retrait des troupes de la Minustah, forces de répression des grévistes), contre l’accord franco-haïtien de gestion concertée des flux migratoires et contre l’accord de partenariat économique (APE) signé avec l’Union européenne (UE) en appellent aujourd’hui à la solidarité ouvrière internationale. En réponse à leur appel, la FSU exige:

• Annulation immédiate et totale de la dette (multilatérale et bilatérale), et ce, sans aucune condition.

• Paiement des réparations ! Restitution immédiate par le gouvernement français des 900 millions d’euros de la fortune Duvalier; argent extorqué par le dictateur au peuple haïtien.

• Remboursement des 150 millions de francs-or (21 milliards d’euros) payés après leur indépendance par les Haïtiens pour «dédommager» les esclavagistes.

• Que l’argent versé et autres ressources soient sous contrôle des travailleurs haïtiens et de leurs organisations.

• Arrêt immédiat de l’occupation militaire: départ de toutes les troupes (américaines et de la Minustah).

• Liberté totale de circulation des Haïtiens. Droit d’asile: accueil sur le territoire français (métropole et outre-mer) de tout Haïtien qui en fait la demande.

• Régularisation immédiate de tous les Haïtiens (qui se trouvent en métropole et outre-mer).

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