Allemagne dossier. Les travailleurs et travailleuses contre le fascisme

Des délégué·e·s de Mercedes Untertürkheim à l’initiative.

Par Gerhard Klas

Quelques jours après les élections régionales en Saxe-Anhalt [6 septembre], lors desquelles six travailleurs et travailleuses sur dix ont voté pour l’AfD (Alternative für Deutschland), plus de 140 syndicalistes, membres de comités d’entreprise et salariés se sont réunis à l’occasion du «Megazoom» organisé par l’initiative «Les travailleurs et travailleuses contre le fascisme» (Arbeiter*innen gegen Faschismus). Cette rencontre réunissait des collègues issus de secteurs d’activité très variés: soins infirmiers, logistique, médias, éducation et recherche.

Ce qui a commencé comme une idée lancée par une infirmière en soins intensifs de Berlin prend désormais forme: du 22 au 24 janvier 2027, une conférence nationale placée sous la devise «Comprendre, créer des liens, s’engager» doit se tenir à Halle-sur-Saale – c’est-à-dire en Saxe-Anhalt, où l’AfD a recueilli le plus grand nombre de voix (43,79%). La mobilisation s’effectue sans moyens financiers importants, par le biais de réseaux personnels et professionnels au sein des entreprises – c’est précisément là que les organisatrices trouvent leur plus grande force.

Deux réunions en l’espace d’une semaine

Dès le 8 septembre, deux jours avant la rencontre par méga-Zoom des «Travailleurs et travailleuses contre le fascisme», un autre groupe de 114 collègues s’était réuni pour ce qui est désormais le deuxième «Conseil syndical». Sous le titre «Défendre l’État-providence – Faire payer les riches», la visioconférence a été consacrée aux échanges sur les mouvements de protestation sociale, avec des comptes rendus d’une déléguée syndicale de ver.di [Vereinte Dienstleistungsgewerkschaft, syndicat des services qui réunit environ 2 millions de salarié·e·s] et d’une membre du comité d’entreprise concernant la mobilisation au sein des entreprises.

Cette réunion a été parrainée par des salarié·e·s de Mercedes de Stuttgart-Untertürkheim, avec leur appel contre la militarisation et le démantèlement social sous la devise «Ça suffit maintenant. Manifestation, résistance, grève» („Schluss jetzt. Protest, Widerstand, Streik!”) [voir en fin d’article la  résolution du collectif de syndicalistes d’IG Metall de Mercedes-Benz Stuttgart-Untertürkheim]. Les succès électoraux de l’AfD ont également été abordés, ainsi que sa récupération des questions sociales.

L’AfD et d’autres forces de droite tentent actuellement de s’approprier les préoccupations de nos collègues (syndicalistes) de l’industrie automobile avec le slogan simpliste «Retour aux énergies fossiles» et se sont ouvertement opposées, pendant la campagne électorale, à la retraite prévue à 70 ans.

Le Comité d’entreprise a mis en garde contre cela en citant le philosophe social Oskar Negt [1934-2024, sociologue, il fut entre autres un responsable de la formation ouvrière du syndicat IG Metall; voir en français L’espace public oppositionnel,Payot 2007], favorable aux syndicats: «Les intérêts et les besoins ne restent jamais sans maître dans la rue; soit c’est un camp qui les organise, soit c’est l’autre; soit la droite, soit la gauche.» Le mécontentement vis-à-vis du gouvernement fédéral et de l’attaque contre l’État-providence est palpable – la question est donc de savoir qui l’organise.

La réponse face à l’extrême droite ne peut être qu’un contre-mouvement combatif issu des entreprises, tel est l’avis unanime. De nombreuses critiques ont été formulées contre des directions syndicales actuelles, jugées bien trop défensives.

Dans ce contexte, on a rappelé la campagne menée par la DGB (Deutscher Gewerkschaftsbund) en 1996 contre la réduction du salaire maintenu en cas de maladie. La confédération syndicale avait alors mobilisé 350’000 personnes à Bonn et plus de 150’000 collègues dans le cadre d’actions menées sur les lieux de travail, pendant les heures de travail.

«La démocratie n’est pas une activité réservée à la fin de la journée de travail ou au week-end. Elle ne s’arrête pas non plus aux portes des usines», avait alors déclaré l’IG Metall. «Les appels lancés par le syndicat à participer à des actions de protestation contre les projets de démantèlement social du gouvernement fédéral», affirmait-on à l’époque, étaient «bien reçus, acceptés».

La journée d’action du secteur automobile de cette année, fixée au 21 septembre, et la journée d’action décentralisée contre le démantèlement social, le 26 septembre, doivent désormais marquer le point de départ d’une nouvelle campagne. Les participant·e·s prévoient par ailleurs une manifestation nationale à Berlin et une conférence d’action en octobre à Göttingen [en Basse-Saxe]. Des signatures sont recueillies pour la pétition en ligne «Résistance maintenant» [voir ci-dessous le texte de la pétition]; plus de 1300 ont été récoltées en l’espace de quelques jours.

Comprendre le «paradoxe de l’AfD»

Deux jours après les élections en Saxe-Anhalt, le ton dans le collectif l«Travailleurs et travailleuses contre le fascisme» était d’abord marqué par la consternation. Un collègue de Magdebourg [capitale de Saxe-Anhalt] a livré des témoignages déprimants: dans son entreprise, des collègues d’extrême droite siègent manifestement au comité d’entreprise, et même un collègue ayant un enfant handicapé a voté pour l’AfD, malgré les attaques de ce parti contre les personnes en situation de handicap.

Divers secteurs professionnels étaient également représentés ici: un kinésithérapeute de Berlin a animé la visioconférence; une infirmière en soins intensifs, un collègue des services de nettoyage de la ville de Berlin et une déléguée du personnel du personnel au sol de Lufthansa se sont présentés comme à l’origine de l’initiative. «C’est nous qui faisons tourner ce pays», a résumé le collègue des services de nettoyage de Berlin. «Si nous nous défendons, personne ne pourra nous arrêter.»

Un collègue qui s’intéresse depuis longtemps à l’AfD a apporté une contribution analytique au collectif «Travailleurs et travailleuses contre le fascisme», un collectif qui compte désormais plus de 500 collègues sur son canal de diffusion. Au cœur du débat se trouve le «paradoxe de l’AfD»: un soutien supérieur à la moyenne parmi les travailleurs et travailleuses pour un programme allant contre leurs intérêts – phénomène exacerbé [le paradoxe] par le fait que beaucoup en sont même conscients.

L’AfD exploite le mythe de la «population qui travaille dur», se présentant comme le parti des «travailleurs méritants», tout en stigmatisant les bénéficiaires de prestations sociales: 66 % des électrices et électeurs de l’AfD considèrent que percevoir le Bürgergeld [«revenu citoyen» qui a été renommé Grandsicherung, revenu de base garanti] revient à mener «une vie confortable aux dépens de la société». De plus, le parti affiche une hostilité ouverte envers le mouvement syndical organisé.

Sa campagne contre les «travailleurs qualifiés issus de cultures étrangères», qui s’en prend à tant de collègues sans lesquels les entreprises du secteur des soins et de la logistique seraient paralysées, pourrait constituer un point d’attaque contre l’AfD. Le constant de l’intervenant cité plus haut: la crise de légitimité de l’État parlementaire a son épicentre dans la classe laborieuse. La réponse doit résider dans l’autodétermination démocratique sur le lieu de travail: solidarité, capacité de faire bouger les lignes, capacité d’agir.

Un collègue du centre de tri DHL de Leipzig a montré comment cela pouvait fonctionner: sous la forme d’une lettre rédigée par les délégués du personnel de Leipzig, il a recueilli des signatures en faveur des manifestations sociales du 26 septembre, obtenant environ 60 adhésions dans son service et 80 autres lors de l’assemblée du personnel.

De nombreux collègues reprenaient certes les arguments de l’AfD, mais en réalité, ils souhaitaient – y compris ceux qui votent pour l’AfD – un «État social» et «juste». L’espoir de ce collègue: le conflit social ouvre la voie pour les ramener au sein du mouvement collectif.

Et maintenant?
Manifestation contre les injustices au travail lors d’un rassemblement de l’IG Metall à Francfort-sur-le-Main le 15 mars 2025. (Photo: Comité de solidarité)

Des critiques ont également été formulées envers les syndicats eux-mêmes. Une collègue de Ver.di a déploré des structures trop inactives, a mis en garde contre une prise de pouvoir par l’AfD et a lancé un appel aux dirigeants syndicaux: «Si cela continue ainsi, vous n’existerez plus d’ici deux ans.» Et dans le forum de discussion, quelqu’un a proposé de faire également de la campagne contre les licenciements pour faute présumée, en tant qu’héritage du droit du travail nazi [législation fasciste de 1934 en matière de droit du travail], un thème central du travail des groupes antifascistes actifs dans les entreprises.

La conférence de Halle  [11 novembre 2026] se veut également un coup d’envoi en vue des prochaines élections de l’année prochaine: des ateliers pour comprendre les dynamiques de crise, la mise en réseau entre les comités d’entreprise – notamment contre l’organisation fasciste «Zentrum» [fondée en 2009 à Stuttgart sous le nom Zentrum Automobil, elle cherche à infiltrer les comités d’entreprise des principaux constructeurs automobiles] – et des accords concrets sur des actions.

Un recueil de la revue Jacobin consacré au thème de «l’antifascisme en entreprise» doit également paraître à l’occasion de la conférence. Le message du «Megazoom»: «Tous les travailleurs et travailleuses ne sont pas de droite. Et si nous nous défendons, ils ne pourront pas nous arrêter.» Il serait utile que ces deux initiatives se rejoignent au cours de l’année 2027. (Publié sur le site de la SoZ-Sozialistische Zeitung le 12 septembre 2026; traduction-édition rédaction A l’Encontre)

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«Les patrons veulent la lutte des classes? Qu’ils l’aient!»

«Ça suffit maintenant. Manifestation, résistance, grève»

Nous reproduisons ci-dessous une résolution du collectif de syndicalistes d’IG Metall de Mercedes-Benz Stuttgart-Untertürkheim [quartier de la ville de Stuttgart dans le Land de Bade-Wurtemberg] du 24 juin 2026.

«Il ne se passe pratiquement pas un jour sans qu’une entreprise n’annonce des licenciements ou ne soit contrainte de «faire des économies» à nos dépens.

La crise est omniprésente.
Et les patrons veulent nous en faire payer le prix.

Le gouvernement, lui aussi, ne fait rien pour nous. Il souhaite supprimer la journée de travail légale de 8 heures. Nous devons travailler plus longtemps pour le même salaire, voire pour un salaire encore plus bas. De plus, il prévoit la «retraite à 70 ans».

Nous devons travailler jusqu’à notre mort. Le revenu citoyen devient ce qu’on appelle la «garantie de minimum vital». Nous serons donc contraints d’accepter n’importe quel emploi, même le plus mal payé, lorsque les patrons supprimeront notre poste de travail.

Le système de santé est mis à mal par les mesures d’austérité et les soins médicaux deviennent de plus en plus un privilège réservé aux riches. L’argent qui manque dans les caisses sociales en raison de ces mesures d’austérité est également consacré à l’armement. Nos jeunes doivent à nouveau partir à la guerre pour les profits des grands groupes.

S’apitoyer sur son sort, espérer une prétendue «Alternative pour l’Allemagne» ou supplier le gouvernement ne sert à rien.

Une meilleure politique passe par notre lutte syndicale et politique! C’est pourquoi nous n’attendons pas que quelqu’un nous demande de manifester. C’est nous qui commençons!

  • Nous discutons à nouveau davantage de politique avec nos collègues sur place, dans l’entreprise. «Celui qui a pris conscience de sa situation, comment pourrait-on l’arrêter?»
  • Nous saisissons toutes les occasions qui se présentent pour critiquer les patrons et leur gouvernement. À l’avenir, il n’y aura aucune réunion d’entreprise, aucune réunion du comité d’entreprise, aucune assemblée syndicale sans débat politique.
  • Même si, au début, nous sommes peu nombreux, voire seuls; si nous élevons la voix et prenons position, nous serons de plus en plus nombreux.
  • Dès que nous sentirons que le climat au sein de nos équipes est mûr à cela, nous organiserons des manifestations dans l’entreprise et dans notre ville.
  • Nous nous engageons au sein de notre syndicat (IG Metall) et exigeons que soient organisées dès que possible des manifestations contre la voracité des patrons, contre le gouvernement et pour un avenir meilleur. Jusqu’à la grève. Et si les dirigeants syndicaux se montrent réticents, alors nous le ferons nous-mêmes.

Une résolution des délégués du personnel [Vertrauensleute-personnes de confiance] de Mercedes-Benz à Untertürkheim. (Traduction rédaction A l’Encontre)

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«Résistance maintenant»! Lancement d’une campagne

«Résistance maintenant!»

Par des militant·e·s syndicalistes

«Les patrons et leur gouvernement ont déclaré la guerre aux salarié·e·s. Avec les suppressions d’emplois, les attaques contre la journée de travail de huit heures, les exigences d’allongement du temps de travail, les coupes dans les retraites et le démantèlement des protections sociales, ils veulent nous faire supporter le coût de leur crise. Notre réponse doit être la riposte. Organisation, protestation, résistance et volonté de lutter pour nos intérêts et, si nécessaire, de faire grève.»

C’est pourquoi 130 syndicalistes, membres de comités d’entreprise, délégués du personnel et collègues militants issus de l’IG Metall, de ver.di, de l’IG Bergbau Chemie Energie (mines, chimie, énergie) et du syndicat de l’Éducation et des Sciences ont lancé, en tant que premiers signataires, la pétition «RÉSISTANCE MAINTENANT!».

Cette pétition doit servir de base à des discussions au sein des comités d’entreprise, des instances de délégué·e·s du personnel et parmi les collectifs de salarié·e·s, afin de faire comprendre que le partenariat social (Sozialpartnerschaft), instauré depuis des années par les dirigeants des syndicats affiliés à la DGB a atteint ses limites face à la «lutte des classes menée par le haut»; elle définit également les éléments d’une politique syndicale combative qui se veut une force d’opposition au capital.

Concrètement, il s’agit de tirer parti des manifestations déjà prévues, telles que la journée d’action des salarié·e·s des entreprises automobiles et des équipementiers de l’IG Metall le 21 septembre, ainsi que les rassemblements et manifestations de la DGB dans 15 villes, le 26 septembre, afin de développer une perspective de lutte plus ambitieuse.

La pétition se termine donc par le slogan ancien, mais toujours d’une grande actualité, du mouvement ouvrier: «Celui qui se bat peut perdre. Celui qui ne se bat pas a déjà perdu. Mais celui qui se bat avec détermination et unité l’emportera!»

Vous pouvez signer la pétition ici: https://www.change.org/GEGENWEHR-JETZT

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Après cette introduction pour lancer la campagne de mobilisation, nous reproduisons le texte de la pétition dans son entier.

«Mettons un terme à l’offensive générale des patrons et de leur gouvernement.
Pour des syndicats combatifs. Pour la défense de nos acquis.

Au cours des derniers mois, les patrons du monde des affaires et les représentants du gouvernement ont déclenché, par le biais des médias, la lutte des classes la plus acharnée menée par les classes dominantes dans l’histoire de l’Allemagne d’après-guerre. En annonçant des suppressions massives d’emplois, en s’attaquant à la journée de travail de huit heures, en s’en prenant à nos retraites, en imposant des reculs dans les soins de santé et en aggravant encore davantage nos conditions de travail et de vie, les dirigeants d’entreprise et leurs partenaires politiques ont, dans le cadre d’une action concertée, déclaré la guerre aux salariés.

Les puissants estiment que le moment est venu de démanteler les conventions collectives et les systèmes de protection sociale.

Alors que les actionnaires ultra-riches continuent de toucher des milliards de dividendes, c’est à nous de payer la note pour les erreurs de gestion et l’échec de la politique économique de l’État. Une fois de plus, on prétend que nous sommes trop chers, trop rigides, trop souvent malades et que nous ne sommes pas assez productifs.

C’est pourquoi nous devrions travailler plus longtemps et davantage, prendre notre retraite plus tard et accepter de nouvelles coupes budgétaires. Or, ce sont les millions de salarié·e·s qui, par leur travail, assurent le bon fonctionnement de la production et des services et créent la richesse de la société. Les salarié·e·s ne sont pas le problème. Ce sont eux/elles qui, chaque jour, permettent à ce pays de fonctionner.

Beaucoup d’entre nous ont probablement cru trop longtemps au «partenariat social». Car la réalité est bien différente depuis longtemps déjà. Les organisations patronales, le gouvernement fédéral et nous, les salariés·e·, poursuivons manifestement des intérêts très divergents.

Ils veulent surmonter leur crise à nos dépens et garantir, voire accroître, leurs profits. Nous, en revanche, voulons une vie digne, avec de bonnes conditions de travail, la sécurité sociale, la santé et la paix.

La divergence d’intérêts exige la résistance

Quiconque prétend encore aujourd’hui que les salarié·e·s, les syndicats et les entrepreneurs sont dans le même bateau ferme les yeux sur la situation réelle dans les entreprises. Nous constatons chaque jour que nous vivons dans une société de classes. Nous constatons que les intérêts des salarié·e·s et ceux des dirigeants d’entreprise s’opposent de plus en plus souvent de manière frontale.

Les attaques ne cesseront pas si nous restons les bras croisés. Nos intérêts ne seront pas défendus en occultant les antagonismes entre le capital et le travail. Ils s’imposent par la protestation, la résistance et, si nécessaire, la grève. C’est ainsi seulement que nos droits ont été conquis et c’est ainsi seulement qu’ils peuvent être défendus. Nous ne devons pas laisser nous arracher sans lutter les acquis que des générations de collègues avant nous ont durement conquis. Si nous reculons aujourd’hui, non seulement les prochaines attaques suivront demain, mais…

Les tendances d’extrême droite ne sont pas le fruit du hasard

En acceptant des dégradations au nom d’un programme visant à faire de l’Allemagne une «place économique» (Wirtschaftsstandort Deutschland), nous contribuons à accroître le mécontentement au sein de la société et favorisons le climat général dans lequel l’AfD continue de gagner du terrain. Les gens ne se tournent pas vers la droite parce que les syndicats sont trop combatifs, mais parce qu’ils ont de plus en plus l’impression que personne ne défend leurs intérêts sociaux et sociétaux. Le grand capital a toujours su et sait encore s’accommoder des systèmes autoritaires et antidémocratiques, tandis que les salarié·e·s en sont toujours les victimes. Les syndicats ne doivent pas se rendre à nouveau complices par leur inaction.

C’est pourquoi nous affirmons: nos acquis ne sont pas négociables!

  • Ne touchez pas à la journée de huit heures! La journée de huit heures n’est pas une règle obsolète. C’est l’un des plus grands acquis sociaux du mouvement syndical. Nous l’avons obtenue de haute lutte et nous la défendrons.
  • Ne touchez pas à la semaine de 35 heures! L’allongement du temps de travail entraîne de nouvelles réductions d’effectifs et ne contribue donc pas à résoudre la crise, mais constitue une attaque contre les salarié·e·s.
  • Ne touchez pas à nos retraites! Pas de nouveau relèvement de l’âge de départ à la retraite. Pas d’attaque contre la retraite à taux plein après 45 années de cotisation. Le régime de retraite partielle doit être maintenu.
  • Ne touchez pas aux nouvelles coupes dans les prestations sociales! Notre système social ne doit pas être sacrifié au profit d’une économie de guerre qui coûte des milliards.
  • Ne touchez pas à nos conventions collectives et à nos emplois! Halte aux suppressions d’emplois, aux fermetures d’usines et à la dégradation de nos conditions de travail.

Mercedes, VW et d’autres grands groupes ne doivent pas servir de bélier à une offensive générale contre les normes conventionnelles et sociales.

Contre la lutte des classes menée par le haut, une résistance systématique par le bas

C’est une bonne chose que ver.di organise des manifestations pour défendre l’État-providence. C’est une bonne chose que l’IG Metall appelle à une journée d’action le 21 septembre dans l’industrie automobile et chez les équipementiers.

C’est une bonne chose que la DGB organise des manifestations dans tout le pays le 26 septembre. Mais tout cela ne suffira pas. Ce ne peuvent être que les premiers pas vers une résistance cohérente.

Nous avons besoin de syndicats qui constituent une véritable force d’opposition

Nous devons opposer à la lutte des classes venue d’en haut notre résistance syndicale commune et déterminée!

Pour cela, nous avons besoin de syndicats qui…
accordent davantage de voix à la base syndicale – à leurs adhérents.
assument à nouveau davantage de responsabilités envers la société au lieu de se replier sur les négociations collectives.
donnent un espoir durable aux gens, car ils défendent leurs intérêts avec cohérence.
ne se laissent pas entraîner dans des compromis boiteux, mais se battent à nouveau par tous les moyens.
n’ont pas peur de la désobéissance civile, mais contribuent à l’organiser.

Car une chose est aussi vraie aujourd’hui qu’il y a des décennies:
Celui qui se bat peut perdre. Celui qui ne se bat pas a déjà perdu.
Mais celui qui se bat avec détermination et unité l’emportera!» (11 septembre 2026; traduction rédaction A l’Encontre)

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