
Par Burhan Ghalioun
Je ne pense pas que la seule hausse des prix de l’énergie ait poussé les Syriens à descendre dans les rues et à couper les routes, le 15 septembre dernier. Cette décision est intervenue dans un contexte de vie extrêmement difficile, où la majorité des Syriens et Syrienne sont confrontés à la pauvreté, à de faibles revenus, à l’insécurité économique et à une capacité toujours plus réduite à subvenir à leurs besoins essentiels. Elle a donc constitué l’étincelle qui a fait exploser des sentiments de frustration, d’inquiétude et de colère accumulés au cours des longs mois précédents. Lire ces manifestations comme une simple contestation du prix d’un produit ou d’une décision économique particulière revient à en minimiser la portée. Elles constituent, au fond, un message politique et social adressé au nouveau pouvoir sur la nature de l’État que les Syriens espéraient voir émerger après la chute de l’ancien régime, ainsi que sur la manière dont les ressources du pays sont gérées et dont son avenir est décidé.
Ce qui a provoqué la colère de la population n’est pas la décision économique en elle-même1. Les gouvernements peuvent être contraints de prendre des décisions difficiles, les prix peuvent avoir besoin d’être réajustés. De plus, un nouvel État sortant d’une longue guerre ne dispose pas des ressources nécessaires pour maintenir indéfiniment des subventions publiques. Le principal problème réside peut-être dans la manière brutale dont les décisions qui touchent la vie de la majorité sont prises: sans explication, sans concertation avec la société et sans mesures clairement définies pour protéger les catégories les plus vulnérables. Négliger tous ces éléments ouvre la porte aux soupçons et pousse à interpréter chaque nouvelle décision du gouvernement comme l’expression d’un parti pris en faveur des détenteurs d’avantages matériels et de pouvoir, au détriment de la majorité de la population. Dans ce contexte, toute décision économique peut facilement devenir une question politique. Les gens ne demandent pas seulement: «Pourquoi les prix ont-ils augmenté?» Ils demandent aussi: «Pourquoi maintenant? Qui va en supporter le coût? Pourquoi n’existe-t-il pas d’alternatives? Qui va en bénéficier? Et pourquoi le pouvoir lui-même ne prend-il pas en charge une partie des sacrifices qu’il demande aux citoyens d’assumer?»
En l’absence d’un média public professionnel et indépendant capable d’expliquer ces décisions, le vide est rapidement comblé par des rumeurs, tandis que les réseaux sociaux exploitent l’inquiétude de la population pour gagner en popularité. Mais le plus préoccupant est la crainte que cette situation fait naître chez les citoyens: la peur que le nouvel État, celui dont les Syriens espéraient qu’il deviendrait véritablement le leur, qu’il se préoccuperait de leurs affaires et s’efforcerait d’alléger leurs souffrances, commence à s’éloigner d’eux et à leur tourner le dos. Ces craintes ont été renforcées par l’impression croissante, apparue dans certains secteurs de la société, que le nouveau pouvoir se rapproche davantage des hommes d’affaires, des intérêts privés, des investisseurs et des réseaux politiques et médiatiques qui l’entourent, et même de certaines figures du passé, plutôt que des citoyens qui ont payé le prix exorbitant du changement. Que cette impression soit entièrement exacte ou pas, dans ses détails, son existence et sa diffusion au sein de la société constituent en elles-mêmes une réalité politique dont il faut tenir compte. Or cela n’a pas été le cas. Parfois l’image qui se forme dans l’esprit des citoyens peut avoir une influence plus forte que les actes eux-mêmes.
Ce sentiment est déjà profondément ancré dans les régions syriennes «périphériques» qui ont longtemps été marginalisées. C’est peut-être ce qui explique la virulence des manifestations dans ces régions qui ont été traitées comme des périphéries lointaines et négligées, sans poids politique, pendant des décennies. Paradoxalement, ce sont précisément ces régions sur lesquelles l’État compte pour accroître ses ressources et financer le coût de la transition économique…
En résumé, le problème ne réside ni dans l’attraction des investissements, ni dans l’ouverture économique, ni dans la volonté d’encourager le capital. Tout cela est nécessaire et doit être accueilli favorablement. Le problème commence lorsque la société a le sentiment que l’investissement est devenu une priorité telle que certaines élites, qui rêvent d’une prospérité rapide, en viennent presque à oublier l’existence de la justice sociale. La situation s’aggrave lorsque l’attraction des investisseurs et l’attention quotidienne qui leur est accordée deviennent plus importantes que la défense des intérêts de la majorité vulnérable et la mise en place de la protection sociale dont elle a besoin. Cela ne signifie pas qu’il faille sacrifier l’investissement au profit de la société: les deux sont essentiels. Cela signifie que l’investissement doit être mis au service de la reconstruction de la société. C’est elle qui doit être l’objectif, et non l’investissement comme nouveau moyen de concentrer la richesse et le pouvoir.
La fin du «pain contre le silence»
Le temps du «pain contre le silence» est révolu. Il est dans l’intérêt de tous les acteurs politiques, au pouvoir comme dans l’opposition, de comprendre que les Syriens ont profondément changé au cours des années de révolution et de guerre, même si ce changement n’est pas toujours visible dans leurs attitudes ou leur comportement quotidien. C’est une transformation profonde qu’il serait extrêmement dangereux d’ignorer. Elle est liée au prix considérable qu’ils ont payé au nom de la dignité et de la liberté. Après cette expérience historique extrême, qui a profondément marqué l’esprit et la conscience de chaque Syrien, il ne sera plus possible de revenir à l’ancienne relation instaurée par la politique de l’ancien régime: le citoyen renonçant à son droit de questionner, de protester et de réfléchir aux affaires publiques en échange de sa sécurité et du minimum nécessaire à sa subsistance.
Les Syriens considèrent qu’ils ne veulent plus être réduits à une position passive, consistant simplement à recevoir ce que le pouvoir décide. Ils sont devenus plus curieux, plus francs et plus sensibles à l’humiliation ou au manque de respect, notamment lorsqu’il s’agit de leurs droits fondamentaux, bafoués ou négligés. Ils veulent savoir: comment l’État est-il administré? Comment ses ressources sont-elles dépensées? Qui prend les décisions? Qui contrôle les responsables? Où sont-ils? Quels sont leurs programmes pour le présent et pour l’avenir?
C’est pourquoi toute tentative des responsables politiques de penser qu’il serait possible de réduire les revendications des citoyens à la nourriture, à l’eau et à la sécurité, ou que la simple amélioration du niveau de vie pourrait les dispenser de respecter les droits politiques et civils des individus, constituerait une grave erreur. Après la révolution, il n’est plus possible de considérer que le souhait des Syriens est simplement de vivre. Il est désormais évident qu’ils veulent aussi vivre dans la dignité. Et la dignité signifie être un partenaire dans la définition des conditions dans lesquelles ils vivent.
Aucun Syrien n’ignore le contexte économique hérité du passé ni la nécessité des réformes. Tous reconnaissent ce que le pouvoir actuel a hérité: un État sinistré et détruit, souffrant d’une pénurie aiguë de ressources, d’un effondrement de ses recettes et confronté à un défi presque impossible à relever: lancer la reconstruction. En résumé, les Syriens comprennent que maintenir le système de subventions généralisées constituerait un «suicide économique» pour l’État qui ne peut se prolonger éternellement. De même, personne ne conteste la difficulté de la situation à laquelle le gouvernement de transition est confronté dans sa tentative de redresser le pays.
Le problème réside dans la méthode suivie par le nouveau gouvernement pour gérer les réformes, et en particulier dans le peu d’attention accordée à la capacité des citoyens à supporter les conséquences de ces changements. Il réside également dans son insistance à avancer rapidement sur la voie des privatisations, à un rythme et avec une intensité qu’un peuple épuisé ne peut supporter sans aucun filet de sécurité. Il réside enfin dans des décisions brutales, parfois insuffisamment réfléchies, qui tombent comme des sanctions, tant par leur calendrier que par la manière dont elles sont mises en œuvre. Une décision soudaine et inexpliquée ne crée pas seulement un problème économique pour une population pauvre; elle renforce aussi le sentiment des citoyens qu’ils ne savent pas où ils vont ni où va leur pays.
Il ne fait aucun doute que les épreuves subies par les Syriens et Syriennes au cours des années de révolution, sous l’autorité d’un gouvernement qui était censé être le leur, ont modifié leur relation au pouvoir, même s’ils n’en ont pas toujours conscience. Le principal enseignement politique qu’ils ont tiré de leurs souffrances exceptionnelles est que le pouvoir n’est pas sacré, qu’il n’est pas plus éclairé que la société. L’État et ses affaires ne sont pas la propriété privée d’une élite dirigeante qui peut en disposer comme bon lui semble. La relation entre l’État et la société a profondément changé dans la conscience de chaque individu. L’État n’appartient plus à ceux qui ont mis la main sur ses appareils pour les contrôler à leur guise. Il est une institution publique dont la mission est de servir la société, d’organiser ses intérêts et de protéger les droits de tous ses citoyens, et non des seuls privilégiés.
Dès lors, la légitimité du pouvoir ne sera plus déterminée uniquement par la manière dont il est arrivé au pouvoir, même si celle-ci repose sur des élections libres, légales et inclusives. Elle dépendra davantage de sa capacité à répondre positivement aux exigences de la construction de la citoyenneté: la primauté du peuple sur le pouvoir, les valeurs d’égalité et de justice, l’État de droit, la solidité des institutions, la qualité du service public et la responsabilité des dirigeants. Cela signifie qu’aucun pouvoir, même nouveau, ne dispose désormais d’un mandat illimité de la part de ses citoyens, même lorsque ceux-ci lui témoignent leur soutien ou leur sympathie en raison de ses réalisations. Il ne s’agit pas pour autant d’en déduire que les manifestations ont constitué nécessairement une confrontation entre la société et l’État, ni qu’elles annonçaient une explosion imminente. Dans une société politique vivante, la protestation peut être l’un des principaux mécanismes permettant de pousser à la réforme, de corriger les politiques publiques et de rectifier les erreurs avant qu’elles ne s’aggravent et ne se transforment en crises majeures. C’est précisément ce qui s’est produit ici. La population a contraint le gouvernement à revoir sa décision. Les manifestations ont joué le rôle d’un signal d’alarme précoce, incitant le gouvernement à examiner plus attentivement ses décisions et à les corriger. La protestation en elle-même ne constitue donc pas un danger. Le danger réside dans l’incapacité du pouvoir à comprendre son message. Dans ce cas-là, la protestation n’est plus l’occasion de corriger les politiques publiques, mais la seule expression possible de la perte de la confiance. Le véritable danger est là.
Le retrait de la décision du gouvernement, ou sa modification, constitue une étape importante sur les plans politique et matériel. Cela joue en sa faveur et montre qu’il a compris le danger des manifestations populaires. Mais s’il veut éviter les surprises potentielles dans cette phase où se croisent les crises intérieures, régionales et internationales, il doit examiner son fonctionnement général et développer certaines règles et certains mécanismes fondamentaux permettant d’anticiper les crises et d’instaurer une interaction plus positive entre le gouvernement et la population.
Premièrement: la transparence
Il ne suffit pas que le gouvernement prenne des décisions, en particulier lorsqu’elles concernent les conditions de vie de la population, en fonction de ce qu’il estime être juste. Il doit expliquer les raisons de chaque décision, ses objectifs, son coût et les alternatives possibles. Il doit également préciser quelles catégories de la population en supporteront le poids et quelles mesures seront prises pour protéger les plus vulnérables. Plus les informations manquent à la population, plus le vide se remplit d’interprétations, de rumeurs et de soupçons. La transparence ne consiste pas uniquement à publier des chiffres. Elle consiste à associer l’opinion publique à la compréhension des choix difficiles auxquels le pays est confronté.
Deuxièmement: passer de la gestion des réactions à la gestion de l’État
Les institutions ne peuvent pas rester indéfiniment dans une phase provisoire où les décisions sont prises à travers des initiatives individuelles, des réactions immédiates et des réponses précipitées aux événements imprévus. L’État a besoin d’un gouvernement qui fonctionne comme une équipe, qui se réunit régulièrement, d’institutions aux compétences clairement définies, de plans rendus publics et de politiques pouvant être discutées et soumises à un contrôle. Une décision soudaine et inexpliquée ne crée pas seulement un problème économique; elle renforce également le sentiment des citoyens qu’ils ne savent pas où va leur pays.
Troisièmement: annoncer une vision économique et sociale claire
Si le pays s’oriente vers une économie de marché, les Syriens doivent savoir concrètement ce que cela signifie. Que signifie la privatisation, et pourquoi? Que va-t-il advenir des prix? Quel sera le rôle de l’État? Quel sera le sort des subventions? Comment les pauvres seront-ils protégés? Comment le chômage sera-t-il traité? Comment le coût de la transition économique sera-t-il réparti? On ne peut demander à la population de supporter une transition vers l’économie de marché — qui peut prendre des formes différentes selon les sociétés et les pays — sans lui expliquer où cette trajectoire la conduit et qui en paiera le prix. Une économie libre ne signifie pas abandonner la société à son sort. De même, protéger les catégories vulnérables ne signifie pas maintenir indéfiniment une économie fondée sur les subventions et la distribution des ressources sans règles. Ce qu’il faut, c’est une économie productive et ouverte, accompagnée d’une politique sociale protégeant les catégories qui ne peuvent supporter le coût de la transition — et qui constituent malheureusement aujourd’hui la majorité de la population.
Quatrièmement: mettre l’accent sur la construction de la confiance
Cela nécessite une certaine transparence, de rendre des comptes et sans doute une large marge de gestion décentralisée. La confiance se construit également en associant les administrations locales et les conseils municipaux à la définition des priorités en matière d’aide dans leurs régions. Elle suppose également que les citoyens puissent constater que la loi s’applique à tous, qu’ils peuvent protester sans crainte et obtenir des réponses sans rencontrer d’obstacles.
Cinquièmement: la participation
Dans cette perspective, je pense qu’il serait utile au gouvernement, afin de renforcer la confiance, d’accroître la transparence et d’améliorer le dialogue avec la société et la population, de créer un «Conseil économique national» réunissant syndicats, experts, représentants de la société civile et membres du gouvernement. Ce conseil pourrait discuter des choix difficiles et combler le vide dans le dialogue entre le gouvernement et la population. Plus les informations fiables feront défaut, plus les rumeurs, les soupçons et les accusations se multiplieront.
Au-delà de la question de l’énergie
En définitive, la question de l’énergie ne doit pas nous faire perdre de vue le sens plus profond des manifestations. Il ne s’agit pas seulement de l’énergie ni des prix. Il s’agit d’une question plus fondamentale: quel État les Syriens veulent-ils construire après la chute de l’État autoritaire? Veulent-ils un État qui prend des décisions puis leur demander de s’y adapter? Ou un État qui les considère comme des citoyens partenaires dans l’élaboration des politiques qui déterminent leur vie et leur avenir?
Quatorze années de révolution, de guerre et de sang n’ont pas seulement modifié les rapports de force. Elles ont également transformé la manière dont les Syriens se perçoivent eux-mêmes, perçoivent l’État et conçoivent leurs droits. C’est pourquoi les manifestations ne devraient pas être considérées comme un obstacle à la construction de l’État, mais comme un test lancé par la population sur la nature de l’État qui est en train d’être construit. Un État fort n’est pas celui dont les citoyens ne protestent jamais. C’est celui qui est capable d’entendre leurs protestations et de corriger ses erreurs sans considérer la contestation comme une menace pour son existence. Et un pouvoir qui a confiance dans ses institutions ne craint pas la critique: il en a besoin.
Changer la relation entre l’État et la société
Autrement dit, ils veulent un État qui les protège et non un État qui leur fait peur Un État qui partage la décision avec eux et non un État qui se l’approprie sans eux. Un État qui demande des comptes aux responsables politiques et non un État qui les protège. Un État qui gère les ressources publiques dans l’intérêt de tous et non au profit de réseaux d’influence. Un État qui considère le citoyen comme un partenaire et non comme un subordonné ou une propriété. Enfin, un État qui dialogue avec le peuple et la société, et non un État qui se considère comme leur tuteur. C’est pourquoi, à mon sens, le message fondamental des manifestations n’est pas, au fond: «N’augmentez pas les prix.» Il est plus profond: «Ne reproduisez pas, sous de nouveaux noms, l’État dont nous nous sommes libérés.»
Plus le pouvoir parvient à saisir rapidement ce message, plus la protestation populaire peut se transformer d’une source de perturbation en un mécanisme de correction. À l’inverse, plus il échoue à le comprendre et l’ignore, plus le problème risque de passer du statut de simple décision économique, facilement réversible, à celui de facteur supplémentaire de détérioration de la relation entre l’État et la société. Il contribue alors à approfondir la crise de confiance au lieu de poser une nouvelle pierre dans la construction du consensus politique recherché et nécessaire. (Article publié dans Al Arabi Al Jadid le 19 septembre 2026; traduction de l’arabe pour A l’Encontre par Suzanne Az)
Burhan Ghalioun, opposant au régime de Bachar el-Assad, auteur de Islam et politique, Paris, La Découverte, 1997 et, avec Nevine Abdel Moeim Mossaad, Henry Laurens, Eric Rouleau, Nicolas Sarkis, Nawaf Salam (dir.), Le Moyen-Orient à l’épreuve de l’Irak, Paris, Actes Sud, 2005.
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- «Samedi 12 septembre dernier, le ministère syrien de l’Énergie a augmenté les prix des produits pétroliers entre 28 à 40%, justifiant cette décision par «une hausse exceptionnelle du coût d’approvisionnement en produits pétroliers à l’échelle mondiale», ainsi que par les travaux de maintenance en cours à la raffinerie de Baniyas. Le ministère a précisé que cet ajustement était «temporaire et lié à des circonstances exceptionnelles». Selon cette nouvelle grille tarifaire approuvée par la «Commission permanente chargée de fixer les prix des produits pétroliers et des ressources minérales», le prix du litre d’essence (95 octane) est passé à 195 livres syriennes nouvelles (0,32 euro), contre 152 auparavant, soit une hausse d’environ 28%. Le prix de l’essence (90 octane) a quant à lui été fixé à 185 livres (0,30 euro), contre 145 auparavant, là encore une augmentation d’environ 28%. Quant au diesel, son prix est passé de 125 à 175 livres nouvelles (0,28 euro), soit une hausse d’environ 40%, la plus importante des trois produits. Au total, les prix des carburants ont augmenté d’environ 60% depuis la chute du régime en décembre 2024.» Extrait de «La hausse des prix des carburants suscite une vague de contestation en Syrie, Colère populaire et manifestations dans plusieurs gouvernorats syriens», paru dans Al-Jumhuriya.net le 14 septembre 2026. (NdT)
- Selon les nouvelles mesures la hausse du prix du diesel est maintenue à 40% d’augmentation comme décidé la semaine dernière. Par contre, le ministère de l’Energie a introduit des catégories de carburant subventionné dont les tarifs sont égaux où inférieurs aux tarifs pratiqués ces derniers mois:
«Le ministre de l’Énergie, Mohammed Al-Bachir, a annoncé lors d’une conférence de presse (jeudi 17 septembre) l’instauration de trois nouveaux tarifs pour le gazole, une mesure visant à mieux organiser sa distribution en fonction de ses différents usages.
Selon les précisions fournies par le ministre, le gazole subventionné destiné au chauffage et aux activités agricoles sera vendu à 115 livres syriennes nouvelles (0,18 euro) le litre. Le gazole amélioré de deuxième catégorie sera quant à lui proposé à 150 livres (0,24 euro) le litre. Enfin, le gazole importé sera le plus cher, avec un prix fixé à 175 livres (0,28 euros) le litre.
Le ministre a également précisé que la commission chargée de fixer les prix réexaminera les tarifs des produits pétroliers dès la reprise de l’activité de la raffinerie de Banias, ou en cas de baisse des cours mondiaux. Après l’adoption de ces nouvelles mesures, une question demeure: cette décision permettra-t-elle de contenir la colère grandissante de la population? Ou les manifestations vont-elles s’intensifier dans les prochains jours?» Extrait de «Répercussions persistantes de la hausse des prix des carburants en Syrie Mesures gouvernementales, tentatives d’apaisement et appels à l’élargissement des manifestations», article paru dans Al-Jumhuriya.net le 17 septembre 2026. (NdT)

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