vendredi
18
août 2017

A l'encontre

La Brèche

Hebe de Bonafini et César Milani

Hebe de Bonafini et César Milani

Fabian Kovacic

Le gouvernement argentin de Cristina Kirchner tente par tous les moyens – y compris les plus insolites – de retrouver un élan épique pour affronter l’année qui précède les élections présidentielles de 2015. Une de ses tentatives est l’initiative des Mères de la Place de mai, dirigées par Hebe de Bonafini et du regroupement – fondé formellement en 2006, existant dès 2003, de tendance péroniste et kirchneriste. La Campora, dirigée par Maximo Kirchner – fils de Cristina Fernandez Kirchner–, mène des actions ensemble avec l’Armée. Il s’agit d’une imitation – hors du temps et dictée par les besoins présents du kirchnerisme et de ses alliés – d’une action similaire réalisée par les Montoneros, péronistes nationalistes de gauche ayant conduit une action armée, dans les années 1960. Mais tout cela dissimule de grossières falsifications mémorielles et de l’histoire tragique qui s’est soldée par des milliers et milliers de disparus durant la dictature. La mythologie du «gouvernement progressiste» des Kirchner devrait être saisie par une certaine «gauche» en Europe et en Amérique latine (Rédaction A l’Encontre)

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Le 24 mars 2014, Hebe de Bonafini, la présidente des Mères de la Plaza de Mayo Linea fundadora [1], le ministre de la Défense, Augusto Rossi, le député national Andrès Larroque, représentant le regroupement kirchneriste La Campora, ont commémoré le 38e «anniversaire» du coup d’Etat militaire, dans le bidonville de La Carbonilla. Ce bidonville a été construit en pleine hécatombe sociale ménémiste [Carlos Menem, péroniste, Président de la Nation argentine, de 1989 à 1999] par un groupe de ramasseurs de carton et de recycleurs de déchets divers. Ce bidonville est situé dans le quartier La Paternal, à Buenos Aires. Il regroupe environ 400 familles qui, depuis 2007, reçoivent de l’aide sociale de la part des militants de La Campora pour tenter de pallier les problèmes d’insuffisance de logements, de contamination et de pénurie d’eau dont souffre le quartier.

C’est le lieu choisi par les militants kirchnéristes et Hebe Bonafini afin de collaborer avec l’armée pour mener à bien des travaux dits d’utilité publique. Au début avril 2014, les militants se sont rendus à La Carbonilla sous la direction Larroque avec une vingtaine de soldats pour creuser des égouts, peindre des façades et effectuer d’autres travaux.

Cristina Kirchner accompagnée par son fils Maximo  et sa fille Florencia

Cristina Kirchner accompagnée par son fils Maximo
et sa fille Florencia

Le projet est avalisé par le chef de l’armée, César Milani, qui, depuis qu’il avait été choisi par la Présidente Cristina Fernandez pour assumer la direction de l’armée, avait annoncé son adhésion au «projet national et populaire» kirchneriste. Les premiers discours de Milani rappelaient les vieux discours du général Juan Domingo Peron [au pouvoir comme Président de 1946 à 1952, de 1952 à 1955, puis de 1973 à 1974] sur «l’unité peuple et forces armées».

Quelques mois plus tôt, en juillet 2013, la Présidente Cristina Fernandez Kirchner avait laissé glisser son intention de reprendre cette vieille aspiration péroniste. En s’adressant aux militaires, elle avait notamment déclaré : «Je me sens responsable, en tant que commandante en chef des forces armées, de les incorporer à ce projet d’intégration latino-américain et de développement économique, car nous sommes tous des Argentins». Le projet vient donc de loin.

Opération Dorrego

Lorsque le péroniste Héctor Campora a été élu à la présidence en 1973, sont également entrés au gouvernement des représentants plus ou moins organiques de la guérilla des Montoneros. A l’époque, le général Raul Carcagno, alors commandant en chef de l’armée, se définissait comme étant un «militaire nationaliste et populaire»[2].A la fin du printemps camporiste – qui n’a duré que 49 jours – et avec le retour au gouvernement de Peron, Carcagno a fait avancer ses projets. Des secteurs de l’armée liés au secteur du génie et de la construction ont organisé, conjointement avec des militants de la Jeunesse péroniste (JP) liés aux Montoneros, des sortes de commandos pour desdits travaux d’utilité publique dans des localités et des bidonvilles de la province de Buenos Aires. Les pluies de juin avaient entraîné beaucoup de destructions dans les régions occidentales de la province, ce qui a fourni un scénario idéal pour commencer le travail de reconstruction. Ces commandos comprenaient, outre la Jeunesse péroniste de Buenos Aires, une partie du premier Corps de l’armée, celui qui, quelques années plus tard, serait parmi les plus féroces lors de la répression qualifiée d’illégale, avec son chef, le redoutable général Albano Harguindeguy [3], futur ministre de l’Intérieur de Jorge Rafael Videla [4].

L’Opération Dorrego a débuté le 4 octobre 1973 et a impliqué presque 4000 membres de l’armée et 800 civils, répartis entre les localités provinciales de Bragado, du 9 de Julio, du 25 de Mayo, de Saladillo, de Carlos Casares, Pehuajo, Bolivar, General Alvear, Junín, Licoln, General Viamonte, General Pinto, Trenque Lauquen et Carlos Tejedor. Comme le rappelle une note apparue sur le site de l’agence Paco Urondo, concernant le remake du Dorrego en 2013, le travail consistait à réparer des chemins, drainer les eaux accumulées, nettoyer les ponts et les égouts, reconstruire des canalisations pour les relier aux centrales de traitement des eaux usées, détruire des murs instables, réparer les façades, changer les planchers de certains immeubles, réparer les installations électriques et restaurer différents bâtiments, surtout les hôpitaux et les écoles. L’opération prit fin le 23 octobre 1973!

Quarante ans plus tard

Le premier jour de l’exécution de ce nouveau plan, le kirchneriste Andrés Larroque a exprimé sa grande reconnaissance à l’égard du personnel de l’armée «à cause de leur volonté et leur engagement» à se mettre au service des gens. «C’est le début d’un travail solidaire entre les Mères, les militants, l’armée et d’autres organismes de l’Etat» a déclaré le secrétaire général de La Campora au quotidien de droite de Buenos Aires, La Nacion.

Les soldats qui vont entreprendre les travaux appartiennent au Bataillon 106 du génie de base militaire de Campo de Mayo. Il est prévu qu’ils travaillent à La Carbonilla pendant trois mois. Armés de pics, de pelles et une excavatrice, ils ouvriront des routes, installeront des égouts et construiront des espaces communautaires, dont un square et une place de sports.

L’alliance entre les Mères, La Campora et l’armée soulève également de questions dans certains milieux. Maximiliano Ferraro (de la Coalition civique ARI – Argentinos por una República de Iguales) un opposant politique député de la ville de Buenos Aires, a critiqué durement le déploiement de militaires dans un bidonville. Il a annoncé qu’il demanderait au gouvernement de la ville, dirigé par l’homme de droite Mauricio Macri [5] qu’il dise s’il a oui ou non autorisé la force dirigée par César Milani d’effectuer ces travaux sociaux. «Il est préoccupant et navrant de voir comment une association de droits humains et un groupement politique se joignent à un oppresseur accusé de délits de lèse humanité comme Milani. L’armée ne devrait pas intervenir, sauf dans des situations d’urgence ou de catastrophe» a-t-il déclaré. Il a laissé entendre que le chef de l’armée pourrait profiter de l’occasion pour réaliser des « tâches de renseignements » dans les bourgs de la capitale. «Nous autres Argentins savons déjà ce qui s’est passé dans le pays lorsqu’on a donné à l’armée un rôle politique et de déploiement territorial».

Des curriculums souillés

L’embrassade entre la dirigeante de l’Association des Mères de la Place de Mai, Hebe de Bonafini et le général César Milani, promu en juillet de l’année passée à chef de l’armée, constitue une couleuvre dans le discours officiel qu’une bonne partie de la société et en particulier les personnes liées à d’autres organisations humanitaires trouvent difficile d’avaler. Milani est un personnage officiel du secteur du renseignement qui est accusé par des survivants de la dictature d’avoir participé à ladite répression illégale entre 1976 et 1983. Au cours des récentes années, des avocats de groupements de gauche ont révélé que lorsque Milani était dans le renseignement, il a conçu, entre 2005 et 2010, un programme – appelé Projet X – pour espionner des organisations sociales et estudiantines ainsi que de partis politiques en général, sous l’égide de Nilda Garré [6], la ministre de Défense de l’époque. La justice est actuellement en train d’enquêter sur ce Projet X de Milani, soupçonné aussi d’enrichissement illicite, car son patrimoine a crû démesurément ces dernières années.

Hebe de Bonafini et Agustin Rossi

Hebe de Bonafini et Agustin Rossi

Hebe de Bonafini n’a eu aucun scrupule à défendre le commandant de l’armée. La dirigeante historique des Mères de la Place de Mai avait été éclaboussée par un scandale de corruption lié au programme Sueños Compartidos [rêves partagés] par lequel l’association gérait la construction de logements populaires dans différentes villes du pays avec le soutien et le financement de l’Etat national. Même si Hebe de Bonafini était la personnalité visible de l’entreprise, ce sont Sergio et Pablo Schoklender, qui étaient chargés de la gestion des finances du projet. Les deux frères ont dû leur notoriété dans les années 1980 au fait qu’ils avaient assassiné leurs parents et qui ont été liés à des affaires sombres et importantes, dont le trafic d’armes.

Après sa sortie de prison, Sergio Schoklender a fait la connaissance de Bonafini, qui a sympathisé avec lui et l’a chargé d’organiser les archives des Mères. C’est là que s’est consolidé un lien qui paraissait indestructible jusqu’à l’éclatement du scandale de Sueños Compartidos. L’enquête judiciaire a conduit à l’inculpation des frères Schoklender. Aucun délit n’a été retenu contre Bonafini. Le scandale a éclaboussé des fonctionnaires et des ex-fonctionnaires du gouvernement, ainsi que des personnalités du kirchnerisme comme le vice-président Amado Boudou [en fonction depuis décembre 2011, antérieurement ministre de l’Economie et des Finances de juillet 2009 à décembre 2011], le Ministre de Planification fédérale Julo de Vido – l’ultime responsable des fonds transférés au projet – et l’ex-ministre de l’Economie Felisa Micelli [de novembre 2005 à juillet 2007, démissionne suite à une enquête judiciaire ouverte contre elle]. Plus de 765 millions de pesos (quelques 80 millions de dollars) avaient été détournés et l’affaire est passé entre les mains du juge fédéral Noberto Oyarbide, qui a toujours été contesté à cause de sa proximité «naturelle÷ avec le pouvoir politique du moment, qu’il fut ménemiste ou kirchneriste.

A peine promu, Milani a été reconnu par Alfredo Olivera, un ex-prisonnier de la province de Rioja, comme étant celui qui l’avait transféré en 1976 depuis le centre clandestin où il séjournait jusqu’au bureau d’un juge pour être interrogé. Milani fut aussi reconnu par A. Olivera comme étant l’officiel qui a séquestré son père. Dans son témoignage. il raconte: «Au cours du voyage, le lieutenant Milani me disait: “A toi on t’a coupé la carrière au bon moment, tu allais devenir un guérillero de l’ERP”. Tu sais ce qu’est le ERP? Et le PRT? Par la suite j’ai appris que c’était lui qui avait séquestré mon père, Ramon.» [7] Ce témoignage s’est diffusé comme une traînée de poudre et au cours des mois suivants quatre autres personnes ont reconnu Milani comme ayant participé à des tâches de répression pendant l’époque de la dictature.

Lorsqu’il était sous-lieutenant, Milani a participé à des opérations militaires dans les provinces de La Rioja et Tucuman. Il y a amené, comme assistant personnel, le soldat Alberto Agapito Ledo, un jeune qui militait dans des organisations de la gauche non péroniste, d’après les souvenirs de son ami Alvaro Illanes, qui a partagé une partie du service militaire avec lui. Ledo a disparu le 17 juin 1976 à Tucuman. Or, c’est Milani lui-même qui a signé le rapport qui l’identifiait comme étant un déserteur. Le frère de Illanes, Juan Carlos, avait été en compagnie de Ledo jusqu’à quelques jours avant sa disparition. En décembre 2013, il a témoigné contre Milani devant la justice fédérale de Tucuman (province du Nord). Il a déclaré au juge Raul Bejas: «Tout comme Ledo, j’étais l’assistant d’un sous-lieutenant, avec lequel je devais me rendre dans la province de Catamarca. En juin 1976, nous sommes allés à Tucuman et j’ai pu m’entretenir avec Ledo. Nous étions dans un campement militaire à Concepcion, où fonctionnait un centre clandestin de détention dans lequel on torturait des guérilleros de l’ ERP. Milani était là. En tant que militaire dans le secteur du renseignement, il ne pouvait ignorer ce qui s’y passait.»

Le journaliste Plutarco Schaller, qui a été détenu depuis le premier jour du coup jusqu’à l’arrivée de Alfonsin [8], a raconté au juge fédéral de La Rioja, Daniel Herrera Piedrabuena, qu’alors qu’il était dans un hôpital de la province pour soigner les plaies provoquées par la torture, l’officier Milani était entré en trombe. «En me voyant seul, il s’est exclamé: ‘Ce fils de pute est encore vivant’ avant de se retirer. Cette même nuit, il s’est rendu chez moi et a détenu mon fils Antonio, qui est resté disparu pendant 30 jours.»

Hebe de Bonafini

Hebe de Bonafini

Les documents relatifs au cas du soldat Ledo remplissent déjà un volumineux dossier et pour le moment seul le capitaine Esteban Sanguinetti, le supérieur de Milani à l’époque, a été inculpé. A La Rioja, le cas sur lequel enquêtent Schaller et Olivera a déjà constitué sept corps du délit reconnus. D’après les avocates Maria Elisa et Viviana Reinoso : «Il existe bien assez de preuves pour inculper Milani de crimes de lèse humanité». Maria Elisa est l’avocate qui représente les quatre corps de délit pour la répression à La Rioja. Elle avait été désignée par le gouvernement de Cristina Fernandez comme Directrice de l’Autorité Fédérale du Service de Communication (AFSCA), créée à partir de la loi de services audio-visuels promulguée par le gouvernement en 2009.

Lorsque l’avocate a demandé que Milani soit cité à comparaître pour les délits dont on l’a accusé, elle a été suspendue de son poste à AFSCA. «J’apprécie tout ce qu’a fait ce gouvernement, mais face à ces faits aberrants commis durant la dictature mon engagement est du côté de la justice», a-t-elle déclaré devant les médias.

Pendant que la justice fait traîner l’enquête, Milani, Hebe de Bonafini et les jeunes de La Campora vont de l’avant dans la mise en ouvre d’un récit épique qui commence à prendre de l’eau. (Article publié dans l’hebdomadaire uruguayen La Brecha. Traduction de la Rédaction A l’Encontre)

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[1] En 1986, les Mères de la Place de Mai – association créée en 1977 et ayant joué un rôle fort important durant la «sale guerre» menée par les militaires-dictateurs de 1976 à 1983 – ont connu une rupture, suite à divers scandales politiques et financiers. Deux structures en sont issues. L’une avec sa représentante historique, Hebe de Bonafini, nommée Plaza de Mayo-Linea Fundadora, fort proche des Kirchner. Et l’autre aile qui a maintenu le nom Asociación Madres de Plaza de Mayo. (Réd. A l’Encontre)

[2] Jorge Raul Carcagno, nommé chef des armées par le péroniste Hector Campora. Ce dernier, en mars 1973, fut remplacé par Péron, élu en septembre 1973. Carcagno fut chargé de retisser des liens avec la Jeunesse péroniste (JP), qui s’était radicalisée politiquement. Il avait pour but de la canaliser et de la contrôler. Dans ce contexte, il organise, suite à des inondations, le projet dit Manuel Dorrego, du nom du caudillo, ayant un charisme populaire, qui fut à la tête de la province de Buenos Aires en 1828.

Carcagno avait une certaine expérience ayant été nommé par la dictature, celle d’Ongania, comme «administrateur» de la province de Cordoba de juin à juillet 1969, suite au soulèvement populaire dans cette ville industrielle importante qui fut écrasé par l’armée: le Cordobazo (mai 1969). Un soulèvement qui a été un des facteurs de la chute de Ongania, remplacé en juin 1970 par Roberto Marcelo Levingston (jusqu’en mars 1971). Le général Alejandro Augustin Lanusse prenant sa succession jusqu’en 1973. Toute cette période est déjà très fortement répressive. (Rédaction A l’Encontre).

[3] Albano Harguindeguy (1927-2012). Ce militaire fut aussi ministre de l’Intérieur sous le dictateur Jorge Videla lors de la nommée «période de reconstruction nationale». Accusé d’atteintes aux droits humains, il a bénéficié du «pardon» de Carlos Menem en 1989. Puis accusé de complicité active dans l’Opération Condor – mise en place par les dictatures en Amérique latine dès 1975 contre les militants de gauche du continent – il refusa de témoigner. Il fut alors mis aux arrêts domiciliaires en 2004. En 2006, son pardon par Menem a été levé, il fut condamné à de nouveaux arrêts domiciliaires. Il décède en 2012. (Rédaction A l’Encontre)

[4] Jorge Videla (1925-2013 – décédé en prison). Président-dictateur de la Nation argentine de mars 1976 à mars 1981. Condamné à la perpétuité en 1985, il est amnistié par Carlos Menem. Un procès est rouvert en 2007 et se conclut en 2010, par plusieurs peines, dont une condamnation à vie. (Rédaction A l’Encontre)

[5] Maurizio Macri est un homme d’affaires «significatif», parmi les plus riches d’Argentine. Il est le patron du célèbre club de football Boca Juniors. Elu à la tête du gouvernement de la ville de Buenos Aires en 2007 avec plus de 60% des voix, il est le leader de la formation Compromiso para el Cambio qui s’est intégrée, en 2005, à la formation PRO – Propuesta Republicana. (Rédaction A l’Encontre)

[6] Nilda Garré, une «péroniste de gauche» initialement. Elle a été ministre de la Défense sous Nestor Kirchner, puis Cristina Fernandez Kirchner, de 2005 à 2010; elle occupa par la suite le ministère de la Sécurité publique de décembre 2010 à juin 2013, pour être, dès juin 2013, représentante de l’Argentine auprès de l’Organisation des Etats Américains. (Rédaction A l’Encontre)

[7] L’ERP – Armée révolutionnaire du peuple – était une organisation militaire, bras armé du Parti révolutionnaire des travailleurs (PRT). Le dirigeant central de l’ERP était Mario Roberto Santucho. Le PRT a été fondé en 1965. En 1968, le courant moréniste (PRT-La Verdad) quitte le PRT. Le PRT de Santucho (PRT-Combatiente) fut initialement actif et implanté dans le nord de l’Argentine. L’ERP a adopté une stratégie de «guerre révolutionnaire prolongée» en 1970. La répression a désarticulé l’ERP et le PRT en 1977; en juillet 1976, Roberto Santucho fut tué lors d’un affrontement avec les militaires. Sur l’histoire du PRT, il est possible de lire les ouvrages de Pablo Pozzi, Historias del PRT-ERP, Ed Imago Mundi et Por las sendas argentinas. El PRT-ERP, la guérilla marxista, Ed. Imago Mundi, réed. 2004; ainsi que celui de Vera Carnovale, Los Combatientes, Editores Siglo Veintiuno Uno, 2011. (Rédaction A l’Encontre)

[8] Ricardo Raul Alfonsin (1927-2009) a été Président de la Nation Argentine de novembre 1983 à juillet 1989. Il est le premier Président élu après la dictature; il était membre de l’Union civique radicale (UCR), un parti historique de l’Argentine. Il prendra l’ascendant dans ce parti suite à la défaite de la guerre des Malouines (avril-juin 1982) qui conduit à la chute de la junte militaire, installée depuis 1976. (Rédaction A l’Encontre)

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FIFA : comprendre le "système Blatter" en 5... par lemondefr

C’est une bombe que vient de lancer Der Spiegel. Dans un article intitulé «Le complot», l’hebdomadaire allemand dévoile un document qui relance le feuilleton «borgiesque» à la Fédération internationale de football (FIFA).

Ledit document est une proposition de contrat envoyée le 19 décembre 2014 par le cabinet d’avocats californien Quinn Emanuel (QE) au directeur juridique de la FIFA, Marco Villiger. Dans ce document, QE s’engage à défendre les intérêts de la Fédération contre le département d’Etat de la justice américaine.

Le contrat est signé le 5 janvier 2015 par le secrétaire général de l’organisation, Jérôme Valcke, et par son adjoint et directeur financier Markus Kattner, puis tamponné par M. Villiger.

La chronologie apparaît troublante dans la mesure où l’administration de la FIFA semble avoir été au courant de la menace exercée par les autorités américaines «142 jours» avant le fameux coup de filet du 27 mai 2015, à Zurich (Suisse). Ce jour-là, plusieurs dignitaires de l’instance planétaire avaient été interpellés pour corruption, fraude et blanchiment d’argent. Cette vague d’arrestations avait eu lieu deux jours avant la réélection du SuisseSepp Blatter, le 29 mai 2015, pour un cinquième mandat à la présidence de la FIFA.

«Un complot interne»

La tornade judiciaire avait finalement conduit le Valaisan à remettre son mandat à disposition, le 2 juin 2015. Sepp Blatter, dont la signature manque sur le contrat scellé avec QE, assure qu’il «n’était pas du tout au courant» de cet accord. Celui qui a été suspendu six ans pour un paiement de 2 millions de francs suisses (1,8 million d’euros) fait en 2011 à l’ancien président de l’Union des associations européennes de football (UEFA), Michel Platini – lui-même radié quatre ans – se dit victime d’un «complot interne». (Le Monde, 12 août 2017, à 12h44, à suivre sur le site de ce quotidien)

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