mercredi
24
avril 2019

A l'encontre

La Brèche

Le président algérien Abdelaziz Bouteflika lors des élections législatives de mai 2017, à Alger. (Photo Ryad Kramdi Crédit, AFP)

Par  le secrétariat national du PST (Parti socialiste des travailleurs)

Les gigantesques mobilisations populaires de ces dix jours qui ont ébranlé le pouvoir autoritaire de Bouteflika, n’ont pas suffit à le faire renoncer à un 5éme mandat.

Sa réponse, tant attendue ce dimanche 3 mars, s’est avérée être une farce de mauvais goût.  Non seulement Bouteflika brigue un nouveau mandat, mais, en outre, il décide d’imposer une nouvelle constitution et des réformes  économiques, forcément ultra-libérales identiques à celle réclamées par le FMI et la Banque Mondiale (BM). A l’évidence, il s’agit de lifter une façade «démocratique» complètement lézardée et discréditée, de gagner du temps pour réorganiser le régime totalement décrié par la révolte en cours et assurer une sorte de «transition contrôlée».

En réalité, à travers la pirouette de la conférence nationale, qui ne sera ni élue ni légitime, il propose un semblant de concession, non pas au peuple qui réclame la chute de ce système autoritaire et antisocial, mais à l’autre faction,  oligarchique et libérale, qui n’a pas cessé de revendiquer le partage du pouvoir et qui semble parrainer l’ex-général-major candidat à cette présidentielle, Ali Laghdiri.

Le PST appelle à rejeter catégoriquement cette élection présidentielle qui sert la continuité du système. Ce n’est ni à Bouteflika et sa faction, ni aux patrons oligarques multimilliardaires, qui ne réclament que leur réintégration au sein du pouvoir politique, ni aux puissances étrangères impérialistes et leurs multinationales, de décider de notre constitution, de nos libertés, de nos choix économiques et de notre projet de société !

C’est aux millions de travailleurs, de chômeurs, de femmes, de jeunes, d’étudiants, de paysans pauvres et de tous les démunis, qui viennent de donner une leçon de lutte et courage, de décider de leur avenir!. Oui, c’est au peuple de décider souverainement car il est la seule source de légitimité !

C’est pourquoi il est impératif de maintenir notre mobilisation, d’engager la mise en place de l’auto-organisation démocratique des masses dans les quartiers populaires, les lieux de travail, les universités, et partout ou c’est possible, qui engageront le débat sur les modalités d’élection de l’assemblée constituante souveraine, représentative des aspirations de liberté et de justice sociale de la majorité de notre peuple.  En parallèle, le recours à une grève générale pour imposer ces changements auxquels on aspire reste une option envisageable à ne pas exclure.

Notre pays est à un tournant historique. Le PST réitère son appel pressant, insistant à l’unité et à la convergence de toutes les forces et les énergies politiques et sociales pour élargir la brèche de cette possible ouverture démocratique, pour stopper les politiques libérales ainsi que le suicide économique et le désastre social qu’elles engendrent et, par ailleurs, pour faire face à toutes les menaces et les pressions des puissances impérialistes dans le but d’assurer la sauvegarde de notre souveraineté et de notre indépendance nationale.

  • Non au 5éme mandat, non à la continuité du système et ses institutions illégitimes !
  • Non à l’élection présidentielle du 18 avril 2019, pour l’élection d’une Assemblée Constituante Souveraine représentative de nos aspirations démocratiques et sociales!
  • Pour le maintien de la mobilisation et des manifestations populaires!
  • Pour la défense de notre souveraineté et notre indépendance nationale ! (Secrétariat National du PST. Alger, le 3 mars 2019)
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Les dominants, l'euphémisation des termes et la novlangue

George Carlin (1937-2008) était un «humoriste» politique et social qui décortiquait la société capitaliste américaine et éclairait ses principaux traits. Dans ce spectacle donné en 1990, il instruisait le procès de la novlangue qui s'est imposé avec force depuis lors, aussi bien dans la gestion des guerres impérialistes que dans le management des entreprises, pour s'enraciner dans la vie quotidienne. Après la crise des «subprimes», on n'est plus «sans domicile», mais on a choisi un «mobile home» avec le peu d'épargne qui a résisté à la fonte brutale imposée par les banques et les assurances et qui a contraint des propriétaires de petites maisons à s'acheter une caravane de seconde main et de chercher, dans les vastes contrées des Etats-Unis, un nouvel emploi.

George Carlin avait un esprit décapant, donc éliminant les idées superficielles dominantes pour faire ressortir le véritable sens de ce qu'elles ont pour fonction de cacher, de camoufler.

(Réd. A l’Encontre)

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