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24 décembre 2012: Lakhdar Brahimi,un accord entre toutes les parties?

24 décembre 2012: Lakhdar Brahimi,
un accord entre toutes les parties?

Entretien conduit par Odai Alzoubi

Nous publions, ci-dessous, la suite de l’entretien avec trois personnalités syriennes, dont le début a été publié sur ce site en date du 20 décembre: Les points de vue de trois Syriens sur la révolution.

Pour rappel, les trois intervenants sont:

Yassin Al-Haj Saleh est un militant de l’opposition syrienne et un intellectuel. Il a une cinquantaine d’années. Il a été emprisonné de 1980 à 1996 pour avoir été membre d’un groupe communiste pro-démocratie. Il se cache depuis mars 2011. [Voir sur ce site, entre autres, le dernier article publié en date du 30 septembre 2012:  Syrie: la révolution orpheline et les différentes positions internationales.]

Bakr Sidki est un intellectuel syrien; écrit pour un journal arabe et vit en Syrie.

Hazem Nahar est un intellectuel syrien; il est traducteur et écrivain. Il travaille au Arab Center for Research and Policy Studies à Doha, au Qatar.

***

Qui sont les islamistes en Syrie? Et quel est leur rôle dans la révolution syrienne?

Yassin: On ne peut pas parler des islamistes en Syrie comme s’il s’agissait d’une seule entité. Il existe un mouvement salafiste, qui était limité et non organisé avant la révolution, mais qui aujourd’hui semble être le mouvement qui se développe le plus rapidement sur le plan politique et militaire. Il y a également le mouvement des Frères musulmans, dont les dirigeants ont été en exil depuis de décennies: ils dominent le Conseil national syrien et apparemment ils ont des groupes de combattants dans certaines régions au nord de la Syrie et dans le gouvernorat de Hama. En gros on peut dire que le mouvement salafiste représente l’islam politique rural, alors que les Frères musulmans représentent l’islam politique urbain.

En outre, il y a divers islamistes indépendants qui ne sont pas organisés en une structure spécifique et qui sont en général plus proches des mouvements laïques. Enfin il y a les membres du clergé qui ont servi dans les institutions religieuses du gouvernement et qui ont quitté la Syrie après le début de la révolution. Beaucoup d’entre eux, sinon tous, visent à obtenir un rôle publico-médicatique.

Tous les islamistes mentionnés ci-dessus partagent une orientation sociale conservatrice, qui posera un défi pour la Syrie après Assad.

Les islamistes n’ont pas eu de rôle particulier dans le surgissement et dans les étapes premières de la révolution. Leur participation a été tardive, tout comme dans les autres révolutions arabes. Néanmoins, ils disposent d’abondantes ressources matérielles et connexions qui font défaut aux autres groupes de l’opposition. Au cours des vingt mois de guerre imposés par le régime, la psychologie de la population rebelle (composée majoritairement de sunnites musulmans) a commencé à pencher du côté de l’idéologie des islamistes, et en particulier du salafisme. Ce penchant aura des conséquences pour l’avenir. Néanmoins je ne vois pas comment éviter cela dans les conditions de guerre qui ont été imposées aux Syriens.

Bakr: La situation actuelle de la Syrie est un terrain fertile pour le développement des groupes islamistes, entre autres parce que le régime est fondé sur le «tribalisme» d’une minorité, ce qui incite les rebelles à invoquer la religion majoritaire (l’islam sunnite). On ne peut pas négliger la dimension internationale de cette lutte qui était présentée comme se développant entre l’Occident chrétien dominant et un monde islamique révolté. Selon cette mise en perspective, le régime représente donc l’expression intérieure d’une domination étrangère féroce. La connexion sectaire au régime iranien n’a pas modifié cette image, elle n’a fait qu’ajouter une autre dimension.

Néanmoins la révolution syrienne n’est pas islamique: elle représente plutôt un mouvement d’indépendance national qui aspire à la liberté, à la dignité et à la justice. Les islamistes ont rejoint la révolution plus tard, tout comme les forces politiques de l’opposition laïque. Le groupe des Frères musulmans représente en fait la présence «laïque» à l’intérieur du mouvement politique islamique. Le mouvement salafiste que la situation actuelle de la Syrie favorise par de multiples facteurs est plus étendu et en même temps moins centralisé. Les Etats du Golfe, anti-Assad, soutiennent également des mouvements islamistes par un financement et des médias sectaires. Ces fonds ont été utilisés pour s’attacher des loyautés alors que, de leur côté, certains médias ont engagé une présentation  exagérant l’importance de ce soutien aux islamistes. La Turquie, dirigée un gouvernement du parti Justice et Développement (AKP), a également joué un rôle en exagérant l’influence des Frères musulmans (leur prédominance dans le Conseil national syrien ne reflète pas leur véritable popularité dans la société). Par ailleurs, et tout au long de la dernière décennie, le régime a utilisé les djihadistes et pénétré leurs organisations au cours de sa guerre terroriste en Irak. Les voitures piégées sont le résultat d’un effort conjoint du régime et des groupes djihadistes, même si certains de ces groupes se sont retournés contre le régime avec la révolution.

Le rôle des islamistes est en relation directe avec la transformation de la révolution syrienne qui a commencé comme une résistance non violente pour devenir une résistance armée. La voix des civils laïques reste presque inaudible au milieu du fracas des armes. Cependant le rôle significatif des officiers de l’armée régulière qui ont fait défection et intégré l’Armée syrienne libre rétablit un peu l’équilibre.

Hazem: Ce qui se passe en Syrie est une authentique révolution contre un régime tyrannique et corrompu. Les forces à l’œuvre dans cette révolution étaient présentes depuis assez longtemps, aussi bien au niveau politique qu’économique. Les revendications de cette révolution étaient incarnées dans un groupe de militants civils que le régime a éliminés soit en les tuant, soit en les emprisonnant, en privant le mouvement de la révolution d’une vision claire.

La population a été entraînée par son désir de liberté et de dignité: elle ne revendiquait pas un Etat islamiste et n’obéissait pas à la volonté de partis ou de personnalités islamistes. Par exemple la population s’est montrée peu respectueuse à l’égard de personnages islamiques pro-régime comme Al-Bouti et Hasoun, et sur ses banderoles on voyait plutôt la revendication de l’unité inébranlable du peuple syrien à un niveau national. Il n’est pas juste d’accuser les protestataires d’avoir commencé leurs manifestations devant les mosquées ou de crier «Allah Akbar», car ils y ont été acculés par les méthodes violentes du régime qui visaient justement à les empêcher d’occuper l’espace public. Par ailleurs, il n’est pas raisonnable de s’attendre à ce que ceux qui enterrent leurs martyrs le fassent en chantant du Mozart ou du Beethoven!

Néanmoins, il est important d’observer les changements qui s’opèrent, aussi bien en termes de structures qu’en termes de direction, au sein d’un mouvement rebelle qui a été actif depuis plus d’une année et demie. L’origine de ces changements peut être subjective ou objective selon les circonstances politiques concrètes sur le terrain. L’escalade de la violence par le régime, qui atteint des niveaux sans précédent, et ses tentatives de générer une réaction sectaire à sa violence contre les opposants ont joué un rôle important en obligeant certains segments du mouvement révolutionnaire à réagir.

Il est vrai que certains secteurs du soulèvement populaire ont commencé à diffuser des appels religieux. Mais il est également vrai que lorsqu’on abandonne des gens désarmés, placés sous le feu d’un régime impitoyable, ils auront tendance à se tourner vers leur héritage culturel pour de l’aide et du réconfort. On ne peut pas leur faire le reproche. Il faut tenir compte du fait que cet aspect peut changer selon le contexte. En outre, les penchants et les convictions des Syriens ont été développés dans un environnement politique et culturel qui était totalement contrôlé par le régime: pendant un demi-siècle, la Syrie, avec ses institutions étatiques, ses universités, ses écoles, ses médias, ses mosquées etc., a été considérée comme étant la propriété de ce régime.

Il existe bien quelques petits groupes religieux radicaux qui ont pénétré la rébellion. Leur influence ne fera que croître aussi longtemps que la communauté internationale n’aidera pas les Syriens à se débarrasser de ce régime. Contrairement aux forces politiques démocratiques qui sont dans le dénuement, ces groupes bénéficient d’un financement solide et peuvent miser sur leur capacité à fournir une aide à la population pour pouvoir y gagner un soutien.

Que pourrait-il se passer après la chute du régime? Craignez-vous que les islamistes n’essaient de créer un Etat islamique défavorable aux minorités et en particulier aux femmes?

Yassin: Cela dépend du moment auquel tombera le régime; et de savoir si ce dernier aura détruit Damas comme il l’a déjà fait avec Alep, Homs et Deir Ezzor. Plus cette guerre d’Assad durera, avec dans sa foulée un nombre toujours croissant de victimes parmi les Syriens et de dévastation massive du pays, plus les conditions seront difficiles pour la Syrie après la chute du régime. Dès lors, plus se développera un environnement favorable aux groupes islamistes les plus radicaux.

Dans toute révolution, un nombre important de morts et de destructions crée un terrain idéal pour la montée de forces extrémistes. La Syrie ne constitue pas une exception à cette règle. Mais en l’absence de concurrent politique ou idéologique fort, stable et capable de réagir dans les conditions radicalisées qui règnent en Syrie, il est hautement probable que l’extrémisme y prendra une forme islamique. D’ailleurs les formes radicales d’engagement islamiste représentent l’idéologie de combat la plus adéquate pour ceux qui luttent dans une société qui a subi un appauvrissement politique et culturel aussi profond.

Les islamistes ne sont pas dénués d’ambitions politiques. Il n’y a aucune raison de penser que les islamistes syriens seront différents de leurs homologues en Egypte et en Tunisie dans ce domaine, d’autant que la vaste majorité des martyrs de la révolution syrienne appartient à leur base sociale présumée, c’est-à-dire à la majorité de musulmans sunnites. Personnellement, je suis en désaccord avec leur modèle qui n’a aucun attrait pour moi, ni au niveau politique ni au niveau social.

Néanmoins, je dois exprimer mon écœurement devant la phrase: «défavorable aux minorités et en particulier aux femmes» qui sonne comme un cliché éculé qui a été largement utilisé au cours de ces vingt dernières années par les pays occidentaux dans de grands récits historiques anti-islamiques relatifs à ces sociétés et à leur religion. Ce type de cliché va le plus souvent de pair avec une réticence ou une sous-estimation des terribles formes d’oppression déployées par les régimes dictatoriaux en place. Il fait référence à «l’islam» en éliminant tout élément historico-comparatif avec d’autres sociétés et cultures ainsi en refusant d’aborder ces questions dans une perspective historique. Ces stéréotypes indiquent un manque total de considération et frôlent l’incitation et la provocation.

Cela ne signifie pas que l’Islam et l’islamisme soient irréprochables et dépourvus de toute forme de discrimination. Dans un autre contexte, il y aurait beaucoup à dire à ce sujet.

Bakr: Rien ne provoque autant de craintes que la survie du régime: c’est lui qui représente le plus grave danger pour l’existence politique et sociale de la Syrie. Sous la domination de cette junte nous avons perdu la souveraineté nationale et nous sommes en train de perdre la cohésion nationale. Le régime a en tout cas réussi à susciter des tendances séparatistes parmi les Alaouites et les Kurdes. En outre, l’armée nationale s’est transformée et fonctionne actuellement comme une force d’occupation. L’énorme destruction entraînée par les bombardements d’artillerie et les raids aériens au cours de ces cinq derniers mois, aussi bien dans les régions urbaines que dans les campagnes, reflètent de manière précise à quel point le tissu social a été pulvérisé. C’est là le plus grand danger qui menace la Syrie.

Les islamistes ne m’inquiètent pas: ils constituent des forces politiques parmi d’autres. Ils ont une vision particulière à laquelle ils croient. Et c’est leur droit de tenter de la faire aboutir. Peut-être les Syriens ont-ils de la chance d’avoir été les témoins de l’arrivée au pouvoir d’islamistes en Egypte et en Tunisie, en plus d’autres pays. En effet, cela leur fournit un observatoire réel de notre avenir sous une direction islamiste. Les islamistes devront en effet gérer les défis administratifs imposés par la vie moderne. Les islamistes en Syrie devront en outre affronter d’autres défis liés à la structure complexe de la population du pays. Sous la pression des exigences liées à la direction du pays, les islamistes devront rationaliser leur idéologie pour éviter que leur influence sociale, qui n’est d’ailleurs pas garantie, ne se dégrade.

Hazem: Le statut du futur Etat sera défini par l’ensemble des citoyens ayant le droit de vote parmi deux grandes entités, même si quelques voix parmi les opposants se tournent vers des proclamations très islamistes. Selon des calculs simples, la masse des suffrages des électeurs syriens sont favorables à un Etat laïque.

La population syrienne comprend une grande diversité de communautés et de groupes ethniques. Les minorités religieuses constituent près de 25% de l’ensemble de la population, alors que les minorités ethniques en constituent environ 10%. Aucun de ces groupes ne revendique la création d’un Etat religieux. En outre, la majorité des musulmans sunnites dans les régions urbaines peuvent être considérés comme faisant partie du bloc laïque et démocratique. Il n’est pas exagéré d’affirmer que la majorité des Syriens tendent vers l’établissement d’un Etat laïque et démocratique. Les voix religieuses radicales sont suscitées et encouragées par le massacre barbare perpétré par le régime. L’état d’esprit religieux général en Syrie est modéré et tolérant; ces traits s’appliquent également aux mouvements religieux tels que les Frères musulmans, qui soutiennent un Etat fondé sur l’égalité des citoyens.

Dans l’ensemble, la question fondamentale en Syrie aujourd’hui n’est pas de choisir entre les idéologies baassiste et islamiste, mais plutôt de prendre parti pour l’agresseur ou pour la victime. Il ne faut jamais oublier que malgré les affirmations du régime, celui-ci n’est pas laïque, puisque le pilier le plus important de la laïcité lui fait défaut: la liberté, l’égalité citoyenne et l’indépendance des institutions de l’Etat.

Que peut faire l’Occident? De quel type d’aide les Syriens ont-ils besoin?

Yassin: Si j’étais un politicien je dirais aux dirigeants occidentaux: «Taisez-vous, nous en avons assez de votre fierté et de votre arrogance!» C’est d’ailleurs aussi ce que j’aurais envie de le leur dire en n’étant pas un politicien.

Plus de 600 jours ont passé depuis le début de la révolution syrienne en cours. Plus de 35’000 rebelles et civils ont été tués. Pendant ce temps, tous les dirigeants des puissances dominantes ont continué à se gargariser à propos du sens exact du droit international et de la gouvernance selon ses normes. Pendant toute cette période, vous n’avez donné aucune aide au peuple syrien en utilisant plusieurs justifications boiteuses: une fois c’était parce qu’il n’y avait pas de direction alternative, une autre parce que les forces de l’opposition étaient éparpillées et maintenant à cause de la présence de groupes djihadistes. Vous vous focalisez toujours sur les conséquences au lieu de tenir compte des causes.

Vous exigez une alternative bien établie dans une société qui a été soumise depuis un demi-siècle à un démantèlement et à une décapitation de tous les représentants politiques et culturels indépendants. Ensuite, alors que vous avez une position dominante dans les médias internationaux, vous dramatisez en mettant en exergue ce qui n’est qu’un effet secondaire de la guerre d’Assad, à savoir les djihadistes. Cette stratégie vise à escamoter votre propre manque d’actions et le fait que quelques prises de position très limitées ne servent qu’à étendre la crise syrienne, laquelle risque de conduire la Syrie dans l’abîme d’un chaos sans fin. Cela convient parfaitement à vos propres «djihadistes», ces groupes politiques de droite et leurs médias ainsi que les alliés sclérosés d’Israël.

Néanmoins, permettez-moi de dire que vous seriez stupides d’imaginer que vous ne subirez pas également les conséquences de ce désastre

Bakr: En fait, le régime syrien a toujours conclu des accords avec l’Occident, en particulier avec les Etats-Unis. Hafez el-Assad n’aurait pas envahi le Liban en 1976, ni maintenu sa domination sur ce pays après 1991 sans l’approbation des Etats-Unis. Il n’aurait pas pu transmettre la présidence syrienne à son fils Bachar sans un consensus européen et états-unien.

C’est la décision par les Etats-Unis et par la France d’expulser les forces syriennes du Liban qui a obligé le régime à retirer ses forces de ce pays, en 2005. Après la guerre de 2006, le régime a pourtant réussi à regagner une certaine influence (liée au rôle de l’Iran) grâce à la politique des affaires étrangères états-unienne établie par le rapport Baker & Hamilton (qui a approuvé le dialogue avec Téhéran et Damas comme une alternative à une confrontation).

Si les Etats-Unis l’avaient voulu, ils auraient pu accélérer la chute du régime, sans pour autant mener une guerre contre lui. Contrairement à l’opposition au régime de Saddam Hussein, qui a clairement demandé une intervention militaire occidentale, les forces de l’opposition syrienne n’ont jamais demandé une telle intervention. Le président Obama a appelé à la démission d’Assad depuis août 2011, mais il semble que le massacre d’enfants innocents n’était pas assez sérieux pour le convaincre. Mais là encore, si les Etat-Unis le voulaient, ils pourraient arrêter le carnage et accélérer l’effondrement du régime sans avoir recours à une intervention militaire directe.

Le régime syrien ne comprend que la force, la menace d’utiliser la force contre le régime aurait donc suffi à éviter la destruction actuelle. La guerre du régime contre le peuple syrien dure depuis dix-neuf mois sans que Madame Clinton rende visite à Damas, comme l’avait fait M. Powell en 2003. Une telle «politique d’engagement» (pour reprendre les termes du rapport Baker & Hamilton) aurait changé totalement le déroulement des événements en Syrie. Un véritable engagement consisterait à utiliser la menace comme moyen de dissuasion plutôt que de se concentrer sur un dialogue, sur des arrangements d’influence au Moyen-Orient.

Mais quels seraient les avantages qui pourraient conduire les Etat-Unis à exercer une influence suffisamment forte sur le régime pour s’en débarrasser? Voilà la question!

Hazem: Les pays occidentaux ont joué un rôle négatif et n’ont pas pris suffisamment au sérieux la situation en Syrie. Jusqu’à maintenant ils semblent être indifférents aux vies des Syriens. Après être restés passifs pendant presque vingt mois (sauf pour des appels mous en faveur d’une démission du régime), les craintes des pays occidentaux se concentrent sur les islamistes. Cette crainte est illusoire, ou elle a été mise en avant pour justifier l’inaction des pays occidentaux en ce qui concerne la protection des civils. J’ai observé que l’Occident semble souvent ignorer que tout retard dans la gestion de la crise entraîne une augmentation de l’extrémisme.

Il n’est pas forcément nécessaire d’intervenir directement sur le plan militaire pour protéger des civils, une telle protection pourrait être obtenue par différentes approches si les pays occidentaux en avaient la volonté politique.

Les pays occidentaux doivent prendre une position claire à l’égard du régime. S’ils veulent vraiment que le régime démissionne, ils peuvent mettre sur pied un programme pour protéger les civils en tenant compte des spécificités de la situation syrienne. Ils pourraient fournir une aide et un soutien médical pour soutenir le peuple syrien. Cela pourrait être réalisé soit par un financement direct, soit en livrant les actifs financiers gelés du régime un peu partout dans le monde à des organisations d’aide syriennes.

En outre les pays occidentaux pourraient adopter des programmes visant à former des citoyens capables d’assumer des responsabilités au niveau de l’Etat et de la future administration de la population syrienne.

Je pense qu’il y a beaucoup d’initiatives qui pourraient être prises par les pays occidentaux. Mais cela exigerait une décision claire en faveur du peuple syrien et pour destituer le régime actuel. (Traduction A l’Encontre; cet entretien a été effectué le 29 novembre 2012)

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