lundi
24
juillet 2017

A l'encontre

La Brèche

«Couper court aux idioties du passé» et le programme de Syrisa

Publié par Alencontre le 29 - mai - 2012

Le 28 mai, la Banque centrale de Grèce a injecté 18 milliards d'euros dans les banques grecques, cela afin qu'elles puissent continuer à avoir accès à la BCE pour se refinancer à un taux de 1%.

Par Panagiotis Grigoriou

Hier lundi 28 mai 2012, nos journalistes étaient en grève. Certes, sur internet les nouvelles ont circulé, mais au moins, durant une journée, nous avons connu un vrai répit. Après tout, dans ce pays nous avons déjà assez vu et assez appris en si peu de temps. Et la suite c’est pour très bientôt, selon l’avis partagé par tout le monde ces derniers temps. Les sondages [1] nous apprennent que SYRIZA et la Nouvelle Démocratie seraient en train de se disputer âprement la première place. Pour l’instant, on réalise (lorsqu’on n’a pas perdu toutes nos facultés de raisonner), qu’il ne s’agit pas de la place du conducteur, mais de l’autre à ses côtés, considérée aussi comme «celle du mort». Jusqu’à prouver le contraire, le conducteur demeurera un autre, une Troïka, une Chancelière, une instance bruxelloise, ou étasunienne, qui sait?

Sauf que désormais, on peut goûter son café à Athènes et en prime déguster les dernières vérités en date. Comme ce matin 29 mai, lorsque le patron d’un petit café, dans les faubourgs situés au nord de l’agglomération, s’est mis à crier devant ses clients: «Oui, j’ai voté Tsipras et je revoterai Tsipras. Je vois qu’entre vous il y en a qui redeviennent des électeurs de la Nouvelle Démocratie. Honte à vous, moutons. Vous espérez sauver vos appartements et peut-être bien votre argent à la banque ou planqué sous vos matelas. Vous n’aviez certainement pas suffisamment observé Samaras au soir des élections du 6 mai, avez-vous vu combien il était blanc, terrorisé en réalité? Non, il n’était pas simplement accablé par la défaite politique, comme tant d’autres fois à travers le jeu de l’alternance bien connu. Non, pauvres gens, comprenez enfin que, pour une fois – et pour une fois seulement – nous étions, et nous le sommes encore, sortis de ce jeu. Samaras est terrorisé, car il a raconté des balivernes à ses maîtres de Berlin, de Bruxelles et d’ailleurs, comme quoi, tout serait acquis par des nouvelles élections, les partis du Mémorandum poursuivraient alors leur politique, avec une certaine légitimité en plus. Et voilà qu’il s’est trompé, idiot comme il est, car Samaras est une vraie poubelle politique; et en plus percée. Ainsi, il a sans doute été menacé, il faut réparer sa bourde, sinon, il risquerait sa carrière, on dévoilera son linge sale, voire sa vie serait en jeu, pourquoi pas? Si on revote pour lui, c’est alors que les gens restent définitivement crétins».

Apergia = la grève... des journalistes le 23 mai 2012

L’hebdomadaire politique Ta Epikaira (25 mai 2012) ne suggère pas autre chose. Les dirigeants allemands sont très remontés contre Samaras et ainsi ils prennent la gestion de la situation ouvertement en main. D’où la tentative de Berlin, que d’imposer le referendum sur l’euro pour le 17 juin, date où (sauf «accident»), auront lieu nos élections législatives.

L’intervention allemande a provoqué un tollé en Grèce, premièrement parce qu’une telle décision reviendrait aux Grecs; et deuxièmement pour la simple raison que constitutionnellement c’est impossible, en tout cas pour la date du 17 juin.

Même le Président Karolos Papoulias a réagi en rendant public la démarche d’Angela Merkel, obligeant ainsi Berlin à faire marche arrière par un démenti d’ailleurs très embarrassé. Berlin, en réaction, vient de dépêcher en Crète [2], son «ministre des Affaires grecques», Herr Hans-Joachim Fuchtel [un homme de confiance d’Angela Merkel et qui, formellement, est Secrétaire d’Etat aux Travail et Affaires sociales], pour examiner avec les «responsables économiques locaux les possibilités de coopération», à condition «de poursuivre la feuille de route du Mémorandum, car ses conditions ne sont pas modifiables».

Prochaine étape de la tournée de Her Proconsul Fuchtel, le nord de la Grèce et plus précisément la région de Kavala, dans une «gérance» ouvertement coloniale, qui plus est, en intervenant directement au sein de la campagne électorale, la dernière peut-être?

Comme on peut encore entendre mardi matin, le 29 mai 2012, sur Real Fm: «Des rentiers internationaux ici et ailleurs nous insultent, comme cette espèce d’escroc, Christine Lagarde, femme politique ayant «arrangé» tant d’amis entrepreneurs au détriment des contribuables de son pays [3], tous ces gens veulent nous imposer leurs choix politiques, et ceux de leurs neveux, les escrocs Grecs qui nous ont gouvernés jusque-là. Je considère en plus, que cette dernière attaque de Christine Lagarde [4] dévoile un certain racisme vis-à-vis de nous s’y ajoutant, à la planification connue des banquiers rapaces de son espèce. Cette courtisane internationale (sic), eh bien… qu’elle aille plutôt déblatérer tout cela devant ses petits copains boursicoteurs, ils la feront gagner encore, spéculant sur nous, et comme d’habitude aussi, par les très diverses commissions et autres pots-de-vin. De toute façon, les propos de Lagarde expliquent en partie le choix de la Grèce dans un rôle-cobaye, avant la poursuite de l’expérience ailleurs. Mais c’est aussi la composante nationale (allemande notamment) dans la gestion de notre cas qui apparaît, on prépare ainsi le dépeçage de la Grèce, et de ce qui en reste de son État en zones économiques exploitables, selon une géographie légèrement variable, suivant le modèle adopté, Chine, Malaisie ou Inde. En provoquant une crise humanitaire sans précédent et des troubles sociaux, ils trouveront éventuellement prétexte à intervenir directement, ne soyons pas dupes. » (Émission de Georges Trangas, mardi matin, 29 mai 2012).

Les agitations aussi, de l’hyper-impérialiste de la méta-démocratie, Daniel Cohn-Bendit: “Si on laisse les Grecs se débrouiller seuls, on risque un coup d’État militaire” [www.lemonde.fr 10 mai 2012), ne passent plus inaperçues non plus chez nous, car nous savons combien il souhaite abolir notre souveraineté nationale et toute représentativité démocratique restante, au profit d’un imperium déjà en gestation en Europe. Et tout est fait à travers l’eurocratie pour que les peuples y voient autre chose.

Nous ici, nous savons (suffisamment?) que les derniers sophismes de la dite «construction européenne» sur le soi-disant «partenariat entre les peuples et les nations», ne réussissent plus à dissimuler la réalité du nouveau totalitarisme eurocrate, destructeur infatigable depuis longtemps, pour ne pas dire depuis le Traité de Rome [5], de la meilleure trouvaille des peuples et nations du continent et dans un sens d’une partie de leurs élites, à savoir, ce contrat social et économique tributaire d’un certain équilibre entre le monde du Travail et celui du Capital.

C’est tout le sens de la guerre menée contre SYRIZA en ce moment, d’où la portée mondiale du cas grec. Tout le reste, les «impôts des Grecs» compris, ne sont que de la poudre aux yeux, en cette phase du combat en tout cas, car je rappelle que notre vision d’ici, depuis la mer Égée, mer chaude aussi par sa géopolitique, est en phase de se transformer, d’une vision de crise suivant le conditionnement intellectuel et conceptuel des initiateurs du «projet», à une vision de guerre. Aux dernières nouvelles même, Alexis Tsipras vient de rencontrer l’État-major des armées. On sait par ailleurs que certains militaires (dont je suis incapable d’estimer le nombre), seraient proches de SYRIZA.

Et au quotidien, les agressions, les meurtres et les suicides se multiplient. Tantôt un Grec mortellement agressé par un afghan à Patras selon le reportage des médias locaux [6], provoquant l’intervention de la police mais aussi celle des membres de Chryssi Avghi, tantôt une agression qu’un candidat de l’Aube Dorée a subi à Ioannina, le conduisant à l’hôpital, le vent tournant peut aussi être très mauvais.

Selon la rumeur racontée et rependue déjà auprès des jeunes des quartiers populaires, les expropriations forcées des immigrés se feraient parfois à l’aide de l’Aube Dorée: «Leurs gars arrivent, ils nettoient les lieux et lorsque les appartements sont restitués vides à leurs propriétaires, ils sentent alors la peinture toute fraîche. Eh bien, c’est pour effacer les tâches de sang sur les murs». Je ne peux pas confirmer cette terrible rumeur; mais elle me semble très «pertinente» quant à la logique qu’elle véhicule, et dans la manière de faire accepter cela par le plus grand nombre. Chez certains jeunes rencontrés à Salamine, par exemple, la perspective de l’inacceptable n’est pas visible du tout, seul «le sang» compte. Et pas qu’à travers cette rumeur.

Samedi après-midi (26 mai), je me trouvais sur une plage de l’île. Un jeune homme (que des marxistes qualifieraient sans s’y tromper de «lumpen-prolétaire») rodait en quadricycle [à moteur ou quad] sur le chemin non goudronné. Brusquement, il se mit à poursuivre un Pakistanais. Et descendant de son engin, il lui jeta des pierres, le menaçant même de le tuer. Le Pakistanais a pris la fuite, disparaissant derrière la benne à déchets, et en direction de la colline sur laquelle on peut découvrir les vestiges du palais du légendaire roi de Salamine, Aias. Je me suis précipité, et je n’étais pas le seul vers les lieux afin de désarmer si on peut dire, cet individu. Il a alors expliqué que son acte, «évidemment légitime», fut motivé par le comportement «insolant» de l’étranger: «il a osé me faire la remarque de rouler moins vite, qui? Le Pakistanais… ». Les autres… compatriotes ont jugé l’explication idiote et pourtant acceptable ; imperméable à toute critique et à toute argumentation raisonnée, l’agresseur quant à lui, il est monté sur son quadricycle pour aussitôt repartir dans l’autre sens.

C’est cet «autre sens» qui nous guette aussi, à Salamine, l’Aube Dorée a dépassé 12% des suffrages exprimés, (SYRIZA 18%, la droite anti-mémorandum des «Grecs Indépendants» 16%). Samedi soir, toujours à Salamine, à proximité de la maison de mes amis dont j’étais l’invité, on a découvert deux petits chatons abandonnés. Leurs miaulements incessants avaient dérangé tout le voisinage depuis la veille. Des voisins albanais et grecs ont provoqué une petite réunion publique afin d’estimer… la situation et ainsi réagir.

Fanis, l’Albanais travaillant à la taverne du petit embarcadère, a éclairé tout le monde sur les circonstances exactes du drame : «C’était tard dans la nuit de vendredi à samedi, je revenais de la taverne après le boulot, d’ailleurs nous avons eu peu de clients. J’ai vu alors un de ces chiens errants déchiqueter une chatte ici-là même, mais je ne savais pas qu’elle allaitait ses petits. Voilà pourquoi depuis, on les entend tant miauler, contrairement à ce qu’elle a pensé Madame Voula, ces chatons ne sont pas nés des portées de ses chattes à elle, c’est vrai entre nous, madame Voula a sept chats, mais elle perd un peu la boule, compte-tenu de son âge. »

Le comité de quartier improvisé… a désigné deux familles, une grecque, l’autre albanaise pour s’occuper des chatons, en alternance. «Il faut qu’ils survivent» s’est exclamée Lena. Heureusement que Christine Lagarde ne l’a pas su à temps pour réagir.

Dimanche soir, le 27 mai, lors d’une réunion ouverte des cadres et des sympathisants SYRIZA dans les quartiers nord d’Athènes les préoccupations étaient beaucoup plus graves, sauf qu’il était aussi question de survie, la nôtre. Costas, le Crétois, a fait venir de la viande de chèvre depuis son île, la cuisine était communautaire et toujours aussi excellente, toujours suivant le principe de la participation (dix euros par personne). Mais à part danser, une certaine appréhension du futur proche hantait les esprits: «Il faut faire face à tout et à toute éventualité au cas où, nous serons portés au pouvoir lundi 18 juin, prévoir si possible au préalable, les premières réactions des adversaires en Grèce et ailleurs et surtout, avoir sous les bras un plan «B» aussi, très utile. Ah oui, il faut aussi couper court aux idioties du passé. Hier, une femme est venue me voir pour que je lui promette du boulot pour son fils à la mairie, en cas de victoire. Elle nous apporterait, prétendait-elle, les voix de toute sa famille. Je lui ai répondu que dans ce cas, elle peut aller voir ailleurs, et il ne faut pas hésiter camarades», a dit une vieille militante.

D’autres, des cadres du parti ont plutôt expliqué le volet économique du programme SYRIZA aux militants, et surtout aux sympathisants et autres citoyens venus en curieux. Un militant, a cru bon de proposer son analyse très personnelle: «Vous savez? Les Américains nous soutiennent implicitement, c’est pour contrarier Merkel dans son hégémonie sur Europe; mais il s’agit d’un soutien tactique. Les États-Unis ne veulent pas se voir perdre le contrôle, même discret, sur un pays maritime entre l’Europe, l’Asie et l’Afrique comme la Grèce. Je déduis ceci, en lisant directement la presse italienne, et croyez-moi. J’espère que les Italiens et les Français comprendront rapidement les enjeux pour se détacher si possible demain du filet allemand, ah tiens, les gâteaux sont arrivés, allons-y ».

Panayiotis Lafazanis

C’est vrai que les gâteaux de la fin ont connu aussi le succès, tandis qu’un ami personnel d’Alexis Tsipras a évoqué son dernier voyage à Berlin et à Paris. Evanthia, une proche de Panagiotis Lafazanis (député de Syriza) en a rajouté: «C’était effrayant, lorsque nous avons été reçus chez les cadres du SPD, c’était comme une gifle, aucune inflexion, aucun écart face à la politique Merkel, une vraie politique nationale, cela nous a sauté aux yeux, tristement même je dirais. Par le passé chez SYRIZA, nous avions sous-estimé la portée du fait national ; finalement il existe aussi et nous devons en tenir compte davantage en construisant nos alliances avec les peuples et les mouvements des autres pays à travers l’Europe ».

Sur Salamine ou à Athènes certains cafés ne se remplissent plus, même durant le week-end. Nos chats «adespotes » (littéralement « insoumis », c’est aussi un terme juridique), comme on désigne ici les animaux errants, se bagarrent comme toujours, mais sans gravité disons vitale. Chez les humains, et face aux intimidations de toute sorte, SYRIZA, vient de rendre public, son programme de gouvernement, en résumé: «La première mesure prise par SYRIZA, sera l’annulation du Mémorandum, et plus précisément du Mémorandum II, co-adopté par la Troika et le gouvernement Papadémos, soutenu par le PASOK et la Nouvelle Démocratie. À leur place, il présentera au Parlement, un Plan National de développement économique et social, basé sur la restructuration de nos productions, la redistribution des revenus, ainsi que l’assainissement juste de l’État. Il est connu que le Mémorandum I et II – et surtout le second – ont été ratifiés par une loi expresse, sans respecter, ni le règlement de l’Assemblée, ni la Constitution (…) Parmi nos premières mesures, l’abolition des lois destructrices en ce qui concerne les libertés syndicales et le droit du travail (…) SYRIZA, dénoncera les emprunts (les Traités avec la Troïka) afin de remplacer leurs conditions odieuses par d’autres qui ne remettront pas en question la souveraineté nationale ainsi que la survie économique de notre pays. Des conditions comme, la priorité accordée au remboursement des emprunts ou à la mainmise sur les biens de l’État, accordées aux créanciers par le Mémorandum, ne seront plus acceptées et sans conditions (…) Le but d’un gouvernement de gauche en Grèce sera de réussir, en établissant les alliances nécessaires, surtout avec les pays de l’Europe du Sud, dans l’organisation d’un Congrès international et européen sur les dettes souveraines, afin d’y trouver une solution commune et viable à un problème aussi européen. La solution doit être commune, c’est-à-dire la suppression organisée des dettes sans recours à de quelconque Mémorandum, qui démolissent, comme on sait, nos sociétés. 

Cet accord global  pourrait prendre la forme d’un moratoire sur le règlement de la dette qui serait lié à la croissance et à l’emploi pour ce qui en resterait, en prenant comme modèle, les décisions analogues, prises à l’encontre de l’Allemagne en 1953 (…) La sortie de la Grèce de la zone euro est utilisée comme principal chantage sur le chemin des urnes. Pour nous, une telle éventualité ne doit pas être un choix de nos partenaires européens, sauf si, ils ont déjà décidé la destruction de l’euro et l’abolition de la zone euro. Les événements politiques en cours auront alors une dimension mondiale et seul un gouvernement de gauche sera capable d’y faire face, car il sera garant de la cohésion social et œuvrera aussi pour la protection des plus faibles parmi les citoyens (…) Seulement, le scénario de l’abolition de la zone euro devient probable dans la mesure où la politique du Mémorandum se poursuit en Europe. L’Europe du Mémorandum est de toute façon condamnée à disparaître (…) En tout cas, nous ne reculerons pas devant le chantage et nous n’abandonnerons pas notre programme de refondation (…), à défaut de ce programme, la catastrophe de notre pays sera totale et inéluctable, que ce soit dans la zone euro ou en dehors de celle-ci. En conclusion, nous ne proposons pas un chemin facile, mais c’est ainsi que le pays trouvera une perspective de sortie de la crise, dans la justice, la démocratie et la dignité ».

«Adespotes» [a privatif] alors ?

_____

[1] Les derniers sondages – ceux Eleftheros Typos/Pulse, ProtoThema/Alco, Real News/MRB, To Vima/Kapa and Ethnos/MARC – donne à Nouvelle Démocratie entre 25,6% et 27% et à SYRIZA entre 20,1% et 26%. Avec le PASOK, selon ces sondages – dont la méthode ne nous est pas connue – les «instituts» Pulse et MARC – indique que le bloc Nouvelle Démocratie et Pasok obtiendrait une majorité des sièges au parlement, majorité oscillant entre ee et 16 sièges, sur 300 ; la majorité étant donc fixée à 150. Et le premier parti obtient 50 sièges dans cette proportionnelle faite pour le système politique en place en 1974, avec les deux partis issus des clans familiaux Karamenlis et Panadréou. (Rédaction A l’Encontre)

[2] La Crète est l’une des cinq îles les plus grandes de la Méditerranée. Elle a été rattachée à la Grèce en 1913. Elle fait partie des 13 régions administratives. Elle dispose d’un gros potentiel agricole (huile d’olive) et d’élevage , mais, avant out, elle est une source de revenus liés au tourisme qui est décisive pour ce secteur de l’économie grecque. Donc ce n’est pas un voyage anodin. (Rédaction A l’Encontre)

[3] Cette affirmation fait allusion au rôle de Christine Lagarde décrit ainsi par le Monde 4 août 2011: «En mai 2001, le procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal, avait saisi la commission des requêtes de la CJR, comme l’avaient demandé des députés socialistes. Il considérait qu’il existait des éléments susceptibles de caractériser un « abus d’autorité » de la part de l’ancienne ministre de l’économie. M. Nadal reproche à Mme Lagarde d’avoir recouru à une procédure d’arbitrage privé plutôt qu’à la justice traditionnelle dans le conflit opposant Bernard Tapie à l’ancienne banque publique Crédit lyonnais, au sujet de la vente de la compagnie Adidas en 1993. M. Nadal souligne que cette procédure, courante dans le monde des affaires, n’était pas adaptée, l’intérêt de l’Etat et les deniers publics étant en jeu. Cet arbitrage condamna le consortium de réalisation (CDR) chargé de gérer le passif du Crédit lyonnais à verser à M. Tapie 285 millions d’euros de fonds publics.» La procédure a été, par la suite, interrompue. (Rédaction A l’Encontre)

[4] Selon l’AFP : «La directrice du Fonds monétaire international Christine Lagarde a estimé, dans un entretien publié samedi, que les Grecs devraient « commencer par s’entraider collectivement » en payant leurs impôts, se disant moins préoccupée par leur sort que par celui des enfants d’Afrique. « Je pense que les Grecs devraient commencer par s’entraider collectivement », en « payant tous leurs impôts », a-t-elle expliqué dans cette interview publiée par le quotidien britannique The Guardian, en référence aux problèmes d’évasion fiscale que connaît le pays. Comme on lui demandait si elle songeait aux difficultés quotidiennes rencontrées par les Grecs, elle a répondu: « En ce qui concerne les Grecs, je pense aussi à tous ces gens qui essaient tout le temps d’échapper aux taxes ». Elle a souligné qu’elle avait « autant » à l’esprit ceux qui, en Grèce, étaient privés de services publics que ceux qui ne payaient pas leurs impôts. « Je pense plus à ces jeunes enfants dans un petit village du Niger qui vont deux heures par jour à l’école, partageant une chaise pour trois, et qui rêvent d’avoir une bonne éducation. Je pense à eux tout le temps. Car j’estime qu’ils ont encore plus besoin d’aide que les gens à Athènes », a poursuivi la patronne du FMI, réaffirmant que le Fonds n’avait pas l’intention d’adoucir les termes du plan de rigueur imposé à la Grèce.» (Rédaction A l’Encontre)

[5] Traité signé en mars 1957, entré en vigueur le 1er janvier 1958, entre la France, l’Allemagne, l’Italie et les pays du Benelux , soit la Belgique, le Luxembourg et les Pays-bas. «L’élargissement» à la Grèce se fera en 1979, après l’adhésion du Royaume-Uni, de l’Irlande et du Danemark en 1972. (Rédaction A l’Encontre)

[6]  Le mardi 22 mai, dans la 3e ville de Grèce, Patras, port où les migrants « arrivent », avec comme perspective de se rendre en Italie et plus loin, à l’Ouest, quelque 350 membres du parti Aube dorée (Chrysi AVGI) – le  nombre est indiqué par la police – ont attaqué des immigrés qui « logeaient » dans une usine de textile abandonnée (l’usine Piraiki-Patraiki). Avant l’attaque, une manifestation de la population avait eu lieu suite à un affrontement entre des migrants et un habitant, le samedi 19 mai. Trois immigrants d’origine afghane ont été accusés d’avoir frappé Thanasi Lazanas; celui-ci est décédé de ses blessures. Deux jeunes Afghans, âgés de 17 ans, ont été arrêtés.

La situation des migrants en Grèce est de plus en plus difficile (pour utiliser un euphémisme). Tous les rapports de Médecins sans frontières, d’Amnesty International, du Gisti le démontrent (voir à ce sujet les positions de Migreurop, entre autres leur rapport 2012-2011: « Aux bords de l’Europe: l’externalisation des contrôles migratoires ». Voir aussi l’article publié sur le site alencontre sur «Patras, un enfer pour les migrants»: http://alencontre.org/europe/migrants-le-piege-de-patras.html). Y compris les autorités helvétiques ne renvoient plus les dits sans-papiers en Grèce, ce qu’elle pourrait faire selon les règles de Schengen et Dublin.

L’attaque était fort bien organisée, avec un style militarisé. Des cocktails Molotov ont été lancés contre la fabrique. L’Aube dorée a organisé la manifestation d’attaque après avoir lancé sur son site des mots d’ordre sur le thème: «Il faut récupérer Patras, il faut y imposer la loi par nos propres moyens». Diverses informations indiquent qu’une centaine ou plus d’habitants ont «accompagné» les hommes de main d’Aube dorée. L’usine a été attaquée avec un bulldozer.

Les immigrés «parqués» à Patras fonctionnent comme boucs émissaires. Les militants antifascistes et/ou s’occupant des sans-papiers indiquent que la majorité des migrants voudraient quitter aujourd’hui la Grèce (ce que les Albanais ont déjà fait). Toutefois, l’accord de Dublin 2 aboutit à la situation suivante. Ceux et celles qui arrivent à sortir de Grèce et à atteindre l’Italie sont renvoyés en Grèce par la police italienne s’ils sont arrêtés.  Le député Michalis Arvanitidis, membre de l’organisation néonazie Chrysi Avgi, a été bousculé par un groupe de jeunes antifascistes, suite à une intervention hyperraciste à la télévision locale Super B. Ce qui indique une saine réaction dans une partie de la population, au moins d’un secteur de la jeunesse. (Rédaction A l’Encontre)

Vous pouvez écrire un commentaire, ou utiliser un rétrolien depuis votre site.

Ecrire un commentaire




Recent Comments

Le site alencontre.org existe depuis plus de 12 ans. Il vient de changer d’aspect. De manière significative. Mais il n’a pas modifié ses objectifs : informer, analyser, afin de faciliter une compréhension des réalités économiques, sociales, politiques à l’échelle internationale. Dans ce sens, ce site valorise la liaison qui peut s’établir entre comprendre et agir, dans une perspective socialiste et démocratique. Ce «lifting» a été effectué pour répondre aux exigences d’un nombre croissant de lectrices et lecteurs. Nous espérons que celui-ci entrera en résonance avec les attentes des visiteurs de A l’Encontre et de La Brèche. Il leur appartiendra, aussi, de s’en approprier le contenu et de le commenter. Vous pouvez nous contacter sur redaction@alencontre.org