Flávio Bolsonaro s’est enfui du Brésil et s’est rendu aux États-Unis. Dernière mise à jour. Il a quitté Puerto Iguazú

Alors, le 25 au soir, Flavio Bolsonaro affirmait qu’il ne reconnaissait pas la victoire de Lula. (Agencia Brasil)

Par Huella del Sur

L’ancien candidat à la présidence brésilienne, qui a perdu les élections face à Luis Inácio da Silva «Lula», s’est enfui de son pays en affirmant être «persécuté pour des raisons politiques». Cette information, diffusée par le média brésilien Metrópoles, a été confirmée par des proches du fugitif. Flávio Bolsonaro faisait l’objet d’une enquête de la justice brésilienne pour blanchiment d’argent. Dans le cadre de cette enquête, il lui avait été demandé de remettre son passeport.

Mise à jour à 19 heures, le 27 octobre, nos sources dans la province de Misiones nous indiquent que Bolsonaro aurait quitté Puerto Iguazú ce matin à bord d’un Lear Jet. L’homme politique en fuite était entré en Argentine par la localité de Comandante Andrésito, où se trouve un poste-frontière non surveillé. Le gouvernement argentin a déclaré que Bolsonaro n’était pas entré dans le pays.

Dernière mise à jour: minuit, le 28 octobre. Selon la chaîne de TV C5N, Bolsonaro se trouve à l’aéroport de Puerto Iguazú [extrême-nord de l’Argentine]. Il est monté à bord de l’avion accompagné d’une escorte policière. L’avion a décollé à 00h22. Un haut responsable du gouvernement national a été aperçu à l’aéroport, accompagnant le sénateur brésilien en fuite. Ces événements confirment la complicité du gouvernement argentin dans la fuite de Bolsonaro.

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L’actuel sénateur brésilien faisait l’objet de deux procédures judiciaires en cours. La première concernait un financement obtenu par l’intermédiaire du banquier Daniel Vorcaro [banque Master]. La seconde portait sur des entreprises impliquées dans des transactions irrégulières avec des plateformes de paris en ligne [à l’origine d’un endettement privé de secteurs paupérisés de la population brésilienne]. La principale préoccupation de Bolsonaro ne semble pas avoir été le retrait de son passeport, une mesure courante dans ce type d’affaires judiciaires, mais le fait qu’il perdrait en 2027 son immunité en tant que sénateur [1].

Outre les procédures pénales en cours, il est apparu clairement que la demande d’annulation des élections formulée par Bolsonaro ne trouvait aucun écho au sein de son propre camp électoral. Le gouverneur élu de São Paulo, Tarcisio de Freitas, lui avait déjà fait savoir que sa position était de dénoncer les irrégularités présumées, tout en reconnaissant la victoire de Lula. Cette demande ne semblait pas non plus trouver d’écho au sein de la direction du Parti libéral, qui avait fourni la personnalité juridique nécessaire à sa candidature électorale.

Face à cette situation, l’ancien candidat à la présidence, qui n’était plus apparu ni n’avait tweeté depuis la défaite électorale de dimanche, a pris une décision inattendue: quitter clandestinement son pays et se rendre aux États-Unis, avec son épouse et ses filles. Ayant constaté sa disparition, la justice brésilienne a lancé un mandat d’arrêt à son encontre.

On ne sait pas encore avec certitude quel itinéraire terrestre Bolsonaro a choisi pour quitter son pays, mais le fait qu’il figurait sur la liste des passagers d’un avion qui devait décoller de Puerto Iguazú laisse supposer qu’il pourrait être arrivé en Argentine, via la province de Misiones. La fuite de Bolsonaro aux États-Unis est un scandale politique international qui met en évidence l’ingérence directe du gouvernement des Etats-Unis dans les processus électoraux de différents pays de Notre-Amérique.

À une époque où certains analystes s’interrogent sur la persistance de l’impérialisme ou refusent de prendre en compte l’ingérence des États-Unis dans la politique intérieure du Brésil, du Honduras, de la Colombie, de l’Argentine, de l’Équateur, du Pérou, du Venezuela, etc., la réalité vient une nouvelle fois les contredire. Le gouvernement de Donald Trump a fait un coup de force et a fait sortir son candidat, accusé de délits de droit commun, afin qu’il échappe à la justice locale.

Des messages en provenance des États-Unis confirment cette information. Il y a quelques minutes, Simón Levy, un allié reconnu de Trump, a publié un article intitulé «Opération Alba», affirmant que le responsable de l’opération visant à faire sortir Bolsonaro du Brésil était le secrétaire d’État américain, Marco Rubio. Il a également assuré que Bolsonaro demanderait l’asile politique aux États-Unis afin de diriger de là-bas l’opposition contre Lula. Joey Mannarino, un commentateur bien connu de la droite américaine comptant plus de six millions d’abonnés, vient de tweeter [20:02,27 oct.2026] que «Marco Rubio a assuré le transfert en toute sécurité de Flavio Bolsonaro vers les États-Unis».

Le Département d’État américain vient de confirmer que des visas seront accordés à Bolsonaro et à sa famille.

La politique étrangère américaine conserve sa cohérence impériale de toujours. Le président américain Franklin D. Roosevelt avait déclaré à propos du dictateur nicaraguayen Anastasio Somoza García: «C’est peut-être un fils de pute, mais c’est notre fils de pute.» (Article publié par Huella del Sur le 27 octobre 2026; traduction rédaction A l’Encontre)

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[1] Le quotidien Fohla de São Paulo (27 octobre) informe sur la campagne en faveur de licenciements de travailleurs s’étant prononcés en faveur de Lula, campagne menée par des bolsonaristes depuis le début de la bataille électorale et suite à la victoire de Lula. Cette campagne révèle à elle seule le caractère de classe du bolsonarisme, très puissant dans le légidtatif: «A la suite des résultats des élections présidentielles de ce dimanche 25, des messages publiés sur les réseaux sociaux par des électeurs de Flávio Bolsonaro (PL) incitaient au licenciement des salariés ayant déclaré avoir voté pour le président Luiz Inácio Lula da Silva et prônaient le boycott des entreprises qui se seraient prononcées en faveur de la victoire du candidat du PT.

Une partie de ces cas fait déjà l’objet de procédures engagées par le ministère public du Travail. De janvier 2026 jusqu’à 23h59 dimanche 25 octobre, 1937 plaintes pour harcèlement électoral avaient été enregistrées auprès du Parquet général du Travail (PGT) dans tout le pays. Rien qu’entre lundi (26 octobre) et mardi après-midi (27), plus de 400 nouvelles plaintes avaient déjà été déposées auprès de cet organisme, portant le total à 2364.

Selon le PGT, la plupart concernent des publications sur les réseaux sociaux incitant au licenciement ou affirmant explicitement avoir licencié quelqu’un en raison de son vote de dimanche. Ce mouvement s’intitule «Licenciez un membre du PT». (Réd. A l’Encontre)

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