
Par rédaction A l’Encontre
Alors que, selon le site Axios, des médiateurs pakistanais, égyptiens et turcs ont fait la proposition d’une trêve de 45 jours, Donald Trump a fixé à mardi soir 7 avril (20 heures, heure de la côte Est) un ultimatum au gouvernement iranien. Un ultimatum sur sa plateforme Truth Social et dont l’énoncé révèle plus d’une dimension de l’orientation politique impérialiste de l’administration: «Mardi sera à la fois le Jour des Centrales Électriques et le Jour des Ponts, tout en un, en Iran. Il n’y aura rien de comparable!!! Ouvrez ce putain de détroit, bande de fous furieux, ou vous vivrez en enfer – VOUS VERREZ BIEN! Loué soit Allah. Le président DONALD J. TRUMP.»
Or, le lundi 6 mars, le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, a annoncé dans un message vidéo que «L’armée israélienne a frappé avec force le plus grand complexe pétrochimique en Iran, situé à Assalouyeh, une cible clé qui assure environ la moitié de la production pétrochimique du pays.»
Il faut avoir à l’esprit que le complexe gazier d’Assalouyeh, dans le sud de l’Iran, se situe en bordure de l’immense champ gazier de South Pars, partagé par l’Iran avec le Qatar. Il est essentiel pour le secteur énergétique iranien et Israël avait déjà frappé ce site le 18 mars. Le samedi 4 avril, des frappes israélo-américaines ont touché un site pétrochimique dans le sud-ouest de l’Iran à Mahshahr, dans la province de Khouzestan. Or Israel Katz ne manque pas de souligner que «Les deux sites, représentant 85 % des exportations pétrochimiques iraniennes, sont désormais hors service. Cela représente un coup sévère se montant à des dizaines de milliards de dollars pour le régime iranien.»
La stratégie de destruction des infrastructures et des conditions de reproduction sociale en Iran est au centre de la stratégie du gouvernement Netanyahou, accompagné avec force, du moins jusqu’à maintenant, par l’administration Trump. Ce que soulignait déjà à la mi-mars Ervand Abrahamian (voir son entretien conduit par Moisés Garduño García et publié sur ce site le 5 avril).
Après avoir détruit l’Université de technologie Sharif, l’armée israélienne sur son réseau en langue farsi sur X a publié – selon la méthode utilisée au sud du Liban ou à Gaza – un «avertissement urgent à l’intention des utilisateurs et des voyageurs en train en Iran»: «Chers concitoyens, pour votre sécurité, nous vous prions de bien vouloir, à compter de maintenant et jusqu’à 21 h, heure iranienne, vous abstenir d’utiliser le train et de voyager en train sur l’ensemble du territoire iranien. Votre présence dans les trains et à proximité des voies ferrées met votre vie en danger.» L’armée israélienne poursuit la destruction des infrastructures de l’Iran. Il faut avoir à l’esprit que le réseau ferroviaire iranien, de quelque 13’000 km, dessert de nombreuses régions et conditionne les possibilités de développement du pays. Le terme «crime de guerre», largement utilisé par diverses instances internationales, euphémise le nombre de morts directs et indirects et de blessés découlant des destructions annoncées et déjà en cours.

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